Madeleine (Bouchard) Brassard

Portrait d’une pionnière, fondatrice de Strickland, maman canadienne

MadeleineÉtienneBrassard

Étienne et Madeleine Brassard
Fondateurs de Strickland (Ontario)
Avec l’aimable autorisation de Lionel Beaulieu

« Dans une fondation, il y a toujours des choses qui manquent plus que d’autres. À Strickland, c’est le bon pain de « chez nous » qui manquait. On essayait bien de le remplacer par de la galette; elle avait triste mine à la place du bon pain ! Donc, il fallait cuire et vite ! »

— Madeleine Bouchard Brassard, lors de son arrivée à Strickland pour fonder la nouvelle paroisse, 1917

Née le 11 janvier 1863 à St-Irénée dans la région de Charlevoix Qc, Madeleine est la fille de Louise Perron* et de Hermenegilde Bouchard. La 8e d’une famille de 10 enfants, elle a vécu à St-Irénée jusqu’en 1881, année de son mariage à Étienne Brassard de Chicoutimi le 25 janvier.

Par la suite, le couple Brassard a vécu dans plusieurs municipalités de la région du Saguenay (Chicoutimi, l’Anse-Saint-Étienne, Saint-Gédéon), avant d’élire domicile permanent à Strickland en 1917, faisant d’eux la famille fondatrice de ce comté de l’Ontario-Nord.

C’est auprès de ses parents et de ses frères et sœurs que Madeleine a appris le sens du mot courage. Élevée par une mère devenue orpheline en bas âge, la mère de Madeleine, une enseignante de profession, a été pour les enfants Bouchard un modèle d’amour inconditionnel et de générosité sans bornes.

Dans un témoignage de ses souvenirs** rédigés en fin de vie, Madeleine raconte, en parlant de sa mère, qu’elle « saisit toujours l’occasion de faire du bien autour d’elle, comme soigner les malades, assister les mourants, ensevelir les morts, hospitaliser les malheureux; elle avait du courage pour tout.»

Ces leçons de vie ont été gravées dans le cœur de Madeleine qui est devenue, à l’âge adulte, une femme à l’image de sa mère — accueillante, aimante, vaillante. Le modèle même de la maman canadienne, expression que Madeleine utilise dans ses mémoires lorsqu’elle fait l’éloge de sa mère dévouée.

La famille immédiate et la famille étendue de Madeleine ont eu une longue tradition de vocation religieuse. Cette exposition aux prêtres, aux religieux et aux religieuses préparait Madeleine, sans qu’elle le sache à l’époque, à son futur rôle de pionnière et de « mère d’accueil » dans le Nord de l’Ontario. Cette mère pionnière a mis au monde 11 enfants, dont 3 sont décédés en bas âge.

Outillés par les défis de la vie — maladie des êtres chers, deuils multiples et rapprochés sur la ligne du temps, périodes de sècheresse suivies d’incendies dévastateurs, pertes et adaptations fréquentes, accueil d’orphelins, séparations touchantes et adieux multipliés — Madeleine et Étienne Brassard, alors âgés respectivement de 54 et 60 ans, ont quand même eu le courage de se lancer dans une nouvelle aventure dans le Nord de l’Ontario au début du 20e siècle. « Le Bon Dieu nous a souvent visités par la maladie, même par la mort. Cependant, le courage ne nous a jamais manqué, nous étions soutenus par sa grâce. », de raconter Madeleine dans ses mémoires.

Les débuts de Strickland

C’est en 1916 qu’Étienne Brassard, menuisier-forgeron de profession, décide de quitter sa terre natale. C’est alors qu’il monte à bord du premier train officiel qui menait les nouveaux colons vers le Nord de Ontario.

Un an plus tard, Madeleine est venue le rejoindre pour fonder avec lui la nouvelle communauté canadienne-française de Strickland.

Il faut dire que Madeleine n’était pas la première de la famille Bouchard à s’expatrier du Québec. Son frère aîné Louis fut, le premier de la famille à déménager en Ontario (North Bay) où il vécut jusqu’à son décès. D’autres frères et sœurs sont déménagés aux États-Unis ou au Manitoba.

En 1916, l’Ontario-Nord était « le pays des terres nouvelles et du bois de pulpe », ce qui avait attiré Étienne Brassard à y construire un premier « campe » de 20 pieds, accompagné de quelques hommes de St-Jérôme.

L’été suivant, en 1917, Madeleine le rejoint avec leur fille Étiennette faisant des Brassard la toute première famille à s’installer en permanence à Strickland. Dans ses mémoires, Madeleine avoue cependant qu’elle croyait que son séjour ontarien allait être temporaire, mais au fil des ans, les racines d’une nouvelle vie ont été creusées. Quelques-uns de leurs enfants sont également venus bâtir un « chez nous ontarien ».

Première maison à Strickland_TU

Première maison construite à Strickland vers 1922, les propriétaires Étienne et Madeleine Brassard y ont vécu jusqu’en 1930, d’autres membres de la descendance Brassard y ont vécu jusqu’en 1953

À Strickland se multiplient les travaux et les accueils — construction d’une première maison (24 pieds) qui, plus tard, sera transformée en chapelle, mise sur pied d’un moulin à scie en 1922, gestion familiale du moulin à scie jusqu’en 1945, et hébergement de plusieurs curés pendant de nombreuses années puisque Strickland était sans presbytère à l’époque.

Affligée par le glaucome, Madeleine a néanmoins écrit son témoignage de vie à l’âge de 79 ans. Des membres de sa descendance ont suppléé au document initial, question de le compléter en appuyant les souvenirs de leur mère.

Madeleine est décédée le 1er février 1952, à l’âge de 89 ans. Elle lègue en héritage non seulement ses souvenirs, mais une lignée qui continue à envisager l’avenir avec confiance et qui se fait un devoir d’honorer la mémoire de leurs ancêtres.

*À l’origine, le nom ancestral de la famille Perron était Suire. Le grand-père de Madeleine avait construit un petit quai où pouvaient accoster les embarcations sur la rivière de la Malbaie. Le petit quai avait été surnommé «perrron» par les habitants de la région, d’où le nom de famille Perron par la suite.

** J’aimerais remercier très chaleureusement Lionel Beaulieu, arrière-petit-fils de Madeleine Bouchard Brassard, d’avoir partagé les archives de sa famille avec les Elles du Nord. Sa confiance et sa générosité ont rendu possible la rédaction de ce portrait d’une pionnière du Nord de l’Ontario qui, par sa vie et ses écrits, témoigne non seulement d’une vie personnelle et familiale, mais des valeurs et des réalités de toute une époque. Merci…

Note historique : Lorsque Étienne Brassard est venu en Ontario pour la première fois en 1916, il a logé dans un abri de fortune construit de branches de sapin.  «Le premier geste de ce fondateur de paroisse avait été d’élever une grande croix noire en bois. Mgr Latulipe, alors évêque de ces lieux [lit-on dans les registres de la paroisse], passe sur un train et apercevant cette grande croix en pleine forêt et les premiers colons agenouillés pour recevoir sa bénédiction ne put s’empêcher de pleurer». (Extrait du Progrès de Saguenay, 1937).

Références : texte de M.Bouchard Brassard; textes de L. Beaulieu.

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LES MOTS DE MADELEINE…

Les souvenirs légués par nos ancêtres sont une richesse noble qu’il fait plaisir de conserver et d’aimer. La liste qui suit présente plusieurs exemples de la belle plume de Madeleine Bouchard Brassard dans la rédaction de ses souvenirs.

Je crois rajeunir en parlant du petit coin de terre qui m’a vue naître. (en parlant de la rédaction de ses mémoires)

Il fallait du courage pour s’enfoncer ainsi dans la forêt, car il n’y avait pas de chemin. (en parlant des pionniers)

La plume n’est pas capable d’écrire tout le bonheur qu’on éprouve en recevant la visite de ses chers parents. (en parlant du plaisir éprouvé à revoir les êtres aimés)

Comme les desseins de Dieu ne sont pas les nôtres, Il a sa manière à Lui de sanctifier les saints. (en parlant de la souffrance des êtres humains sur terre)

Sur le chapitre de la charité, elle était d’une exigence rare.  (en parlant des leçons de vie enseignées par sa mère)

Comme elles brilleront dans le ciel « ces mamans canadiennes ». (en parlant du sacrifice et de la générosité des mères)

La mort visite notre foyer pour la première fois en 1902. (en parlant du décès de leur fils Basile à l’âge de 9 mois)

Puis, les berceaux se multiplièrent ! (en parlant des naissances de ses petits-enfants)

Il en faut [de la joie et de la tristesse] dans la vie, puisque c’est comme cela qu’on s’en va vers le ciel. (en parlant des bonheurs de la vie qui sont suivis par des peines)

Certification 2013

Anita (Tanguay) Corriveau

Enseignante, directrice scolaire, visionnaire pour l’éducation en Ontario français, chef de file pour la santé des femmes, auteure, organisatrice communautaire, conférencière, bénévole

Anita Corriveau

Photo : avec l’autorisation d’Anita Corriveau

« J’ai toujours été impliquée dans la cause des femmes et je le suis encore aujourd’hui…. soit la santé, la politique et la pauvreté… ouf, tous ces mots sont au féminin ! »

—  Anita Corriveau, 2013

Née à Field en 1946, fille d’Antoinette Lavigne et de Laurier Tanguay, Anita a grandi dans une famille de 11 enfants, dont elle est la 5e.

Elle a fréquenté une petite école de champ dans le rang des Larocque jusqu’à la 5e année, pour ensuite terminer son école primaire à l’école Ste-Marie au village de Field.

Famille Tanguay

Photo de la famille Tanguay sur la ferme familiale à Field, 1958.De g.à.d., rangée en arrière : Anita (jupe à carreaux), Gracia, Yvette, Diane (dans les bras de sa maman), Antoinette, Laurier. Rangée en avant : Lise, Germaine, Adrienne. Les autres enfants de la famille Tanguay qui ne figurent pas sur cette photo sont : Florence, Richard, Lorraine et Hermas.

Anita Corriveau, gradu

Jour de graduation, 12e année, 1965

À l’adolescence, Anita a poursuivi ses études secondaires au Sturgeon Falls High School avant de prendre la route vers Sudbury pour obtenir son brevet d’enseignante à l’École normale en 1967.

Anita a également obtenu un certificat de direction scolaire en 1986 et une maîtrise en Administration éducationnelle en 1988 à l’Université d’Ottawa. Trois ans plus tard, elle a obtenu son brevet d’Agente de supervision.

Pendant 34 ans, plusieurs écoles ont profité de ses talents de pédagogue et de son engagement envers l’éducation et les élèves de l’Ontario français. En plus d’enseigner, Anita a assuré la direction de trois écoles entre 1990 et 1999, dont l’école Sacré-Cœur à Corbeil, l’école secondaire catholique Nouvelle-Alliance à Barrie et l’école Marguerite Bourgeois à Borden.

Elle a d’ailleurs été la directrice fondatrice de l’école Nouvelle-Alliance qui a ouvert ses portes en 1992, la toute première école secondaire catholique de langue française à Barrie. À titre de directrice, Anita a joué un rôle clé pour souder les liens entre les parents, les élèves et les enseignants de cette nouvelle école composée, au départ, de 28 élèves et de 8 enseignants !

Femme d’engagement, Anita a été membre d’une multitude de projets et de comités tout au long de sa carrière en éducation — élaboration de politiques sur la supervision du personnel enseignant, plans d’action pédagogiques, sessions de formation pour la mise en œuvre du curriculum, refonte des programmes au secondaire, mise en œuvre de politiques sur le harcèlement sexuel et la violence…

Elle a également été active au sein de l’AEFO et de la FEO à l’échelle locale et provinciale où elle a, entre autres, siégé au comité du Statut de la femme et participé au comité de relations et discipline.

Anita a également été membre du Collectif des femmes francophones du Nord-Est Ontarien et a participé à l’enquête qui a mené à la publication du document intitulé « Ouvrir les portes du post-secondaire aux Franco-Ontariennes » (1990). Elle a participé au Colloque « Les femmes francophones en milieu minoritaire : état de la recherche » en 1992 et a signé un texte dans les Actes du Colloque. Anita a aussi publié de nombreux articles sur le thème de la santé, de la francophonie et des femmes dans les journaux de sa région.

Femme de cœur, elle s’est impliquée dans plusieurs causes sociales tout au long de sa vie. Elle a œuvré, entre autres, dans les programmes de formation de la main-d’œuvre, la radio communautaire, les services en français en milieu de santé, l’ACFO, la Fédération des femmes canadiennes-françaises, les regroupements communautaires, ainsi que les arts.

Femme d’action, elle a organisé et animé des conférences et des ateliers, principalement auprès des femmes, pour leur parler de santé et de bien-être. Un de ses projets à succès a été mis sur pied en collaboration avec Santé Canada, l’ACFO-Nipissing et la Fédération des femmes canadiennes-françaises du Nord-Est de l’Ontario (section North Bay).

En effet, en 2005-06. Anita a été la coordonnatrice et l’organisatrice d’une importante série d’ateliers regroupés sous le thème « La santé des femmes : une priorité ! ».

Les ateliers ont rejoint des centaines de participantes de la grande région de Nippising, de Verner à Mattawa, en plus de réunir des expertes-conseils dans plusieurs domaines, dont la naturopathie, la théologie, les soins infirmiers, les soins palliatifs, la massothérapie, la pharmacologie,  etc. La trame de fond de chaque atelier était celle de fournir les outils aux femmes pour «prendre leur santé en main» !

Corriveau_Anita

Maintenant à la retraite de l’enseignement, Anita n’a aucune intention de prendre une retraite des causes qui lui tiennent à coeur ! Portant un regard toujours optimiste sur l’avenir, elle continue de s’investir pour le bien-être des gens de sa collectivité et à relever les défis du dépassement personnel. Elle a même suivi des cours de pilotage !

Anita nous dit, par contre qu’elle a délaissé ses cours de pilote « pour revenir sur terre et donner des sessions d’information à la population grisonnante sur la fraude et les arnaques ». En effet, Anita  « pilote » présentement un nouveau dossier dans sa région — celui de l’accès juridique. Vous pouvez vous renseigner sur ses services en visitant son site. www.acorriveau.legalshieldassociate.com

Anita remercie ses enfants Stéfan (Joëlle Violette) et Tania (Guy Tremblay) pour leur soutien et le bonheur qu’ils ont toujours apporté dans sa vie…

Références : Document : Nouvelle-Alliance, déjà toute une histoire !; cv de A. Corriveau; articles variés; textes de A. Corriveau.

Certification 2013

Marguerite (Duguay) Rousselle

Portrait d’une pionnière du Nord-Est ontarien à Mattice*, doyenne des Elles du Nord

Marguerite Rousselle 2013

Photo : avec l’aimable autorisation de la famille, 2013

« Accordez-vous et faites une belle vie. Le Bon Dieu aime et récompense 



».

— Mots de sagesse partagés par Marguerite Duguay Rousselle, 2013

Née en 1909 à Saint-Isidore dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, Marguerite Duguay a grandi bien entourée dans une famille de 16 enfants au creux de son petit village natal.

Elle a fréquenté l’école jusqu’en 5e année, et comme c’était le cas dans les familles nombreuses d’autrefois, elle rendait service à ses parents  en travaillant sur la ferme familiale. Elle aidait aussi ses soeurs suite à leurs accouchements en prenant soin des bébés.

Marguerite a raconté également qu’elle allait également ramasser des roches sur les terres d’autres cultivateurs qui lui versaient un petit salaire pour le travail accompli. Cet argent, elle le donnait à ses parents pour aider la famille.

Au printemps 1931, la vie de Marguerite a pris un tournant déterminant. Alors âgée de 21 ans, elle a quitté la péninsule acadienne pour fonder de nouvelles racines dans le Nord-Est ontarien.

Elle venait à Kapuskasing y rejoindre son futur époux Wilfrid (Alfred) Rousselle, également natif de Saint-Isidore, qui lui avait fait parvenir une demande en mariage par la poste !

Marguerite a fait le long trajet en train seule. À la vue de Kapuskasing en 1931, elle dit avoir été « heureuse de se trouver dans une belle et grande ville ».

Quelques membres de la famille Rouselle étaient déjà installés en Ontario depuis quelques années dans l’espoir d’y bâtir une  vie meilleure. Alfred a d’abord travaillé à l’usine de pâte et papier Spruce Falls avant de devenir bûcheron.

Deux semaines suivant son arrivée en terre ontarienne, Marguerite joignait sa vie à celle d’Alfred par la célébration de leur mariage à l’église Immaculée-Conception. C’est alors que le couple Rousselle a élu domicile sur une ferme dans le rang 2 à Mattice où ils ont fondé une famille de 8 enfants, tous accouchés à la maison familiale soit par des sages-femmes ou par des médecins venus de Hearst ou de Kapuskasing.

Marguerite et Alfred

Marguerite et Alfred Rousselle avec leur premier fils Fabien, 1932.
Photo prise dans le rang 2 à Mattice.

Malgré une joie de vivre inlassable et une détermination de pionnière, Marguerite a trouvé l’adaptation dans le Nord-Est ontarien difficile par moment. Les années 30 ont été marquées par la Grande Dépression et la population de Mattice n’a pas été épargnée des soucis financiers encourus durant cette tranche de l’histoire canadienne.

Comme toutes les familles de la région à l’époque, la famille Rouselle avait des coupons pour subvenir aux besoins quotidiens et Marguerite devait respecter les quantités imposées coûte que coûte.

Marguerite et le cheval

Marguerite Duguay Rousselle, 1932

Tout en s’adaptant à de nouvelles habitudes de vie sur sa terre d’adoption, Marguerite a élevé sa famille et traversé les années sévères de la Dépression. La situation était exigeante pour le moral des habitants, mais «on a quand même passé au travers», de dire Madame Duguay-Rousselle, lorsqu’elle a raconté ses souvenirs à son arrière-petit-fils Hugo Tremblay.

Marguerite a dit avoir conservé des souvenirs chaleureux de son village natal acadien et de la ferme paternelle. Elle a eu l’occasion d’y retourner 5 fois pour y puiser de grands moments de bonheur et remplir son cœur de la joie de son pays, la belle Acadie.

Pionnière d’une société nord-ontarienne en plein développement, mère de famille dévouée, fermière et cultivatrice — la vie de Marguerite a été fort remplie auprès de ses enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants et arrière-arrière-arrière petits-enfants, ce qui représente une fière tablée de plus de 70 personnes !

À sa descendance et aux générations de l’avenir, Marguerite Duguay-Rousselle a légue de précieux conseils —

« Prenez le temps de vivre. Montrez toujours le bon exemple. Prenez soin de votre prochain, et surtout, prenez soin de vos enfants ».

Et l’éternelle optimiste avait alors terminé son entretien avec Hugo, son arrière-petit-fils en lui refilant sur un ton humoristique : « Et surtout, restez jeunes et ne vous mariez pas ! ».

La doyenne des Elles du Nord est décédée quelque temps après avoir célébré ses 104 ans le 11 septembre 2013 (d. 5 mars 2014). Elle aura toujours une place d’honneur dans les archives des Elles du Nord !

Note historique : Le village de Saint-Isidore est nommé ainsi en l’honneur d’Isidore le Laboureur, le saint patron des agriculteurs, puisque les premiers colons ont eu de la difficulté à s’établir sur le site.

* Ce profil a été rendu possible grâce à une entrevue menée par Hugo Tremblay, l’arrière-petit-fils de Marguerite Duguay Rouselle pour le compte des Elles du Nord. Hugo a une passion pour l’histoire de ses ancêtres qui lui a été transmise par sa grand-mère Rose Rouselle Lachance. Il a toute ma reconnaissance et mes remerciements les plus sincères pour sa générosité de cœur et son professionnalisme.

Certification 2013

Marie-Jeanne (Laberge) Murray

Enseignante, femme d’affaires, visionnaire pour les services à la communauté francophone du Nord-Est ontarien, cofondatrice du Camp Ongrandi, bénévole d’exception

Marie Murray

Photo : avec l’autorisation de Marie Murray

«On dit que derrière chaque grand homme, il y a une grande femme. C’est aussi vrai que derrière une grande femme, il y a un grand homme. Mon mari a toujours été présent et m’a secondée dans toutes mes réalisations».

— Marie Murray, 2013

Née sur la Pointe de Chambord au Lac St-Jean en 1936, Marie-Jeanne (connue sous le nom de Marie) est la fille de Joseph Laberge et d’Alice Boily, tous deux de Jonquière QC.

La cadette d’une famille de 10 enfants, Marie dit avoir vécu une enfance heureuse «se laissant façonner par le calme des eaux du lac et énergiser par les grands pins tricentenaires du bosquet avoisinant».

Marie a fréquenté l’école du rang avant de poursuivre des études secondaires (8e à la 10e année) au Couvent de Chambord sous la direction de la Congrégation des Ursulines.

Par la suite, elle a suivi les cours pour son certificat d’enseignement à l’École Normale de Chicoutimi, dirigée par la communauté des  Sœurs du Bon Pasteur. Elle est ensuite retournée à son école de rang pour y enseigner de 1954 à 1957.

Dans sa jeune vingtaine, Marie a songé à poursuivre une vie de missionnaire, mais la vie a pris un autre tournant. En 1957, elle a épousé Lawrence Murray également natif du Lac St-Jean. En voyage de noces, Lawrence emmena Marie visiter ses parents qui habitaient à Harty depuis 1952.

Une offre d’emploi pour Lawrence, correspondant aux idéaux que le jeune couple s’était fixés, les retient alors dans ce coin de pays où le couple Murray fondera non seulement une famille de 6 enfants, mais également des entreprises, des institutions et des services communautaires.

Le 17 septembre 1957 marque le début de cette grande aventure nord-ontarienne. Pendant une dizaine d’années, Marie s’est surtout dévouée à sa famille, mais à partir de 1968, elle a repris ses activités d’enseignante, profession qu’elle avait exercée au Québec de 1953 à 1957.

Marie s’est également investie comme femme d’affaires au sein de l’entreprise familiale puisque le couple Murray est au cœur de la communauté des gens d’affaires à Val Rita-Harty depuis plus de 40 ans. Copropriétaires de l’entreprise Murray OK Pneus, ils sont membres du plus grand groupe canadien de propriétaires indépendants
 de magasins de pneus.

Dès son arrivée en terre ontarienne, Marie a préparé son héritage à la communauté en laissant sa marque comme enseignante et entrepreneure, mais aussi, et peut-être surtout, par son œuvre charitable sans relâche depuis 45 ans. À  partir de la fin des années 60, Marie a entrepris de multiples projets, toujours en fonction de soutenir le bien-être de sa communauté d’adoption.

En 1968, elle a été membre fondateur d’un comité de repas funéraires à Val Rita qui a offert des services aux familles du village jusqu’en 2011. De 1969 à 1986, Marie a été profondément engagée dans la cause du scoutisme par l’entremise de l’Association des Scouts du district de Hearst, tant au palier local que régional et provincial, notamment à titre de représentante des Scouts francophones du Canada.

Marie et Lawrence Murray

Lawrence et Marie, 2007

Un projet d’envergure a vu le jour en 1977, année où Marie et son conjoint ont fondé une colonie de vacances pour les familles francophones du Nord de l’Ontario — le Camp Ongrandi situé au bord du Lac Rémi à Moonbeam.

Au sein de ce projet, Marie a relevé tous les défis associés, à partir de sa fondation en passant par l’administration, l’animation, la planification, les demandes de subventions, ainsi que toute autre activité nécessaire au fonctionnement d’une entreprise à succès.

Jusqu’à ce jour, des milliers de personnes ont pu profiter de cette colonie réputée pour ses activités diversifiées — camping, feux de camp, arts visuels, danse, initiation au canotage, jeux, musique, chant, natation, randonnées en forêt, théâtre et sports. Tout y est pour un séjour mémorable !

L’œuvre bénévole de Marie a également touché de nombreuses autres causes dans la grande communauté du Nord-Est ontarien. De 1992 à 2011, elle a assuré l’administration du Club des Aînés de Val Rita-Harty et elle a participé à la restructuration du Centre local d’artisanat de 1993 à 1996.

Entre 1997 et 2011, Marie a été active à nouveau au sein du comité funéraire paroissial qui accueillait les familles en deuil et préparait les cérémonies funèbres. En 2000, elle a également mis sur pied un Club de Scrabble à Val-Rita et à Kapuskasing. Ce jeu de lettres réconcilie à la fois le plaisir du jeu et de la rencontre sociale, en plus de mobiliser des compétences multiples et variées, dont la concentration, la recherche, la mémoire, la réflexion, les structures grammaticales, l’orthographie, l’optimisation du vocabulaire, etc.

La santé étant un domaine qui lui tient à coeur, Marie a conçu un programme pour la santé des personnes âgées de 50 ans et plus en 2009. Ce programme de prévention a été subventionné par le ministère de la Santé de l’Ontario et comprenait plusieurs volets, dont l’activité physique. l’alimentation saine, le maintien des fonctions cognitives des personnes vieillissantes et l’importance du réseau social.

Le programme a obtenu un grand succès et eut des répercussions positives dans le Nord-Est ontarien, dont la mise sur pied du Groupe Communauté Santé de Val-Rita et l’utilisation du programme de prévention par le groupe «Grouille ou Rouille» à Moonbeam. Le Centre de Santé de Kapuskasing a également adopté le programme pour ses activités de prévention de santé.

Du bleu du lacDe plus, en 2002, Marie et son conjoint Lawrence ont instigué et mené à bien une publication pour souligner le 50e anniversaire des 50 familles émigrées du Lac St-Jean vers le Nord de l’Ontario entre 1950 et 1957.

L’ouvrage collectif intitulé Du bleu du lac au vert de la forêt a été publié aux Éditions Cantinales à Hearst.

Note historique : Lucien, l’aîné de la famille Laberge, a été soldat canadien pendant la Deuxième Grande Guerre (1939-1945). Il est tristement tombé au combat. Nous honorons sa mémoire. Marie nous partage que «la participation de son grand frère aux combats et son décès ont été marquants en émotions et à la grande sensibilité de la petite fille de 8 ans qu’elle était.»

Références : campongrandi.ca; Livre : Du bleu du lac au vert de la forêt (2002); murrayoktire.ca; textes de M. Murray

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Article publié en France (2013)

Article rédigé par la journaliste Claude Ader-Martin, à Bordeaux (France), publié sur le site «Aquitaine, Québec & Amérique du Nord francophone», le 30 septembre 2013, aqaf.eu

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Jeannine Ouellette, auteure des Elles du Nord

UN MOIS POUR LES FEMMES AU CANADA, par Claude Ader-Martin

Octobre, c’est le mois de l’histoire des femmes au Canada. Avec en point d’orgue , la célébration le 18,  du souvenir des cinq Albertaines qui ont obtenu en 1929, la reconnaissance pleine et entière des femmes au titre de « personnes » ce qui leur donnait le droit de siéger au Sénat.

Au ministère de la Condition féminine, on s’occupe  d’améliorer la sécurité économique des femmes et de les encourager à occuper des postes à responsabilité. Une autre mission consiste à éliminer la violence qui leur est faite à certains égards. Il y a d’ailleurs un jour spécifiquement dédié à cette cause, le 6 décembre chaque année. C’est dire si nos sœurs canadiennes ont juste un peu d’avance sur nous  en matière d’égalité hommes/ femmes ne serait-ce que par un droit de vote garanti depuis 1918.

Psychopédagogue spécialisée en apprentissage chez les adultes, l’ontarienne Jeannine Ouellette a fait de la femme son sujet privilégié d’études, tout en s ‘intéressant de près à l’histoire de sa province. Depuis 2012, elle rédige un blogue intitulé Les Femmes de la route 11: les Elles du Nord où elle trace les portraits de pionnières  qui ont marqué le développement du nord de l’Ontario incluant la région de Kapuskasing dont elle est originaire. A commencer par sa grand-mère Rosa Ouellette venue du Québec au début des années 30 qui éleva une famille de 13 enfants tout en créant un des rares point de ravitaillement existant dans les années 50 sur cette portion de route reliant  North Bay à ThunderBay. La vie de Rosa Ouellette ressemble à celles de dizaines d’autres francophones qui  sont venues peupler le nord de l’Ontario à partir du milieu du XIXème siècle. Elles y ont laissé une  abondante descendance mais aussi un maillage de savoirs, de valeurs et de réseaux qui perdurent de nos jours et dont le blogue se fait l’écho. Récits en forme d’ hommages aux premières arrivées et portraits de celles qui aujourd’hui encore, continuent d’écrire  l’histoire de la province.

C.A.M

Caroline Gélineault

Agente de changement pour la francophonie ontarienne, mentor pour la relève politique, étudiante en linguistique, langue et culture arabes, bénévole

Gélineault, Caroline

Photo : avec l’autorisation de Caroline Gélineault, voyage en Tunisie

«Je suis fière de faire partie de la jeunesse franco-ontarienne, une agente de changement de la communauté qui cherche toujours à faire valoir notre culture. » — Caroline Gélineault, de-la-salle.cepeo.on.ca

Née à Geraldton dans une famille d’entrepreneurs, fille d’Anne-Marie et de Normand Gélineault, Caroline a appris tôt la valeur de l’engagement et du dévouement. Déjà à l’âge de 12 ans, elle s’impliquait à titre de bénévole dans les activités des Filles d’Isabelle de sa municipalité (bazars, événements spéciaux, etc.) et le Club canadien-français de Geraldton.

De 2007 à 2010, Caroline a fréquenté l’école Château-Jeunesse à Longlac. Pendant ses études secondaires, elle a été membre du conseil étudiant dans divers rôles, dont relations publiques, secrétaire et présidente.

Au cours de cette même période, elle a également œuvré à titre de «Peer Leader» au sein du programme antitabac pour le Thunder Bay District Health Unit. Elle a aussi été animatrice de camps d’été, ainsi qu’élève conseillère pour le Conseil scolaire public du Grand Nord de l’Ontario et rédactrice en chef du journal communautaire La pierre verte.

Déjà, à l’âge de 16 ans, Caroline était consultée pour ses opinions en matière de services en français pour les jeunes (voir Archives Radio-Canada,1 min).

En 2010, elle a participé au Grand débat sur l’avenir du leadership franco-ontarien tenu lors du 100e anniversaire de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario.

C’est à Ottawa que Caroline a complété la dernière année de ses études secondaires à l’école secondaire publique De La Salle, et depuis 2011, elle poursuit des études de baccalauréat en linguistique, langue et culture arabes à l’Université d’Ottawa. Pendant sa première année universitaire, elle a été page à la Chambre des Communes du Canada. Le programme accepte 40 étudiants par année.

Grandement engagée dans la cause franco-ontarienne, Caroline est membre active de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) depuis 2008. Elle y a d’abord oeuvré à titre de personne ressource pour la FESFO dans son milieu scolaire, et aussi à titre de représentante de la Fédération pour le Nord de l’Ontario. En 2010-11, elle a relevé le défi de la présidence. Depuis 2012, Caroline est agente de liaison à la FESFO.

Depuis 2012, elle copréside le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) qui représente les intérêts de 22 000 étudiantes et étudiants en province. Elle est présentement la coordonnatrice du comité local du RÉFO sur le campus de l’Université d’Ottawa.

Leader naturelle et chef de file pour la relève en Ontario français, Caroline a été récipiendaire du Prix Bernard-Grandmaître 2011 dans la catégorie Jeunesse de l’année. Le Laurier Jeunesse est remis à une jeune personne en reconnaissance de son apport exceptionnel au milieu de vie francophone dans la communauté d’Ottawa.

Suite à ses études, elle prévoit travailler pour un organisme communautaire et poursuivra son engagement dans les causes qui lui tiennent à coeur.

Note historique : Créé en 1999 par l’ACFO Ottawa, le Prix Grandmaître permet de mettre en lumière les réalisations professionnelles et individuelles de gens exceptionnels engagés dans le domaine de la francophonie à Ottawa.

Références : de-la-salle.cepeo.on.ca; refo.ca; fesfo.ca; francopresse.ca; cv de C. Gélineault

Certification 2013

Denise Levesque

Artiste peintre, enseignante, animatrice d’ateliers, bénévole pour les arts

Lévesque, Denise

Photos : avec l’autorisation de Denise Levesque

« Le personnage féminin est souvent présent dans mes tableaux. La situation de la femme dans le monde est pour moi matière à réflexion. Il est clair que, en tant que femmes, nous devons être vigilantes en tout temps. J’estime que notre place est une place d’égalité en respect et en reconnaissance des forces propres à chacune. »

—   Denise Levesque, www.deniselevesque.ca

Dès son enfance à Sturgeon Falls, Denise a été fascinée par les univers artistiques. Soutenue par son milieu scolaire et familial, elle a exploré sa palette de talents — le ballet, le patin artistique, ce qu’on appelait à l’époque le patin de fantaisie, et les cours d’art privés, tout en rêvant de jouer de la harpe…

Une carrière professionnelle en danse ne s’est pas dessinée pour Denise, mais le mouvement et la grâce du corps humain ont continué à l’interpeller et à s’exprimer dans un autre univers — celui des arts visuels. Entre les années 1980 à 1995, elle a d’ailleurs intégré la notion de danse dans la majorité de ses tableaux, tant ceux qui présentaient des personnages que ceux qui évoquaient des paysages.

Denise Lévesque, arbre

Paysage à l’ouest, automne, Aylmer 2007, Denise Levesque

Équilibre, déséquilibre, fragilité, stabilité, harmonie, cadence — dans les deux univers créateurs de Denise, le mouvement du corps instinctif et le mouvement de l’âme intuitive se rencontrent et permettent au langage des couleurs de trouver une voix et au jeu des lignes de tracer un éventail d’émotions.

Denise Levesque, 1970

Avec l’autorisation de Denise Levesque, 1970

Denise a fréquenté les écoles St-Joseph, le couvent Notre-Dame de Lourdes et l’école secondaire Franco-Cité à Sturgeon Falls avant de consacrer une année d’études universitaires en sciences. Par la suite, elle a complété un premier baccalauréat en arts visuels à l’Université d’Ottawa en 1975, et un an plus tard, elle a terminé un baccalauréat en éducation.

Au début des années 70, elle a été professeure de ballet à Sturgeon Falls, ainsi que guide au Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa. Son intérêt pour la peinture s’approfondit en 1979 lorsqu’elle suit un stage avancé  de peinture avec le peintre émérite canadien, Kenneth Lockhead.

De 1977 à 1982, Denise a enseigné les arts plastiques à l’école secondaire Thériault à Timmins tout en étant directrice bénévole de la Galerie Éducative Thériault pendant trois ans.

Quelques années plus tard, elle a été professeure d’arts plastiques à l’école St-Georges de Montréal où elle a enseigné à de jeunes adolescents, ainsi qu’à des groupes de personnes âgées en soirée. À cette époque, elle a également été membre de l’Association du développement des arts visuels à Montréal.

Pendant les années 90, Denise a enseigné la didactique des arts visuels à la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa et a animé des ateliers en arts au service éducatif du Musée des beaux-arts du Canada.

Elle a également œuvré à titre de spécialiste en arts visuels à temps partiel pour le Conseil des écoles catholiques de langue française à Ottawa pendant vingt-deux ans de 1987 à 2009.

L’artiste Denise a toujours côtoyé la pédagogue, les routes se croisant et s’entrecroisant depuis plusieurs décennies. Denise expose en solo ou en groupe depuis les années 70 majoritairement dans les villes du Nord et de l’Est ontarien, ainsi qu’au Québec. Gatineau, Hull, Montréal, Sturgeon Falls, Sudbury, Toronto, Timmins, Ottawa, Hawkesbury…

Lévesque, Denise, peintureSon œuvre intitulée « Lumina » fait partie de l’exposition collective «Clément Bérini : honorer inspirer rassembler» qui voyagera dans plusieurs galeries du Nord de l’Ontario en 2013-2014.

«J’exprime la force de la flore, qui, d’apparence fragile, nous étonne par sa résilience. N’oublions pas, les fleurs nous apaisent, nous émerveillent et guérissent certains de nos maux.» * D.L.

Au cœur de son œuvre — la danseuse en mouvement, la famille, le couple, les paysages, les fleurs, les anges, le jeu des couleurs et des lignes, la spontanéité, l’émotion…

Au bout de ses doigts  — le papier de soie, le sable, les pétales séchés, le mica, la pierre, la cire, l’aquarelle, le pastel à l’huile, l’encre, la gouache, l’acrylique…

Le travail artistique de Denise a été soutenu par plusieurs octrois. Elle a également reçu le Prix TVO La Chaîne en 1992 pour la page couverture de l’Horaire Scolaire. Ses œuvres se retrouvent dans de nombreuses collections privées et ont été citées et utilisées dans divers contextes dont l’agenda «La puissance au féminin» publié aux Éditions Femme et Pouvoir en 2003.

Denise a été membre du conseil d’administration du Conseil des Arts d’Aylmer de 1999 à 2001 et membre du conseil d’administration de Bravo-Est de 2008 à 2011.

Références : gn-o.org; bravoart.org; catalogue de l’exposition « Clément Bérini : honorer inspirer rassembler (2013)* ; http://www.deniselevesque.ca; texte de D. Levesque

Certification 2013