L’honorable Lise Maisonneuve

Juge en chef de la Cour de justice de l’Ontario, spécialiste du droit criminel

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L’honorable Lise T. Maisonneuve via news.ontario.ca

«Au cours d’une carrière judiciaire exemplaire, la juge Maisonneuve a acquis une réputation de solide chef de file, de collaboratrice efficace et de défenseuse déterminée de la modernisation et de l’amélioration continue de nos tribunaux.

J’ai entièrement confiance en sa capacité de diriger et j’attends avec impatience de voir le travail que nous pouvons accomplir ensemble pour le système de justice et pour la population qu’il dessert.»

— L’honorable Madeleine Meilleur, procureure générale via https://news.ontario.ca

Native de Timmins, Lise Maisonneuve a grandi au coeur d’une famille francophone où elle a appris la valeur du service aux autres et la fierté du travail bien exécuté.

«Dans ma famille, on ne parlait que le français. Mon père est né à Timmins, mais ses parents sont Québécois. Et ma mère a quitté le Québec pour déménager à Timmins à l’âge de 18 ans, elle ne parlait pas un mot d’anglais.» (Lise Maisonneuve citée dans le journal LeDroit, 11 avril 2015).

Lise a fait ses études en droit à l’Université d’Ottawa et fut admise au Barreau en 1991. En 2015, elle fut nommée au poste de juge en chef de la Cour de justice de l’Ontario faisant d’elle est la deuxième femme nommée à ce poste, la première francophone de l’Ontario nommée juge en chef de la plus vaste cour de justice au pays, et la première personne native du Nord de l’Ontario à occuper ces fonctions.

Avant d’être nommée juge en chef de la Cour de justice de l’Ontario, la juge Maisonneuve a présidé des affaires criminelles dans la région d’Ottawa pendant douze ans. Elle est devenue juge principale régionale de l’Est, en 2011, puis juge en chef adjointe de la Cour de justice de l’Ontario en 2013. Elle fut également associée du cabinet Carroll, Wallace and Maisonneuve d’Ottawa, où elle se spécialisait dans le droit criminel.

Fière de ses racines et consciente des lacunes en matière linguistique dans le système judicaire ontarien, la juge Maisonneuve est commise à la cause des services en français dans les tribunaux de la province. Elle souhaite de tout coeur être un modèle pour les femmes, mais aussi pour les francophones de l’Ontario qui aspirent à gravir les échelons au sein de la profession du droit.

«On m’accorde un immense privilège et j’en suis très fière. C’est une cour qui a une grande crédibilité, même au niveau national. Et c’est un privilège d’avoir été choisie pour mener cette cour pour les huit prochaines années.», citée dans LeDroit, 11 avril 2015.

NOTE : «La Cour de justice de l’Ontario traite d’affaires relevant du droit criminel et du droit de la famille. Elle constitue le tribunal le plus vaste du Canada. Elle entend plus de 200 000 affaires criminelles et des millions de cas d’infractions provinciales, comme des contraventions au Code de la route, et dessert plus de 20 000 familles en crise chaque année.» Gérard Levesque, L’Express, avril 2015, accédé le 9 mars 2016

Réf. http://www.lexpress.to/archives/15180/; http://ottawacitizen.com/news/local-news/ottawa-judge-lise-maisonneuve-named-chief-justice-of-ontario; http://ici.radio-canada.ca/emissions/ca_parle_au_nord/2013-2014/chronique.asp?idChronique=369091; http://www.lapresse.ca/le-droit/chroniqueurs/denis-gratton/les-grandes-entrevues/201504/11/01-4860114-une-premiere-a-la-cour-de-justice-de-lontario.php

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part. 

Rose Miron

Médecin

Rose Miron

Dre Rose Miron. Photo de graduation, Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, 1957. Collection : Henriette Miron Sylvestre

Le 17 novembre 1918, Rose Miron vit le jour à Verner dans le Nord de l’Ontario. Née dans une famille de 12 enfants, elle était la fille de Joseph Miron et Delvina Lepage, dont les parents étaient originaires de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, Qc.

Un grand destin attendait cette jeune fille du Nord née au tournant du 20e siècle – celui d’être une des premières femmes de sa région à devenir médecin!

Rose avait des aspirations peu communes aux jeunes filles de son temps – «elle avait de l’ambition», comme on le disait à cette époque. Aussi a-t-elle poursuivi des études de baccalauréat à l’Université d’Ottawa d’où elle a gradué en 1953. Trois ans plus tard, elle a gradué de la Faculté de médecine de cette même université (1957).

Avant d’être médecin, Rose avait d’abord oeuvré à titre d’enseignante. En effet, dans les années 50, il était encore difficile pour les femmes de se faire accepter dans les facultés de médecine, mais forte de sa détermination, Rose a persisté et a réussi malgré les attitudes et les embûches du milieu.

Il faut dire qu’à l’époque où Rose Miron poursuivait sa carrière en médecine, les rôles des femmes étaient encore restreints à des fonctions particulières rattachées essentiellement au rôle de mère que la société et la religion leur confiaient. La plus forte majorité des femmes canadiennes françaises des années 50 devaient donc cesser leurs activités professionnelles suite au mariage afin de vaquer aux occupations familiales. Rose Miron a choisi une autre route – celle du célibat, ce qui lui a permis de poursuivre son rêve professionnel.

Suite à ses études en médecine, Dre Miron a fait son internat aux États-Unis, plus précisément à St.Thomas Hospital (Akron) dans l’état de l’Ohio, en 1957-58. Par la suite, elle a poursuivi sa résidence médicale à Cleveland de 1958 à 1961.

À son retour au Canada, elle fut embauchée par l’Hôpital général de Hamilton au sein de leur équipe d’anesthésie. Dre Miron a également entrepris d’autres études, dont une spécialisation à l’Université McGill, afin d’obtenir un certificat du Collège Royal des Médecins et Chirurgiens du Canada. Lorsqu’elle a terminé cette spécialisation, Dre Miron a repris son poste en anesthésie à l’Hôpital Général de Hamilton en janvier 1965.

Pendant son séjour à Hamiltion, Dre Miron a fait beaucoup pour l’éducation en langue française dans cette ville. Elle siégait au CCLF de Hamilton et fut une pionnière qui a milité pour la création de l’école secondaire Geroges-P.-Vanier à Hamilton.

Malheureusement, une maladie grave mit fin à sa carrière et entraîna son décès précoce en 1974. Malgré une carrière interrompue dans la fleur de l’âge, Dre Miron est une femme d’exception pour sa génération, non seulement par le fait qu’elle ait étudié la médecine à une époque où peu de femmes francophones du Nord de l’Ontario choisissaient cette profession, mais aussi par le choix de sa spécialisation, car l’anesthésie n’était pas un choix typique pour une femme médecin à cette époque. Dre Miron fait figure de pionnnière et a tracé la route pour les générations qui ont suivi…

Dre Miron fut également une présence aimante auprès des membres de sa famille, particulièrement ses neveux et ses nièces qui conservent un excellent souvenir de leur tante Rose — une femme de science fonceuse et une femme de coeur courageuse!

Note : Je tiens à remercier la nièce de Dre Miron, Henriette Miron Sylvestre, pour sa généreuse collaboration à la rédaction de ce profil ! Je lui suis reconnaissante de sont temps et de sa générosité.

Réf. Henriette Sylvestre et Robert Bérubé

Certification 2015

Lyse Morisset

Ingénieure biochimiste, enseignante, chercheure, journaliste scientifique, gestionnaire, mentor pour les femmes en sciences

Lyse Morisset

Photo reproduite avec la permission de l’AEFO, Femmes de vision.

Née à Sudbury, le parcours professionnel de Lyse se distingue tout au long d’une brillante carrière scientifique qu’elle a entreprise au début des années 70.

Tour à tour enseignante, rédactrice, chercheure et gestionnaire, cette ingénieure biochimiste fut la première femme à être diplômée en génie chimique à l’Université d’Ottawa en 1968.

À l’époque de ses études universitaires, Lyse fut l’une des rares femmes à obtenir une bourse d’études dans son domaine. En fait, sur un total de 800 bourses décernées entre 1952 et 1972, seulement 4 ont été remises à des femmes. Lyse fut l’heureuse lauréate de la prestigieuse bourse Athlone en ingénierie.

Elle fut également l’une des premières femmes au Canada à se spécialiser en biotechnologie (maîtrise en génie biochimique obtenue à la University College de Londres en Angleterre).

D’abord chercheure en microbiologie et journaliste scientifique, Lyse a aussi enseigné les sciences naturelles à l’Université York à Toronto. Par la suite, à la fin des années 70, elle a oeuvré à titre de conseillère scientifique à la Commission royale sur la planification de l’énergie électrique à Toronto (1975-1979).

Sa carrière scientifique la ensuite menée à Montréal où elle a géré le programme de recherches externes à l’Institut de recherche en biotechnologie. À partir de 1982, elle s’est jointe au Conseil national de recherches du Canada et, en 1987, elle a agi à titre de conseillère principale au Conseil consultatif national des sciences et de la technologie. Ce groupe de personnes avait alors pour mandat de conseiller le premier ministre du Canada sur les questions reliées aux sciences et à la technologie.

Au sein de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, ses aires de recherche ont porté sur l’impact socio-économique des projets nucléaires. Lyse a également siégé au Conseil canadien du programme de l’environnement de l’Organisation des Nations Unies (ONU) en plus d’être consultante sur les questions touchant à la santé et à l’environnement.

Soucieuse d’ouvrir des portes aux femmes, Lyse a toujours encourager les carrières en science. Entre autres, elle fut vice-présidente nationale de l’association Femmes en sciences et en génie. Pour son mentorat auprès des femmes en science, le Business and Professional Women’s Club d’Ottawa a publiquement reconnu sa contribution à l’avancement du statut de la femme en 1990.

Lyse fut également impliquée auprès de l’Université d’Ottawa de maintes façons, dont à la présidence de l’Association des anciens de l’Université d’Ottawa et en tant que membre du Bureau des gouverneurs de l’Université.

Maintenant à la retraite, Lyse explore sa passion pour les plantes, leurs propriétés, et leur hybridation. Elle fut, entre autres, récipiendaire du Trophée Cullen 2012 remis par la Ottawa Horticultural Society.

Mot de remerciement : J’aimerais remercier chaleureusement l’AEFO de m’avoir permise d’utiliser leur fiche Femmes de vision pour les informations biographique et la photo de Lyse Morisset.

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part. 

Marie-Jeanne (Laberge) Murray

Enseignante, femme d’affaires, visionnaire pour les services à la communauté francophone du Nord-Est ontarien, cofondatrice du Camp Ongrandi, bénévole d’exception

Marie Murray

Photo : avec l’autorisation de Marie Murray

«On dit que derrière chaque grand homme, il y a une grande femme. C’est aussi vrai que derrière une grande femme, il y a un grand homme. Mon mari a toujours été présent et m’a secondée dans toutes mes réalisations».

— Marie Murray, 2013

Née sur la Pointe de Chambord au Lac St-Jean en 1936, Marie-Jeanne (connue sous le nom de Marie) est la fille de Joseph Laberge et d’Alice Boily, tous deux de Jonquière QC.

La cadette d’une famille de 10 enfants, Marie dit avoir vécu une enfance heureuse «se laissant façonner par le calme des eaux du lac et énergiser par les grands pins tricentenaires du bosquet avoisinant».

Marie a fréquenté l’école du rang avant de poursuivre des études secondaires (8e à la 10e année) au Couvent de Chambord sous la direction de la Congrégation des Ursulines.

Par la suite, elle a suivi les cours pour son certificat d’enseignement à l’École Normale de Chicoutimi, dirigée par la communauté des  Sœurs du Bon Pasteur. Elle est ensuite retournée à son école de rang pour y enseigner de 1954 à 1957.

Dans sa jeune vingtaine, Marie a songé à poursuivre une vie de missionnaire, mais la vie a pris un autre tournant. En 1957, elle a épousé Lawrence Murray également natif du Lac St-Jean. En voyage de noces, Lawrence emmena Marie visiter ses parents qui habitaient à Harty depuis 1952.

Une offre d’emploi pour Lawrence, correspondant aux idéaux que le jeune couple s’était fixés, les retient alors dans ce coin de pays où le couple Murray fondera non seulement une famille de 6 enfants, mais également des entreprises, des institutions et des services communautaires.

Le 17 septembre 1957 marque le début de cette grande aventure nord-ontarienne. Pendant une dizaine d’années, Marie s’est surtout dévouée à sa famille, mais à partir de 1968, elle a repris ses activités d’enseignante, profession qu’elle avait exercée au Québec de 1953 à 1957.

Marie s’est également investie comme femme d’affaires au sein de l’entreprise familiale puisque le couple Murray est au cœur de la communauté des gens d’affaires à Val Rita-Harty depuis plus de 40 ans. Copropriétaires de l’entreprise Murray OK Pneus, ils sont membres du plus grand groupe canadien de propriétaires indépendants
 de magasins de pneus.

Dès son arrivée en terre ontarienne, Marie a préparé son héritage à la communauté en laissant sa marque comme enseignante et entrepreneure, mais aussi, et peut-être surtout, par son œuvre charitable sans relâche depuis 45 ans. À  partir de la fin des années 60, Marie a entrepris de multiples projets, toujours en fonction de soutenir le bien-être de sa communauté d’adoption.

En 1968, elle a été membre fondateur d’un comité de repas funéraires à Val Rita qui a offert des services aux familles du village jusqu’en 2011. De 1969 à 1986, Marie a été profondément engagée dans la cause du scoutisme par l’entremise de l’Association des Scouts du district de Hearst, tant au palier local que régional et provincial, notamment à titre de représentante des Scouts francophones du Canada.

Marie et Lawrence Murray

Lawrence et Marie, 2007

Un projet d’envergure a vu le jour en 1977, année où Marie et son conjoint ont fondé une colonie de vacances pour les familles francophones du Nord de l’Ontario — le Camp Ongrandi situé au bord du Lac Rémi à Moonbeam.

Au sein de ce projet, Marie a relevé tous les défis associés, à partir de sa fondation en passant par l’administration, l’animation, la planification, les demandes de subventions, ainsi que toute autre activité nécessaire au fonctionnement d’une entreprise à succès.

Jusqu’à ce jour, des milliers de personnes ont pu profiter de cette colonie réputée pour ses activités diversifiées — camping, feux de camp, arts visuels, danse, initiation au canotage, jeux, musique, chant, natation, randonnées en forêt, théâtre et sports. Tout y est pour un séjour mémorable !

L’œuvre bénévole de Marie a également touché de nombreuses autres causes dans la grande communauté du Nord-Est ontarien. De 1992 à 2011, elle a assuré l’administration du Club des Aînés de Val Rita-Harty et elle a participé à la restructuration du Centre local d’artisanat de 1993 à 1996.

Entre 1997 et 2011, Marie a été active à nouveau au sein du comité funéraire paroissial qui accueillait les familles en deuil et préparait les cérémonies funèbres. En 2000, elle a également mis sur pied un Club de Scrabble à Val-Rita et à Kapuskasing. Ce jeu de lettres réconcilie à la fois le plaisir du jeu et de la rencontre sociale, en plus de mobiliser des compétences multiples et variées, dont la concentration, la recherche, la mémoire, la réflexion, les structures grammaticales, l’orthographie, l’optimisation du vocabulaire, etc.

La santé étant un domaine qui lui tient à coeur, Marie a conçu un programme pour la santé des personnes âgées de 50 ans et plus en 2009. Ce programme de prévention a été subventionné par le ministère de la Santé de l’Ontario et comprenait plusieurs volets, dont l’activité physique. l’alimentation saine, le maintien des fonctions cognitives des personnes vieillissantes et l’importance du réseau social.

Le programme a obtenu un grand succès et eut des répercussions positives dans le Nord-Est ontarien, dont la mise sur pied du Groupe Communauté Santé de Val-Rita et l’utilisation du programme de prévention par le groupe «Grouille ou Rouille» à Moonbeam. Le Centre de Santé de Kapuskasing a également adopté le programme pour ses activités de prévention de santé.

Du bleu du lacDe plus, en 2002, Marie et son conjoint Lawrence ont instigué et mené à bien une publication pour souligner le 50e anniversaire des 50 familles émigrées du Lac St-Jean vers le Nord de l’Ontario entre 1950 et 1957.

L’ouvrage collectif intitulé Du bleu du lac au vert de la forêt a été publié aux Éditions Cantinales à Hearst.

Note historique : Lucien, l’aîné de la famille Laberge, a été soldat canadien pendant la Deuxième Grande Guerre (1939-1945). Il est tristement tombé au combat. Nous honorons sa mémoire. Marie nous partage que «la participation de son grand frère aux combats et son décès ont été marquants en émotions et à la grande sensibilité de la petite fille de 8 ans qu’elle était.»

Références : campongrandi.ca; Livre : Du bleu du lac au vert de la forêt (2002); murrayoktire.ca; textes de M. Murray

Certification 2013

Marie-Louise (Chassé) Meilleur

Doyenne de l’humanité

Lors de son 117e anniversaire en 1997, quand on a dit à Marie-Louise Meilleur qu’elle était la plus vieille personne au monde, elle aurait répondu : « Pauvre Canada ! » tout en riant…»

— Document biographique préparé par la Société historique du Nipissing (ourontario.ca)

En août 1997,  le Livre Guinness des records a proclamé la Canadienne Marie-Louise Chassé Meilleur, alors âgée de 116 ans, doyenne de l’humanité (la personne la plus âgée sur la planète). Au moment de la proclamation, elle vivait à Corbeil, dans le Nord de l’Ontario.

Née Marie-Louise Fébronie Lévesque à Kamouraska QC le 29 août 1880, Marie-Louise a été mère de douze enfants (dont deux sont décédés en bas âge) issus de deux mariages. Elle était fille de pêcheur qui était également propriétaire d’un hôtel à Kamouraska.

À 19 ans, elle a épousé Gérard Leclerc, un pêcheur de métier de son village. Il est décédé d’un trouble respiratoire au début de la Première Guerre mondiale, et Marie-Louise est alors déménagée à Rapide-des-Joachims avec ses quatre enfants.

Elle y a rencontré son deuxième mari, un bûcheron et contre-maître franco-ontarien nommé Hector Meilleur qu’elle a épousé en 1915, et avec lequel elle a eu six enfants. Après le décès de son deuxième mari, elle a vécu chez sa fille à Deep River, et par la suite au  Manoir Nipissing de Corbeil où elle a passé les dernières 10 années de sa vie.

En 1986, lors d’une entrevue avec Southam News, Marie-Louise a mentionné qu’elle retournerait volontiers au poêle à bois et à la lampe à l’huile d’autrefois, car elle trouvait que la vie à la course des gens du 20e siècle nuisait à leur qualité de vie…

Au moment de son entrée au Manoir Nipissing de Corbeil en 1988, elle était âgée de 107 ans, pouvait encore marcher seule, en s’aidant d’une canne, et faisait preuve d’un vif sens de l’humour.

Le travail ardu, redire les bonheurs de sa jeunesse, aimer sa famille, conserver un bon sens de l’humour et avoir la foi en Dieu — tels ont été les secrets de longévité de cette Grande Dame canadienne française !

À l’occasion de son Assemblée annuelle en 1997, la Société historique du Nipissing a présenté ses hommages à Marie-Louise Meilleur pour sa contribution générale à la société, en particulier, celle d’être un si bel exemple pour tous ceux qui l’ont connue.

Marie-Louise Meilleur est décédée le 16 avril 1998 à l’âge de 117 ans. Elle a été la doyenne de l’humanité entre le 4 août 1997 et le 16 avril 1998. (la femme la plus âgée sur la planète). Les données officielles suggèrent qu’elle est, encore aujourd’hui, la personne qui a vécu le plus longtemps de l’histoire du Canada.

Faits historiques intéressants liés à l’année de naissance de Marie-Louise Meilleur :

  • 1880 est aussi l’année où Calixa Lavallée a composé l’hymne national Ô Canada. L’hymne a été joué pour la première fois le 24 juin 1880.
  • L’année 1880 correspond au début de la construction du chemin de fer transcanadien, un projet initié par le premier ministre de l’époque,  John A. Macdonald.
  • 1880 est l’année où la première femme médecin à obtenu sa licence pour pratiquer au Canada, Dre Emily Stowe.
  • 1880 est aussi  l’année de naissance d’une autre femme qui deviendra très célèbre : l’écrivaine et activiste américaine, Helen Keller qui était sourde, muette et aveugle.
  • L’Américain Thomas Edison invente l’ampoule électrique.
  • Au moment de la naissance de Marie-Louise, le Canada n’avait que 13 ans !

De plus, saviez-vous que ?

  • Marie-Louise Meilleur a vécu dans une maison en bois rond sans électricité jusqu’aux années 50.
  • Le manoir où Madame Meilleur a vécu les 10 dernières de sa vie était logé dans l’édifice qui avait été construit pour la pouponnière des jumelles Dionne à Corbeil.

Vous pouvez visionner un reportage de Stéphane Laberge pour Radio-Canada à Corbeil au sujet de Marie-Louise Meilleur le 14 août 1997 (cliquez sur le lien ci-dessous). http://archives.radio-canada.ca/emissions/500-15671/page/4/ 2e réportage (en anglais) : http://youtu.be/KzVO9YKIDkU Références : Document biographique préparé par la Société historique du Nipissing (date inconnue, ourontario.ca); demogr.mpg.de/books/odense/6/11.htm9; www3.sympatico.ca/mgchassey/M_Lse/M_Lse.htm; listverse.com/2010/02/07/top-10-oldest-people-ever; freepages.genealogy.rootsweb.ancestry.com/~meilleuro/01214-04.htm#Corbeil%20woman%20set%20to%20mark%20115th

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part. 

Marguerite Martel

Enseignante, pionnière en éducation pour les difficultés d’apprentissage, chef de file pour la francophonie, bénévole

M.Martel

Photo : Société historique du Nipissing

Née Marguerite Corbeil à Corbeil en Ontario en 1925, Marguerite a fréquenté l’école élémentaire Ste-Jeanne d’Arc de Bonfield, et par la suite, le Pensionnat du Sacré Cœur d’Ottawa pour terminer son secondaire.

En 1941, Marguerite a poursuivi ses études à l’École normale d’Ottawa, et est revenue dans le Nord pour y enseigner dans une petite école de campagne à Nosbonsing.

En 1943, la famille de Marguerite s’est installée à North Bay, où elle a enseigné à l’école St-Jean-de-Bréboeuf, une école rurale qui lui demandait 90 minutes de marche matin et soir pour se rendre au travail.

En 1945, Marguerite a épousé Normand Martel et jusqu’en 1954, elle s’est consacrée à élever sa famille.

Elle est retournée à l’enseignement en 1954. tout en poursuivant ses études en vue d’obtenir son diplôme de 13e année et son spécialiste en éducation spéciale (difficultés d’apprentissage).

Cette spécialisation la mènera au poste de personne-ressource dans les cinq écoles de North Bay à l’époque. Marguerite a mis sur pied le service à l’élève en difficulté d’apprentissage et fut l’une des premières a assurer la formation du personnel enseignant dans ce domaine en Ontario français.

En 1972, elle a obtenu son baccalauréat, et a donné des cours aux enseignantes et enseigants à Sudbury, Timmins, Ottawa et North Bay.

Elle a été présidente de l’AEFO locale en 1967 et présidente provinciale en 1978-79. Pendant 8 ans, elle a fait partie du Bureau des gouverneurs de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’Ontario.

Elle a également siégé à l’Association canadienne d’éducation de langue française. Après une carrière de 34 ans en éducation, Marguerite a pris sa retraite de l’enseignement en 1983.

De 1979 à 1991, elle a participé à un projet du ministère de la Justice canadienne (libération conditionnelle). Elle a joué un rôle clé lorsque la Loi 8 est entrée en vigueur en assurant la traduction, la rédaction et l’adaptation des documents pour les détenus francophones pendant de nombreuses années.

Sa carrière a été couronnée d’honneurs et de distinctions. Elle a été décorée du Mérite franco-ontarien en 1968 par l’ACFEO (maintenant ACFO), est membre à vie du Conseil des enseignantes et enseignants du Nipissing, a été décorée du Mérite franco-ontarien en éducation en 1984, et a été décorée par le ministère de la Justice canadienne (Achievement Award) en 1991. En 2011, elle a été récipiendaire de l’Ordre de la Pléiade à l’âge de 86 ans pour l’ensemble de sa contribution à la francophonie ontarienne.

Marguerite s’est dévouée à plusieurs causes tout au long de sa vie y compris la paroisse St-Vincent-de-Paul, le Bureau de direction des Compagnons des francs loisirs à North Bay (qu’elle a cofondé en 1963), la Fédération des aînés franco-ontariens, l’Amicale de la place Richelieu, ainsi que 13 années à titre de conseillère scolaire. Elle a même été la première femme à être le bonhomme Carnaval lors du Carnaval des Compagnons à North Bay en 1966 !

Marguerite Martel est décédée le 29 janvier 2014.

Note historique : Le village de Corbeil a été nommé pour le grand-père de Marguerite Corbeil, soit Jean-Baptiste Corbeil, l’un des premiers pionniers arrivés en 1892 d’Orléans, Ontario.

Références : northbaynipissing.com  En bref (AEFO), no 632, 2 mai 2011   Document biographique préparé par la Société historique du Nipissing (date inconnue, ourontario.ca)  radio-canada.ca (Boréal Express 3 mai 2011)

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part. 

 

Denyse Mageau

Enseignante, auteure, choriste, conteuse, animatrice d’ateliers d’écriture

Denyse Mageau

Photo : Holly Massie, avec l’autorisation de Denyse Mageau

« Quand vient l’heure du dodo, vous recherchez une lecture intéressante à offrir aux petits ? Voilà ce que vous propose Denyse Mageau avec son conte, La famille de Madame Pipi, une histoire amusante, qui nous fait découvrir le monde des mouffettes […]  ».

— Michèle LeBlanc, Liaison, no 133.

Denyse Mageau est née à Sturgeon Falls, la benjamine d’une famille de 6 enfants. Son grand-père paternel Zotique Mageau a été commerçant, notaire et maire de Sturgeon Falls à plusieurs reprises, en plus d’être député provincial pour la circonscription de Sturgeon Falls de 1911 à 1926.

Mageau 4 ans

Denyse vers l’âge de 4 ans

 Sa mère, Cécile Bélanger, a été organiste à la paroisse Sacré-Cœur de Sturgeon Falls pendant de nombreuses années, ainsi que chantre aux messes du matin et aux funérailles. Dès l’âge de 4 ans, l’enfant Denyse chantait elle aussi d’une voix claire et pure dans la chorale dirigée par sa maman.

Denyse a fait ses études secondaires au pensionnat Notre-Dame-de-Lourdes de 1951 à 1955. L’année de sa graduation, elle a été responsable du discours d’adieu. Suite à ses études secondaires, elle a fréquenté les universités de Sudbury et d’Ottawa, et a également reçu une formation en animation à l’Université Saint-Paul, en plus de faire des études bibliques à Fribourg en Suisse.

Mageau graduation

Devise de graduation 1955 : « Comme la source donne-toi toujours. ». Denyse est au centre pour y prononcer le discours d’adieu.

Denyse a enseigné le français et le cinéma à l’école secondaire pendant 36 ans. En 1989, elle a eu la distinction d’être choisie pour enseigner aux enfants des militaires canadiens francophones à la Base de Lahr en Allemagne. Cette expérience lui a inspiré le livre « Attachez vos ceintures, des récits de voyage », qu’elle a publié aux Éditions Les Écrits d’or en 2001.

Depuis sa retraite de l’enseignement, elle se consacre au chant choral dans l’ensemble vocal Les Chanteurs Stairwell au sein duquel elle est soprano depuis 1978. Pendant des années, elle a initié  les enfants à la littérature par le conte, le chant et la poésie, et a donné  des ateliers de créativité en écriture aux aînés.

MadamePipiSes activités actuelles incluent la dramatisation comique du conte La famille de madame Pipi. Denyse fait des présentations de ce conte dans de nombreuses villes de l’Ontario et du Québec, dont Sturgeon-Falls, Sudbury, Kingston, Alexandria, Vars, Casselman et Gatineau.

Elle fait également partie des Conteurs de l’Est, et aime offrir des prestations dans divers endroits dont le Muséoparc de Vanier, le musée de Cumberland, le Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO) et les résidences de personnes âgées.

Depuis plusieurs années, Denyse anime des rencontres littéraires et des ateliers d’écriture dans les écoles, les bibliothèques et les centres communautaires.

Elle poursuit son œuvre littéraire par la réédition de son conte La Famille de Madame Pipi et la rédaction d’un conte de Noël, ainsi qu’une pièce pour enfants. Elle travaille également à la rédaction d’un récit autobiographique.

Liste partielle de ses publications :

  • Le Ronron de Mélodie, 2007, Les Éditions du Vermillon; finaliste au Salon du livre de Toronto en 2008 pour le prix de la Littérature jeunesse
  • « La chambre », nouvelle parue dans Virage, no 23, Les Éditions Prise de parole, 2003, pages 28 à 31
  • Attachez vos ceintures. Récits de voyage, 2001, Les Éditions les Écrits d’or
  • La Famille de Madame Pipi, 1998, Les Éditions les Plaines
  • L’Alphabétisme visuel, 1987, Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques

Références : plaines.mb.ca; editionsduvermillon.ca; aaof.ca; texte de D. Mageau

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