Hélène (Bélanger) Legros

Enseignante, historienne communautaire, bénévole d’exception en éducation et auprès des aînés francophones

Hélène Legros

Hélène Legros. Source : Société historique du Nipissing

Fille de Joseph Donat Bélanger, natif de Verner, et d’Hyppolyta Marceau, native de North Bay, Hélène est née à North Bay en 1925, la 5e d’une famille de 7 enfants.

Elle a fréquenté les écoles Ste-Marie, Ste-Rita et St-Vincent à North Bay, puis l’Académie Ste-Marie à Haileybury et le couvent St-Joseph’s College, une institution anglaise. Plus tard, elle a fait son École normale à l’Université d’Ottawa en 1943.

Première de classe depuis sa tendre enfance, Hélène avait toujours su qu’elle se dirigerait vers l’enseignement. Les valeurs de justice, d’honnêteté et d’entraide apprises au sein de sa famille ont guidé ses projets professionnels et communautaires tout au long de sa vie.

Jeune femme sportive et enthousiaste, Hélène participait à de nombreuses activités, dont le mouvement des Guides et les activités paroissiales à Corbeil.

En 1945, elle a rencontré celui qui a allait devenir son partenaire de vie, Eugène Legros, alors qu’elle enseignait à Corbeil. Ensemble, ils ont élevé cinq enfants avec qui ils ont partagé des moments mémorables, entre autres, dans leur chalet au bord du lac Nosbonsing.

Sa carrière d’enseignante connut un temps d’arrêt pendant qu’elle a élevé sa famille, mais Hélène reprit la route de l’école par la suppléance et, éventuellement, effectua un retour à l’enseignement à temps plein en 1969. Interpelée par les besoins spéciaux des enfants, elle a complété plusieurs cours de spécialisation en la matière et travailla pendant 10 ans dans la récupération des jeunes dans les écoles.

Fidèle à elle-même, Hélène exerçait son leadership, non seulement en salle de classe, mais au sein de comités et d’associations de sa région. Elle fut, entre autres, directrice du comité qui informait et formait le personnel enseignant sur les nouvelles vagues en éducation. agente de liaison entre un groupe de la municipalité et son école, et membre de l’exécutif de la Fédération des femmes canadiennes françaises.

Hélène fit également sa marque comme historienne communautaire. Elle fut membre du conseil d’administration de la Société historique du Nipissing pendant de nombreuses années. En plus de son rôle de trésorière, elle a rédigé des biographies de personnalités locales, y compris celle de sa mère. En 1993, elle fut décorée du mérite par le ministère des Affaires civiques et culturelles pour son service de bénévolat au sein de la Société historique du Nipissing.

Après 26 ans de service au sein du Conseil scolaire de North Bay, Hélène a pris sa retraite en 1986, mais ne prit pas sa retraite du bénévolat ! En 1986, elle fut membre fondatrice du Club d’âge d’or de East Ferris (Corbeil & Astorville) et s’occupa alors de l’organisation de voyages pour les membres, de cliniques de santé, de cours de danse, de la rédaction de l’historique du Club et des membres, etc.

Hélène fut aussi très active au sein de l’organisation provinciale des enseignants retraités de l’Ontario (ERO), particulièrement de l’unité de langue française dont elle fut la présidente. En 1998, elle a reçu le prix prestigieux de Membre Fondateur pour sa contribution remarquable à ERO/RTO.

La philosophie de vie d’Hèlène fut le fondement de sa joie de vivre : «Ma philosophie, c’est de ne pas espérer au-delà des attentes quotidiennes, et en bout de ligne, on finit par être comblés plus qu’on espère. Ce que je donne pour le bien des autres, un sourire, de l’aide, une parole encourageante, tous ces gestes me reviennent en joies renouvelées

Enseignante pour la vie, Hélène a donné des cours de danse et d’exercices aquatiques jusqu’à un âge avancé. Elle est décédée à l’âge de 88 ans en 2013 léguant en héritage de leçons de vie portant sur l’engagement, le dévouement, le bonheur et le dépassement de soi.

Réf. : «Vie de chez nous Nipissing Est», Société historique de Nipissing, 2001. http://www.mcguintyfuneralhome.com/notices/Hlne-Legros

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part. 

Claudette Côté Léonard

Militante pour la francophonie, bénévole d’exception

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Claudette Côté Léonard avec la permission de sa fille Nathalie Léonard-Maillé

L’aînée d’une famille de 9 enfants, Claudette Côté Léonard est née en 1943 dans le village de Norembéga. Ce village est situé 23 km à l’Est de Cochrane et fut actif principalement entre les années 1913 et 1981.

Dès son jeune âge, Claudette fut initiée à l’engagement communautaire par l’entremise de sa mère Rose Alma (Carrier) Côté qui faisait du bénévolat au sein de La Ruche, un club francophone de loisirs et de culture à Cochrane.

À partir des années 70, Claudette a suivi dans les pas de sa mère et l’engagement communautaire fut dès lors au coeur de sa vie ! La francophonie lui tenant à cœur, Claudette fut membre à vie du club La Ruche de Cochrane dont elle fut également la présidente de 1993 à 1997.

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Monique Génier (à gauche) et Claudette Côté Léonard (à droite).

Surnommée affectueusement la Reine des abeilles, Claudette s’est dévouée à la communauté francophone de sa région de maintes façons.

Que ce soit la planification d’activités communautaires, le recrutement des bénévoles, l’organisation d’évènements — elle était toujours au rendez-vous, le cœur généreux et le sourire aux lèvres.

Pendant les années 80, Claudette a également fait partie de l’équipe du journal francophone La Boîte à nouvelles. Ce journal avait pris racine dans le Nord-Est ontarien à Iroquois Falls en 1983, et fut vendu une quinzaine d’années plus tard.

Claudette fut aussi membre de l’UCFO, des Filles d’Isabelle et des Jeunes Tisserandes. Sa famille, dont son conjoint Rhéal Léonard natif de Driftwood, et leurs deux enfants Simon et Nathalie, ont toujours fièrement appuyé le bénévolat de Claudette et l’ont soutenue dans ses engagements.

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Claudette Côté Léonard lors de la remise d’un prix reconnaissant son bénévolat dans la communauté de Cochrane.

Fièrement enracinée dans sa culture canadienne française, Claudette a fait partie du comité des parents qui ont lutté pour obtenir une école secondaire de langue française à Cochrane. Grâce à leurs efforts soutenus, l’école Jeunesse-Nord (renommée Nouveau-Regard) a éventuellement ouvert ses portes à Cochrane.

Claudette Côté Léonard est décédée en 2013 et laissa un grand vide au sein de sa famille et de sa communauté. L’équipe de La Ruche a souligné sa contribution exemplaire et ses nombreuses années de service en célébrant sa force et sa persévérance. Les abeilles de La Ruche ont beaucoup aimé leur Reine qui a laissé des traces de lumière pour les générations à suivre…

Réf. http://www.crccf.uottawa.ca/passeport/II/D/1/IID1c05.html; http://www.geniergauthierfuneralhome.com; texte de Nathalie Léonard-Maillé

Certification 2015

Émilie «Lillie» LaFlamme

Aventurière du Nord de l’Ontario (Gogama)

Lillie LaFlamme

Photo : Lillie LaFlamme en traîneau, possiblement à Montréal en 1924, Reproduite avec permission de Suzanne F. Charron. Source : Denise Savard

En parlant de son « mari »*, Joe LaFlamme qui vivait à Gogama, Émilie aurait dit : «Il est drôle. Il aime tout de sa vie dans le Nord — ses chiens, sa chasse et sa trappe. Il est venu ici et moi, je l’ai suivi». — Émilie Haigneré dite Lillie LaFlamme, citée par Suzanne F. Charron** dans son livre Joe LaFlamme : L’indomptable dompteur de loups

Imaginez un trajet qui vous conduirait de Paris, en passant par Liverpool en Angleterre et Saint-Jean au Nouveau-Brunswick, pour arriver à Montréal au Québec, et finalement aboutir à Gogama dans le Nord de l’Ontario. Voilà le parcours de vie d’Émilie Haigneré au moment de sa mi-vingtaine !

Ce qui est d’autant plus étonnant dans le parcours inusité d’Émilie (plus tard connue sous le nom de Lillie), c’est bien le fait qu’il a eu lieu au coeur de la forêt nord-ontarienne, au début des années 1920, à titre de compagne de Joe LaFlamme avant même que celui-ci soit renommé comme dompteur de loups partout en Amérique !

Au moment du départ de sa France natale, Émilie, alors domestique peu argentée, avait quitté sa terre parisienne sur invitation de ses amies, des épouses de soldats canadiens. Arrivée à Montréal en 1919, Émilie a fait la connaissance de Joe LaFlamme… et  son aventure nordique ne tarda pas à commencer.

Émilie Ernestine Hélène Haigneré est née en 1893 à Étaples-sur-Mer, un village de pêcheurs dans le département du Pas-de-Calais en France. Malgré sa lignée marine, c’est à Paris que la jeune Émilie a grandi, probablement élevée par un membre de sa famille étendue. Mode, élégance, grands magasins et manières faisaient partie du vocabulaire de la jeune femme en devenir. Et pourtant, à l’été 1920, Émilie s’est retrouvée à Gogama, vivant une vie rustique avec Joe LaFlamme dans un « lieu éloigné et dépourvu de commodités telles que l’électricité, l’eau courante ou les toilettes intérieures ». Émilie avait peut-être le sens de l’élégance, mais elle avait aussi une âme aventurière et une capacité d’adaptation plutôt extraordinaire !

Les gens du village de Gogama la connaissaient sous le nom de Lillie ou encore de la p’tite femme, un surnom que lui avait donné Joe LaFlamme en raison de sa petite taille (1,3 mètre, 45 kilos). Intelligente, maquillée, chapeautée, Lillie se plaisait dans la rudesse du style de vie nordique. Elle aimait le Canada, le froid, la neige, et aussi, fort probablement, la notoriété d’être la compagne d’une légende vivante. Entourée de ses oiseaux, poules, pigeons, moufettes et même d’une louve appelée Sparky, Lillie jouissait du contraste des saisons du Nord engendré par les hivers blancs et rigoureux, suivis d’étés chauds et lumineux. Mais la vie avec Joe LaFlamme n’était pas de tout repos. Il pouvait être intransigeant et colérique envers elle, en plus de lui imposer ses absences longues et fréquentes lorsqu’il parcourait l’Amérique, participant à des expositions sportives en vue de faire connaître ses loups, et plus tard, ses orignaux, tout en éduquant la population sur les modes de vie du Nord de l’Ontario.

Sous les yeux du couple LaFlamme, le village de Gogama prenait de l’ampleur depuis l’arrivée du premier résident du village en 1917 (Arthur L’Abbé). Gogama se développait, les familles s’y faisaient plus nombreuses, des églises et des écoles étaient fondées et des moulins à scie étaient mis sur pied. Joe et Lillie y occupaient une place de choix.

Malgré une enfance européenne et citadine, Lillie se plaisait dans le Nord de l’Ontario. Femme indépendante et audacieuse, Joe lui avait enseigné à atteler elle-même une meute de chiens afin qu’elle puisse jouir d’une liberté de déplacement même lorsqu’il était parti au loin. À une époque où le rôle des femmes était plutôt restreint sur la place publique, Lillie savait faire valoir son opinion et ses désirs et reculait devant peu de choses. Elle excellait au billard et était même devenue une adversaire redoutable pour quiconque voulait la défier au jeu.

Avec Joe, Lillie a aussi pratiqué l’élevage de loups et d’orignaux. Côte à côte, ils ont préparé et servi les repas à de nombreux pensionnaires et même à tout le personnel de Warner Brothers qui était venu à Gogama pour filmer les pompiers forestiers vers 1945 ! Lillie s’est également improvisée prospectrice en 1938, enregistrant trois claims miniers lors de la deuxième ruée vers l’or de la région. Et toujours, Lillie a soutenu les rêves aventuriers de son mari.

Les temps durs d’un village pionnier et d’une époque qui a traversé les années de la Grande Dépression ainsi que de la Seconde Guerre mondiale n’auront pas permis à Lillie de remettre les pieds dans sa patrie française. Mëme si la vie du Nord a été excitante, elle a aussi été éprouvante pour cette jeune femme qui connut la maladie six ans après son arrivée en terre canadienne, qui a aussi perdu une fillette en bas âge, et qui a toujours vécu à proximité du danger, entourée d’animaux sauvages et dangereux, ainsi que d’un mari contrebandier d’alcool. Lillie a quitté Gogama en 1948 pour Montréal où elle est décédée en 1982, soit 17 ans après le décès de Joe LaFlamme en 1965. Elle a incontestablement laissé sa marque dans le paysage nord-ontarien.

* * *

* Dans ses recherches sur Joe LaFlamme, l’auteure Suzanne F. Charron n’a trouvé aucun document qui puisse confirmer un mariage officiel entre Émilie Haigneré et Joe LaFlamme, mais Émilie Haigneré a tout de même été connue sous le nom de Lillie LaFlamme.

** Je remercie très chaleureusement Suzanne F. Charron de m’avoir accordé la permission de résumer les faits saillants de la vie d’Émilie Haigneré à partir de ses recherches effectuées dans le cadre de la publication de sa biographie Joe LaFlamme. L’indomptable dompteur de loups. Je le remercie aussi pour la relecture de ce bref résumé biographique.

Joe LaFlammeRéf. Joe LaFlamme. L’indomptable dompteur de loups, Suzanne F. Charron, Éditions Prise de parole, 2013 et 2014.

Certification_2014

Denise Levesque

Artiste peintre, enseignante, animatrice d’ateliers, bénévole pour les arts

Lévesque, Denise

Photos : avec l’autorisation de Denise Levesque

« Le personnage féminin est souvent présent dans mes tableaux. La situation de la femme dans le monde est pour moi matière à réflexion. Il est clair que, en tant que femmes, nous devons être vigilantes en tout temps. J’estime que notre place est une place d’égalité en respect et en reconnaissance des forces propres à chacune. »

—   Denise Levesque, www.deniselevesque.ca

Dès son enfance à Sturgeon Falls, Denise a été fascinée par les univers artistiques. Soutenue par son milieu scolaire et familial, elle a exploré sa palette de talents — le ballet, le patin artistique, ce qu’on appelait à l’époque le patin de fantaisie, et les cours d’art privés, tout en rêvant de jouer de la harpe…

Une carrière professionnelle en danse ne s’est pas dessinée pour Denise, mais le mouvement et la grâce du corps humain ont continué à l’interpeller et à s’exprimer dans un autre univers — celui des arts visuels. Entre les années 1980 à 1995, elle a d’ailleurs intégré la notion de danse dans la majorité de ses tableaux, tant ceux qui présentaient des personnages que ceux qui évoquaient des paysages.

Denise Lévesque, arbre

Paysage à l’ouest, automne, Aylmer 2007, Denise Levesque

Équilibre, déséquilibre, fragilité, stabilité, harmonie, cadence — dans les deux univers créateurs de Denise, le mouvement du corps instinctif et le mouvement de l’âme intuitive se rencontrent et permettent au langage des couleurs de trouver une voix et au jeu des lignes de tracer un éventail d’émotions.

Denise Levesque, 1970

Avec l’autorisation de Denise Levesque, 1970

Denise a fréquenté les écoles St-Joseph, le couvent Notre-Dame de Lourdes et l’école secondaire Franco-Cité à Sturgeon Falls avant de consacrer une année d’études universitaires en sciences. Par la suite, elle a complété un premier baccalauréat en arts visuels à l’Université d’Ottawa en 1975, et un an plus tard, elle a terminé un baccalauréat en éducation.

Au début des années 70, elle a été professeure de ballet à Sturgeon Falls, ainsi que guide au Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa. Son intérêt pour la peinture s’approfondit en 1979 lorsqu’elle suit un stage avancé  de peinture avec le peintre émérite canadien, Kenneth Lockhead.

De 1977 à 1982, Denise a enseigné les arts plastiques à l’école secondaire Thériault à Timmins tout en étant directrice bénévole de la Galerie Éducative Thériault pendant trois ans.

Quelques années plus tard, elle a été professeure d’arts plastiques à l’école St-Georges de Montréal où elle a enseigné à de jeunes adolescents, ainsi qu’à des groupes de personnes âgées en soirée. À cette époque, elle a également été membre de l’Association du développement des arts visuels à Montréal.

Pendant les années 90, Denise a enseigné la didactique des arts visuels à la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa et a animé des ateliers en arts au service éducatif du Musée des beaux-arts du Canada.

Elle a également œuvré à titre de spécialiste en arts visuels à temps partiel pour le Conseil des écoles catholiques de langue française à Ottawa pendant vingt-deux ans de 1987 à 2009.

L’artiste Denise a toujours côtoyé la pédagogue, les routes se croisant et s’entrecroisant depuis plusieurs décennies. Denise expose en solo ou en groupe depuis les années 70 majoritairement dans les villes du Nord et de l’Est ontarien, ainsi qu’au Québec. Gatineau, Hull, Montréal, Sturgeon Falls, Sudbury, Toronto, Timmins, Ottawa, Hawkesbury…

Lévesque, Denise, peintureSon œuvre intitulée « Lumina » fait partie de l’exposition collective «Clément Bérini : honorer inspirer rassembler» qui voyagera dans plusieurs galeries du Nord de l’Ontario en 2013-2014.

«J’exprime la force de la flore, qui, d’apparence fragile, nous étonne par sa résilience. N’oublions pas, les fleurs nous apaisent, nous émerveillent et guérissent certains de nos maux.» * D.L.

Au cœur de son œuvre — la danseuse en mouvement, la famille, le couple, les paysages, les fleurs, les anges, le jeu des couleurs et des lignes, la spontanéité, l’émotion…

Au bout de ses doigts  — le papier de soie, le sable, les pétales séchés, le mica, la pierre, la cire, l’aquarelle, le pastel à l’huile, l’encre, la gouache, l’acrylique…

Le travail artistique de Denise a été soutenu par plusieurs octrois. Elle a également reçu le Prix TVO La Chaîne en 1992 pour la page couverture de l’Horaire Scolaire. Ses œuvres se retrouvent dans de nombreuses collections privées et ont été citées et utilisées dans divers contextes dont l’agenda «La puissance au féminin» publié aux Éditions Femme et Pouvoir en 2003.

Denise a été membre du conseil d’administration du Conseil des Arts d’Aylmer de 1999 à 2001 et membre du conseil d’administration de Bravo-Est de 2008 à 2011.

Références : gn-o.org; bravoart.org; catalogue de l’exposition « Clément Bérini : honorer inspirer rassembler (2013)* ; http://www.deniselevesque.ca; texte de D. Levesque

Certification 2013

Céleste Lévis

Auteure-compositeure-interprète

Céleste Lévis

Photo : avec l’autorisation de Céleste Lévis

« La musique m’a sauvé la vie ».

— Céleste Lévis, L’Express d’Ottawa, 8 juin 2013

Née à Timmins en 1995, Céleste a grandi dans un univers axé sur le mouvement, le sport et l’athlétisme. Jusqu’au jour où sa jeune vie a basculé du côté de l’ombre…

Diagnostiquée d’une maladie grave à l’adolescence, Céleste a traversé une période de turbulence et d’inquiétude qui lui a lancé un défi de taille — celui de s’accrocher à la vie malgré des soucis de santé envahissants.

Au moment de son hospitalisation, cette musicienne dans l’âme s’est tournée vers la chanson et la création, et ce faisant, elle a découvert sa raison d’être — se servir de sa voix et de sa musique pour encourager les gens qui traversent des épreuves, les aider à briser leur isolement, en étant pour eux, pour elles, un miroir de leur courage et de leurs espoirs de guérison.

Autodidacte, Céleste s’est enseigné le piano et la guitare, et a laissé couler l’encre sur le papier pour exprimer ses peurs, ses désirs, ses états d’âme. Au départ, la musique lui servait d’échappatoire à la douleur causée par sa maladie, mais l’artiste a rapidement compris qu’une réelle passion venait de naître.

L’année 2011 fut une année décisive dans sa carrière d’artiste puisqu’elle a enregistré une première chanson «The Ghost of You» avec un producteur de Vancouver.

En quelques années à peine, Céleste s’est retrouvée sur la scène de la 26e édition du concours Ontario Pop à l’âge de 18 ans, où elle a décroché les étoiles qui allaient faire briller son avenir. Sept prix ont confirmé son talent remarquable en juin 2013.

Après avoir fréquenté l’école secondaire Thériault à Timmins, Céleste se dirige maintenant vers des études universitaires en mathématiques à l’Université d’Ottawa.

Guitare en bandoulière et poèmes dans l’âme, tout devient possible pour cette future mathématicienne qui a participé au concours Ma Première Place des Arts, à la demi-finale du Festival international de Granby, au Festival Franco 2014, ainsi qu’à plusieurs sessions d’enregistrement au cours de l’année 2013-2014.

La carrière de Céleste est en plein envol en 2015… Suivez-la sur sa page FB.

https://www.facebook.com/profile.php?id=1404073984&fref=ts

Références : timminspress.com (30 sept 2011); radio-canada.ca; apcm.ca; express.ca

NDLR : J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part. 

Thérèse (Cousineau) Lamarche

Pionnière du Nord-Est ontarien, entrepreneure, bénévole

Thérèse Cousineau

Photo : avec l’aimable autorisation de Yolande B.  Lamarche Génier

«À 89 ans, [Thérèse] chantait encore des chansons anciennes. Elle récitait aussi, à l’occasion des réunions de famille, un poème qu’elle avait appris à l’âge de 12 ans, «Les trois amours d’Yvonne».

— Yolande B. Lamarche Génier, fille de Thérèse

Thérèse est née en 1904 dans la paroisse de St-Rédempteur, à Hull au Québec, fille de Trefflé et d’Ada Cousineau.

Dès l’âge de 14 ans, Thérèse a commencé à travailler comme ouvrière chez E.B. Eddy à Hull, un fabriquant d’allumettes en bois.

À l’époque, Thérèse avait été engagée par Mme Sauvé, superviseure, pour prendre les allumettes et les placer dans des petites boîtes. Elle y a travaillé pendant deux ans, soit de 1918 à 1920.

Thérèse a également travaillé chez Continentale à Ottawa, une manufacture de sacs de diverses tailles pouvant varier de ¼ de livre jusqu’à des sacs de très grande taille pour envelopper des pianos.

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Photo : Thérèse Cousineau (Lamarche) en 1920

Le 22 mai 1921, alors qu’elle était âgée de 17 ans, la famille de Thérèse est déménagée à Cochrane sur une ferme dans les rangs 2 et 3 de Glackmeyer. Le père de Thérèse, ainsi que son frère Donat, y étaient déjà installés.

Trois ans après son arrivée en terre ontarienne, Thérèse a épousé Hector Lamarche, un voisin du rang 4 et 5 qu’elle fréquentait depuis son arrivée à Cochrane. Le couple Cousineau Lamarche est déménagé à Smooth Rock Falls pour le travail d’Hector au moulin de l’Abitibi Power and Paper Company.

Ensemble, ils ont élevé une famille de 7 enfants, dont 4 ont été mis au monde par Ada Cousineau, sage-femme et mère de Thérèse.

Son passé d’ouvrière lui fournissant une expérience industrielle et un savoir-faire, Thérèse est devenue entrepreneure dans le Nord de l’Ontario à partir de la fin des années 30, durant la Deuxième guerre.

Tout en élevant sa famille, Thérèse fabriquait des couvre-pieds piqués avec des retailles et des échantillons d’habits que le magasin Perkus lui donnait. Elle tricotait également à la machine des bas pour les soldats d’outre-mer. La Croix Rouge lui fournissait la laine et lui donnait 25 cents la paire.

Autodidacte et artisane, Thérèse confectionnait aussi des roses en papier crêpé que ses filles vendaient de porte à porte.

Malgré ses nombreuses occupations, Thérèse a toujours été au service de sa communauté, soit par le chant à l’église (accompagnée à l’orgue par Mme Clarabelle Lachance) ou par la préparation des corps des enfants décédés, en vue des visites funèbres.

En 1941, la santé de Thérèse a obligé la famille à considérer un retour à la ferme à Cochrane. À partir de 1944, Thérèse et Hector ont quitté Smooth Rock Falls de manière définitive pour s’installer à la ferme, ce qui n’a pas empêché Thérèse de poursuivre son entreprenariat à Cochrane.

Elle s’est alors intéressée à la culture des plantes et des fleurs, a fabriqué des tapis et des coussins et a organisé des rafles en vue de ramasser de l’argent pour acheter des oies, des dindes et des poussins. Elle a également fabriqué  des bouquets de noces avec du papier « Ice Box », et décoré des gâteaux pour les noces et les anniversaires.

Durant les années ’70, une équipe de la télévision de Radio Canada est venue chez Thérèse pour mener une entrevue avec elle et filmer sa décoration d’un gâteau de noces. Cette entrevue a été enregistrée pour l’émission  « Le temps de vivre ».

Au cours de sa vie, Thérèse a été membre de nombreux organismes, dont les Dames catholiques, l’Union Culturelle des Franco-Ontariennes (à titre de présidente et de directrice générale), les Filles d’Isabelle, et le Club de l’Age d’Or de Cochrane auquel elle a siégé en tant que membre du conseil d’administration.

Thérèse est décédée en 1996 à l’âge de 91 ans. Plusieurs descendants vivent toujours à Cochrane, dont sa fille Yolande et sa petite-fille Monique.

Note historique :  La fabrique d’allumettes de bois à Hull QC a été fondée en 1854 par l’Américain Ezra Butler Eddy. Dès 1869, l’usine produisait 1,5 million d’allumettes à l’heure ! À cette époque, E. B. Eddy fabriquait 99 % de toutes les allumettes vendues au Canada, en plus d’en exporter vers les États-Unis et la Grande-Bretagne. La Ville de Gatineau a fait un hommage aux filles et jeunes femmes ayant travaillé à l’usine d’allumettes E. B. Eddy. Plusieurs d’entre elles y avaient laissé leur santé, et même leur vie à cause de conditions de travail dangereuses. Ces femmes ont formé le premier syndicat féminin du pays. Le boulevard des Allumettières a été officiellement inauguré à Hull en 2007 en leur honneur.

Références : texte de Yolande B. Lamarche Génier et Monique Y. Génier;  ccrcf.cuottawa.ca; ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/327787/un-lieu-un-nom-le-boulevard-des-allumettieres-un-hommage-aux-ouvrieres-de-hull

Certification 2013

Yvonne Mary Blanche Leroux

Première infirmière des soeurs Dionne

« Cinq petits bouts prématurés, décharnés, rachitiques, affamés – couchés à cinq dans un panier de boucher – calés entre des couvertures, emmaillotés dans des tissus à chemises et à draps […] vaisselle décente, pas de moustiquaires, pas de portes, pas de propreté, puis des mouches le jour et des maringouins la nuit.  »

— Extrait du journal intime d’Yvonne Leroux quelques jours après son arrivée à la ferme des Dionne

Née à Callander en 1912, Yvonne a été l’une des premières diplômées du programme en « nursing » de l’hôpital St-Joseph à North Bay qui, par la suite, a été son employeur.

Le 29 mai 1934, la supérieure en chef de l’hôpital St-Joseph a reçu la demande d’envoyer une infirmière «qui parlait français» pour aller prêter secours médical au Dr Allan Dafoe, sur une ferme située à mi-chemin entre Callander et Corbeil, environ 15 km de North Bay.

Une patiente du Dr Dafoie, madame Elzire Dionne, venait de mettre au monde cinq petites jumelles, et à moins d’un miracle, les chances de survie des quintuplées Dionne étaient très minces…

Âgée de 21 ans,  Yvonne  a répondu à l’appel du Dr Dafoe, et se rendit sur place à Callander, son village natal, sans avoir la moindre idée de la tâche monumentale qui l’attendait  — rien de moins que la responsabilité de « sauver la vie » de cinq fillettes pesant chacune entre 1,5 livre et 2 livres (0,6 à 0,9 kg), qui devaient être nourries au compte-gouttes et être surveillées jour et nuit !

Dionne bookDans un livre écrit en 1964 par James Brough intitulé, We Were Five : The Dionne Quintuplets Story From Birth to Girlhood to Womanhood, les jumelles Annette, Marie, Yvonne, Émilie et Cecile ont insisté sur leur reconnaissance à l’égard de l’infirmière Leroux qui, selon elles, était responsable de les avoir « maintenues vivantes ».

Yvonne est demeurée au service des sœurs Dionne jusqu’en décembre 1936.

Après avoir quitté la famille Dionne, Yvonne a prononcé des conférences aux États-Unis et au Canada et fut l’invitée de multiples émissions. Elle fut connue et reconnue à l’échelle mondiale pour son travail exemplaire auprès des cinq sœurs.

En 1936, une poupée représentant Yvonne Leroux a été fabriquée par la compagnie américaine Alexander Dolls, dans la collection prisée «Madame Alexander», en production de 1923 à 1947. Vous pouvez voir des images de cette poupée à l’adresse suivante :

http://www.worthpoint.com/worthopedia/exceptional-1936-madame-alexander-292060856

Yvonne a épousé Fred Davis, le photographe officiel des jumelles Dionne. C’est lui qui avait d’ailleurs pris les toutes premières photos des sœurs en date du 30 mai 1934.

Yvonne est décédée en 1981.

Note historique : Au moment de la naissance des jumelles en 1934, il n’y avait eu que 500 cas de naissances officialisées de quintuplés au monde — aucun de ces enfants n’ayant vécu plus de 50 jours. D’après les notes du journal intime d’Yvonne Leroux, le médecin traitant, Dr Dafoe, ne s’attendait pas à ce que les jumelles Dionne survivent ! Elles sont, fort possiblement, les premières quintuplées au monde à avoir survécu à leur naissance.

Références : archeion.ca; www.quintland.com/diary.html; thecanadianencyclopedia.com; archivescanada.accesstomemory.org

Article sur l’historien Floyd Andricks, un membre de la parenté d’Yvonne Leroux (en anglais).

http://www.ourmidland.com/news/af41d54f-b42a-5def-a284-b49b75d4c3f6.html

NDLR : J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part.