Betty Albert (Wabimeguil)

Artiste

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Photo : avec l’autorisation de Betty Albert

« Mon devoir est d’offrir un moment pendant lequel une personne peut porter son regard sur quelque chose de beau qui les ramène à leur âme, un moment qui leur rappelle qui ils sont vraiment ». 

— Betty Albert, wawataynews.ca (traduction libre)

Née dans le Nord de l’Ontario à la fin des années 50, Betty a été adoptée et élevée dans une famille canadienne-française. Pendant sa jeunesse, elle a vécu à Fauquier, Kapuskasing et Smoky Falls. Plus tard, elle a vécu sur l’île de Vancouver, et de retour en Ontario, elle a vécu à Matheson, Chapleau et Cochrane.

Au début de son adolescence, des circonstances lui ont permis de prendre contact avec ses origines autochtones et renouer avec l’héritage des Cris qu’elle portait en elle. Cette réconcialiation avec son héritage s’est fait par l’entremise de retrouvailles avec son père biologique Lindberg Louttit, un pionnier autochtone de l’aviation au Canada (premier pilote commercial d’origine autochtone au pays). Son père lui a donné le nom de Wabimeguil (plume blanche). Pendant un an, Betty a vécu sur la réserve Waghoshig près de Matheson.

Betty avait un intérêt pour l’art avant la rencontre avec son père biologique, mais c’est sous le regard encourageant et visionnaire de son père que Betty a pu suivre son chemin d’artiste de façon plus engagée à partir des années 90. Elle a ouvert sa première galerie, le Wabimeguil Art Studio en collaboration avec son père.

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Reproduction d’une page à l’intérieur du Moon Journal and Dream Log. Reproduite avec permission.

À cette même époque, soit le début de sa trentaine, son cheminement artistique et culturel chevauchait une démarche spirituelle de croissance personnelle qui s’est reflétée dans ses œuvres pendant une vingtaine d’années.

Ainsi, pendant les décennies 1990 et 2000, l’œuvre artistique de Betty a surtout voyagé dans l’univers des femmes, notamment les femmes de son clan. La lune et la spiritualité autochtone étaient toujours au centre de ses tableaux.

En 1999, Betty a  publié l’ouvrage Moon Journal and Dream Log dans lequel figurent plusieurs de ses œuvres. Le livre s’est vendu à plus de 10 000 exemplaires. En collaboration avec d’autres artistes, Betty a également publié et oeuvré auprès des écoles et des regroupements autochtones. En 2005, elle a ouvert une galerie d’art à Cochrane — la Ehkwateh Art Gallery.

Moon_Journal_01-2En 2011, Betty a fait un virage. Elle a fermé sa galerie pendant un certain temps pour se concentrer plus intensément sur sa peinture. Une nouvelle direction artistique la conduit cette fois dans l’univers de la nature, notamment les bernaches, les ours et les loups. Entourée de forêts, de rivières et de silence, Wabimeguil peint pour vivre et vit pour peindre…

Les oeuvres de Betty sont dans des collections partout au Canada, aux États-Unis, en Europe et en Asie. Vous pouvez visiter la galerie Wabimeguil|Ehkwateh Art Gallery en ligne au http://www.wabimeguil.ca.

Références : wawatay.news; wabimeguil.ca; Moon Journal and Dream Log (1999); texte de B. Albert

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Denise (Lafrenière) Giroux

Enseignante, militante pour l’éducation en français dans le Moyen-Nord, chef de file pour les femmes francophones, archiviste communautaire, bénévole d’exception

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Photo : avec l’autorisation de la famille Lafrenière-Giroux

« Comment tracer un profil adéquat de Denise Giroux et rendre justice au moyen d’une simple description ? Elle en a battu des sentiers et, partout elle a laissé sa trace d’humanité et d’intégrité .»

 — Citation tirée du document «Biographie de Denise Lafrenière Giroux», Collection de la Société historique de Nipissing Ouest, 2003

Fille d’Albert Lafrenière et de Germaine Sylvestre, Denise est l’aînée d’une famille de 5 enfants. Dès son jeune âge, elle a acquis la fierté de son héritage culturel au sein de sa famille et a appris à cultiver l’amour de son prochain.

Née à Sturgeon Falls le 11 juin 1932, Denise a fait ses études primaires dans trois villes du Nord de l’Ontario, d’abord à Sturgeon Falls, ensuite à Timmins (1940-41) et puis à River Valley lorsque sa famille s’y est installée vers 1942.

Denise a  été étudiante au pensionnat Notre-Dame de Lourdes à Sturgeon Falls où elle a complété son programme d’études secondaires en 1948, après quoi elle a pris la route vers Ottawa pour étudier à l’École normale. À son retour, elle a enseigné à l’école élémentaire catholique Christ-Roi à River Valley de 1949 à 1951.

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Dennise Lafrenière-Giroux en voyage à Ottawa en compagnie de Jacqueline Giroux-Filion, 1948

En 1951, alors qu’elle était âgée de 19 ans, Denise a épousé Hector Giroux de River Valley avec qui elle a fondé une famille de cinq enfants. Le couple Giroux est devenu propriétaire du magasin général Giroux de River Valley qui appartenait à Albert Giroux, père d’Hector. Cette étape a marqué pour eux le début d’une vie de dévouement et de service à la communauté.

Des circonstances éprouvantes ont mis fin à la carrière d’enseignante de Denise lorsque leur fille Roberte est née en 1952,  atteinte d’un handicap visuel.

Malgré ce défi, Denise a toujours continué à être le bras droit de son conjoint dans l’entreprise familiale. Elle a aussi été au service de l’éducation en français dans sa collectivité tout au long de son parcours de vie. En plus d’offrir ses services à titre d’enseignante suppléante, elle a remis sur pied l’Association des parents et instituteurs (A.P.I.) à l’école Christ-Roi.

Pendant les années 70 alors que la crise scolaire francophone faisait rage à Sturgeon Falls, Denise a joué un rôle de pilier. Elle a guidé un groupe de parents dans leur demande de subvention pour la construction d’une nouvelle école à River Valley. Cette école a vu le jour en 1975.

À la fin des années 60, Denise avait également fait partie de l’équipe fondatrice de l’Association d’éducation de l’Ouest-Nipissing où elle avait œuvré comme secrétaire de comité et archiviste pendant trois ans.

Au sein de cette association, elle a milité avec ses collègues qui ont entrepris des démarches en vue de l’obtention d’une commission d’enquête gouvernementale sur le droit des citoyens à une école secondaire de langue française.

Armés d’un courage et d’une détermination sans fin, les membres de l’Association ont soutenu leur engagement par voie de grèves, de démonstrations, de marches, de mémoires… Ils et elles ont gagné gain de cause et l’école secondaire Franco-Cité à Sturgeon Falls a pu voir le jour.

Lettre Denise Giroux

Lettre de remerciements de Denise Giroux, secrétaire de l’Association d’éducation de l’Ouest Nipissing, River Valley (Ontario) à Ryan Paquette, président de l’Association canadienne-française d’Ontario, 26 octobre 1971, p. 2. Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Association canadienne-française de l’Ontario (C2). Reproduite avec permission du CRCCF.

Denise a été la « voix du peuple » dans de nombreux projets au sein desquels elle n’a jamais hésité à prendre sa plume, en français et en anglais, pour défendre les intérêts et le bien de sa communauté. Que ce soit les services de santé en français, des commissions d’études ou des enquêtes abordant des préoccupations citoyennes, Denise prêtait son talent d’auteure et sa passion revendicatrice pour la sauvegarde d’un style de vie qui tenait à cœur aux gens du Moyen-Nord.

Soucieuse de la qualité de vie des femmes de sa région, elle a été membre active de la Fédération des femmes canadiennes-françaises pendant cinq décennies au sein de laquelle elle a joué multiples rôles, dont celui de présidente.

Elle a également été une bénévole dévouée à sa paroisse et membre du Comité des Anciennes pour le Monument Notre-Dame-de-Lourdes érigé en 2002.

NOTE : Je remercie chaleureusement Armande Girouard-Lafrenière pour son aide à la recherche et pour les photos. Je remercie également Viviane Lafrenière pour son appui et son encouragement.

Références : Biographie de Denise Lafrenière Giroux (ourontario.ca/WestNipissing); Biographie de Hector Giroux (ourontario.ca/WestNipissing); crccf.ca; textes de la famille Lafrenière-Giroux

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