Micheline Beaudry-Somcynsky

Visionnaire pour les droits de la personne, diplomate, experte-conseil en relations internationales, cadre supérieur, linguiste, auteure, choriste, chef de file pour les femmes

Micheline Beaudry

Photo : avec l’autorisation de Micheline Beaudry-Somcynsky

«Le travail de diplomate est fascinant. Dans le déroulement de ma carrière, j’ai pu travailler dans une grande variété de domaines pour la promotion et la défense des intérêts du Canada à l’étranger. J’avais l’impression de vivre l’histoire en devenir et d’apporter ma contribution à son déroulement».

— Micheline Beaudry-Somcynsky, 2013

Née à Verner en 1949, Micheline est la fille de Florine Jalbert et d’Ernest Beaudry. La 9e d’une famille de onze enfants, elle a grandi sur la ferme de ses parents à Verner.

Elle a fait ses études primaires à l’école St-Jean-Baptiste de Verner et ses études secondaires au Pensionnat Notre-Dame de Lourdes à Sturgeon Falls.

Beaudry, ferme

Ferme familiale de la famille Beaudry à Verner

Beaudry, école

École St-Jean Baptiste à Verner

Dès son adolescence, Micheline s’est impliquée au sein de sa collectivité. Élue vice-présidente de l’Association générale des étudiants franco-ontariens, elle a milité pour le droit d’étudier en français en Ontario et pour l’accès des femmes aux études supérieures.

Micheline a obtenu une maîtrise en Linguistique appliquée à l’Université d’Ottawa en 1972. Pendant ses années sur le campus, elle a fondé et présidé l’Association des étudiants du département de linguistique, et a rédigé une chronique hebdomadaire sur les enjeux du monde étudiant dans le journal étudiant La Rotonde.

Femme de vision pour les langues et les droits de la personne, elle a insisté auprès du Département de linguistique de l’Université d’Ottawa pour qu’il offre des cours de langues des premières nations du Canada. Suite à ses efforts, un cours de langue Cree et un cours de langue Inuktitut ont été mis sur pied. Micheline est elle-même polyglotte, ayant appris neuf langues.

La vie de Micheline a pris un tournant international lorsqu’elle a quitté sa terre canadienne en janvier 1973 pour vivre en Argentine avec son conjoint Jean-François Somcynsky. Elle a enseigné des cours sur l’application de la neurolinguistique à la thérapie du langage à l’Université de Buenos Aires. Ce domaine étant alors inconnu en Argentine, Micheline fut la première à l’enseigner et à travailler dans ce domaine avec une équipe de l’Hôpital Alvear.

Par la suite, elle a présidé l’Association Canada-Argentine qu’elle avait aidé à fonder en partenariat avec des chefs d’entreprises canadiens et l’ambassade du Canada. Les buts du Club Canada étaient de promouvoir le Canada, aider les entreprises canadiennes à s’établir en Argentine et fournir un lieu de rencontre entre Canadiens et Argentins intéressés par le Canada. Sous sa direction, le Club a organisé une tournée en Argentine du Royal Winnipeg Ballet et a monté une exposition majeure d’objets d’arts canadiens.

De retour au Canada en 1975, Micheline a été embauchée par l’Agence canadienne du développement international (ACDI) au sein de laquelle elle a été diplomate au service du gouvernement canadien pendant 27 ans. Micheline a été l’une, sinon la première, Franco-Ontarienne à devenir diplomate canadienne. À ce titre, elle fait figure de pionnière pour les Canadiennes qui oeuvrent en diplomatie.

Micheline a également été membre du groupe fondateur de l’Association de la communauté du service extérieur canadien. Ce groupe avait comme mandat de sensibiliser le Parlement et le Conseil du trésor sur les défis et conditions de vie des familles qui accompagnent les diplomates dans leur vie de nomade. À ce titre, elle a œuvré activement à améliorer la situation des familles, et plus particulièrement, la vie et le rôle des femmes de diplomates par l’entremise de dossiers tels que l’obtention du congé sans solde, les ententes de réciprocité pour les permis de travail et la réintégration en milieu de travail canadien.

Quelques jalons d’une carrière diplomatique

Au cours de sa carrière de diplomate, Micheline a laissé sa marque dans plusieurs dossiers, dont l’économie, la politique, l’éducation, les droits de la personne, la résolution de conflits, la promotion de la paix et l’aide au développement. En résumé, voici quelques points marquants de sa carrière.

Lors des événements de 1989 en Chine au moment où l’armée a ouvert le feu sur les jeunes qui manifestaient pour la démocratie sur la place Tiananmen — Micheline était responsable du programme de développement du Canada en Chine et a participé de près au développement de la réaction et de la démarche du gouvernement canadien à cette tragédie.

Durant la guerre civile du Sri LankaMicheline a été directrice du programme d’aide canadien dans ce pays; elle était responsable d’une équipe qui a reformulé la politique des relations du Canada avec le Sri Lanka, en redirigeant l’appui vers la résolution de conflits, la promotion de la paix et la reconstruction (une première dans l’histoire du Canada).

Programme d’aide au Japon — choisie par le gouvernement canadien en 1992 dans le cadre d’un programme d’échange de personnel avec le gouvernement japonais, Micheline a oeuvré au sein du ministère japonais des Affaires étrangères. C’était la première fois que le Japon acceptait de recevoir un non-Japonais dans sa bureaucratie. Les Japonais ont puisé dans son expérience pour développer des outils d’évaluation de projets, et pour l’utilisation de l’aide au développement en vue de la résolution des conflits et la promotion de la paix. Pour le Japon, ce fut  le début de l’utilisation de l’aide au développement dans ce domaine.

De retour au Canada en 1996, Micheline a été nommée conseillère spéciale pour les relations avec le Japon auprès du gouvernement canadien, poste qu’elle a tenu jusqu’à sa retraite en 2002.

livre MichelineMicheline est l’auteure de plusieurs livres dont l’ouvrage de référence, «Japan’s System of Official Development Assistance» (1999) qui a été acclamé pour son excellence et sa véracité par le gouvernement japonais. Elle est également l’auteure de «Coopératives, État et Paysans. Rôle des coopératives dans la production vivrière au Sénégal» (1981) qui est devenu un ouvrage de référence dans les universités canadiennes.

Elle a également publié deux livres en généalogie, dont un ouvrage en 2013 qui rend compte de la contribution de sa famille au développement du Nord de l’Ontario.  Pour vous procurer son livre « Le rendez-vous 2013» qui relate l’histoire de famille Francis Beaudry et de sa descendance à Verner à partir de 1893, vous pouvez communiquer avec l’auteure par courriel : beaudrymiche@gmail.comBeaudry, livre Verner

Au moment de sa retraite, Micheline a reçu un diplôme de Prime au Mérite «pour avoir contribué de façon exceptionnelle et remarquable à l’excellence de la fonction publique».

Elle met maintenant à profit ses connaissances et expertises au sein d’organismes locaux et régionaux en Outaouais, toujours avec le souci d’améliorer les conditions de vie des gens et de faire la promotion de la culture et des arts. Elle est membre active du Chœur classique de l’Outaouais depuis 1996 et a chanté dans de nombreuses chorales du monde.

Note historique : Au moment où Micheline Beaudry-Somcynsky est devenue diplomate, il y avait peu de francophones dans le corps diplomatique canadien et encore moins de femmes. Étant l’une des premières Franco-Ontariennes à devenir diplomate canadienne, elle a dû travailler d’arrache-pied pour surmonter les préjugés portés par le regard des autres. Il lui a fallu prouver qu’elle pouvait voyager seule, qu’elle pouvait participer seule à des rencontres internationales, qu’elle était capable de mener des négociations, qu’elle savait comment agir dans des situations difficiles même lorsque sa sécurité personnelle et celle de son équipe étaient en jeu, qu’elle pouvait monter des dossiers complexes et difficiles en dirigeant des équipes multidisciplinaires, et qu’elle saurait s’adapter à des contextes culturels où elle devait faire accepter qu’elle fût une femme. Son travail de pionnière dans l’univers diplomatique a contribué à ouvrir la voie aux femmes dans la diplomatie canadienne et internationale. Dans plusieurs des contextes où elle a œuvré, c’était la première fois que les équipes côtoyaient une femme dans un poste de direction.

NDLR : Micheline Beaudry-Somcynsky est la coauteure de ce profil. Grâce à sa générosité de temps et d’information, j’ai pu résumer les grandes lignes de son parcours professionnel. Je lui suis reconnaissante de l’appui qu’elle a accordé aux Elles du Nord, et je la remercie vivement et chaleureusement.

Certification 2013

Gracia Comeau

Enseignante, pionnière des services aux femmes dans le Moyen-Nord, chef de file pour la communauté francophone, couturière, bénévole d’exception

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Photo : avec l’aimable autorisation de la famille Comeau

«Gracia était très impliquée, respectée et appréciée dans le mouvement de l’UCF♀. Elle a eu beaucoup d’influence dans les comités.»

— Cécile Goulet*, Verner, 2e vice-présidente provinciale de l’UCF♀ 

Née à Sainte-Gertrude de Nicolet en 1906, fille d’Eugène Comeau et d’Alphonsine Poulette, Gracia a vécu de  grandes épreuves pendant son enfance : d’abord, le décès prématuré de sa mère lorsqu’elle n’avait que 2 ans, et par la suite, le décès de son père alors qu’elle avait seulement 16 ans.

Élevée par sa grand-mère paternelle Sarah Poulette Comeau, Gracia a su, malgré les épreuves, tracer un chemin de fonceuse. Femme de volonté et de ténacité, elle a entrepris des études pour devenir enseignante, profession qu’elle a pratiquée jusqu’à son mariage à Odilon Comeau en 1927.

En 1942, le couple Comeau entreprend une aventure dans le Nord de l’Ontario lorsque Odilon, beurrier de métier, a décidé de vendre son commerce et d’accepter un poste à la Beurrerie Desrosiers à Verner.  En 1943, Gracia et Odilon ont fait le long voyage en train avec leurs cinq fils pour élire domicile à Verner. Un 6e fils est né en terre ontarienne en octobre de la même année.

Habile jardinière, Gracia offrait généreusement les fruits de ses labeurs cultivés avec son conjoint. Le potager Comeau avait bonne réputation à Verner ! Gracia était également douée pour la couture, sa réputation s’étendant dans la grande région de Sturgeon Falls pour ses confections de robes de mariée et de filles d’honneur.

Elle a transmis son savoir à plusieurs générations de jeunes couturières qui, à ses côtés, ont appris à confectionner des vêtements de tous genres et de tous styles — point de finition, fermeture éclair, ourlet, point caché, faufilage, piqure. Excellente pédagogue, ses cours étaient courus et appréciés.

Dès 1950, Gracia s’est jointe au Cercle des fermières de Verner (plus tard connu sous le nom de l’Union culturelle des Franco-Ontariennes), dont elle a occupé le poste de secrétaire locale de 1955 à 1969. À quelques reprises, elle a également relevé le défi de la présidence régionale de Sudbury-Nipssing.

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Photo : rencontre de l’exécutif local à Verner, archives de l’UCF♀

En 1969, Gracia fut élue présidente provinciale de l’UCF♀, faisant d’elle la première femme du Nord de l’Ontario à occuper ce poste depuis la fondation de l’UCF♀ en 1936. Au cours de son mandat de 1969 à 1974, elle a eu une influence  positive au sein des divers comités et a joué un rôle clé dans la rédaction de la Constitution définitive de l’UCF♀. Pendant sa présidence, elle a participé activement à la fondation de la Fédération des aînés francophones de l’Ontario (FAFO) pour sa région.

Gracia a été au service de la collectivité francophone nord-ontarienne pendant plus de 30 ans, contribuant à l’essor des Cercles des fermières du Nord, à la mise sur pied de la régionale Sudbury-Nipissing, ainsi qu’à la fondation du Cercle de Noëlville.

Elle a été membre fondateur et première secrétaire-trésorière du Club de l’Amitié de Verner, ainsi que membre des Dames de Ste-Anne et de la chorale paroissiale. Gracia n’a jamais hésité à donner un coup de main lors des activités paroissiales et communautaires. En guise de reconnaissance de son dévouement, elle a été décorée du mérite social au Congrès des Dames fermières à North Bay en 1968, et a eu l’honneur d’être nommée « responsable » à l’Association d’Éducation canadienne-française la même année.

Décédée en 1984, Gracia a connu des défis de taille dans sa vie, dont les décès prématurés de ses parents, la paralysie de son conjoint, ainsi que des problèmes graves de santé pour elle-même. Mais sa famille et sa communauté conserveront toujours le souvenir d’une femme énergique, habile et admirée.

Note historique : C’est sous la présidence de Gracia Comeau que le regroupement des Cercles des fermières  a vécu un moment clé de son histoire à North Bay en 1969 alors que le nouveau nom a été proposé — le nom l’Union culturelle des Franco-Ontariennes (l’UCF♀) a été adopté officiellement le 16 février 1970.

*Je tiens à remercier très chaleureusement Madame Cécile Goulet pour son appui inestimable à la rédaction de ce profil. Non seulement a-t-elle effectué des recherches d’envergure et fourni le matériel nécessaire à la rédaction, elle a généreusement répondu à mes mille et une questions ! Merci également à ses fils Gérard et Jean-Marie Comeau pour leur appui et leur gentillesse.

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LA GALERIE DES ELLES : Série de photos, Gracia Comeau (2,25 min)

Références : unionculturelle.ca; textes de C. Goulet; texte de la famille Comeau

Certification 2013

Sœurs de la Charité d’Ottawa (Sœurs Grises de la Croix)

Élisabeth Bruyère

P-A/001. – Portrait Mère Bruyère, première supérieure générale / Malak Photographs Ltd, Ottawa – BW235MB1. – [ca 1850]

 © Photo de Mère Élisabeth Bruyère, fondatrice et première supérieure générale de la Congrégation des Soeurs Grises de la Croix (maintenant connue sous le vocable Soeurs de la Charité d’Ottawa*), reproduite avec l’autorisation des Archives des Soeurs de la Charité d’Ottawa

Devise des Soeurs de la Charité d’Ottawa

« Vive Jésus et sa Croix »

La devise des Soeurs de la Charité d’Ottawa a été donnée aux Soeurs Grises de Bytown* par Mgr J.E.B. Guigues, o.m.i., le 4 septembre 1852

 — http://www.soeursdelacharite.com**

La Congrégation des  Soeurs de la Charité d’Ottawa a été fondée à Montréal en 1737 par Marguerite d’Youville.

En 1845, suite à la demande de Monseigneur Phelan, coadjuteur de l’évêque de Kingston et administrateur du diocèse, la supérieure de l’Hôpital Général de Montréal a envoyé quatre Sœurs de la Charité à Bytown  pour y fonder une première mission en Ontario.

Cette mission ontarienne menée par Mère Élisabeth Bruyère s’est employée aux mêmes œuvres de charité que les Sœurs de la Charité de Montréal, c’est-à-dire qu’elle était au service des malades et des pauvres incluant la visite des malades à domicile. En terre ontarienne cependant, une nouvelle œuvre s’est ajoutée — celle de l’éducation des jeunes filles canadiennes et irlandaises à Bytown, une ville en pleine expansion ayant été fondée en 1826 qui a été incorporée en 1850 et est devenue Ottawa en 1855.

Cette mission éducative a marqué le début du rôle important des Soeurs de la Charité en milieu éducatif franco-ontarien où elles ont fait figure de pionnières.

Présence des Soeurs de la Charité d’Ottawa dans le Nord de l’Ontario

La triple mission des Sœurs de la Charité d’Ottawa, soit l’éducation, la santé et les services sociaux (aide aux démunis, pastorale, visites des personnes âgées, etc.) aura pour effet qu’elles fonderont une grande variété d’institutions au service de la population francophone du Nord de l’Ontario.

C’est à Mattawa que leur toute première mission dans le Nord ontarien a été fondée en 1878, soit deux ans après le décès de la fondatrice, Mère Élisabeth Bruyère (1876). Il s’agit de l’Hôpital Notre-Dame-des-Sept-Douleurs à Mattawa (également connu sous le vocable St-Joseph, ou encore, Hôpital Général de Mattawa).

Hôpital Mattawa

P-M 27/02. – Vue de Mattawa – Église, Hôpital Saint-Joseph…etc. – [entre 1887 et 1901]. Photo : © Archives des Soeurs de la Charité d’Ottawa; reproduite avec autorisation.

Portée et contenu de la photo : vue de Mattawa, entre 1887 et  1901; à l’avant-plan, on aperçoit la rivière Mattawa et plus haut, on aperçoit, à gauche, l’hôpital de Mattawa construite en 1885 en briques rouges mesurant 60 pieds de longueur sur 40 de largeur sur l’extrémité sud du Rosemount avec l’ajout en 1887, et détruit par le feu en 1901; à la droite de l’hôpital, on aperçoit l’église Sainte-Anne construite en 1889 et détruite par le feu en 1959; à la droite de l’église, on voit le presbytère à deux étages mesurant 46 pieds par 34 pieds, construit en briques en 1883, et démoli en 1974 pour en construire un plus moderne; à droite, la maison Mc Cracken encore debout en 1980. À l’arrière-plan se dresse une montagne recouverte d’arbres, la plupart dénudés.

Dix-huit ans plus tard en 1896, les Sœurs Grises de la Croix ont fondé un deuxième établissement hospitalier dans le Nord de l’Ontario, cette fois à Sudbury. L’Hôpital Saint-Joseph était alors dirigé par Mère Rosalie Demers, supérieure générale.

En 1898, elles ont établi un premier hôpital à Sault-Sainte-Marie dans une maison d’été sur la rue Bay. Un an plus tard, les religieuses ont transféré leurs patients au nouvel hôpital Général qu’elles avaient construit sur la rue Queen. Les Sœurs Grises de la Croix ont géré cet hôpital jusqu’en 1926.

Par la suite, les religieuses de la Congrégation ont fondé des œuvres sur le territoire nord-ontarien dans 16 villes. Il est à noter que dans certaines villes, il y a eu plus d’une institution fondée.

Les dates données sur la présence de la communauté des Soeurs de la Charité d’Ottawa dans les villes indiquées ci-dessous sont basées sur la vente des couvents. Il arrivait que les religieuses demeurent dans le couvent de la ville voisine tout en continuant à exercer leur apostolat.

Il est utile de préciser que les apostolats relatifs aux services sociaux se pratiquaient dans presque tous les couvents, et de même aujourd’hui, dans les endroits où les religieuses poursuivent leur oeuvre.

  • Attawapiskat, 1951-1963, Santé
  • Blezard Valley, 1960-1999, Éducation
  • Cartier, 1941-1961, Éducation
  • Chelmsford, 1906-2008, Éducation
  • Fauquier, 1951-1979, Éducation
  • Fort Albany, 1902-2005, Santé et Éducation
  • Hanmer, depuis 1942, Éducation
  • Kapuskasing, 1926-1990, Éducation (voir photo ci-dessous)
  • Mattawa, depuis 1878, Santé et éducation
  • Moonbeam, 1940-1970, Éducation
  • Noelville, 1936-1997, Éducation
  • Opasatika, 1950-1978, Éducation
  • Sault-Sainte-Marie, 1898-1926, Santé
  • Smooth Rock Falls, 1942-1969, Éducation
  • Sudbury, depuis 1896, Santé et Éducation
  • Verner, 1917-1976, Éducation

Les religieuses de la Congrégation ont joué un rôle clé dans l’éducation de la population franco-ontarienne étant donné leur présence importante dans le système des écoles séparées dans 14 villes du Nord.

Immaculée C.1943 - 44

Photo : personnel enseignant de l’École Immaculée-Conception à Kapuskasing, 1943-44, de la collection privée de l’enseignante Mireille Macdonald. Photo : avec l’aimable autorisation d’Andrew Liptak, le neveu de Mireille Macdonald. Mirelle Macdonald est la deuxième de gauche, première rangée du haut, debout.

Notes historiques sur la première mission des Soeurs de la Charité à Mattawa

Le texte intégral qui suit provient des Archives des Soeurs de la Charité d’Ottawa. Nous remercions Gabrielle Marchand-Dauphin, Archiviste en chef, de l’avoir partagé avec nous.

Lors de la fondation de l’Hôpital Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, Mattawa n’était qu’un village en voie de croissance. Situé à deux cents mille de la capitale, au confluent des rivières de l’Outaouais et de la Mattawan, c’était tout à la fois l’entrée et le débouché d’une vaste région de forêts qui s’étendaient jusqu’à la Baie James.

Les Oblats y avaient établi une résidence en 1871 pour desservir les colons, les hommes de chantier de l’Outaouais supérieur et les Algonquins qui y possédaient une importante réserve. Le Père J.U. Poitras était l’âme de la mission.

Le besoin d’un hôpital et d’une école catholique ne tarda pas à s’imposer. Appuyé d’une part par les bourgeois de chantiers, et d’autre part, par les chefs de familles catholiques – canadiens, anglais et indiens – le Père demande des Sœurs en 1877. Monseigneur Duhamel appuie le projet, toutefois les Sœurs n’arriveront qu’en 1878. L’ancienne résidence des Pères servira de couvent et de premier hôpital aux Sœurs. Il y aura de la place pour 15 malades.

Deux Sœurs se partageront une soixantaine d’enfants dans une construction provisoire, laquelle constituera la première école séparée de la région. Ce sont les Sœurs Saint-Alexis, Sainte-Mélanie et Sainte-Eudoxie qui sont appelées à la fondation de cette mission. En 1987, la mission prend le vocale de Notre-Dame-de-l’Accueil et les Sœurs déménagent sur la 10e rue.

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Hôpital Général de Mattawa et église

P-M 27/12. – Hôpital Général de Mattawa et église. – [après le 25 mai 1961].
Photo : © Archives des Soeurs de la Charité d’Ottawa, reproduite avec autorisation.

Portée et contenu de la photo : À l’avant-plan, on aperçoit le sol enneigé parsemé de petits arbustes feuillus. À l’arrière-plan, on aperçoit, à gauche, sur un plateau, l’Hôpital Général de quatre étages vu de face et du côté gauche, et à droite l’église Sainte-Anne vue du toit incliné sur lequel repose un campanile surmonté d’une croix. Mgr Smith bénit la nouvelle église le 25 mai 1961. Plus loin, derrière l’église, on voit la montagne enneigée et des arbres feuillus dressés sur cette montagne.

*En 1968, la Congrégation des Soeurs Grises de la Croix a décidé de modifier son appellation officielle et dès lors a été connue sous le nom des Sœurs de la Charité d’Ottawa.

**Je remercie chaleureusement madame Gabrielle Marchand-Dauphin, Archiviste en chef aux Archives des Soeurs de la Charité d’Ottawa, pour son généreux appui dans cette recherche, sans qui ce profil historique n’aurait pu être rédigé. Elle a toute ma reconnaissance.

Références : centrefrancophone.net; soeursdelachariteottawa.com; Archives des Sœurs de la Charité d’Ottawa

Certification 2013

Lise B.L. Goulet

Artiste, enseignante, poste-cadre en éducation, visionnaire et chef de file pour les arts en Ontario, gestionnaire-fondatrice de la Fondation Clément-Bérini

Lise Goulet

Photos : avec l’autorisation de Lise B. L. Goulet

«[…] laisser parler la matière, m’immiscer en elle, devenir en quelque sorte son partenaire… voilà une aventure qui invite au risque et ouvre la porte à des réalités jusque-là insoupçonnées. Car le jeu entre la matière, la main qui la transforme et le feu qui la purifie favorise une synergie des éléments de la nature et de la conscience humaine. »

—   Lise Goulet, bravoart.org

Née à Timmins en 1957, Lise a maintenu un ancrage profond avec le Nord de l’Ontario malgré le déménagement de sa famille dans l’Est ontarien alors qu’elle était âgée de  2 ans.

À travers son parcours d’artiste depuis près de 25 ans, elle a cultivé son sentiment d’appartenance au Nord par ses liens familiaux, et aussi, par ses  expositions dans différentes galeries à Timmins, Kapuskasing, Sudbury et Haileybury.

Depuis quelques décennies, Lise coordonne également des activités pédagogiques dans le domaine des arts visuels, non seulement dans son Nord natal, mais partout en Ontario francophone.

Fascinée par les multiples facettes de l’univers artistique depuis son enfance, Lise a d’abord étudié en histoire de l’art et en arts visuels où elle s’est intéressée plus particulièrement au travail de gravure, notamment la technique de l’eau-forte.

Par la suite, elle a obtenu un baccalauréat spécialisé en arts visuels et un brevet en enseignement au palier secondaire à l’Université d’Ottawa, d’où elle a également obtenu une maîtrise en psychopédagogie en 1991.

De 1982 à 1997, Lise a été enseignante en arts visuels dans les écoles secondaires d’Ottawa et d’Orléans, et de nouveau en 2003-04 lorsque son conseil lui a demandé de créer, en collaboration avec les enseignants de l’École secondaire catholique Béatrice-Desloges, le Programme spécialisé en arts (PSA).

En 1998, elle a été la gestionnaire responsable de la rédaction du premier programme d’éducation artistique au secondaire entièrement élaboré en français en Ontario. Le programme regroupait les matières artistiques suivantes : arts intégrés, arts médiatiques, arts visuels, danse, musique et théâtre. De nombreuses esquisses de cours  ont découlé de ce programme-cadre, y compris d’autres disciplines du curriculum de l’Ontario.

L’artiste et la pédagogue ont toujours partagé leur espace de vie. Au cours de sa carrière, Lise a porté plusieurs chapeaux qui ont lié ses deux univers. Elle a été gestionnaire de projets, responsable d’unités administratives, professeur dans le cadre de la formation des maîtres à la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa rédactrice de programmes pédagogiques, guide au Musée des beaux-arts du Canada, animatrice d’ateliers de poterie et de céramique, et toujours, artiste

Depuis 2004 elle est agente d’éducation au ministère de l’Éducation à Toronto où elle gère les dossiers relatifs à l’éducation artistique de la 1ère à la 12e année pour la Direction des politiques et des programmes d’éducation en langue française (DPPELF).

Céramiste et graveure, la démarche artistique de Lise fait appel à une variété de techniques de façonnage (p.ex., modelage, colombin, plaque, tournage) et d’estampillage. Elle a suivi une formation en cuisson RAKU avec maître Makoto Yabé, en 1996 au Bennington College of Art (Vermont, États-Unis). Elle expose en groupe et solo depuis les années 1990 surtout en Ontario, dans le Nord et l’Est ontarien.

Lise Goulet poterie

Corps de lumière, 2012-13 Série : Aube/Cache-pot, approximativement 10 x 7 x 5, terre-glaise

Très impliquée dans le développement des arts en Ontario français, Lise est membre fondatrice de BRAVO et de BRAVO EST (1991). Elle a siégé au sein des deux conseils d’administration de 1990 à 1999 à titre de présidente, trésorière et secrétaire. Elle est administratrice à BRAVO-Sud depuis 2009 et au Théâtre français de Toronto depuis 2010.

En 1996, elle a créé la Fondation Clément-Bérini en l’honneur de cet artiste réputé, un militant des arts de la première heure, un rassembleur d’artistes qui a inspiré des générations de créateurs en Ontario français depuis les années 60. L’artiste-peintre Bérini, natif de Timmins, était non seulement le mentor de Lise, mais aussi son oncle.

Bérini Affiche

Lise fut la commissaire du projet d’exposition collective et itinérante Clément Bérini : Honorer Inspirer Rassembler, dont la première de la tournée provinciale a eu lieu à Toronto en mai 2013. L’exposition circulera dans tout l’Ontario, dont plusieurs villes du Nord entre octobre 2013 et septembre 2014 (Sudbury, Moonbeam, Haileybury, Timmins, Hearst, Cochrane et North Bay).

À l’automne 2014, Lise a participé à une exposition de groupe sous le thème «Le Temps d’la chasse» à la Galerie d’art WKP Gallery à North Bay. La chasse étant assurément un trait de société dans le centre et le nord de l’Ontario, c’est dans un contexte historique que BRAVO-Centre a présenté les œuvres numériques de douze  artistes professionnels.

Note historique :  Clément Bérini de Timmins est un artiste qui a éveillé les consciences sur l’importance de l’art. À partir des années 70, il a participé au développement d’une vie culturelle francophone à Timmins qui a rayonné partout dans le Nord. Se sont succédés des projets communautaires, la direction artistique à la toute nouvelle télévision CFCL, l’enseignement au Collège Northern, l’animation de cours de peinture et de design, la participation à l’essor du centre culturel La Ronde, des travaux d’architecture et de décoration d’intérieur, en plus de l’enseignement à l’école secondaire Thériault. Clément Bérini est décédé en 1996 en laissant derrière lui un solide héritage et une générosité d’âme qui persiste dans le coeur des artistes qui l’ont connu…

Références : afeao.ca; bravo.art; catalogue de l’exposition Clément Bérini : Honore  Inspirer Rassembler (2013); textes de L.B.L. Goulet

Certification 2013

Gloria (Pichette) Côté

Pianiste, professeure de musique, mentor, chef de file pour l’apprentissage de la musique chez les enfants d’âge préscolaire, auteure, bénévole

Gloria P. Côté

Gloria Pichette Côté

«Mme Côté est une dame fantastique. Elle a toujours les bons mots pour encourager, pour motiver. Elle sait exactement ce que ses élèves doivent faire pour progresser, pour s’améliorer. Un élève est découragé? Elle le remet sur le droit chemin. Un élève n’a pas pratiqué? Elle va à la source du problème. Dans notre adolescence, période difficile, Mme Côté avait le don de nous écouter et de nous parler».

— Yves Carrière, ancien élève de piano de Gloria, enseignant à l’école secondaire publique De La Salle à Ottawa, une école réputée offrant un programme intensif en éducation artistique

Née à Timmins, Gloria a grandi à Fauquier où elle a fréquenté l’école primaire Sainte-Jeanne-d’Arc. Par la suite, elle a fait ses études secondaires à trois endroits: Fauquier, Ottawa et Smooth Rock Falls.

Petite fille, Gloria s’intéressant déjà à la musique et aux harmonies propres à divers instruments. Elle caressait le rêve de suivre des leçons de piano, mais à cette époque, sa famille ne pouvait se permettre de lui offrir des cours de musique.

À l’âge de 25 ans, le rêve d’enfance de Gloria a commencé à prendre forme lorsqu’elle a suivi ses premiers cours de piano avec la professeure Jane Néron à Kapuskasing. En 1980, elle a  complété des études en musique par correspondance sous l’égide du Conservatoire de musique Royal Conservatory of Music de Toronto, où elle a acquis et approfondi la théorie, l’analyse et la pratique de son instrument — le piano. La vie de Gloria venait de changer à tout jamais !

Passionnée par la musique et par l’enseignement, Gloria a toujours compté la musique, mais elle n’a jamais compté les heures qu’elle y dédiait ! Depuis quatre décennies, elle se dévoue sans relâche à ses élèves et à la grande communauté musicale de Kapuskasing et des environs.

En plus de mettre sa passion et son expertise musicale au service de ses élèves, elle a été membre du Festival de musique de Kapuskasing pendant 30 ans, dont 10 ans à titre de présidente. Elle est également membre de l’Association ORMTA (Ontario Registered Music Teacher’s Association).

Coté_Gloria_livreGloria est l’auteure du livre Beginner’s Method for Piano, publié en 1985 par le Highway Book Shop à Cobalt. Inspirée par une fillette de 4 ans qui, le bras en bandoulière et pas encore en âge de pouvoir lire, voulait à tout prix apprendre à jouer, Gloria a relevé le défi de concevoir sa propre méthode d’enseignement du piano.

Son approche simplifiée harmonise à la fois l’aspect visuel, auditif et physique de l’apprentissage du piano chez les enfants d’âge préscolaire. Selon Gloria, tout commence par une seule note !

Gloria a laissé sa marque sur quatre générations d’élèves dont plusieurs ont fait carrière en musique, certains à titre de musiciens, d’autres comme professeurs réputés de musique. En mai 2013, elle fut l’invitée d’honneur au concert de fin d’année à l’école De La Salle à Ottawa où trois de ses anciens élèves sont enseignants en douance et en musique.

Lors de cette occasion, devant une salle remplie de parents venus apprécier le talent de leurs enfants qui étudient à De La Salle,  Yves Carrière, ancien élève de Gloria, a pris la parole au nom de son groupe pour prononcer un discours hommage : Tout ce que vous nous avez offert Madame Côté — votre passion pour la musique, votre rigueur, vos connaissances, votre méthode d’enseignement, votre écoute, nous l’offrons maintenant à nos élèves tous les jours (traduction libre).

Gloria Côté, groupe

«La passion qui nous anime pour la musique et pour les jeunes nous vient de vous Madame Côté.»

(De g.àd. : Annie Richard-Guindon, Robert Filion, Gloria Côté, Yves Carrière)

Note : Plusieurs des anciens élèves de Gloria Côté ont des carrières qui dépassent les frontières de l’Ontario et du Canada, entre autres, Robert Filion de Moonbeam et Marc Landry de Smooth Rock Falls. Marc Landry est doyen des études à l’Université du Québec en Outaouais depuis janvier 2013 (http://uqo.ca/nouvelles/4451).Vous pouvez consulter des sites de référence au sujet de leur carrière respective dans la liste ci-dessous.

Références :  Article : «Local music teacher honoured by former students», The Northern Times, Sarah Stenabaugh, 19 juin 2013; Article : «Local music teacher writes book to help preschoolers learn how to play the piano, The Northern Times, Carolyn Towne, 1985; albertachoralfederation.ca (Robert Filion); conservatoire.gouv.qc.ca (Marc Landry); texte de Y. Carrière; texte de G. Côté

Certification 2013

Lorraine Desjardins, s.c.o.

Religieuse, enseignante, formatrice, conseillère, missionnaire, animatrice générale (supérieure) de la Congrégation des Sœurs de la Charité d’Ottawa

Sr Lorraine-2(Photo :  Archives des Soeurs de la Charité d’Ottawa)

«Osons avec audace et créativité, avec une ardeur nouvelle en témoins prophétiques, vivre en femmes de compassion et d’espérance,
 dans la nouveauté de notre mission». (Vision 2010-2016)

— 30e Chapître général des Soeurs de la Charité d’Ottawa, soeursdelachariteottawa.com

Née à Kapuskasing en 1943, Sr Lorraine est la fille de Roland Desjardins de Kapuskasing et de Fernande Guénette de Moonbeam. À partir du Jardin d’enfants jusqu’à la 8e année, elle a fréquenté l’école Immaculée-Conception sous la direction des Sœurs Grises de la Croix.

Immaculée C.

Photo : École Immaculée Conception, avec l’aimable autorisation d’Andrew Liptak, http://postalhistorycorner.blogspot.ca

À l’âge de 13 ans, l’écolière Lorraine a participé à un concours de français provincial à Ottawa, et fut l’heureuse gagnante d’un premier prix en littérature et d’un deuxième prix en orthographe. C’était à l’époque des pages écolières dans les quotidiens francophones de l’Ontario (notamment la page du populaire et bien-aimé Oncle Jean dans le journal Le Droit), et les débuts de la radio et de la télévision francophone, incluant CFCL à Timmins.

L’adolescente Lorraine fit ses études secondaires à l’école Sainte-Rita à Val Rita (9e et 10e années) et, par la suite, ses 11e et 12e années au Pensionnat Notre-Dame-du-Sacré-Cœur (couvent de la rue Rideau à Ottawa).

Dès 1959, alors âgée de 16 ans, la jeune postulante Lorraine a entrepris son engagement apostolique en faisant son entrée dans la Congrégation des Sœurs de la Charité d’Ottawa (autrefois connue sous le nom de Sœurs Grises de la Croix). En 1961, elle a pris le nom de Sœur Jean-Luc.

Après avoir terminé son École normale à l’Université d’Ottawa en 1962, Sr Lorraine a enseigné dans des écoles d’Ottawa pendant 6 ans, tout en étudiant en vue de l’obtention d’un baccalauréat.

Sr Lorraine et famille

Photo : de g.à.d. Jean-Luc Desjardins (frère de Sr Lorraine), Roland (père), Sr Lorraine à l’âge de 24 ans, Fernande (mère); août 1967; avec l’aimable autorisation de Sr Lorraine Desjardins.

Les chemins du Canada et de l’Afrique se sont croisés une première fois dans la vie de Sr Lorraine en 1969 lorsqu’elle est allée enseigner en mission au Lesotho à l’âge de 26 ans. Elle y était également en service à la formation des jeunes religieuses à vœux temporaires.

Trois ans plus tard, un défi de santé a ramené Sr Lorraine en terre canadienne où elle a poursuivi son œuvre d’enseignante à Orléans et à Fauquier, avant d’effectuer un retour aux études à l’Université Laurentienne pour y obtenir un baccalauréat ès arts avec une concentration en histoire et en littérature en 1976.

Suite à deux ans d’enseignement au Collège Notre-Dame, une institution secondaire tenue par la Congrégation à Sudbury, Sr Lorraine a foulé le sol africain une deuxième fois pour y relever le défi d’un engagement missionnaire en Zambie. Elle y a été responsable de la formation des novices pour la Congrégation pendant 8 ans auprès des jeunes femmes provenant de la Zambie et du Malawi.

En 1987, Sr Lorraine est déménagée au Malawi en Afrique centrale où elle a assumé la responsabilité régionale de 35 religieuses dévouées en éducation, en santé et en pastorale paroissiale dans cette région du monde.

Un autre virage attendait cependant Sr Lorraine, qui après 17 ans de mission en Afrique, est revenue à la Maison mère à Ottawa en 1992 pour y oeuvrer à la Direction générale de la Congrégation des Sœurs de la Charité d’Ottawa, à titre de conseillère. À cette fonction s’est aussi ajoutée celle de trésorière générale en 2001.

Trois ans plus tard, elle a été élue au poste de supérieure générale (animatrice générale) de la Congrégation au Chapitre général de 2004 pour un mandat de six ans. Elle y a été réélue pour un deuxième mandat en 2010. Ce mandat a pris fin en 2016.

En juin 2011, Sr Lorraine a célébré son Jubilé d’or (50 ans de vie religieuse). À l’occasion de cette grande fête, le Chœur d’Orléans a chanté au couvent de la rue St-Joseph plusieurs chants de leur répertoire religieux et profane en son honneur.

Note historique : C’est en 1845 que quatre Sœurs Grises de Montréal sont arrivées à Bytown (maintenant Ottawa) pour y fonder une école (la première école bilingue de l’Ontario) et un hôpital qui allait devenir l’Hôpital général d’Ottawa. En 2013, 168 ans après la fondation, les bienfaits de l’oeuvre de Sr Élisabeth Bruyère retentissent dans onze pays : Canada, États-Unis, Haïti, Brésil, Japon, Thaïlande, Cameroun, Malawi, Zambie, Lesotho et République d’Afrique du Sud. Les Sœurs de la Charité ont œuvré dans le Nord de l’Ontario à partir de leur première mission à Mattawa en 1878. Les Elles du Nord présenteront prochainement l’historique de l’œuvre des religieuses des Soeurs de la Charité d’Ottawa en terre nord-ontarienne sur ce blogue.

Références : ipir.ulaval.ca; stjosephorleans.ca; lapresse.ca (Oncle Jean); postalhistorycorner.blogspot.ca; soeursdelachariteottawa.com; texte de Sr L. Desjardins

Certification 2013

Louise I. (Lefebvre) Fortin

Enseignante, animatrice, soliste, musicienne, comédienne, mentor et chef de file pour la culture musicale dans le Nord de l’Ontario, bénévole

Louise Fortin(Photos : avec l’autorisation de Louise Fortin)

«La musique rassemble les gens d’une communauté pour s’amuser, pour célébrer, pour marquer certains événements en laissant nos différences de côté. La musique donne vie et couleur à ces rencontres.»

— Louise Fortin, 2013

Native de Kapuskasing, Louise est la fille cadette d’Henri Lefebvre et d’Évelyne Losier. Elle a fait ses études primaires à l’école Immaculée Conception de Kapuskasing, et ses études secondaires de 1962 à 1966, au Mont St-Joseph à Ottawa, un pensionnat dirigé par les Soeurs de la Charité d’Ottawa.

Passionnée de musique et de théâtre depuis son enfance, Louise a suivi des cours de ballet, de patinage artistique et de musique.

Déjà, enfant, l’univers musical l’attirait parce qu’il la transportait ailleurs dans un autre monde — un monde enjoué, féérique, magique. Elle a fait ses premières classes en piano sous l’égide des Sœurs de la Charité à Moonbeam.

Par la suite elle a étudié le piano et le chant au pensionnat Mont St. Joseph d’Ottawa, et à l’âge adulte, elle a poursuivi des études en chant et en théâtre.

Louise a obtenu un brevet d’enseignement à l’École normale d’Ottawa, un baccalauréat ès arts de l’Université Laurentienne et un diplôme A. Mus. du conservatoire  Conservatory Canada à London, Ontario.

En 1969-70, elle a fait ses débuts en enseignement auprès des enfants inuits dans les Territoires du Nord-Ouest. Par la suite, Louise a enseigné à Cornwall avant de reprendre la route du Nord de l’Ontario où elle a enseigné à Kapuskasing au primaire et au secondaire de 1980  jusqu’à sa retraite en 2005.

Tout au long de sa carrière en enseignement, Louise a joué plusieurs rôles dont celui de professeure de musique, professeure d’immersion française, titulaire de salle de classe, animatrice culturelle et animatrice pastorale. Elle a été également professeure de chant et de piano, soliste et choriste, directrice de chorale et comédienne dans des troupes de théâtre communautaire.

La culture, la musique, le plaisir des rencontres et le rassemblement des jeunes ont toujours été au cœur de sa vie.  Elle a organisé des spectacles et a mis en scène des pièces de théâtre en milieu scolaire et communautaire. Elle a également été à la direction de plusieurs chorales dans le Nord de l’Ontario.

À titre de professeure privée de piano, de chant et de théories, Louise a eu le bonheur d’accompagner plusieurs élèves qui ont bien réussi les examens du conservatoire de musique. Plusieurs d’entre eux ont reçu des mérites à l’échelle provinciale et certaines sont devenues des professeures de musique.

Depuis plus de 30 ans, Louise met ses talents au service de la communauté musicale du Nord de l’Ontario. Elle est membre du comité du Festival de musique de Kapuskasing depuis 1980 où elle s’est investie sur plusieurs plans : la sauvegarde de l’œuvre des fondateurs du festival, la prise en charge des changements nécessaires pour tenir à jour la section vocale du festival, la traduction des documents officiels du festival (correspondance, articles pour les médias, programmes, etc.), ainsi que la promotion de l’événement.

Elle est présentement membre du comité exécutif du Festival de musique de Kapuskasing qu’elle préside depuis 2009. Elle est également membre du conseil d’administration du Centre de santé communautaire de Kapuskasing.

Festival de musique 2010 b

(Photo : Louise Fortin et sa petite-fille Christiane au Festival de musique de Kapuskasing, 2010)

Sa carrière et son œuvre ont été parsemées de reconnaissance. En 1988, Louise a reçu la médaille d’excellence du conservatoire de musique Conservatory Canada lors de la remise des diplômes où elle fut promue au grade « Associate Performer » (A. Mus.). Elle a également reçu le médaillon Arts & Culture de la ville de Kapuskasing en 1989 pour sa contribution exemplaire aux arts de la ville, notamment pour son rôle inestimable dans le succès retentissant du Festival de musique.

Pour Louise, les célèbres paroles de la chanson Chante-la ta chanson de Jean Lapointe sont la résonance de toute une vie qu’elle a consacrée à la musique — oui, elle a chanté les beautés de la vie, et surtout, elle a su aider ses élèves, ses chorales et ses petits-enfants à trouver la mélodie qui chantait en elles et en eux…

Certification 2013

Références : ckgn.ca;  Article : «Un succès à répétition depuis 1971 : Kapuskasing attend son Festival de musique avec impatience», Jacques Côté, Liaison, no42, 1987, p. 7; arts-ville.org; texte de L. Fortin