Raison d’être du blogue

QUE SERAIT LE NORD DE L’ONTARIO FRANÇAIS SANS LA PART DES FEMMES ?

Jeannine Ouellette, M.A., femmesdelaroute11.wordpress.com

North Bay

Coucher de soleil sur le Lac Nipissing à North Bay, 2004
© guytheroux.ca

À l’ombre de l’Histoire racontée dans les livres, l’histoire des femmes est longtemps restée inédite. Reconstituer l’expérience de nos mères ancêtres en Ontario français est une tâche plutôt difficile vu le manque d’information et de documentation à leur sujet.

À l’époque de la colonisation du Nord de l’Ontario (1850-1910) et des décennies qui ont suivi jusqu’à l’Après-guerre, l’Histoire, celle avec un H majuscule, a nommé les noms des prêtres colonisateurs, a consigné aux registres les noms des premiers maires et a largement commenté les rôles des fondateurs des municipalités naissantes du Nouvel-Ontario et de l’Ontario-Nord. L’Histoire a loué le courage des pionniers en paroles et en images tant dans l’industrie agricole, que forestière, minière et ferroviaire.

Mais connaissons-nous les noms des religieuses bâtisseuses ou des premières femmes qui ont enseigné dans les écoles de rang, ou celui des sages-femmes qui ont mis au monde des générations d’enfants franco-ontariens, ou encore celles qui se sont courageusement lancées en politique à une époque où elles n’étaient pas les bienvenues au sein des conseils municipaux composés majoritairement d’hommes?

Aux abords des mines et des camps de bûcherons, debout dans les champs cultivés ou installées dans des habitations plus que modestes le long de la nouvelle voie ferrée avec leur conjoint et leurs enfants étaient les femmes. Les grandes oubliées de l’Histoire — ces pionnières et fondatrices d’un nouveau pays, ainsi que leur fière descendance, des femmes de caractère, créatrices et innovatrices, qui ont mis au monde des enseignantes, des infirmières, des religieuses, des athlètes, des auteures, des politiciennes, des artistes, des mères de famille…

Et que dire de ces milliers de femmes bénévoles qui ont été actives au sein de leurs paroisses et de leur collectivité franco-ontarienne, en donnant toujours le meilleur d’elles-mêmes, sans flancher, sans fléchir ? Sans leur part, que serait le Nord de l’Ontario, et même, l’Ontario français ? Si les pionnières ont surtout œuvré dans le Nord de l’Ontario, leurs filles et petites-filles se sont démarquées partout en province, au pays et sur la scène internationale.

Le blogue « Les femmes de la route 11 : les Elles du Nord » est un espace où il est possible de faire défiler les biographies et les anecdotes, les luttes et les réussites, les honneurs et les hommages, les réalisations et les contributions des femmes francophones du Nord de l’Ontario. Depuis la fin du 19e siècle, ces femmes — dont plusieurs sont des expatriées de leur Québec natal et pour qui la transition a été parfois déchirante — ont peuplé le Nord de l’Ontario d’enfants, certes, mais aussi de réseaux d’entraide, d’institutions, de services essentiels, de savoirs et de valeurs ancrées dans la défense de nos droits de vivre et d’apprendre en français.

Par l’entremise des archives municipales, d’articles de journaux, de biographies, de documents publiés par les sociétés historiques et les clubs généalogiques, et aussi, sinon, surtout, par le partage des femmes elles-mêmes ou des membres de leur descendance, l’histoire des femmes du Nord trouve une voix et une voie sur la route des Elles du Nord où s’harmonisent les parcours individuels et les enjeux collectifs.

Est-il possible d’imaginer le Nord de l’Ontario sans la part des Franco-Ontariennes ? Non. Elles ont profondément marqué la destinée de leur province voire de leur pays. Entre les épinettes et les rivières, avec leurs conjoints et leurs enfants, elles ont fait pousser un pays dans le Nord de l’Ontario. En mémoire d’Elles…

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6 avis sur « Raison d’être du blogue »

  1. Rina Gagnon dit :

    Je suis fort heureuse que le fil ténue de leur voix ait trouvé une personne comme vous pour émerger enfin après ces longues années de silence! Continuez de porter ces femmes en vous, elle ne mourront jamais! Je pourrai me délecter encore longtemps de l’histoire de chacune de ces héroïne du quotidien! Recevez ,mes plus grandes marques de respect, madame! Rina Gagnon Labrecque, Québec

    • Jeannine dit :

      Merci de tout coeur pour ce bel encouragement et vos paroles si généreuses. Vous avez raison qu’il fallait briser le silence et mettre en lumière ces centaines de femmes qui ont contribué à l’histoire et au développement de l’Ontario. J’aime bien votre expression : héroîne du quotidien. Merci beaucoup pour votre amitié et votre appui Rina !

  2. Daniele Rail dit :

    À Gaspé, en 2012, après plus de cinq ans de travail, une sculpture de l’artiste Renée Mao Clavet a été réalisée et payée a 80% par les familles gaspésiennes et québécoises. Un Collectif regroupant les communautés autochtones, francophones et anglophones est au coeur de cette réalisation. La sculpture appelée En Memoire d’Elle se veut un hommage aux femmes pour leur participation dans la colonisation et développement de la Gaspesie, du Quebec et du Canada. Voir sur le site web : En Memoire d’Elle.

    Bravo pour votre blogue, nous portons la même reconnaissance en nous, on ne peut que se réjouir.

    Daniele Rail, président du Collectif

    • Jeannine dit :

      Bonjour Madame Rail. Merci pour ce magnifique message. J’ai visionné le diaporama sur votre site et j’avoue avoir frissonné d’émotion en le regardant. C’est de toute beauté – la démarche, le projet, la sculpture, la raison d’être, les gens du Collectif… Vraiment très, très beau. Ai-je votre permission de présenter une des photos de votre montage sur ma page FB Les Elles du Nord ? J’indiquerai clairement la source et j’inviterai les gens à se rendre sur votre site pour visionner le montage. Encore, merci.

  3. Daniele Rail dit :

    Avec plaisir, je crois que le partage est une des façons de faire connaitre ces projets qui, admettons-le, sont tout un défi. Je vous invite également à consulter le site Facebook : Femmes du bout de la terre, une suite logique de la realisation de la sculpture. Par un documentaire de Gérald McKenzie, nous donnons la parole aux femmes de la Gaspesie. Un bijou selon moi. Une bande annoncé est sur ce site Facebook. Le documentaire à été au public en 2015 et nous poursuivons nos démarches en ce sens.

    Bonne chance dans vos projets.

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