Doris Genest

Artiste peintre

Doris Genest

Doris Genest et sa toile Flamenka

« La joie d’être capable de parler avec mon pinceau, c’est très fort pour moi. Je veux que mes toiles dégagent une joie ». – Doris Genest http://dorisgenest.ca

Doris Genest est née à Val Gagné où elle a grandi dans son Nord natal avant de s’établir dans la région de l’Outaouais. Elle a fait ses études primaires aux écoles Immaculée-Conception (Val Gagné) et Ste-Jeanne-d’Arc (Iroquois Falls), et ses études secondaires à Iroquois Falls Secondary School.

Par la suite, elle a étudié en arts visuels au Collège Northern d’arts appliqués et de technologies et a suivi des formations auprès de son mentor, le peintre Clément Bérini de Timmins. Celui-ci fut pour Doris, non seulement un maître extraordinaire, mais également une source d’inspiration dans son cheminement artistique et humain.

Au cours de sa carrière, Doris a animé de nombreux ateliers d’art auprès des enfants et des adultes. Elle a également coordonné des projets en arts visuels dans les écoles francophones du Nord-Est ontarien. Elle poursuit toujours ses activités d’enseignement en offrant des cours de peinture à l’huile dans son studio à Gatineau.

Doris a participé à divers projets, dont «Artistes créateurs dans les écoles» et fut boursière du Conseil des Arts de l’Ontario. Elle expose ses œuvres en solo et en groupe depuis le début des années 80, principalement en Ontario et au Québec, mais aussi, et de plus en plus, sur la scène internationale. Elle participera au Carousel du Louvre à Paris, France, en octobre 2015.

Au cours de sa carrière artistique, Doris a touché à l’univers de la musique, de la poterie et fut également chanteuse et interprète de chansons françaises folkloriques au sein du groupe «La Parenté» au début des années 1990. Depuis une trentaine d’années, sa démarche artistique évolue et son medium de choix est devenu la peinture à l’huile, plus particulièrement les portraits de style figuratif.

Sous ses coups de pinceau, Doris unit une myriade de couleurs mystiques au sein d’une même toile pour créer des sentiments particuliers pour chacun de ses sujets. D’abord fascinée par les chevaux, Doris s’est ensuite intéressée aux visages des femmes. Ce qui l’attire dans ce trajet artistique, c’est son désir de peindre la bonté et la beauté qu’elle voit dans chaque visage. Pour Doris, chaque personne dévoile sa personnalité dans son visage et les yeux sont le regard de l’âme… La bonté humaine l’attire, l’interpelle, l’inspire.

En 2014, une de ses œuvres intitulée «Flamenka» (voir sa photo de profil en début de texte) a récolté la médaille d’argent lors de la 39e exposition internationale du Cercle des Artistes Peintres et Sculpteurs du Québec (CAPSQ) à Cangas en Espagne. Doris y a également reçu un diplôme d’honneur pour sa contribution à la promotion de l’art visuel du Canada sur la scène internationale.

Quelques mois plus tard, Doris obtenait un deuxième diplôme d’honneur et la médaille d’or à Rome en Italie pour sa toile «Gypsy Rose» (première toile à gauche, rangée du haut ci-dessous) lors de la 40e exposition internationale du Cercle des Artistes Peintres et Sculpteurs du Québec (CAPSQ).

«Sur la toile, c’est une femme au regard perçant dont les cheveux s’attachent dans un amalgame de couleurs qui retient notre attention. Elle est jeune, elle ne fait que commencer sa vie. Elle est naïve, pure», nous raconte l’artiste peintre dans La Revue de Gatineau (3 décembre 2014).

Toutes ses oeuvres originales sont accompagnées d’un certificat d’authenticité. Doris offre également des giclées (terme générique utilisé dans l’univers artistique pour définir la reproduction numérique de très haute définition et de très haute qualité de toiles originales). Toutes ses giclées sont offertes en tirage limité, numérotées et signées par Doris. Visitez le site web de l’artiste pour en apprendre davantage.

Doris a un calendrier bien rempli qui la fait voyager de salon en symposium, de concours en exposition. Elle exposera, entre autres, à la Galerie Eugène Racette au MIFO à Orléans du 1er décembre 2015 au 4 janvier 2016. Vous pouvez vous familiariser avec sa démarche artistique en écoutant la vidéo (7 min 42) au lien suivant:

Réf. site web de l’artiste (http://dorisgenest.ca); textes de D. Genest; article dans La Revue de Gatineau (2014).

Certification 2015

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Denise (Lafrenière) Giroux

Enseignante, militante pour l’éducation en français dans le Moyen-Nord, chef de file pour les femmes francophones, archiviste communautaire, bénévole d’exception

Lafrenière-Giroux, Denise

Photo : avec l’autorisation de la famille Lafrenière-Giroux

« Comment tracer un profil adéquat de Denise Giroux et rendre justice au moyen d’une simple description ? Elle en a battu des sentiers et, partout elle a laissé sa trace d’humanité et d’intégrité .»

 — Citation tirée du document «Biographie de Denise Lafrenière Giroux», Collection de la Société historique de Nipissing Ouest, 2003

Fille d’Albert Lafrenière et de Germaine Sylvestre, Denise est l’aînée d’une famille de 5 enfants. Dès son jeune âge, elle a acquis la fierté de son héritage culturel au sein de sa famille et a appris à cultiver l’amour de son prochain.

Née à Sturgeon Falls le 11 juin 1932, Denise a fait ses études primaires dans trois villes du Nord de l’Ontario, d’abord à Sturgeon Falls, ensuite à Timmins (1940-41) et puis à River Valley lorsque sa famille s’y est installée vers 1942.

Denise a  été étudiante au pensionnat Notre-Dame de Lourdes à Sturgeon Falls où elle a complété son programme d’études secondaires en 1948, après quoi elle a pris la route vers Ottawa pour étudier à l’École normale. À son retour, elle a enseigné à l’école élémentaire catholique Christ-Roi à River Valley de 1949 à 1951.

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Dennise Lafrenière-Giroux en voyage à Ottawa en compagnie de Jacqueline Giroux-Filion, 1948

En 1951, alors qu’elle était âgée de 19 ans, Denise a épousé Hector Giroux de River Valley avec qui elle a fondé une famille de cinq enfants. Le couple Giroux est devenu propriétaire du magasin général Giroux de River Valley qui appartenait à Albert Giroux, père d’Hector. Cette étape a marqué pour eux le début d’une vie de dévouement et de service à la communauté.

Des circonstances éprouvantes ont mis fin à la carrière d’enseignante de Denise lorsque leur fille Roberte est née en 1952,  atteinte d’un handicap visuel.

Malgré ce défi, Denise a toujours continué à être le bras droit de son conjoint dans l’entreprise familiale. Elle a aussi été au service de l’éducation en français dans sa collectivité tout au long de son parcours de vie. En plus d’offrir ses services à titre d’enseignante suppléante, elle a remis sur pied l’Association des parents et instituteurs (A.P.I.) à l’école Christ-Roi.

Pendant les années 70 alors que la crise scolaire francophone faisait rage à Sturgeon Falls, Denise a joué un rôle de pilier. Elle a guidé un groupe de parents dans leur demande de subvention pour la construction d’une nouvelle école à River Valley. Cette école a vu le jour en 1975.

À la fin des années 60, Denise avait également fait partie de l’équipe fondatrice de l’Association d’éducation de l’Ouest-Nipissing où elle avait œuvré comme secrétaire de comité et archiviste pendant trois ans.

Au sein de cette association, elle a milité avec ses collègues qui ont entrepris des démarches en vue de l’obtention d’une commission d’enquête gouvernementale sur le droit des citoyens à une école secondaire de langue française.

Armés d’un courage et d’une détermination sans fin, les membres de l’Association ont soutenu leur engagement par voie de grèves, de démonstrations, de marches, de mémoires… Ils et elles ont gagné gain de cause et l’école secondaire Franco-Cité à Sturgeon Falls a pu voir le jour.

Lettre Denise Giroux

Lettre de remerciements de Denise Giroux, secrétaire de l’Association d’éducation de l’Ouest Nipissing, River Valley (Ontario) à Ryan Paquette, président de l’Association canadienne-française d’Ontario, 26 octobre 1971, p. 2. Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Association canadienne-française de l’Ontario (C2). Reproduite avec permission du CRCCF.

Denise a été la « voix du peuple » dans de nombreux projets au sein desquels elle n’a jamais hésité à prendre sa plume, en français et en anglais, pour défendre les intérêts et le bien de sa communauté. Que ce soit les services de santé en français, des commissions d’études ou des enquêtes abordant des préoccupations citoyennes, Denise prêtait son talent d’auteure et sa passion revendicatrice pour la sauvegarde d’un style de vie qui tenait à cœur aux gens du Moyen-Nord.

Soucieuse de la qualité de vie des femmes de sa région, elle a été membre active de la Fédération des femmes canadiennes-françaises pendant cinq décennies au sein de laquelle elle a joué multiples rôles, dont celui de présidente.

Elle a également été une bénévole dévouée à sa paroisse et membre du Comité des Anciennes pour le Monument Notre-Dame-de-Lourdes érigé en 2002.

NOTE : Je remercie chaleureusement Armande Girouard-Lafrenière pour son aide à la recherche et pour les photos. Je remercie également Viviane Lafrenière pour son appui et son encouragement.

Références : Biographie de Denise Lafrenière Giroux (ourontario.ca/WestNipissing); Biographie de Hector Giroux (ourontario.ca/WestNipissing); crccf.ca; textes de la famille Lafrenière-Giroux

Certification_2014

Caroline Gélineault

Agente de changement pour la francophonie ontarienne, mentor pour la relève politique, étudiante en linguistique, langue et culture arabes, bénévole

Gélineault, Caroline

Photo : avec l’autorisation de Caroline Gélineault, voyage en Tunisie

«Je suis fière de faire partie de la jeunesse franco-ontarienne, une agente de changement de la communauté qui cherche toujours à faire valoir notre culture. » — Caroline Gélineault, de-la-salle.cepeo.on.ca

Née à Geraldton dans une famille d’entrepreneurs, fille d’Anne-Marie et de Normand Gélineault, Caroline a appris tôt la valeur de l’engagement et du dévouement. Déjà à l’âge de 12 ans, elle s’impliquait à titre de bénévole dans les activités des Filles d’Isabelle de sa municipalité (bazars, événements spéciaux, etc.) et le Club canadien-français de Geraldton.

De 2007 à 2010, Caroline a fréquenté l’école Château-Jeunesse à Longlac. Pendant ses études secondaires, elle a été membre du conseil étudiant dans divers rôles, dont relations publiques, secrétaire et présidente.

Au cours de cette même période, elle a également œuvré à titre de «Peer Leader» au sein du programme antitabac pour le Thunder Bay District Health Unit. Elle a aussi été animatrice de camps d’été, ainsi qu’élève conseillère pour le Conseil scolaire public du Grand Nord de l’Ontario et rédactrice en chef du journal communautaire La pierre verte.

Déjà, à l’âge de 16 ans, Caroline était consultée pour ses opinions en matière de services en français pour les jeunes (voir Archives Radio-Canada,1 min).

En 2010, elle a participé au Grand débat sur l’avenir du leadership franco-ontarien tenu lors du 100e anniversaire de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario.

C’est à Ottawa que Caroline a complété la dernière année de ses études secondaires à l’école secondaire publique De La Salle, et depuis 2011, elle poursuit des études de baccalauréat en linguistique, langue et culture arabes à l’Université d’Ottawa. Pendant sa première année universitaire, elle a été page à la Chambre des Communes du Canada. Le programme accepte 40 étudiants par année.

Grandement engagée dans la cause franco-ontarienne, Caroline est membre active de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) depuis 2008. Elle y a d’abord oeuvré à titre de personne ressource pour la FESFO dans son milieu scolaire, et aussi à titre de représentante de la Fédération pour le Nord de l’Ontario. En 2010-11, elle a relevé le défi de la présidence. Depuis 2012, Caroline est agente de liaison à la FESFO.

Depuis 2012, elle copréside le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) qui représente les intérêts de 22 000 étudiantes et étudiants en province. Elle est présentement la coordonnatrice du comité local du RÉFO sur le campus de l’Université d’Ottawa.

Leader naturelle et chef de file pour la relève en Ontario français, Caroline a été récipiendaire du Prix Bernard-Grandmaître 2011 dans la catégorie Jeunesse de l’année. Le Laurier Jeunesse est remis à une jeune personne en reconnaissance de son apport exceptionnel au milieu de vie francophone dans la communauté d’Ottawa.

Suite à ses études, elle prévoit travailler pour un organisme communautaire et poursuivra son engagement dans les causes qui lui tiennent à coeur.

Note historique : Créé en 1999 par l’ACFO Ottawa, le Prix Grandmaître permet de mettre en lumière les réalisations professionnelles et individuelles de gens exceptionnels engagés dans le domaine de la francophonie à Ottawa.

Références : de-la-salle.cepeo.on.ca; refo.ca; fesfo.ca; francopresse.ca; cv de C. Gélineault

Certification 2013

Lise B.L. Goulet

Artiste, enseignante, poste-cadre en éducation, visionnaire et chef de file pour les arts en Ontario, gestionnaire-fondatrice de la Fondation Clément-Bérini

Lise Goulet

Photos : avec l’autorisation de Lise B. L. Goulet

«[…] laisser parler la matière, m’immiscer en elle, devenir en quelque sorte son partenaire… voilà une aventure qui invite au risque et ouvre la porte à des réalités jusque-là insoupçonnées. Car le jeu entre la matière, la main qui la transforme et le feu qui la purifie favorise une synergie des éléments de la nature et de la conscience humaine. »

—   Lise Goulet, bravoart.org

Née à Timmins en 1957, Lise a maintenu un ancrage profond avec le Nord de l’Ontario malgré le déménagement de sa famille dans l’Est ontarien alors qu’elle était âgée de  2 ans.

À travers son parcours d’artiste depuis près de 25 ans, elle a cultivé son sentiment d’appartenance au Nord par ses liens familiaux, et aussi, par ses  expositions dans différentes galeries à Timmins, Kapuskasing, Sudbury et Haileybury.

Depuis quelques décennies, Lise coordonne également des activités pédagogiques dans le domaine des arts visuels, non seulement dans son Nord natal, mais partout en Ontario francophone.

Fascinée par les multiples facettes de l’univers artistique depuis son enfance, Lise a d’abord étudié en histoire de l’art et en arts visuels où elle s’est intéressée plus particulièrement au travail de gravure, notamment la technique de l’eau-forte.

Par la suite, elle a obtenu un baccalauréat spécialisé en arts visuels et un brevet en enseignement au palier secondaire à l’Université d’Ottawa, d’où elle a également obtenu une maîtrise en psychopédagogie en 1991.

De 1982 à 1997, Lise a été enseignante en arts visuels dans les écoles secondaires d’Ottawa et d’Orléans, et de nouveau en 2003-04 lorsque son conseil lui a demandé de créer, en collaboration avec les enseignants de l’École secondaire catholique Béatrice-Desloges, le Programme spécialisé en arts (PSA).

En 1998, elle a été la gestionnaire responsable de la rédaction du premier programme d’éducation artistique au secondaire entièrement élaboré en français en Ontario. Le programme regroupait les matières artistiques suivantes : arts intégrés, arts médiatiques, arts visuels, danse, musique et théâtre. De nombreuses esquisses de cours  ont découlé de ce programme-cadre, y compris d’autres disciplines du curriculum de l’Ontario.

L’artiste et la pédagogue ont toujours partagé leur espace de vie. Au cours de sa carrière, Lise a porté plusieurs chapeaux qui ont lié ses deux univers. Elle a été gestionnaire de projets, responsable d’unités administratives, professeur dans le cadre de la formation des maîtres à la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa rédactrice de programmes pédagogiques, guide au Musée des beaux-arts du Canada, animatrice d’ateliers de poterie et de céramique, et toujours, artiste

Depuis 2004 elle est agente d’éducation au ministère de l’Éducation à Toronto où elle gère les dossiers relatifs à l’éducation artistique de la 1ère à la 12e année pour la Direction des politiques et des programmes d’éducation en langue française (DPPELF).

Céramiste et graveure, la démarche artistique de Lise fait appel à une variété de techniques de façonnage (p.ex., modelage, colombin, plaque, tournage) et d’estampillage. Elle a suivi une formation en cuisson RAKU avec maître Makoto Yabé, en 1996 au Bennington College of Art (Vermont, États-Unis). Elle expose en groupe et solo depuis les années 1990 surtout en Ontario, dans le Nord et l’Est ontarien.

Lise Goulet poterie

Corps de lumière, 2012-13 Série : Aube/Cache-pot, approximativement 10 x 7 x 5, terre-glaise

Très impliquée dans le développement des arts en Ontario français, Lise est membre fondatrice de BRAVO et de BRAVO EST (1991). Elle a siégé au sein des deux conseils d’administration de 1990 à 1999 à titre de présidente, trésorière et secrétaire. Elle est administratrice à BRAVO-Sud depuis 2009 et au Théâtre français de Toronto depuis 2010.

En 1996, elle a créé la Fondation Clément-Bérini en l’honneur de cet artiste réputé, un militant des arts de la première heure, un rassembleur d’artistes qui a inspiré des générations de créateurs en Ontario français depuis les années 60. L’artiste-peintre Bérini, natif de Timmins, était non seulement le mentor de Lise, mais aussi son oncle.

Bérini Affiche

Lise fut la commissaire du projet d’exposition collective et itinérante Clément Bérini : Honorer Inspirer Rassembler, dont la première de la tournée provinciale a eu lieu à Toronto en mai 2013. L’exposition circulera dans tout l’Ontario, dont plusieurs villes du Nord entre octobre 2013 et septembre 2014 (Sudbury, Moonbeam, Haileybury, Timmins, Hearst, Cochrane et North Bay).

À l’automne 2014, Lise a participé à une exposition de groupe sous le thème «Le Temps d’la chasse» à la Galerie d’art WKP Gallery à North Bay. La chasse étant assurément un trait de société dans le centre et le nord de l’Ontario, c’est dans un contexte historique que BRAVO-Centre a présenté les œuvres numériques de douze  artistes professionnels.

Note historique :  Clément Bérini de Timmins est un artiste qui a éveillé les consciences sur l’importance de l’art. À partir des années 70, il a participé au développement d’une vie culturelle francophone à Timmins qui a rayonné partout dans le Nord. Se sont succédés des projets communautaires, la direction artistique à la toute nouvelle télévision CFCL, l’enseignement au Collège Northern, l’animation de cours de peinture et de design, la participation à l’essor du centre culturel La Ronde, des travaux d’architecture et de décoration d’intérieur, en plus de l’enseignement à l’école secondaire Thériault. Clément Bérini est décédé en 1996 en laissant derrière lui un solide héritage et une générosité d’âme qui persiste dans le coeur des artistes qui l’ont connu…

Références : afeao.ca; bravo.art; catalogue de l’exposition Clément Bérini : Honore  Inspirer Rassembler (2013); textes de L.B.L. Goulet

Certification 2013

Rose Annette (Simard) Girouard

Enseignante pionnière du Nord-Est ontarien, chef de file pour le développement et l’amélioration des services aux aînés dans le Nord, bénévole d’exception

Rose A 2010

Photo : avec l’autorisation de la famille Girouard

« Rose Annette avait une mémoire impressionnante. C’était, en fait, un arbre généalogique ambulant, pouvant nous dire les dates de naissance, de mariage et de décès avec une précision incomparable ».

— Hubert Girouard, fils de Rose Annette

Née en 1916, fille de Joseph Simard et de Grâce Desmeules de la paroisse St-Joseph d’Alma QC, Rose Annette a connu une enfance pour le moins éprouvante.

Devenue orpheline de mère à l’âge de 11 ans, Rose Annette a non seulement subi la terrible épreuve du décès de sa mère à un âge précoce, mais elle fut également séparée de plusieurs frères et soeurs qui ont été dispersés dans différents foyers. Heureusement, la famille  fut réunie à nouveau suite au remariage de leur père.

Rose Annette n’avait que 10 mois lorsque la famille Simard s’est expatriée en Ontario, plus précisément à Moonbeam en 1917 pour le projet de colonisation.

Elle a fait son école primaire à l’école du village, marchant une distance de 2 milles (3,2 km) matin et soir pour se rendre à l’école, Par la suite, Rose Annette a étudié au Pensionnat Notre-Dame de Lourdes à Sturgeon Falls où elle a complété sa 9e et 10e année.

En 1931, à l’âge de 15 ans, Rose Annette a entrepris une carrière en enseignement. Elle quitte Moonbeam à nouveau pour se rendre à l’École Modèle de Sturgeon Falls (l’ancêtre de l’École normale) où elle a étudié jusqu’en 1934.

À son retour des études, diplôme en main, Rose Annette a été l’une des premières institutrices à œuvrer dans les écoles de rang de Moonbeam.

Entre 1934 et 1946, elle a enseigné à l’école du 62 («mille 62»), à l’école du rang St-Joseph, à l’école du rang St-Jean-de-Bréboeuf et à l’école du rang Ste-Marie.

Rose Annette 1956

Rose Annette Simard Girouard, 1956

Suite à l’amalgamation des conseils scolaires, Rose Annette a ensuite enseigné à l’école St-Jules de Moonbeam, parfois à temps plein, parfois à titre de suppléante, de 1955 à 1972. Sa carrière en enseignement s’est échelonnée sur près de quatre décennies !

Rose Annette a épousé Donat Girouard originaire de Sturgeon Falls en 1937. Au moment de leur rencontre, elle enseignait dans le rang St-Joseph et vivait en pension chez  les parents de Donat.

Au cours des années 30 et 40, il était plutôt rare de voir une femme mariée et mère de famille poursuivre une carrière à l’extérieur du foyer. En ce sens, Rose Annette fait figure de pionnière dans sa profession et a été un modèle pour les générations.

En plus de ses activités professionnelles, Rose Annette a élevé trois fils et a offert ses heures bénévoles sans les compter, tant pour la famille que pour la communauté.

À l’époque où les services en français étaient rares en Ontario. Rose Annette offrait généreusement ses services aux citoyens de Moonbeam, pour la rédaction de lettres officielles en anglais.

Elle a également été l’accompagnatrice de plusieurs personnes souffrantes qui devaient se rendre dans des centres éloignés de Moonbeam pour y recevoir des services médicaux spécialisés.

En 1974, elle fut nommée « Bénévole des aînés » par l’honorable René Brunelle, député de Cochrane Nord à l’Assemblée législative de l’Ontario. M. Brunelle l’a également nommée à un conseil consultatif pour l’amélioration des services aux aînés, soit le « Seniors’ Advisory Council ».

Elle fut également nommée par le  Premier ministre de l’Ontario à l’époque, William G. Davis, pour un mandat de 2 ans du 19 juin 1974 au 23 avril 1976, pendant lequel elle a représenté la région de Kapuskasing.

En 1990, le couple Rose Annette et Donat est déménagé à Hearst. Elle s’est alors impliquée dans le Club Soleil.

Diagnostiquée de la sclérose latérale en 2006, Rose Annette a néanmoins toujours conservé sa présence de cœur, sa détermination inlassable et son esprit combattif. Elle est décédée en 2012.

Références : Livret : St-Jules en fête, 1999; famillessimardduslsj.ca; texte de H. Girouard; texte de D. et M. Girouard

Certification 2013

Marie-Rose (Tousignant) Girard

Pionnière à Génier à partir de 1922

Miemose

Photo : archives familiales d’Edgar Girard, fils aîné de Marie-Rose Girard

« Une vie nouvelle allait commencer dans un pays nouveau, si neuf, où tout était à faire. […] Petit à petit on s’appliquait à reconstituer l’atmosphère du Québec en terre ontarienne ».

— Marie-Rose Girard, Miemose raconte…, p. 84

Au tournant du 20e siècle, plusieurs pères de famille d’origine québécoise ont dû ouvrir toutes grandes les portes de l’espoir afin d’assurer un avenir économique à leur famille et à leur descendance. Pour ce faire, plusieurs se sont exilés en Ontario, d’autres sont allés aux États-Unis ou encore vers l’ouest du Canada.

Le père de Marie-Rose Tousignant n’a pas fait exception dans son désir de créer les conditions d’une vie meilleure pour ses 15 enfants. Uldoric Tousignant fut d’ailleurs l’un des premiers à se rendre en Ontario pour visiter les fermes, et considérer se joindre à l’effort de colonisation du Nord ontarien sur invitation du prêtre-colonisateur, le révérend père Bourassa.

Ainsi, le 7 août 1922, la famille d’Uldoric et Honora Tousignant a entrepris un trajet mémorable d’une durée de 18 heures, à partir de Saint-Stanislas-de-Champlain en Mauricie, jusqu’à Génier, petit village é peine établi, situé à quelques kilomètres de Cochrane dans le Nord isolé.

Pour Marie-Rose Tousignant, née en 1906, la 8e de 15 enfants, le coup a été dur. L’automne 1922 devait voir naître sa carrière d’institutrice à Saint-Stanislas. Tout juste fièrement diplômée avec grande distinction académique à l’âge de 16 ans, l’avenir de cette élève d’élite a soudainement basculé vers une vie remplie d’incertitude et d’inquiétude. Déchirure. Dépaysement. Déception.

«Penchée à la portière, le cœur brisé, je regardais fuir le paysage, les fermes verdoyantes, le décor féérique, mon village, la Bastiscan… Saint-Stanislas, berceau de mon enfance et de mon adolescence, adieu ! » (p. 83).

Marie-Rose avait de l’ambition — celle d’éduquer les enfants et leur transmettre son amour des études. Mais à l’époque du Règlement 17 en Ontario, l’enseignement en français dans les écoles était interdit, et sa vocation d’institutrice a été compromise à tout jamais puisque la jeune adolescente québécoise ne parlait pas un mot d’anglais. Les portes des écoles de l’Ontario lui étaient fermées…

Non seulement devait-elle gérer la souffrance morale que lui causait la perte de son rêve professionnel, mais les réalités de la vie en ce pays de colonisation étaient exigeantes à plusieurs points de vue. La famille, loin des leurs, vivait moins de gaieté, le souvenir du pays natal creusant la mélancolie qui rendait les peines parfois amères.

La rigueur du climat, les pluies d’automne abondantes, le froid vif et sec, les défis d’accéder à l’eau potable, les départs prolongés des hommes dans les chantiers ou à l’emploi de la voie ferrée, ainsi que la monotonie parfois déprimante du paysage et des routines quotidiennes du travail de colonisation… de dures réalités pour les jeunes familles.

Malgré tout, Marie-Rose s’est forgé une vie dans le Nord de l’Ontario. Elle a épousé Léo Girard en 1926 et fonda une famille de 9 enfants avec lui. Tout au long de sa vie, elle a été très éprouvée par des pertes d’êtres chers, y compris une de ses filles, Mariette, à l’âge de quelques mois. Elle a connu des maternités compliquées requérant de longues hospitalisations, des incendies ravageurs et le départ surprenant et inattendu de son conjoint après 22 ans de mariage !

Marie-Rose n’a jamais baissé les bras. Et la vie l’a récompensée à travers l’œuvre de ses enfants qui lui ont apporté beaucoup de fierté. Certains sont devenus enseignants, d’autres ont œuvré dans les hôpitaux, dans les mines ou dans le service militaire. Ses 8 garçons et sa fille ont uni leurs forces et leurs caractères pour combler les besoins économiques et émotifs de leur mère.

Marie-Rose, ou Miemose comme elle avait été affectueusement surnommée pendant son enfance, a travaillé comme secrétaire scolaire à la fin des années 50. Elle a aussi participé à des activités de bénévolat à l’hiver de sa vie.

En rédigeant son récit de vie Miemose raconte publié aux Presses de l’Université d’Ottawa en 1988, elle a fait œuvre de mémoire et d’enseignement aux générations de l’avenir du Nord ontarien. Chacun de nous peut retrouver dans son histoire des bribes de la vie de nos grands-mères et de nos grands-pères  venus s’installer en Ontario pour « bâtir un nouveau pays ».

Marie-Rose est décédée en 1995 à l’âge de 88 ans. Plusieurs de ses descendants vivent toujours dans la région de Cochrane.

Note historique : 1. À leur arrivée en terre ontarienne, la famille Tousignant a acheté la ferme d’Olivier Génier, le premier colon de Génier. Deux des fils Girard, Lauré et André, ont étudié au Collège universitaire de Hearst et y ont obtenu leur baccalauréat. Dans son livre, Mme Girard souligne le travail exceptionnel d’une enseignante à Cochrane, Madame Dolores Grenon. Celle-ci a d’ailleurs reçu le Mérite franco-ontarien en éducation en 1996  pour son dévouement exceptionnel à la profession.

Références : Livre Miemose raconte…par Marie-Rose Girard; crccf.ca; article de Yvan G. Lepage, «Miemose raconte : Hommage à Marie-Rose Girard (1906-1995), publié dans Francophones d’Amérique, no 6, 1996, p. 129-130.; texte de A. Girard

Certification 2013

Laura Gueguen-Charron

Visionnaire pour la culture, l’éducation et les services en français en Ontario, chef de file dans le secteur des bibliothèques, bénévole

Laura G. Charron

Photo : avec l’autorisation de Laura Gueguen-Charron

« Je suis Acadienne de naissance, Ontarienne d’adoption, Nord-Ontarienne d’alliance et francophone de coeur. L’amour de ma famille et de mes amis, ma joie de vivre, l’importance que j’accorde à l’éducation, ainsi que ma grande fierté d’être femme francophone sont les sources qui ont toujours motivé mon implication ».

— Laura Gueguen-Charron, 2013

Native de Dieppe au Nouveau-Brunswick, fille adoptive de Joseph Gueguen et de Dora Villeneuve, Laura a grandi à Ottawa où elle fut exposée aux arts sous toutes ses formes, particulièrement les arts de la scène et la musique.

En 1954, elle a épousé André Paul Charron de North Bay où  le couple a élu domicile et élevé une famille de 8 enfants. Pendant qu’elle élevait sa famille, Laura a poursuivi des études universitaires à l’Université Laurentienne d’où elle a obtenu un baccalauréat ès arts.

Femme de conviction et d’action, Laura a dédié sa vie à la sauvegarde du français en Ontario. Dès 1969, préoccupée par les besoins particuliers de ses enfants vivant en milieu minoritaire, elle s’est engagée au sein de l’Association des parents et instituteurs.

À la même époque, elle est devenue membre active de la Fédération des femmes canadiennes-françaises et de l’Association canadienne-française de l’Ontario.

En 1978, Laura a présidé la Commission sur l’assimilation mise sur pied par le Conseil des écoles séparées du district de Nipissing. Elle a signé le rapport «Dimensions nouvelles», qui a inspiré et guidé de nombreux conseils scolaires de l’Ontario dans leurs démarches pour freiner l’assimilation dans leur milieu respectif.

Laura a laissé une marque particulière dans le secteur des bibliothèques publiques en Ontario. En 1979, elle a mené de front une recherche portant sur les services en français offerts par la bibliothèque publique de North Bay.

Cette étude, présentée à la Commission Wright, a révélé, entre autres, que l’absence de garanties législatives était à l’origine de lacunes déplorables de ressources en français dans les bibliothèques de l’Ontario.

À titre de membre du Conseil des bibliothèques de North Bay, Laura a représenté la ville aux conseils régional et provincial. Elle a également dirigé un Groupe de travail provincial qui visait à modifier la loi des bibliothèques de l’Ontario, et par la suite, elle est devenue la première présidente de langue française de l’Ontario Provincial Library Council.

En 1975, elle a été la présidente d’honneur du Carnaval français de North Bay, et en 1983, elle a enfilé le costume du «bonhomme carnaval».

En 1988. Laura a été présidente et organisatrice du 25e anniversaire du Centre culturel Compagnons des Francs-Loisirs à North Bay. Cette année-là, il a été dit que le Carnaval français de North Bay eut été le plus important carnaval français au Canada, après celui de la ville de Québec.

Elle a également joué un rôle important sur le plan culturel et social pour la francophonie ontarienne lorsqu’elle a été directrice du bureau nord-ontarien de l’Office National du Film (ONF), en plus d’être responsable de la promotion et de la diffusion des films de l’ONF de 1981 à 1985.

Laura a présidé le Conseil des affaires franco-ontariennes (CAFO) à Queen’s Park à Toronto de 1985 à 1987, et a représenté la communauté francophone au Comité de révision de l’Hôpital psychiatrique de North Bay, Sudbury, Kingston et de Penetanguishene de 1987 à 1992.

En guise de reconnaissance de sa contribution à l’Ontario français, et en particulier à la région de North Bay, Laura a été nommée membre à vie de la Société historique du Nipissing. dont elle a été la vice-présidente fondatrice en 1979.

En 1987, elle a été reçue membre au sein de la Compagnie des Cent-Associés francophones (CCAF), un organisme national qui rend hommage aux défenseurs de la francophonie en Amérique du Nord. Laura a été présidente de la CCAF de 2006 à 2010.

Elle vit présentement dans la région de l’Outaouais.

Note historique : La première femme a avoir été «bonhomme carnaval» au Carnaval des Compagnons à North Bay a été Marguerite Martel, native de Corbeil. C’état en 1966 ! Vous pouvez lire son profil sur ce blogue.

Références : (1985, revueliaison.ca p.28-29); Document : Notre histoire 1979-1989 (Société historique du Nipissing); documentationcapitale.ca; http://www.lacitec.ca; textes de L. Gueguen-Charron

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