Miriam Cusson

Créatrice culturelle, comédienne, auteure, metteure en scène, historienne, visionnaire pour la scène culturelle au Canada, bénévole

Miriam Cusson par Kemal Kurch

Photo : Kemal Kurch, avec l’autorisation de Miriam Cusson

«C’est possible en Ontario français de s’autogérer, et aucun d’entre nous n’a l’intention d’attendre d’être invité pour créer et concrétiser des projets […] ».

— Miriam Cusson, dans Liaison, no 126, 2005 

Née à Sudbury, Miriam a grandi à Chelmsford dans la région de la Cinque.

Elle a aussi habité la région de l’Outaouais pour la poursuite de ses études de maîtrise en théâtre à l’Université d’Ottawa.

Diplômée de l’Université Laurentienne en Histoire canadienne (2001) et en Arts d’expression (2003), Miriam a joué son premier rôle au théâtre en 2001. Le rôle de Judith dans Violette sur la terre de Carole Fréchette, l’a amenée en tournée partout en Ontario, au Québec et jusque dans le nord de la France.

En 2003-04, elle a été artiste en résidence au Théâtre du Nouvel-Ontario à Sudbury, où, tour à tour, elle a relevé les défis et les plaisirs de metteure en scène, comédienne, auteure, costumière et régisseure.

En 2004,  elle a cofondé le Collectif FFF, un regroupement de jeunes artistes francophones à Sudbury. Elle y a coécrit, interprété et assumé la mise en scène de plusieurs créations du Collectif dont Et après et Tranquillité.

En 2005, elle a signé la direction artistique du spectacle Sudbury Blues lors du 11e Festival international de la littérature à Montréal — spectacle qui a été chaleureusement salué par la critique.

De 2006 à 2010, Miriam a assumé la direction générale et artistique du Salon du livre du Grand Sudbury (SLGS). Au Salon, elle a créé 6 spectacles littéraires, dont l’émouvant Parcours littéraire et Un pays qui pousse dans le Nord.

En 2010, Miriam a cofondé une compagnie de création et de direction artistique, les Productions Roches brûlées (PRB) à Sudbury, avec Mélissa Rockburn. Les PRB ont réalisé plusieurs projets comprenant une résidence d’artiste en collaboration avec l’Université Laurentienne, le spectacle de clown FARA LIFA : Fred et Crudo de Iceland, et une lecture publique de Le Corbeau/The Raven mettant en vedette Alain Doom et John Turner.

Miriam est conseillère littéraire en poésie aux éditions Prise de parole et chargée de cours en théâtre à l’Université Laurentienne. De plus, elle est présentement directrice artistique associée au Conservatoire de création et de performance de l’île Manitoulin.

Son art explore des questions liées à la quête culturelle et à la quête de sens dans une société axée sur l’individualisme et la concurrence avec les autres. C’est le cas, par exemple, de l’une de ses récentes explorations culturelles intitulée « Nowhere du Nord ». Ce projet, produit par Musagetes en collaboration avec des concepteurs de différentes régions du Canada, a inclus la participation de douze comédiennes et comédiens du Nord de l’Ontario.

Miriam Cusson par Stacey lalande

Photo : Stacey Lalande, avec l’autorisation de Miriam Cusson

Tout ce qui l’entoure « permute et transmute » son art — son questionnement par rapport à l’identité collective et individuelle, l’état de l’environnement, la politique mondiale, les mouvements de société ici comme ailleurs, les jeunes, l’épanouissement des collectivités, la créativité, et l’Art avec un A majuscule !

Son parcours créatif lui a valu des reconnaissances. En 2004, l’Association des théâtres francophones du Canada lui a remis le Prix des Amis de la Fondation pour la région de l’Ontario. En 2006-08, elle a été récipiendaire de l’Ordre Civitas Christi du Carrefour francophone de Sudbury à titre de bénévole de l’année.

Depuis une décennie, elle poursuit ses activités de bénévolat dans plusieurs sphères, dont le théâtre, les projets humanitaires, les conseils d’administration et les projets communautaires. Elle participe également à des tables rondes et des conférences à titre de panéliste, modératrice et animatrice.

Vous pouvez visionner un extrait d’entrevue accordée par Miriam  à l’émission Matin du Nord (SRC, mai 2013, 1 min. 46 sec.)) où elle partage l’un de ses projets récents — une création bouffonesque et éclatée à Chelmsford!


Réf. theatrelaurentienne.ca; fondationtheatrefrancophone.ca; musagetes.ca; ramville.tv; entrevue avec Guylaine Tousignant, publiée dans Liaison no 126, p. 125-126; cv de M. Cusson; texte de M. Cusson

Certification 2013

Doris Riopel

Chef de file pour la culture et le développement de la collectivité francophone dans le Nord-Est ontarien, fondatrice de l’UCF♀ à Chapleau, artisane, bénévole

Doris Riopel

Photo : avec l’aimable autorisation de Doris Riopel

Née à St-Côme de Joliette au Québec en 1940, Doris (née Mireault) y a fait ses études jusqu’en 9e année. Par la suite, elle a complété un cours de deux ans à l’Institut familial de l’enseignement des arts ménagés, dirigé par la congrégation des Sœurs de Ste-Anne à Joliette.

Doris est déménagée en Ontario en 1969 pour accompagner son mari Guy Riopel qui devait se rendre à Chapleau pour son travail de limeur.

Mère de 5 enfants, Doris en a profité pour s’impliquer au sein de sa nouvelle communauté dans le but d’aider à bâtir un avenir toujours meilleur pour les familles francophones de sa terre d’adoption — le Nord de l’Ontario.

D’abord active auprès du conseil scolaire, Doris a milité pour l’obtention d’un plus grand nombre de cours destinés aux élèves francophones du palier secondaire.

Elle fut également membre du groupe local qui a assuré la fondation et la construction de la première école secondaire francophone à Chapleau en 2000. La devise de l’école secondaire catholique Trillium reflète bien la passion de la communauté francophone de Chapleau — L’avenir commence ici !

Par la suite, Doris a été présidente du Centre culturel Louis-Hémon pendant deux mandats consécutifs. Elle s’est également impliquée dans le hockey junior B, notamment à titre de membre du comité de prélèvement de fonds.

En 1986, un autre défi l’attendait. Inspirée par une entrevue sur les ondes de TFO mettant en vedette Denise Séguin qui avait fondé le cercle de l’UCF♀ à North Bay, Doris entreprend de fonder le cercle de l’UCF♀ à Chapleau. Au sein de cet organisme, elle effectuera plusieurs mandats, dont 8 ans à titre de présidente locale, 4 ans comme présidente régionale et 4 ans à la présidence provinciale.

Doris est également membre des Filles d’Isabelle depuis 1987 et siège présentement au comité des funérailles.

L’œuvre communautaire de Doris a été parsemée de distinctions et de reconnaissances. En 1999, le Centre culturel Louis-Hémon a souligné son bénévolat exemplaire en lui décernant le prix de «bénévole de l’année». En 2005, ce même organisme lui a remis le prix de Femme de l’année. Le Centre culturel Louis-Hémon, fondé en 1974, assure la promotion, le développement et la diffusion des éléments de la culture franco-ontarienne et des arts à Chapleau.

Doris est également une artisane reconnue dans son milieu. En 2006, elle a présenté une exposition intitulée « Doigts de fée » mettant en vedette un vaste inventaire de ses créations — tissage, broderie, couture, crochet, cartes d’occasion, vêtements de baptême, couvertures…

Aujourd’hui, Doris est toujours active auprès de la collectivité de Chapleau et de sa famille de 5 enfants, 7 petits-enfants et 8 arrière-petits-enfants. Elle continue de transmettre son savoir artisanal aux enfants de sa collectivité !

Doris Riopel avec enfants

Doris Riopel avec des élèves de 5e année de l’école Sacré-Coeur à Chapleau. Cours de tissage. Photo : Page FB de l’Union culturelle des Franco-Ontariennes à Chapleau.

Références : quatrain.org; chapleauexpress.ca; texte de D. Riopel

Sœur Gilberte Paquette, s.c.o.

Religieuse, enseignante, visionnaire pour les soins de santé dans l’Est ontarien, poste-cadre, experte-conseil en gestion, pionnière des soins prolongés et palliatifs au Canada, conférencière

Gilberte Paquette

Photo : avec l’autorisation des Archives des Soeurs de la Charité d’Ottawa*

« […] la vie est un apprentissage continuel pour qui sait en profiter. Elle sourit à qui l’accueille à pleins bras dans la joie ».

— Sr Gilberte Paquette, Dans le sillage d’Élisabeth Bruyère, p. 9

Née en 1923 à La Reine, dans le comté d’Abitibi au Québec, l’enfant Gilberte était la 4e d’une famille de huit, fille de William Paquette, originaire de Somersworth, É.-U. et d’Alice Blouin de Brampton QC.

Deux semaines après sa naissance, la famille Paquette a élu domicile dans le Nord de l’Ontario à Mace, une réserve indienne située près de Cochrane. Mace était à ce point petit qu’il n’était même pas considéré un village — Mace était un simple arrêt sur la ligne ferroviaire du Canadien national.

La future religieuse raconte qu’elle a grandi dans une famille paisible ayant pour mère une femme habile, douce et aimante, et un père travaillant et raconteur. De son enfance dans le Nord de l’Ontario, l’adulte Gilberte conserve un bon souvenir si l’on en juge par cette citation tirée de son livre Dans le sillage d’Élisabeth Bruyère qu’elle a publié aux Éditions L’Interligne à Ottawa en 1993.

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« Je n’avais qu’à regarder par la fenêtre, ou ouvrir la porte, pour admirer une forêt à l’état sauvage qui me fascinait. […]  Les souvenirs de cette époque me révèlent des années heureuses au sein d’un petit monde […]. »

Par la suite, la famille a déménagé à Frederick House, situé à 130 kilomètres à l’ouest de Mace, où les enfants Paquette ont pu fréquenter l’école primaire.

L’accès à des études secondaires n’étant pas possible à l’époque, l’adolescente Gilberte, fascinée par l’apprentissage, est devenue autodidacte dans multiples matières. Sous invitation du curé, elle avait même appris le latin à ses côtés dès l’âge de 7 ans !

Inspirée par le charisme de compassion de Mère Élisabeth Bruyère, la fondatrice des Sœurs de la Charité d’Ottawa (anciennement les Sœurs Grises de la Croix jusqu’en 1968), la jeune adulte Gilberte a été portée vers le soulagement de la misère humaine.

C’est ainsi qu’elle est entrée en congrégation en 1942. À  l’âge de 20 ans, elle a prononcé ses voeux sous le nom de soeur Saint-Basile, nom qu’elle a porté jusqu’en 1966.

Soeur Gilberte a fait des études en enseignement à l’École normale d’Ottawa, a obtenu un baccalauréat ès arts en 1956, un baccalauréat en sciences commerciales en 1959, en plus de terminer des études en administration hospitalière en 1966.

Après avoir enseigné pendant une quinzaine d’années (à Alfred, Rouyn et Ottawa), l’avenir de soeur Gilberte a pris un tournant définitif en septembre 1959, lors de sa nomination comme administratrice adjointe à l’Hôpital général d’Ottawa.

En 1968, elle a été nommée directrice générale de ce même hôpital, poste qu’elle a occupé pendant 12 ans jusqu’au moment du transfert de l’Hôpital général du site Bruyère (administré par les Soeurs de la Charité d’Ottawa) au site Alta Vista (administration laïque) en 1980.

À titre de directrice générale de l’Hôpital général d’Ottawa, sœur Gilberte a relevé les nombreux défis de sa mission hospitalière sur un chemin semé d’embuches, mais également retentissant de victoires.

Femme de vision, de compassion et d’optimisme, Sœur Gilberte a, par la suite, présidé à la création du Centre de santé Élisabeth-Bruyère au début des années 1980 — un centre destiné aux personnes nécessitant des soins prolongés.

En 1983, elle a également fondé la première unité régionale de soins palliatifs de l’Ontario, à l’intérieur du Centre de santé Élisabeth-Bruyère. Depuis lors, cette unité est reconnue à travers le Canada.

Sur le plan communautaire, sœur Gilberte a été une femme d’engagement et un exemple de persévérance. Elle a laissé sa marque au sein de plusieurs associations professionnelles et communautaires, dont le Collège canadien des directeurs de services de santé, la Conférence catholique ontarienne et canadienne de santé, l’Association des hôpitaux de l’Ontario, l’Académie des directeurs d’hôpitaux de la région d’Ottawa, ainsi que le conseil d’administration de l’Hôpital général de Hawkesbury.

Sa carrière a été parsemée de reconnaissances et de distinctions. En 1984, elle a reçu la décoration papale Pro Ecclésia, fut décorée de l’Ordre du Canada en 1985, a obtenu le Prix du livre d’Ottawa-Carleton en 1994, et a reçu un doctorat honorifique de l’Université d’Ottawa en 1995.

Soeur Gilberte est décédée à Ottawa en 2009 à l’âge de 86 ans, ayant dédié 65 ans à la vie religieuse.

Note historique : C’est en 1845 que quatre Sœurs Grises de Montréal sont arrivées à Bytown (maintenant Ottawa) pour y fonder une école et un hôpital qui allait devenir l’Hôpital général d’Ottawa. Le premier hôpital de mère Bruyère a été logé dans une petite maison située au 160 de la rue Saint-Patrice, et pouvait accueillir sept malades. La maison/hôpital mesurant 38,88 mètres2 (environ 417 pieds2) avait coûté 250 $ à l’époque. La première ambulance de Bytown était une charrette à bras tirée par deux sœurs et poussée par une troisième !

*Je remercie chaleureusement madame Gabrielle Marchand-Dauphin, Archiviste en chef aux Archives des Soeurs de la Charité d’Ottawa, pour son généreux appui dans cette recherche.

Références : Livre : Dans le sillage d’Élisabeth Bruyère de Gilberte Paquette, sco;  chac.ca; soeursdelachariteottawa.com (notice biographique et archives des Soeurs de la Charité); aefo.ca (femmes de vision); president.uottawa.ca; Article : «Il était une foi : sœur Gilberte Paquette» dans Liaison, mai 1994, p. 45.

Certification 2013

Rose Annette (Simard) Girouard

Enseignante pionnière du Nord-Est ontarien, chef de file pour le développement et l’amélioration des services aux aînés dans le Nord, bénévole d’exception

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Photo : avec l’autorisation de la famille Girouard

« Rose Annette avait une mémoire impressionnante. C’était, en fait, un arbre généalogique ambulant, pouvant nous dire les dates de naissance, de mariage et de décès avec une précision incomparable ».

— Hubert Girouard, fils de Rose Annette

Née en 1916, fille de Joseph Simard et de Grâce Desmeules de la paroisse St-Joseph d’Alma QC, Rose Annette a connu une enfance pour le moins éprouvante.

Devenue orpheline de mère à l’âge de 11 ans, Rose Annette a non seulement subi la terrible épreuve du décès de sa mère à un âge précoce, mais elle fut également séparée de plusieurs frères et soeurs qui ont été dispersés dans différents foyers. Heureusement, la famille  fut réunie à nouveau suite au remariage de leur père.

Rose Annette n’avait que 10 mois lorsque la famille Simard s’est expatriée en Ontario, plus précisément à Moonbeam en 1917 pour le projet de colonisation.

Elle a fait son école primaire à l’école du village, marchant une distance de 2 milles (3,2 km) matin et soir pour se rendre à l’école, Par la suite, Rose Annette a étudié au Pensionnat Notre-Dame de Lourdes à Sturgeon Falls où elle a complété sa 9e et 10e année.

En 1931, à l’âge de 15 ans, Rose Annette a entrepris une carrière en enseignement. Elle quitte Moonbeam à nouveau pour se rendre à l’École Modèle de Sturgeon Falls (l’ancêtre de l’École normale) où elle a étudié jusqu’en 1934.

À son retour des études, diplôme en main, Rose Annette a été l’une des premières institutrices à œuvrer dans les écoles de rang de Moonbeam.

Entre 1934 et 1946, elle a enseigné à l’école du 62 («mille 62»), à l’école du rang St-Joseph, à l’école du rang St-Jean-de-Bréboeuf et à l’école du rang Ste-Marie.

Rose Annette 1956

Rose Annette Simard Girouard, 1956

Suite à l’amalgamation des conseils scolaires, Rose Annette a ensuite enseigné à l’école St-Jules de Moonbeam, parfois à temps plein, parfois à titre de suppléante, de 1955 à 1972. Sa carrière en enseignement s’est échelonnée sur près de quatre décennies !

Rose Annette a épousé Donat Girouard originaire de Sturgeon Falls en 1937. Au moment de leur rencontre, elle enseignait dans le rang St-Joseph et vivait en pension chez  les parents de Donat.

Au cours des années 30 et 40, il était plutôt rare de voir une femme mariée et mère de famille poursuivre une carrière à l’extérieur du foyer. En ce sens, Rose Annette fait figure de pionnière dans sa profession et a été un modèle pour les générations.

En plus de ses activités professionnelles, Rose Annette a élevé trois fils et a offert ses heures bénévoles sans les compter, tant pour la famille que pour la communauté.

À l’époque où les services en français étaient rares en Ontario. Rose Annette offrait généreusement ses services aux citoyens de Moonbeam, pour la rédaction de lettres officielles en anglais.

Elle a également été l’accompagnatrice de plusieurs personnes souffrantes qui devaient se rendre dans des centres éloignés de Moonbeam pour y recevoir des services médicaux spécialisés.

En 1974, elle fut nommée « Bénévole des aînés » par l’honorable René Brunelle, député de Cochrane Nord à l’Assemblée législative de l’Ontario. M. Brunelle l’a également nommée à un conseil consultatif pour l’amélioration des services aux aînés, soit le « Seniors’ Advisory Council ».

Elle fut également nommée par le  Premier ministre de l’Ontario à l’époque, William G. Davis, pour un mandat de 2 ans du 19 juin 1974 au 23 avril 1976, pendant lequel elle a représenté la région de Kapuskasing.

En 1990, le couple Rose Annette et Donat est déménagé à Hearst. Elle s’est alors impliquée dans le Club Soleil.

Diagnostiquée de la sclérose latérale en 2006, Rose Annette a néanmoins toujours conservé sa présence de cœur, sa détermination inlassable et son esprit combattif. Elle est décédée en 2012.

Références : Livret : St-Jules en fête, 1999; famillessimardduslsj.ca; texte de H. Girouard; texte de D. et M. Girouard

Certification 2013

Lina Payeur

Visionnaire pour le développement culturel et artistique dans le Nord-Est ontarien, chef de file pour le rayonnement des artistes francophones en Ontario français, gestionnaire cadre, bénévole

Lina Payeur 2(Photo : courtoisie de Lina Payeur)

«Je suis très fière d’avoir fait ma petite part dans le merveilleux monde artistique et culturel franco-ontarien, mais ce dont je suis le plus fière est d’avoir confié cet organisme [Conseil des Arts de Hearst], cher à mon coeur, à une équipe jeune et dynamique, que j’appelle la relève».

— Lina Payeur, 2013

Native de Jogues où elle a grandi et habite toujours, Lina a eu un coup de cœur pour la culture dès sa tendre enfance. La radio, la télévision, la musique, le théâtre, la danse — l’univers culturel était pour elle une invitation captivante.

À l’adolescence, Lina se plaisait dans son rôle de metteure en scène et de comédienne au secondaire. Elle est rapidement devenue membre active de comités organisateurs d’événements parascolaires dans sa communauté. Sans le savoir, elle se destinait à un avenir professionnel qui l’inviterait, un jour, à jouer un rôle de premier plan dans le développement des arts et de la culture à Hearst et ses environs.

En effet, Lina a été la directrice générale du Conseil des Arts de Hearst de 1999 à 2012. À ce titre, appuyée par le conseil d’administration, elle a relevé le mandat de la gestion du financement annuel de l’organisme (subventions et collectes de fonds) et a assuré une programmation variée des arts de la scène destinés à un public de tous les âges pendant 13 ans.

Dans son rôle de directrice générale, elle a veillé à l’organisation d’une douzaine d’expositions d’art visuel sur une base annuelle, a assuré l’offre de formations artistiques diversifiées, tout en appuyant les organismes locaux dans les volets artistiques de leurs événements.

À l’époque de son début de mandat en 1999, Lina était la seule employée du Conseil des Arts et fonctionnait à partir d’une équipe dévouée de bénévoles. En fin de mandat, 13 ans plus tard, le personnel salarié du Conseil des Arts était passé à 7 personnes, et le nombre de bénévoles était continuellement en croissance !

En plus d’assurer la viabilité financière du Conseil des Arts de 1999 à 2002, Lina a nourri un réseau de collaborateurs et d’amis du Conseil à l’échelle locale, régionale et nationale. On peut nommer, entre autres,  le partenariat établi dans le réseau pan canadien Coup de cœur francophone en 2004. ainsi que la création et le maintien de partenariats locaux avec le Festival de l’Humour, le Festival de l’Orignal et Hearst sur les planches.

En 2007, sous la direction de Lina, le Conseil des Arts de Hearst a été l’hôte de l’événement annuel « Quand ça nous chante ! », organisé par l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM). Cet événement a regroupé plus de 500 jeunes qui ont suivi des formations auprès d’artistes musicaux de la scène franco-ontarienne pendant 3 jours. 

En 2007, Lina a joué un rôle clé dans la rédaction et mise en place d’une politique culturelle municipale à Hearst. De 2007 à 2012, elle a coordonné et supervisé le projet d’achat, de rénovation et d’agrandissement du Conseil des Arts pour en faire une « place des arts » à l’image des citoyens et des artistes vivement intéressés au rayonnement des arts et de la culture. La relève lui a toujours tenu à cœur !

Sa carrière a été parsemée de reconnaissances et de distinctions. Sous sa direction, le Conseil des Arts de Hearst a obtenu le prix FancoFlamme, le Prix Vision-Innovation à Réseau Ontario en 2006 et  2008,  et le prix «Meilleur diffuseur» au Gala Trille Or  en 2005.

Le Conseil a également reçu un Félix «Événement de l’année» en partenariat avec les neuf autres partenaires de Coup de coeur francophone.

Depuis son adolescence, Lina s’est toujours impliquée dans sa communauté. Elle a d’ailleurs fait partie de l’équipe de bénévoles du Conseil des Arts avant de relever le défi d’en être la directrice générale. Depuis 1996, elle est également bénévole à l’Intégration communautaire de Hearst. Elle a été membre de leur conseil d’administration de 2004 à 2010, dont 2 ans à titre de présidente. Elle a joint leur conseil à nouveau en 2013.

Lina est présentement chargée de projets à la Fondation de l’Université de Hearst. Elle est également coordonnatrice du Salon du livre de Hearst et poursuit des études à l’Université de Hearst en vue de l’obtention d’un baccalauréat ès arts avec concentration en gestion.

Références : conseildesartsdehearst.ca; uhearst.ca; coupdecoeur.ca; atfc.ca; apcm.ca; texte de L. Payeur

Certification 2013

Andrée (Hébert) Brunelle

Infirmière, hygiéniste dentaire, professeure, gérante de campagne politique provinciale, femme d’affaires, musicienne, bénévole

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Photos : courtoisie de Suzanne (Brunelle) Drover, c. années 1970

Née à Magog au Québec en 1921, Andrée est la fille de Napoléon Hébert et de Marie-Anne Boissonneault. La plus jeune d’une famille de 17 enfants, elle a fait ses études primaires et secondaires chez les Filles de la Charité à Magog.

Fascinée par l’apprentissage, Andrée a d’abord fait ses études en sciences infirmières à l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke en 1945. Elle souhaitait devenir hôtesse de l’air, mais à l’époque, elle a été refusée à cause de son port de lunettes.

Plus tard, Andrée s’est spécialisée en sciences dentaires à la University of Columbia (New York), où elle a obtenu un baccalauréat en 1949.

Andrée a également obtenu un baccalauréat en musique, et un certificat en enseignement primaire, secondaire et universitaire.

Suite à ses études, elle a travaillé au département fédéral de santé à Ottawa pendant un an avant d’accepter un poste de professeure à l’Université de Toronto. Andrée a fondé et dirigé les cours d’hygiène dentaire à la faculté de l’Art dentaire de l’Université de Toronto.

Au cours des années 50, elle a rencontré René Brunelle alors qu’il était en voyage d’affaires à Toronto. Ils se sont mariés en 1956, et Andrée est alors déménagée dans le Nord de l’Ontario, où a débuté une longue carrière de dévouement communautaire et politique.

Originaire de Penetanguishene, la famille de son conjoint, René Brunelle, habitait le Nord de l’Ontario depuis 1925 — d’abord à New Liskeard, ensuite à Cochrane, et éventuellement à Moonbeam au Lac Rémi. Le père de René a lui-même construit le célèbre site touristique Chalet Brunelle en 1928, qui, à l’époque de sa construction, et pendant une trentaine d’années, s’est appelé le Moonlight Camp.

Même si Andrée n’était pas familière avec le Nord de l’Ontario à son arrivée, elle s’y est rapidement enracinée pour bâtir une famille et un avenir avec René et leurs quatre enfants.

Andrée a été le bras droit de René pendant sa prodigieuse carrière politique dans le Nord. En effet, René Brunelle a été le représentant de Cochrane Nord à Queen’s Park pendant 23 années consécutives, soit de 1958 à 1981. Andrée a joué plusieurs rôles dans la carrière politique de son conjoint et a assurément contribué à son succès.

À l’époque où René Brunelle était député provincial pour Cochrane Nord, la circonscription englobait un vaste territoire incluant de Timmins à Iroquois Falls, jusqu’à Hearst.

La route pour faire campagne était longue et les heures de travail l’étaient également! Andrée conduisait son mari à toutes les destinations de la circonscription et s’occupait de dactylographier tous les documents. Elle était également une référence critique pour ses discours et ses présentations. De retour à Moonbeam, elle gérait les horaires de rendez-vous avec les citoyennes et citoyens.

En plus d’élever sa famille et de soutenir la carrière politique de son conjoint, Andrée s’est toujours impliquée dans sa communauté en siégeant à divers comités. Elle a été la fondatrice de la bibliothèque de Moonbeam, ainsi que présidente du comité de la bibliothèque.

Elle a été membre et présidente du Conseil de Pastorale, a siégé au conseil d’administration de l’Aide à l’enfance, a été organisatrice de repas pour la congrégation des sœurs cloîtrées à Moonbeam, organiste à l’église, présidente du comité des scouts et fondatrice du Domaine Portage !

Pendant ses années dans le Nord, Andrée a également enseigné au palier primaire et secondaire et a été très connue pour sa gestion de l’entreprise familiale — le site touristique,  Chalet Brunelle au Lac Rémi (Moonbeam).

Chalet Brunelle

Site du Chalet Brunelle

Le Chalet recevait une clientèle diversifiée pendant la saison estivale, qui, au départ, était essentiellement américaine pendant les années 60. Andrée gérait la salle à manger, le bar, les chalets, le motel, les roulottes, les canots et les bateaux, les pompes à essence, la cantine, la plage et le garage des chasseurs. Elle a fait ce travail jusqu’à la vente du Chalet Brunelle en 1985.

Andrée est décédée le 8 juin 2014  à Magog, sa ville natale à l’âge de 92 ans, Pendant les dernières années de sa vie, elle a bien profité des joies que lui apportaient ses 3 petits-enfants et son arrière-petit-enfant.

Note historique : Plusieurs endroits ont été nommés en l’honneur de René Brunelle, dont un parc situé au nord de la route 11 et du village de Moonbeam, à 32 kilomètres à l’est de Kapuskasing, sur la rive est du lac Rémi.  Monsieur Brunelle a pris sa retraite de la politique en 1990 à l’âge de 70 ans, et le couple Brunelle est déménagé à Magog en 2001. René Brunelle y est décédé en 2010.

Références : kapuskasingtimes.com/2010/04/22/farewell-mr-brunelle; Article :  «René and Andrée Brunelle. Finally together after 26 years of mariage», Northern Times, October 21, 1981; Livre : Héritage Moonbeam; : ontarioparks.com; caissealliance.com; texte de Suzanne (Brunelle) Drover.

Certification 2013

Céleste Lévis

Auteure-compositeure-interprète

Céleste Lévis

Photo : avec l’autorisation de Céleste Lévis

« La musique m’a sauvé la vie ».

— Céleste Lévis, L’Express d’Ottawa, 8 juin 2013

Née à Timmins en 1995, Céleste a grandi dans un univers axé sur le mouvement, le sport et l’athlétisme. Jusqu’au jour où sa jeune vie a basculé du côté de l’ombre…

Diagnostiquée d’une maladie grave à l’adolescence, Céleste a traversé une période de turbulence et d’inquiétude qui lui a lancé un défi de taille — celui de s’accrocher à la vie malgré des soucis de santé envahissants.

Au moment de son hospitalisation, cette musicienne dans l’âme s’est tournée vers la chanson et la création, et ce faisant, elle a découvert sa raison d’être — se servir de sa voix et de sa musique pour encourager les gens qui traversent des épreuves, les aider à briser leur isolement, en étant pour eux, pour elles, un miroir de leur courage et de leurs espoirs de guérison.

Autodidacte, Céleste s’est enseigné le piano et la guitare, et a laissé couler l’encre sur le papier pour exprimer ses peurs, ses désirs, ses états d’âme. Au départ, la musique lui servait d’échappatoire à la douleur causée par sa maladie, mais l’artiste a rapidement compris qu’une réelle passion venait de naître.

L’année 2011 fut une année décisive dans sa carrière d’artiste puisqu’elle a enregistré une première chanson «The Ghost of You» avec un producteur de Vancouver.

En quelques années à peine, Céleste s’est retrouvée sur la scène de la 26e édition du concours Ontario Pop à l’âge de 18 ans, où elle a décroché les étoiles qui allaient faire briller son avenir. Sept prix ont confirmé son talent remarquable en juin 2013.

Après avoir fréquenté l’école secondaire Thériault à Timmins, Céleste se dirige maintenant vers des études universitaires en mathématiques à l’Université d’Ottawa.

Guitare en bandoulière et poèmes dans l’âme, tout devient possible pour cette future mathématicienne qui a participé au concours Ma Première Place des Arts, à la demi-finale du Festival international de Granby, au Festival Franco 2014, ainsi qu’à plusieurs sessions d’enregistrement au cours de l’année 2013-2014.

La carrière de Céleste est en plein envol en 2015… Suivez-la sur sa page FB.

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Références : timminspress.com (30 sept 2011); radio-canada.ca; apcm.ca; express.ca

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