Marie-Rose (Tousignant) Girard

Pionnière à Génier à partir de 1922

Miemose

Photo : archives familiales d’Edgar Girard, fils aîné de Marie-Rose Girard

« Une vie nouvelle allait commencer dans un pays nouveau, si neuf, où tout était à faire. […] Petit à petit on s’appliquait à reconstituer l’atmosphère du Québec en terre ontarienne ».

— Marie-Rose Girard, Miemose raconte…, p. 84

Au tournant du 20e siècle, plusieurs pères de famille d’origine québécoise ont dû ouvrir toutes grandes les portes de l’espoir afin d’assurer un avenir économique à leur famille et à leur descendance. Pour ce faire, plusieurs se sont exilés en Ontario, d’autres sont allés aux États-Unis ou encore vers l’ouest du Canada.

Le père de Marie-Rose Tousignant n’a pas fait exception dans son désir de créer les conditions d’une vie meilleure pour ses 15 enfants. Uldoric Tousignant fut d’ailleurs l’un des premiers à se rendre en Ontario pour visiter les fermes, et considérer se joindre à l’effort de colonisation du Nord ontarien sur invitation du prêtre-colonisateur, le révérend père Bourassa.

Ainsi, le 7 août 1922, la famille d’Uldoric et Honora Tousignant a entrepris un trajet mémorable d’une durée de 18 heures, à partir de Saint-Stanislas-de-Champlain en Mauricie, jusqu’à Génier, petit village é peine établi, situé à quelques kilomètres de Cochrane dans le Nord isolé.

Pour Marie-Rose Tousignant, née en 1906, la 8e de 15 enfants, le coup a été dur. L’automne 1922 devait voir naître sa carrière d’institutrice à Saint-Stanislas. Tout juste fièrement diplômée avec grande distinction académique à l’âge de 16 ans, l’avenir de cette élève d’élite a soudainement basculé vers une vie remplie d’incertitude et d’inquiétude. Déchirure. Dépaysement. Déception.

«Penchée à la portière, le cœur brisé, je regardais fuir le paysage, les fermes verdoyantes, le décor féérique, mon village, la Bastiscan… Saint-Stanislas, berceau de mon enfance et de mon adolescence, adieu ! » (p. 83).

Marie-Rose avait de l’ambition — celle d’éduquer les enfants et leur transmettre son amour des études. Mais à l’époque du Règlement 17 en Ontario, l’enseignement en français dans les écoles était interdit, et sa vocation d’institutrice a été compromise à tout jamais puisque la jeune adolescente québécoise ne parlait pas un mot d’anglais. Les portes des écoles de l’Ontario lui étaient fermées…

Non seulement devait-elle gérer la souffrance morale que lui causait la perte de son rêve professionnel, mais les réalités de la vie en ce pays de colonisation étaient exigeantes à plusieurs points de vue. La famille, loin des leurs, vivait moins de gaieté, le souvenir du pays natal creusant la mélancolie qui rendait les peines parfois amères.

La rigueur du climat, les pluies d’automne abondantes, le froid vif et sec, les défis d’accéder à l’eau potable, les départs prolongés des hommes dans les chantiers ou à l’emploi de la voie ferrée, ainsi que la monotonie parfois déprimante du paysage et des routines quotidiennes du travail de colonisation… de dures réalités pour les jeunes familles.

Malgré tout, Marie-Rose s’est forgé une vie dans le Nord de l’Ontario. Elle a épousé Léo Girard en 1926 et fonda une famille de 9 enfants avec lui. Tout au long de sa vie, elle a été très éprouvée par des pertes d’êtres chers, y compris une de ses filles, Mariette, à l’âge de quelques mois. Elle a connu des maternités compliquées requérant de longues hospitalisations, des incendies ravageurs et le départ surprenant et inattendu de son conjoint après 22 ans de mariage !

Marie-Rose n’a jamais baissé les bras. Et la vie l’a récompensée à travers l’œuvre de ses enfants qui lui ont apporté beaucoup de fierté. Certains sont devenus enseignants, d’autres ont œuvré dans les hôpitaux, dans les mines ou dans le service militaire. Ses 8 garçons et sa fille ont uni leurs forces et leurs caractères pour combler les besoins économiques et émotifs de leur mère.

Marie-Rose, ou Miemose comme elle avait été affectueusement surnommée pendant son enfance, a travaillé comme secrétaire scolaire à la fin des années 50. Elle a aussi participé à des activités de bénévolat à l’hiver de sa vie.

En rédigeant son récit de vie Miemose raconte publié aux Presses de l’Université d’Ottawa en 1988, elle a fait œuvre de mémoire et d’enseignement aux générations de l’avenir du Nord ontarien. Chacun de nous peut retrouver dans son histoire des bribes de la vie de nos grands-mères et de nos grands-pères  venus s’installer en Ontario pour « bâtir un nouveau pays ».

Marie-Rose est décédée en 1995 à l’âge de 88 ans. Plusieurs de ses descendants vivent toujours dans la région de Cochrane.

Note historique : 1. À leur arrivée en terre ontarienne, la famille Tousignant a acheté la ferme d’Olivier Génier, le premier colon de Génier. Deux des fils Girard, Lauré et André, ont étudié au Collège universitaire de Hearst et y ont obtenu leur baccalauréat. Dans son livre, Mme Girard souligne le travail exceptionnel d’une enseignante à Cochrane, Madame Dolores Grenon. Celle-ci a d’ailleurs reçu le Mérite franco-ontarien en éducation en 1996  pour son dévouement exceptionnel à la profession.

Références : Livre Miemose raconte…par Marie-Rose Girard; crccf.ca; article de Yvan G. Lepage, «Miemose raconte : Hommage à Marie-Rose Girard (1906-1995), publié dans Francophones d’Amérique, no 6, 1996, p. 129-130.; texte de A. Girard

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Claire Rochon Blais

Femme d’affaires, pionnière en politique municipale, visionnaire pour la communauté francophone du Moyen-Nord, mentor pour les générations

Rochon-Blais_Claire

Photos : avec l’autorisation de Jean-Jacques Blais

« Comment décrire en une phrase, une femme exceptionnelle qui a vécu 75 ans avant son temps, la vie de femme que connaissent celles du 21e siècle — énergie, intelligence, force.  »

—   Nicole, fille de Claire, dans Une femme d’avant-garde

Née en 1915 dans une famille d’entrepreneurs à Sturgeon Falls*, Claire a appris tôt à se tailler une place auprès de ses frères dans l’entreprise familiale J.W. ROCHON ET FILS.  Née la 4e d’une famille de onze enfants, elle est la fille de Wilfrid Rochon et d’Énédine Lortie.

Détermination en main, elle a suivi un cours commercial dans le but de perfectionner ses connaissances administratives, et ainsi faire valoir ses talents sur le marché du travail, d’abord au service d’institutions bancaires, mais aussi dans l’entreprise familiale.

Employée à temps plein et mère de 6 enfants pendant la Seconde Guerre mondiale, Claire a dû relever des défis de taille pendant que son conjoint, Rodolphe Blais, était à l’étranger pour servir les efforts de guerre. En son absence, la famille a connu un sinistre incendie au cours duquel Claire a même dû risquer sa vie pour récupérer quelques objets des flammes, dont son SINGER (machine à coudre à pédale).

Non seulement Claire était-elle fine couturière, mais le SINGER était un objet absolument essentiel à la survie de la famille durant la période de guerre. Il n’était pas rare que les mères de famille devaient confectionner tous les vêtements de leurs enfants, ce qui était le cas de Claire.

Au fil d’une vie bien remplie, Claire a toujours vécu selon l’adage : Ce qui vaut la peine d’être fait vaut la peine d’être bien fait. Ainsi, peu importe qu’il s’agisse de —

  • voir au fonctionnement de la maisonnée Blais;
  • suivre les progrès académiques, artistiques et sportifs de ses enfants;
  • assumer ses responsabilités dans la boutique de vêtements de son père;
  • administrer les affaires de la famille Rochon;
  • relever le défi d’être chef de campagne pour son fils Jean-Jacques Blais, élu député fédéral dans Nipissing en 1972; ou
  • siéger à titre de conseillère au conseil municipal de Sturgeon Falls, ce qu’elle a fait pendant 13 ans (1972-1985), en plus d’être maire suppléante…

Claire était toujours au rendez-vous. Partout où elle a passé, elle a fait briller l’excellence et fut un mentor pour les générations. Elle a été l’une des premières femmes à se lancer en politique dans le Moyen-Nord. Elle fut d’ailleurs la première femme francophone à se faire élire au conseil municipal de Sturgeon Falls en 1973 (la même année que Colette Lévis).

Conseil municipal de Sturgeon Falls, 1973

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De g.à.d. en avant, assis : Claire Rochon Blais, le maire Gilbert Ouellette, Roger Aubry, le greffier. De g.à.d.en arrière, debout : Colette Lévis, Rhéal Savage, Marcel Labbé, Walter Cockburn, Ubald Serré.

Pendant ses 55 ans de vie à Sturgeon Falls, Claire a laissé sa marque dans plusieurs dossiers, particulièrement, celui de l’économie locale. Elle a également joué un rôle clé dans l’édification d’un nouvel hôtel de ville à Sturgeon Falls.

Conseil de Claire aux générations  —

«Si on veut que les choses changent, il faut être là où se prennent les décisions. Voilà la clé du changement ». (Citation puisée dans l’article de Monique Cousineau, 2011)

* La famille de Joseph Wilfrid Rochon a participé pendant plusieurs décennies au développement économique et culturel de Sturgeon Falls. J.W. Rochon s’est lancé en affaires dès 1925. Plusieurs enfants de la famille Rochon, dont Claire, se sont impliqués dans la communauté par l’intermédiaire d’organismes dont le but était de secourir les citoyens dans le besoin ou de faire avancer un dossier dans les domaines des arts et de l’éducation.

Note historique : L’avocat Jean-Jacques Blais, fils de Claire et de Rodolphe, a été député et ministre libéral de 1972 à 1984. Il a occupé plusieurs postes de prestige dont, entre autres, ministre de la Défense nationale, ministre des Approvisionnements et Services, Solliciteur général du Canada et ministre des Postes. En 2011, il a été décoré du Prix Bernard Grandmaître pour souligner sa contribution à la francophonie ontarienne.

Références : Article de Monique Cousineau, «Une femme d’avant-garde», Concerto, vol 2, no 11, 2011; biographie de Gaëtan Rochon (our.ontario.ca); texte de Claire Rochon-Blais, «Gaston’s First Communion», The Memory of all that: Canadian Women Remember World War II, p. 21-24, 1992; parl.gc.ca

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Soeurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours

Religieuses, pionnières de l’enseignement en Ontario français, bâtisseuses d’un pays

NDPS(Photos : avec l’aimable autorisation des Soeurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours)

«[…] l’ingéniosité dont les sœurs ont fait preuve pour contrer la pauvreté et répondre aux multiples besoins de leur temps. C’est ce que l’on appelle « le miracle de Saint-Damien »

http://www.congndps.qc.ca

Placée sous la protection de Notre-Dame du Perpétuel Secours, la congrégation des sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours (ndps) est née en 1892, à Saint-Damien-de-Buckland au Québec.

Fondée en milieu rural, la Congrégation a fait preuve de créativité renouvelée depuis 121 ans pour réaliser sa mission d’évangélisation, et rayonner à travers le monde, notamment au Québec, en Amérique du Sud, en Afrique, aux Caraïbes, ainsi qu’une mission dans le Nord de l’Ontario.

Les sœurs ont œuvré à Hearst de 1920 à 1941, où elles ont joué un rôle de bâtisseuses de la communauté franco-ontarienne. Il s’agit de leur unique mission en terre ontarienne.

Dès leur arrivée à Hearst le 5 août 1920, Sr St-Pierre et Sr Ste-Colombe, et un peu plus tard, Sr Ste-Agathe ont jeté les bases d’une éducation catholique française qui allait former plus de 200 enfants par année pendant deux décennies.

À peine quelques semaines suivant leur arrivée à Hearst, les sœurs ont accueilli leur première étudiante au pensionnat. D’autres enfants ont suivi de sorte qu’au 13 septembre  1920, 9 élèves fréquentaient le pensionnat, puis 17 élèves, et ainsi de suite. Les sœurs ont enseigné aux enfants de 5 à 16 ans, et pouvaient avoir jusqu’à 75 élèves à la fois dans une seule classe !

En plus de leur rôle d’éducatrices, les sœurs se sont souvent improvisées infirmières auprès des enfants malades. Elles étaient également actives en animation pastorale en plus d’être cuisinières, ménagères, jardinières, couturières et gardiennes d’enfants.

Livre D.CoulombeIl faut dire que les conditions de vie à l’époque étaient loin d’être faciles pour les religieuses. Dans son livre Coloniser et Enseigner : le rôle du clergé et la contribution des Sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours à Hearst, l’historienne Danielle Coulombe de l’Université de Hearst dit ceci :

«Minoritaires dans une province majoritairement anglophone, francophobe et souvent anti-catholique, elles (les soeurs) reçoivent comme principale mission d’y défendre la langue française et la foi catholique ». (D. Coulombe, p. 197)

Dès le début de leur mission à Hearst, les sœurs ont dû faire confiance à la Providence. Elles ont vécu quelques semaines dans une petite maison d’environ 360 pieds carrés (109 m2) avec seulement quelques chaises, et des journaux en guise de rideaux aux fenêtres (D. Coulombe, p. 173). Par la suite, elles ont dû gérer multiples situations qui les ont mises à défi de manière continue. Par exemple —

  • les problèmes d’hébergement pendant la construction du couvent qui a été lente et complexe;
  • l’approvisionnement en eau courante qui a obligé les sœurs à « charroyer » l’eau de la rivière et à vivre sans eau courante pendant des années;
  • des incendies de forêt dévastateurs qui menaçaient leur couvent-pensionnat;
  • les rigueurs du climat nordique;
  • la pénurie de ressources pédagogiques en milieu de colonisation où tout était à faire;
  • l’enseignement en français à l’époque du Règlement 17 qui interdisait l’enseignement du français dans les écoles;
  • des conditions matérielles ardues;
  • des maladies infantiles contagieuses;
  • la pauvreté extrême de la population.

Malgré des embûches sans fin, ces pionnières de l’enseignement et bâtisseuses d’un pays n’ont jamais baissé les bras. Des centaines de familles ont été touchées par leur bonté.

Les sœurs ont fermé leur mission à Hearst en 1941, mais non sans regret — leur attachement à la communauté étant profond, et les citoyennes et citoyens de Hearst leur vouant, jusqu’à ce jour, un respect et une affection toute particulière.

Note historique : L’abbé Joseph-Onésime Brousseau et Virginie Fournier (mère St-Bernard) sont les fondateurs de la Congrégation des soeurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours. Malgré de très graves problèmes de santé (cécité, paralysie), Virginie, ou Sœur St-Bernard telle qu’elle était nommée, a porté secours à des milliers de jeunes, de malades et de mourants.

Références : Livre de Danielle Coulombe, Coloniser et Enseigner : le rôle du clergé et la contribution des Sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours à Hearst (1998); congndps.qc.ca; texte de Sr Huguette Lessard, ndps

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Lise Careau

Poèt’écrivain, performeuse, travailleuse culturelle

Lise Careau

Photographie : Lysette Brochu

« Souvent accaparés par nos occupations quotidiennes, nous perdons contact avec ces autres dimensions de notre être, avec cette intelligence globale qui nous anime. L’Art performance favorise cette connexion ».

— Lise Careau, http://www.culturequebec.info

Née à Sturgeon Falls en 1952,  Lise a passé une partie de son enfance dans le Nord ontarien, avant que sa famille ne déménage en Abitibi au Québec.

Comme tous les enfants du Nord, de terre ontarienne ou de terre québécoise, Lise a meublé son enfance de la campagne, des épinettes, des garages, des fraises, des bleuets, de la voie ferrée et des rivières, du poêle à bois et de la balançoire.

Elle a suivi des cours universitaires en psycho-éducation et en arts plastiques. À titre autodidacte, elle a suivi de nombreux ateliers animés par des professionnels en écriture, en performance, en bûto et en voix. Elle continue toujours son exploration…

Installée en Outaouais depuis les années 60, Lise a toujours tissé des liens serrés  avec l’Ontario français qui, pour elle, fait partie de « ses familles élargies ».

Elle est cofondatrice du Festival du livre franco de l’Est ontarien, dont elle a assumé la coordination en 2010 et la direction en 2011. Cet événement met à l’honneur des créateurs franco-ontariens et leurs oeuvres, par le biais de rencontres en milieu scolaire et en bibliothèques, de spectacles de conte et de chanson, ainsi que par la tenue d’un salon du livre à Casselman.

Lise est également la coordonnatrice du projet La Caravane littéraire réalisé par l’Association des auteures et des auteurs de l’Ontario français (AAOF). Cette activité se déroule dans différentes localités de l’Ontario, éloignées des grands centres, et offre des animations scolaires et des salons du livre, en partenariat avec les maisons d’édition franco-ontariennes.

Pour cette exploratrice culturelle, cette aventurière des mots, cette amoureuse des ailleurs et des «partouts» — l’art n’a aucune limite. Il est comme un appel du large… un élan intérieur qui ouvre des passages vers une immensité qui la rassure.

Poète, organisatrice d’événements culturels, présidente d’honneur de salon du livre, animatrice d’ateliers de création littéraire, partout où elle passe, Lise invite les gens à « suivre les courants, à les remonter, les découvrir et en inventer ». Les mots sont pour elle une réelle Force de vie !

Vous risquez de rencontrer la poèt’écrivain dans les nuitées de poésie, autour des tables rondes, dans les soirées de lecture, dans les rencontres littéraires, sur le sentier des mots… de fait, partout où la poésie est la reine des cœurs.

Sa démarche a été parsemée de distinctions et de reconnaissances. Depuis 1983, son travail lui a valu des prix dans les salons du livre et dans les concours littéraires.

En 2009, elle a été la récipiendaire du Prix Lyse-Danyels d’Impératif français, remis pour souligner sa remarquable contribution à la vie culturelle en Outaouais. La même année, la Fondation pour les arts, les lettres et la culture en Outaouais lui a remis le Prix Bell pour l’ensemble de son implication dans le développement des arts, des lettres et de la culture en Outaouais.

CD Lise CareauElle est l’auteure du Livre-CD Il y a… (2005) qui présente 24 plages de poèmes dits, de poèmes chantés, de poèmes à plusieurs voix et de musique. Vous pouvez également consulter la liste de ses publications.

À découvrir…

Références : culturequebec.info; aaao.ca; af.ca; repertoirecultureloutaouais.ca; aaof.ca; texte de L. Careau

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Parmi-Elles/La Maison Verte

Association sans but lucratif par et pour les femmes en entreprise 

LMV N&B

(Photo : archives de la Maison Verte, 1982, année de fondation 

Rangée en arrière: Michelle Lamy, Nicole Carrier avec son fils Rémi Carrier, Lynn Carrier, Lucie Fleury et Christiane Hudon. Rangée en avant : Ghislaine Leclerc, Ghislaine Côté, Nicole Lizotte et sa fille Sylvie Lizotte.

«Composée exclusivement de femmes, le mandat de l’Association Parmi-Elles est de mettre sur pied des projets d’affaires dans le but de créer de l’emploi pour les femmes.»

http://www.lamaisonverte.info

Au début des années 80, un groupe de femmes de Hearst qui souhaitaient améliorer le bien-être financier et personnel des femmes de leur communauté a formé une association qui a donné naissance à une nouvelle entreprise.

Cette entreprise s’est appelée La Maison verte et son but au départ était principalement de créer des emplois pour les femmes.

Animée par un sens de responsabilité sociale, l’activité principale de La Maison Verte depuis trois décennies est de cultiver en serre des plants de qualité pour le reboisement, la consommation et l’aménagement paysager.

D’abord spécialisée dans la production d’arbres, la transformation du secteur forestier au cours des années 90 a amené La Maison à faire un virage. La Maison Verte a alors ajouté de nouveaux services, dont une production de fleurs et de légumes vendus à l’échelle locale et régionale. La Maison Verte gère également l’opération d’un centre cadeaux et jardins.

Depuis sa fondation en 1982, La Maison offre un milieu de travail stimulant où la coopération et l’innovation sont favorisées. Au départ de l’entreprise, 70 investisseurs locaux avaient contribué à son établissement et à son lancement. Michelle Lamy fut la première gestionnaire de l’entreprise, poste qu’elle a occupé pendant 29 ans avant de prendre sa retraite en 2011.

La Maison, maintenant sous la direction de Manon Cyr, embauche 6 femmes à temps plein et une vingtaine de femmes et d’hommes en période saisonnière.

Maison Verte

(Photo : Manon Cyr, directrice générale de la Maison Verte, 9/6/11; courtoisie de Northern Ontario Business, reproduite avec permission)

En 2011, La Maison Verte a lancé un programme de paniers dans le but d’offrir des légumes frais à la communauté. En 2013, deux producteurs locaux se sont joints à La Maison Verte pour collaborer à cette initiative de paniers.

Note historique : Mettant en valeur la force et le dynamisme de l’économie franco-ontarienne, les prix Phénix sont remis aux entrepreneurs et entreprises de la province qui se démarquent, tant au niveau de l’innovation et du développement de produits, que par leur habileté à relever des défis de gestion. Les prix sont décernés par la Chambre économique de l’Ontario (CÉO) depuis 1999. En 2002, La Maison verte fut récipiendaire d’un Prix Phénix ! Réf. www.francopresse.ca

Références :  lamaisonverte.info; nourishingontario.ca; northernontariobusiness.ca; texte de M. Cyr

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L’UCF♀ dans le Nord de l’Ontario

UCFO

«[Les membres de l’UCF♀] sont  encore aujourd’hui, des cheffes de file du développement économique des femmes et d’ardentes défenseures des droits des femmes à vivre en santé et sans violence». — Guylaine Leclerc, directrice générale de l’UCF♀, 2013*

C’est dans la région de Kent et d’Essex qu’un regroupement de femmes, d’abord connu sous le nom de l’Union catholique des fermières de l’Ontario, s’est rassemblé pour la toute première fois en 1936.

Bien à leur insu, ces femmes venaient de donner naissance à ce qui allait devenir le plus important regroupement de femmes francophones dans toute l’histoire de l’Ontario ! À cette époque, des « cercles » comme ceux de Kent et d’Essex, se sont également formés dans l’Est ontarien à Casselman, Wendover, Embrun et Clarence Creek.

On a vu apparaître les premiers 8 cercles dans le Nord de l’Ontario, plus précisément dans le diocèse de Hearst, en 1956.

Les cercles se sont multipliés rapidement et au moment de leur congrès provincial en 1962, les femmes du Nord et de l’Est avaient déjà formé 30 cercles, ce qui représentait 1416 membres. Le regroupement et la mobilisation des femmes francophones de la province étaient bel et bien en marche !

Le regroupement a vécu un moment clé de son histoire à North Bay en 1969. Sous la présidence de Gracia Comeau de Verner, un nouveau nom a été proposé — l’Union culturelle des Franco-Ontariennes (l’UCF♀). Ce nom fut adopté officiellement le 16 février 1970.

Selon Marie-Pauline Demers, native de Sturgeon Falls et membre de l’UCF♀ depuis 1971, le nouveau nom « se voulait plus laïque et plus inclusif de toutes les femmes d’expression française en Ontario ».

Afin de ne pas être confondues avec l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), les membres ont également choisi d’affirmer leur identité en utilisant le sigle de la femme dans leur acronyme (UCF♀).

Un autre moment historique de l’UCF♀ a été vécu à Smooth Rock Falls en 1977. Pour mieux refléter les réalités et les besoins des membres, l’organisation de l’UCF♀ a été répartie en cinq régions. Deux ans plus tard, Windsor-Essex-Kent a formé la 6e région.

À travers les décennies, l’UCF♀ a poursuivi ses objectifs de briser l’isolement des femmes et de soutenir les familles. En 1980, elle a ouvert un bureau de direction à Ottawa, et grâce à des subventions, l’UCF♀ a pu dorénavant offrir des programmes variés à ses 3000 membres.

Au fil des ansEn 2000, la chercheure Estelle Huneault a écrit un ouvrage sur les origines fondatrices de l’Union culturelle des Franco-Ontariennes (l’UCF♀). Au fil des ans : L’Union catholique des fermières de la province d’Ontario de 1936 à 1945 a été publié aux Presses de l’Université d’Ottawa.

Au cours des derniers 77 ans, l’UCF♀ a élu 22 présidentes provinciales, dont 8 sont des femmes natives du Nord de l’Ontario. Elles sont :

  • Gracia Comeau, Verner, 1969-1974
  • Fernande Lévesque, Fauquier, 1974 à 1977
  • Denyse Séguin, North Bay, 1986 à 1989
  • Doris Thibodeau, Earlton, 1989 à 1992; 1994 à 1996
  • Madeleine Paquette, Kapuskasing, 1996 à 2000
  • Alice Laurin, SASV, Hornepayne, 2000 à 2004
  • Doris Riopel, Chapleau, 2004 à 2008
  • Pierrette Bélanger, Harty, depuis 2012

Vous pouvez lire les profils de Gracia Comeau, Denyse Séguin et Doris Riopel sur ce blogue. D’autres profils seront ajoutés au fur et à mesure que les informations seront disponibles.

Note historique : La première présidente provinciale fut Valentine Lacasse de Wendover de 1937 à 1939. Depuis sa fondation, l’UCF♀ gère plusieurs programmes de formation selon les besoins de ses membres. Les dossiers principaux sont l’économie sociale des femmes, la situation des proches-aidantes, la violence faite aux femmes, la santé, la promotion et la préservation de l’artisanat traditionnel de l’Ontario français, pour ne nommer que ceux-ci. L’UCF♀ a également créé la Coopérative des artisanes en 1996.

* Cette citation a été tirée d’un article paru dans la revue Le Chaînon, publiée par le RPFO, printemps-été 2013, p. 28

J’aimerais remercier bien chaleureusement Marie-Pauline Demers et Johanne Ouimette pour leur appui dans cette recherche.

Références : Texte de Marie-Pauline Demers de Sturgeon Falls, membre de l’UCF♀ depuis 1971; Article de Linda Cardinal, Des femmes d’action : l’autre histoire de l’Ontario français de 1969 à 1982; Article de Guylaine Leclerc, L’Union culturelle des Franco-Ontariennes : survie et détermination; crccf.ca; unionculturelle.ca

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Lauryanne (Fontaine) Joanis

Pionnière de l’industrie forestière et baronne du bois, femme d’affaires, chef de file pour les femmes, visionnaire pour le développement communautaire, mécène, bénévole

Lauryanne Joanis

Photo : avec l’autorisation de Lauryanne Joanis*

Née Lauryanne Fontaine à Val Rita en 1936, Lauryanne a passé sa petite enfance à Harty et à Mattice.

À cette époque, la famille Fontaine vivait ses hivers dans les camps de bûcherons à la Passe Fontaine, et ses étés à Mattice.

À partir de 1939, la famille Fontaine s’est établie de façon permanente à Hearst.

Lauryanne a fait son école primaire à Hearst et ses études secondaires à l’Académie Ste-Marie à Haileybury.

Par la suite, elle a étudié pendant deux ans au Collège St-Thomas-d’Aquin, situé sur la rue Bronson à Ottawa, d’où elle a gradué en 1954.

GraduationÀ l’époque, ce Collège, géré par les Soeurs de Ste-Jeanne d’Arc, était l’un des meilleurs endroits où les jeunes filles pouvaient faire leur cours commercial en français. Plusieurs d’entre elles poursuivaient des carrières au gouvernement par la suite.

En 1969, alors qu’elle élevait une famille de 6 enfants à Hearst, son destin a rudement basculé. Face au décès prématuré de son conjoint Émile Joanis, elle a dû prendre en main la responsabilité économique de sa famille. Avec six enfants à charge, dont le plus jeune âgé seulement de 9 mois, le défi à relever était de taille !

Épaulée par sa famille et son entourage, Lauryanne a succédé à son mari dans l’entreprise familiale, et est alors devenue copropriétaire des entreprises Arrow Timber et F&J Lumber.

Non seulement fut-elle la première femme du Nord de l’Ontario à être copropriétaire majoritaire d’une entreprise de production de bois d’oeuvre (de l’exploitation forestière jusqu’au produit fini), mais à cette époque, son entreprise employait plus de 400 personnes de la région.

Lauryanne a également été la première femme à faire partie du Lumbermen’s Association of Ontario, en plus d’être actionnaire et membre du conseil d’administration de l’entreprise Claybelt Lumber, un grossiste en vente de bois d’œuvre.

En 1988, elle a accompli une autre première alors qu’elle est devenue l’une des premières femmes de la région à être copropriétaires d’un magasin de détail en quincaillerie et matériaux de construction (Hearst Lumber Co. Ltd.).

Elle a également  été l’une des premières actionnaires d’un projet régional visant la construction d’un barrage hydro-électrique (La Shekak).

C’est en 1989 qu’elle s’est départie de son entreprise de production de bois d’oeuvre (devenue United Sawmill suite à une amalgamation avec d’autres entrepreneurs forestiers).

Par la suite, elle a mis sur pied Lau-Mar, une entreprise qui faisait des acquisitions de terrains pour la construction de nouvelles demeures résidentielles à Hearst.

Malgré ses nombreuses responsabilités personnelles et professionnelles, Lauryanne s’est toujours investie pour le bien de sa communauté. Tour à tour bénévole aux élections de divers paliers, membre active de nombreux conseils d’administration et bénévole dévouée pendant plus de 30 ans au sein des Filles d’Isabelle, Lauryanne a mis son leadership et sa créativité au service de sa région.

Elle s’est également impliquée de près dans un centre d’accueil pour les femmes francophones aux prises avec des difficultés conjugales (Foyer de l’Assomption), et a joué un rôle clé dans la mise sur pied d’une école dont le but était de subvenir aux besoins des personnes ayant un handicap de développement.

D’un point de vue financier, Lauryanne a soutenu plusieurs causes et organismes qui lui tenaient à coeur. Entre autres, elle a commandité de nombreuses équipes régionales de hockey mineur, participé à des bourses d’études à l’Université de Hearst, contribué à la construction de l’église, ainsi qu’à l’Hôpital Notre-Dame de Hearst.

Au début des années 80, elle a participé au financement d’une entreprise locale du nom de La Maison Verte — une serre où on cultive des épinettes pour ensuite les vendre pour le reboisement des forêts locales, et dont le but est de fournir du travail aux femmes dans la région.

La carrière de Lauryanne fut couronnée de reconnaissance. En hommage à sa participation au Conseil d’administration de la Corporation de logements à but non lucratif pendant 22 ans (1981-2002), la ville de Hearst lui a remis une plaque soulignant sa contribution  et son dévouement.

L’association ONPHA (Ontario Non-Profit Housing Association) lui a également remis une plaque au nom du gouvernement de l’Ontario en 2002.

Note historique : L’expression « baron du bois » est une expression historique qui était utilisée dès le 19e siècle pour désigner les entrepreneurs qui oeuvraient dans l’industrie forestière. Ces hommes avaient généralement beaucoup de succès financier et faisaient vivre de nombreuses familles grâce à leur entreprise et implication dans la communauté. Étant plutôt fortunés, les barons du bois étaient souvent associés à des causes charitables et communautaires, et étaient perçus comme étant des personnes de noblesse, d’où le mot baron.

*Je tiens à remercier chaleureusement la famille Fontaine et Joanis pour leur participation à ce profil; d’abord, Madame Lauryanne Joanis elle-même qui a bien voulu se remémorer des épisodes de son passé pour les partager avec nous, ensuite Lise et Micheline Joanis, les filles de Lauryanne qui ont participé à la rédaction du texte par leurs idées, suggestions et corrections, et surtout, un grand merci à Marielle Fontaine, la sœur de Lauryanne, qui fait figure de « mémoire familiale » par son rappel et sa transmission des détails d’archives personnelles de la famille. Merci…

Références : texte de la famille Fontaine et Joanis; scierieshearst.com; lamaisonverte.info

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