Sr Thérèse Allard, s.a.s.v.

 

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Sr Thérèse Allard, s.a.s.v. Photo : Société historique du Nipissing, 2001

Née à Haileybury en 1931, Thérèse Allard est la fille de Georges Salomon Allard (1885-1948) de Pembroke et de Sophie Godin (1886-1972), également de Pembroke.

Elle est la cadette d’une famille de 12 enfants dont la sœur aînée Stella fut également religieuse chez les Sœurs de l’Assomption de la Sainte Vierge. (SASV).

À sa naissance, les parents de Thérèse lui ont donné comme patronne Sainte Thérèse de Lisieux, canonisée quelques années auparavant en 1925.

Élevée dans une famille où régnait l’amour, Thérèse a joui d’une enfance heureuse. «Même si nous étions à revenu moyen, mes parents tenaient à ce que nous soyons propres et bien mis. Un prêtre à l’époque avait décrit le rituel de mon père le dimanche matin avant la messe : ‘tous les enfants se rangeaient pour l’inspection de la tête aux pieds (souliers bien cirés) avant de se rendre à l’église’.»

La famille Allard a connu son lot d’épreuves mais leur foi inébranlable leur a permis de les traverser dans l’espérance sans cesse renouvelée :

  • le grand feu de Haileybury (1922) dans lequel la famille Allard a perdu maison, commerce, chevaux;
  • la dépression des années ’30;
  • l’incendie de l’hôtel Albert à Rouyn en 1938 dans lequel Georges Allard fut gravement brûlé;
  • la 2e guerre mondiale de 1939-1945 dans laquelle ses frères ont combattu sur les champs de bataille d’Europe (les quatre sont revenus sains et saufs).

Jeune fille, Thérèse fit ses études de la première à la treizième année (de 1937 à 1949) à l’Académie-Sainte-Marie située tout près de la maison familiale. «Les religieuses étaient toujours disponibles pour nous aider dans les matières qui présentaient des difficultés ou dans des circonstances pénibles que nous pouvions vivre. Leur vie simple, enjouée et priante faisait de ces éducatrices compétentes des grandes soeurs de qui nous apprenions le sens et le goût de la vie

Thérèse sentit l’appel à la vie consacrée en communauté et a choisi de vouer sa vie aux jeunes par l’entremise l’éducation en se joignant à la Congrégation des Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge en 1949. Elle prononça ses voeux en religion à Nicolet, Québec, le 15 février 1952.

Sr Thérèse a complété sa formation à l’École normale de l’Université d’Ottawa en 1953 et se consacra à l’enseignement et à la direction scolaire dans les écoles du Nord, dont Chiswick, Earlton, River Valley et North Bay. Par la suite, elle a obtenu un baccalauréat, une maîtrise en éducation avec spécialisation en orientation de l’Université d’Ottawa et un certificat de spécialiste en orientation du ministère de l’Éducation de l’Ontario.

Dans un texte autobiographique, Sr Thérèse partage que le plus grand défi de sa vie d’enseignante fut celui de fonder le programme d’études en 11e et 12e années de l’école secondaire privée St-Jean-Baptiste à Earlton en 1962/63 pour que garçons et filles francophones de cette paroisse puissent poursuivre leurs études sans avoir à voyager matin et soir. «Après presque quarante ans, j’ai rencontré ces ‘anciens’ aux ‘retrouvailles’ d’Earlton en août 2000. La joie spontanée et la chaleur de leur accueil témoignent des liens tissés alors que nous avons trimé dur ensemble pendant ces quelques années.»

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Photo : «Ils sont venus…Earlton, Ontario, 1910-1960». Merci à l’auteur du livre Alain Savoie pour la permission de reproduction !

Sr Thérèse fut impliquée de maintes façons auprès des jeunes, de sa paroisse et de sa communauté. Elle fut notamment conseillère en orientation, animatrice de groupes jeunesse, accompagnatrice des jeunes dans leurs activités humanitaires au pays et en Jamaïque. Elle fut tour à tour sacristine, directrice de chant, organiste, membre du Conseil de pastorale paroissiale et du comité de liturgie, aide dans les équipes de préparation aux sacrements et agente de pastorale.

En 2002, St Thérèse a célébré le 50e anniversaire de sa consécration dans la vie religieuse. À ce sujet, elle écrit qu’elle est «fière de faire partie de la Congrégation des Soeurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge, car elle [la Congrégation] a bougé sans soubresaut et sûrement. Pour les gens, le changement le plus visible a peut-être été l’adoption du costume contemporain, mais il n’était qu’un signe extérieur du désir qui nous habite de répondre aux besoins nouveaux de notre monde et de nous sensibiliser à ses problèmes dans nos milieux d’insertion : au Québec, en Ontario, dans l’Ouest canadien, aux États-Unis, au Japon, au Brésil, en Équateur et en Haïti

L’engagement et la mission de vie de Sr Thérèse est à l’image de sa définition de ce que représente le fait de «vivre pleinement», c’est-à-dire en étant éveillée — éveillée aux défis, à l’éducation, aux arts, à l’aide humanitaire, à la présence auprès des jeunes, à la beauté du monde, à l’amitié… et à une capacité quotidienne de «renouveler le don de sa vie et en retenir la fraîcheur et la ferveur peu importe l’état où on est engagé

Références : «Vie de chez nous Nipissing Est», 2001, La Société historique du Nipissing, texte autobiographique par Sr Thérèse Allard, s.a.s.v. (résumé); http://www.sasv.ca; livre «Marcheuses à l’étoile : les Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge en Ontario 1910-1997.

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part. 

Betty Albert (Wabimeguil)

Artiste

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Photo : avec l’autorisation de Betty Albert

« Mon devoir est d’offrir un moment pendant lequel une personne peut porter son regard sur quelque chose de beau qui les ramène à leur âme, un moment qui leur rappelle qui ils sont vraiment ». 

— Betty Albert, wawataynews.ca (traduction libre)

Née dans le Nord de l’Ontario à la fin des années 50, Betty a été adoptée et élevée dans une famille canadienne-française. Pendant sa jeunesse, elle a vécu à Fauquier, Kapuskasing et Smoky Falls. Plus tard, elle a vécu sur l’île de Vancouver, et de retour en Ontario, elle a vécu à Matheson, Chapleau et Cochrane.

Au début de son adolescence, des circonstances lui ont permis de prendre contact avec ses origines autochtones et renouer avec l’héritage des Cris qu’elle portait en elle. Cette réconcialiation avec son héritage s’est fait par l’entremise de retrouvailles avec son père biologique Lindberg Louttit, un pionnier autochtone de l’aviation au Canada (premier pilote commercial d’origine autochtone au pays). Son père lui a donné le nom de Wabimeguil (plume blanche). Pendant un an, Betty a vécu sur la réserve Waghoshig près de Matheson.

Betty avait un intérêt pour l’art avant la rencontre avec son père biologique, mais c’est sous le regard encourageant et visionnaire de son père que Betty a pu suivre son chemin d’artiste de façon plus engagée à partir des années 90. Elle a ouvert sa première galerie, le Wabimeguil Art Studio en collaboration avec son père.

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Reproduction d’une page à l’intérieur du Moon Journal and Dream Log. Reproduite avec permission.

À cette même époque, soit le début de sa trentaine, son cheminement artistique et culturel chevauchait une démarche spirituelle de croissance personnelle qui s’est reflétée dans ses œuvres pendant une vingtaine d’années.

Ainsi, pendant les décennies 1990 et 2000, l’œuvre artistique de Betty a surtout voyagé dans l’univers des femmes, notamment les femmes de son clan. La lune et la spiritualité autochtone étaient toujours au centre de ses tableaux.

En 1999, Betty a  publié l’ouvrage Moon Journal and Dream Log dans lequel figurent plusieurs de ses œuvres. Le livre s’est vendu à plus de 10 000 exemplaires. En collaboration avec d’autres artistes, Betty a également publié et oeuvré auprès des écoles et des regroupements autochtones. En 2005, elle a ouvert une galerie d’art à Cochrane — la Ehkwateh Art Gallery.

Moon_Journal_01-2En 2011, Betty a fait un virage. Elle a fermé sa galerie pendant un certain temps pour se concentrer plus intensément sur sa peinture. Une nouvelle direction artistique la conduit cette fois dans l’univers de la nature, notamment les bernaches, les ours et les loups. Entourée de forêts, de rivières et de silence, Wabimeguil peint pour vivre et vit pour peindre…

Les oeuvres de Betty sont dans des collections partout au Canada, aux États-Unis, en Europe et en Asie. Vous pouvez visiter la galerie Wabimeguil|Ehkwateh Art Gallery en ligne au http://www.wabimeguil.ca.

Références : wawatay.news; wabimeguil.ca; Moon Journal and Dream Log (1999); texte de B. Albert

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