Soeurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours

Religieuses, pionnières de l’enseignement en Ontario français, bâtisseuses d’un pays

NDPS(Photos : avec l’aimable autorisation des Soeurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours)

«[…] l’ingéniosité dont les sœurs ont fait preuve pour contrer la pauvreté et répondre aux multiples besoins de leur temps. C’est ce que l’on appelle « le miracle de Saint-Damien »

http://www.congndps.qc.ca

Placée sous la protection de Notre-Dame du Perpétuel Secours, la congrégation des sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours (ndps) est née en 1892, à Saint-Damien-de-Buckland au Québec.

Fondée en milieu rural, la Congrégation a fait preuve de créativité renouvelée depuis 121 ans pour réaliser sa mission d’évangélisation, et rayonner à travers le monde, notamment au Québec, en Amérique du Sud, en Afrique, aux Caraïbes, ainsi qu’une mission dans le Nord de l’Ontario.

Les sœurs ont œuvré à Hearst de 1920 à 1941, où elles ont joué un rôle de bâtisseuses de la communauté franco-ontarienne. Il s’agit de leur unique mission en terre ontarienne.

Dès leur arrivée à Hearst le 5 août 1920, Sr St-Pierre et Sr Ste-Colombe, et un peu plus tard, Sr Ste-Agathe ont jeté les bases d’une éducation catholique française qui allait former plus de 200 enfants par année pendant deux décennies.

À peine quelques semaines suivant leur arrivée à Hearst, les sœurs ont accueilli leur première étudiante au pensionnat. D’autres enfants ont suivi de sorte qu’au 13 septembre  1920, 9 élèves fréquentaient le pensionnat, puis 17 élèves, et ainsi de suite. Les sœurs ont enseigné aux enfants de 5 à 16 ans, et pouvaient avoir jusqu’à 75 élèves à la fois dans une seule classe !

En plus de leur rôle d’éducatrices, les sœurs se sont souvent improvisées infirmières auprès des enfants malades. Elles étaient également actives en animation pastorale en plus d’être cuisinières, ménagères, jardinières, couturières et gardiennes d’enfants.

Livre D.CoulombeIl faut dire que les conditions de vie à l’époque étaient loin d’être faciles pour les religieuses. Dans son livre Coloniser et Enseigner : le rôle du clergé et la contribution des Sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours à Hearst, l’historienne Danielle Coulombe de l’Université de Hearst dit ceci :

«Minoritaires dans une province majoritairement anglophone, francophobe et souvent anti-catholique, elles (les soeurs) reçoivent comme principale mission d’y défendre la langue française et la foi catholique ». (D. Coulombe, p. 197)

Dès le début de leur mission à Hearst, les sœurs ont dû faire confiance à la Providence. Elles ont vécu quelques semaines dans une petite maison d’environ 360 pieds carrés (109 m2) avec seulement quelques chaises, et des journaux en guise de rideaux aux fenêtres (D. Coulombe, p. 173). Par la suite, elles ont dû gérer multiples situations qui les ont mises à défi de manière continue. Par exemple —

  • les problèmes d’hébergement pendant la construction du couvent qui a été lente et complexe;
  • l’approvisionnement en eau courante qui a obligé les sœurs à « charroyer » l’eau de la rivière et à vivre sans eau courante pendant des années;
  • des incendies de forêt dévastateurs qui menaçaient leur couvent-pensionnat;
  • les rigueurs du climat nordique;
  • la pénurie de ressources pédagogiques en milieu de colonisation où tout était à faire;
  • l’enseignement en français à l’époque du Règlement 17 qui interdisait l’enseignement du français dans les écoles;
  • des conditions matérielles ardues;
  • des maladies infantiles contagieuses;
  • la pauvreté extrême de la population.

Malgré des embûches sans fin, ces pionnières de l’enseignement et bâtisseuses d’un pays n’ont jamais baissé les bras. Des centaines de familles ont été touchées par leur bonté.

Les sœurs ont fermé leur mission à Hearst en 1941, mais non sans regret — leur attachement à la communauté étant profond, et les citoyennes et citoyens de Hearst leur vouant, jusqu’à ce jour, un respect et une affection toute particulière.

Note historique : L’abbé Joseph-Onésime Brousseau et Virginie Fournier (mère St-Bernard) sont les fondateurs de la Congrégation des soeurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours. Malgré de très graves problèmes de santé (cécité, paralysie), Virginie, ou Sœur St-Bernard telle qu’elle était nommée, a porté secours à des milliers de jeunes, de malades et de mourants.

Références : Livre de Danielle Coulombe, Coloniser et Enseigner : le rôle du clergé et la contribution des Sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours à Hearst (1998); congndps.qc.ca; texte de Sr Huguette Lessard, ndps

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