Francine Noiseux

Enseignante, artiste, bénévole

Francine Noiseux

Francine Noiseux, 2013

«Chaque vie compte, et ce n’est pas nécessairement ‘combien’ de choses on a fait en passant sur cette terre. Une seule chose peut tout changer et chaque personne oeuvre dans son entourage. C’est plutôt ce qu’on peut faire dans cet entourage qui compte vraiment. Nous sommes tous et toutes un microcosme du macrocosme.» — Francine Noiseux, 2014

Née à North Bay en 1947, Francine a passé une bonne partie de son enfance à Chapleau avant que sa famille ne reprenne la route vers North Bay en 1959.

Suite à ses études secondaires, Francine a choisi la profession d’enseignement. Elle a consacré 27 ans de sa carrière professionnelle auprès des enfants dans les classes de jardin, maternelle, première et deuxième année à North Bay. Au moment de sa retraite en l’an 2000, elle eut un pincement au coeur de laisser ces « enfants de sa vie » qu’elle avait tant aimés et qui l’avaient inspirée.

Mais une autre porte allait maintenant s’ouvrir — celle du monde des arts, plus particulièrement, des arts autochtones. Élevée dans une culture canadienne-française, c’est en 1996 que Francine a commencé à renouer avec ses racines ancestrales, notamment par l’entremise de son cheminement artistique. «Tout être humain cherche un rituel; mon rituel est celui des autochtones» (L’Accent, entrevue réalisée avec Francine Noiseux en 2006 sur les ondes de Radio-Canada).

Au moment de sa retraite, Francine fit d’abord un séjour de 6 mois en Australie pour rendre service à des amis, ce qui lui a permis, par la même occasion, de vivre une transition entre les deux grands univers de sa vie — l’enseignement et l’art.

De retour au Canada, elle décide de se consacrer à l’art à temps plein. Elle commence alors par suivre des cours au White Mountain Academy of the Arts à Elliot Lake, une école des beaux-arts axée sur les arts autochtones. De 2002 à 2005, Francine a acquis et développé des techniques artistiques et artisanales tout en faisant un voyage au cœur d’elle-même et de son passé ancestral. Elle a suivi une variété de cours, tout en choisissant de s’attarder plus particulièrement aux Arts Autochtones et à la sculpture. Pendant son séjour d’études, Francine a reçu une bourse soulignant sa réussite académique au White Mountain Academy of Arts, soit le prix KIJADJIWAN. Elle est ressortie de sa formation transformée au plus profond de son être…

À la fin de ses études en art, Francine est retournée vivre à North Bay où elle participe depuis une dizaine d’années à des expositions présentées par le NBAA (North Bay Art Association) et BRAVO (Bureau des regroupements des artistes visuels en Ontario).

En parallèle à ses activités professionnelles et artistiques, le bénévolat a, lui aussi, joué un rôle essentiel dans sa vie. Francine est membre fondatrice de la Société de St-Vincent de Paul à North Bay où elle a été active de 1991 à 2000, et de nouveau, depuis 2006. Elle s’est impliquée au sein de cet organisme suite à trois voyages en Jamaïque où elle a accompagné de jeunes adolescents qui se rendaient travailler dans les bidonvilles (le groupe Jeunesse de l’École secondaire Algonquin de North Bay).

Elle a également organisé des prélèvements de fonds et d’articles pour ce même groupe au sein de son milieu scolaire lorsqu’elle était enseignante. D’ailleurs, une plaque accrochée dans le foyer de l’école St- Vincent lui a été remise par le groupe de Jeunesse de l’école seondaire Algonquin, en guise de remerciement pour son travail en Jamaique et les prélèvements de fonds et d’articles qu’elle a organisés. Francine est également secrétaire bénévole du North Bay Art Association (NBAA) depuis 2007.

En octobre et novembre 2012, Francine a fait un stage d’artiste en résidence au sein du Arts Health North à North Bay. Pendant son mandat, elle a réalisé une oeuvre communautaire avec l’aide de membres de la commaunuté, de patients en traitement psychiatrique et d’employés du Centre régional de santé de North Bay. La pièce, créée à partir de plumes de papier qui forment un mandala, est accrochée au-dessus de l’entrée du gymnase dans la section des Programmes de santé mentale de l’hôpital.

Mandala

Mandala, oeuvre communautaire réalisée en 2012, Centre régional de santé de North Bay, Programme en santé mentale

En plus de ses expositions et de son bénévolat, Francine offre des ateliers en Arts Autochtones. Au cours des dernières années. elle a offert des formations à Sudbury, Verner, Stratford, North Bay, ainsi qu’aux États-Unis. Qu’il s’agisse de fabrication de tambours, de mocassins, de pochettes de tabac ou de hochet, ou encore, de confection de masques et d’attrape-rêves, les ateliers livrés dépassent la simple fonction esthétique et technique. Plutôt, les formations sont une invitation et un moyen privilégié d’accéder à des enseignements culturels et historiques sur les Arts Autochtones, les Premières Nations et leur histoire. La démarche entre Francine et ses étudiants en est une de confiance et d’engagement. Transmission d’un patrimoine ancien. Expression des styles artistiques. Démarche personnelle, spirituelle…

En septembre 2014, Francine a exposé à la galerie Alex Dufresne de Callander avec une collègue artiste de North Bay.

Francine N. posterAu rythme des saisons, au son des tambours et aux couleurs de sa vie, Francine poursuit son œuvre tout en partageant son savoir avec les artistes et le public, qui sont, eux aussi, sur le chemin de la découverte de leurs forces intérieures…

Références : Émission L’Accent, Radio-Canada, 11 novembre 2006; textes de F. Noiseux.

Certification_2014

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Chantal Nadeau

Chef de file pour la francophonie ontarienne, consultante en marketing et en gouvernance, gestionnaire de projets touristiques et patrimoniaux, promotion du développement économique de l’Ontario français, entrepreneure, bénévole

Chantal Nadeau

Avec l’autorisation de Chantal Nadeau

Née à Hearst en 1968, Chantal a fréquenté l’école primaire Pavillon Notre-Dame, et par la suite, l’École secondaire catholique de Hearst.

Dès son enfance, Chantal a rapidement saisi l’importance de s’investir au sein de sa collectivité. À 13 ans, elle s’impliquait déjà à titre de bénévole à l’Hôpital Notre-Dame… et elle n’a jamais cessé de faire du bénévolat depuis !

Au fil des ans, plusieurs organismes communautaires du Nord de l’Ontario ont profité de son enthousiasme dont le Téléthon de l’Avenir, Opération Nez rouge, le Carnaval de Hearst et l’association locale de patinage synchronisé. Chantal a également été membre active de nombreux comités, incluant le Club Rotary de Hearst qui lui a remis le prix Paul Harris 2010 en reconnaissance de son bénévolat exemplaire.

Polyvalente dans ses intérêts d’apprentissage, Chantal a d’abord étudié en justice criminelle et application de la loi au Granton Instititute of Technology d’où elle a obtenu un diplôme en techniques policières. Elle a également suivi des cours en Français, en Anglais et en psychologie à l’Université de Hearst.

Par la suite, elle a obtenu un diplôme de conseillère en santé naturopathique du Collège des médecines douces du Québec et a poursuivi des formations en tourisme, marketing et image de marque.

Chantal a mis l’ensemble de ses connaissances à profit pendant plusieurs années lorsqu’elle a géré sa propre entreprise de fabrication d’enseignes routières, d’infographie et de conception de sites Internet.

En 2005, sa carrière a pris un tout autre virage lorsqu’elle s’est aventurée dans un nouveau domaine — le développement du tourisme en Ontario français. À l’emploi de Direction Ontario, Chantal a géré une équipe de 15 stagiaires provenant des quatre coins de l’Ontario dont le mandat était de mener à bien le grand projet patrimonial du «circuit Champlain».

À Direction Ontario, elle a également œuvré à titre de recherchiste et coordonnatrice du projet  pilote «Le guide interactif 2.0», en plus d’assurer la gestion du site Internet et la vaste base de données de l’entreprise touristique.

Par la suite, elle a accepté le poste de directrice générale à la Radio de l’Épinette Noire Inc, CINN FM dans sa ville natale à Hearst. Tour à tour gestionnaire, organisatrice et planificatrice d’événements au sein de l’entreprise médiatique, Chantal y a exploré plusieurs facettes de sa créativité pendant 2 ans.

Femme de défis, Chantal a quitté son Nord natal pour assurer la direction intérimaire de la Société franco-ontarienne d’histoire et de généalogie (SFOHG) et du Réseau des organismes du patrimoine franco-ontarien (ROPFO), connu sous l’acronyme RPFO depuis 2008.

Chantal a aussi participé au démarrage d’un organisme touristique dans la région de Prescott-Russell, où elle a joué un rôle clé pour faire connaître le nouvel organisme, le Tourisme Prescott-Russell Tourism (TPRT) dans tout l’Est ontarien.

Malgré une charge de travail toujours bien remplie, son désir de redonner à la communauté francophone a toujours continué à faire partie de sa vision et de sa mission de vie. Chantal a siégé au sein de l’organisme provincial MICRO et du conseil d’administration de Direction Ontario (y compris la présidence et la vice-présidence).

D’octobre à août 2013, Chantal a œuvré à titre de directrice intérimaire des communications et relations au Réseau de développement économique et d’employabilité de l’Ontario (RDÉE).

En 2013-2014, elle a été la directrice de l’ACFO Ottawa, un organisme mandaté pour la défense des droits des francophones de la région de la capitale. Depuis janvier 2015, Chantal est la directrice générale de l’Alliance des producteurs francophones du Canada.

Chantal est également bénévole à la maison Bruce House à Ottawa. La Maison Bruce est un organisme communautaire qui procure du logement, des soins compatissants et du soutien aux habitants d’Ottawa vivant avec le VIH-sida.

NOTE SUR LE CIRCUIT CHAMPLAIN : Le circuit Champlain est un corridor géographique lié aux voies navigables que Samuel de Champlain et d’autres explorateurs ont utilisées lors de leurs découvertes de l’Ontario de 1609 à 1615. Le Circuit commence à Montréal et traverse les communautés de Hawkesbury, Ottawa, Mattawa, North Bay, Sudbury, Rivière des Français, Killarney, la région de la baie Georgienne jusqu’à la rivière Humber et la ville de Toronto. http://fr.wikipedia.org/wiki/Circuit_Champlain

Références : expressottawa.newspaperdirect.com; lapresse.ca; acfoottawa.ca; brucehouse.org; cv et textes de C. Nadeau; apfc.info.ca.

Certification 2013

Yvonne Nault Whissell (Mailloux)

Pionnière, femme d’affaires, défenseure de la langue française en Ontario,  bénévole

Kitty« La vie pour moi n’est pas une courte chandelle. C’est une torche splendide que je tiens pour le moment. Je veux qu’elle brille aussi brillante que possible avant de la donner à la future génération. »

— Yvonne Nault Whissell-Mailloux

Dédicace du livre Kitty, le gai pinson écrit par sa fille Marguerite Whissell-Tregonning,  Prise de Parole, 1978

* * *

Née Yvonne Nault d’un père métis et d’une mère canadienne-française à Saint-André-Avelin au Québec en 1896, Yvonne était la 6e d’une famille de dix enfants. Elle est déménagée à Sudbury en 1923 suite à une série de circonstances de vie difficiles.

Orpheline dès l’âge de 7 ans, elle a erré de foyer en foyer, dont cinq ans passés à l’orphelinat avant de travailler comme domestique. En 1914, elle a épousé Adorice Whissell.

Lorsqu’il est décédé quatre ans plus tard de la grippe espagnole, Yvonne, veuve à l’âge de 21 ans, place ses deux enfants en pension, et part travailler à Montréal pour subvenir aux besoins de sa famille.

Quelques années plus tard, en 1923, elle est déménagée en Ontario avec ses enfants où elle a rejoint des membres de sa famille déjà installés à Sudbury. Elle a épousé Joseph Mailloux à Sudbury neuf ans plus tard.

Pendant la Grande Dépression des années 30, Yvonne s’improvise femme d’affaires et accueille des pensionnaires chez elle pour assurer le bien-être de la famille, son mari étant au chômage. Dès lors, Yvonne dirige les affaires de la famille, et devient éventuellement la propriétaire de 17 immeubles à Sudbury pendant la Dépression.

Pendant 30 ans, Yvonne a dirigé son entreprise «en français, en milieu minoritaire» sans jamais apprendre l’anglais. Elle a travaillé assidûment à la conservation de la langue française pendant la période où le Règlement 17 était en vigueur en Ontario, écrivant des lettres au premier ministre de l’époque, William Lyon Mackenzie King.

Yvonne a été une des premières femmes à s’adresser au public en politique. En 1937, elle est montée sur une estrade pour prendre la parole, et faire valoir ses opinions politiques à une époque où peu de femmes n’avaient encore osé le faire.

Yvonne a consacré beaucoup de son temps à des œuvres de bienfaisance et s’est dévouée envers les malades.

Sa vie de pionnière dans le Nord de l’Ontario a été racontée dans un livre intitulé «Kitty le Gai Pinson : Résumé de vie d’une pionnière du nord de l’Ontario», écrit par sa fille, Marguerite Whissell-Tregonning, publié aux Éditions Prise de Parole, en 1978.

Yvonne est décédée en 1968.

Références : Dictionnaire des écrits de l’Ontario français : 1613-1993 (éditeurs, Gaëtan Gervais, Jean-Pierre Pichette); «Au fil de la mémoire : trois Franco-Ontariennes se racontent », Francophones d’Amérique, no 7, 1997, p.59-70 (J. Urbas); « Une langue qui pense : la recherche en milieu minoritaire francophone au Canada,» sous la direction de Linda Cardinal, PUO, 1993.

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part.