Lauryanne (Fontaine) Joanis

Pionnière de l’industrie forestière et baronne du bois, femme d’affaires, chef de file pour les femmes, visionnaire pour le développement communautaire, mécène, bénévole

Lauryanne Joanis

Photo : avec l’autorisation de Lauryanne Joanis*

Née Lauryanne Fontaine à Val Rita en 1936, Lauryanne a passé sa petite enfance à Harty et à Mattice.

À cette époque, la famille Fontaine vivait ses hivers dans les camps de bûcherons à la Passe Fontaine, et ses étés à Mattice.

À partir de 1939, la famille Fontaine s’est établie de façon permanente à Hearst.

Lauryanne a fait son école primaire à Hearst et ses études secondaires à l’Académie Ste-Marie à Haileybury.

Par la suite, elle a étudié pendant deux ans au Collège St-Thomas-d’Aquin, situé sur la rue Bronson à Ottawa, d’où elle a gradué en 1954.

GraduationÀ l’époque, ce Collège, géré par les Soeurs de Ste-Jeanne d’Arc, était l’un des meilleurs endroits où les jeunes filles pouvaient faire leur cours commercial en français. Plusieurs d’entre elles poursuivaient des carrières au gouvernement par la suite.

En 1969, alors qu’elle élevait une famille de 6 enfants à Hearst, son destin a rudement basculé. Face au décès prématuré de son conjoint Émile Joanis, elle a dû prendre en main la responsabilité économique de sa famille. Avec six enfants à charge, dont le plus jeune âgé seulement de 9 mois, le défi à relever était de taille !

Épaulée par sa famille et son entourage, Lauryanne a succédé à son mari dans l’entreprise familiale, et est alors devenue copropriétaire des entreprises Arrow Timber et F&J Lumber.

Non seulement fut-elle la première femme du Nord de l’Ontario à être copropriétaire majoritaire d’une entreprise de production de bois d’oeuvre (de l’exploitation forestière jusqu’au produit fini), mais à cette époque, son entreprise employait plus de 400 personnes de la région.

Lauryanne a également été la première femme à faire partie du Lumbermen’s Association of Ontario, en plus d’être actionnaire et membre du conseil d’administration de l’entreprise Claybelt Lumber, un grossiste en vente de bois d’œuvre.

En 1988, elle a accompli une autre première alors qu’elle est devenue l’une des premières femmes de la région à être copropriétaires d’un magasin de détail en quincaillerie et matériaux de construction (Hearst Lumber Co. Ltd.).

Elle a également  été l’une des premières actionnaires d’un projet régional visant la construction d’un barrage hydro-électrique (La Shekak).

C’est en 1989 qu’elle s’est départie de son entreprise de production de bois d’oeuvre (devenue United Sawmill suite à une amalgamation avec d’autres entrepreneurs forestiers).

Par la suite, elle a mis sur pied Lau-Mar, une entreprise qui faisait des acquisitions de terrains pour la construction de nouvelles demeures résidentielles à Hearst.

Malgré ses nombreuses responsabilités personnelles et professionnelles, Lauryanne s’est toujours investie pour le bien de sa communauté. Tour à tour bénévole aux élections de divers paliers, membre active de nombreux conseils d’administration et bénévole dévouée pendant plus de 30 ans au sein des Filles d’Isabelle, Lauryanne a mis son leadership et sa créativité au service de sa région.

Elle s’est également impliquée de près dans un centre d’accueil pour les femmes francophones aux prises avec des difficultés conjugales (Foyer de l’Assomption), et a joué un rôle clé dans la mise sur pied d’une école dont le but était de subvenir aux besoins des personnes ayant un handicap de développement.

D’un point de vue financier, Lauryanne a soutenu plusieurs causes et organismes qui lui tenaient à coeur. Entre autres, elle a commandité de nombreuses équipes régionales de hockey mineur, participé à des bourses d’études à l’Université de Hearst, contribué à la construction de l’église, ainsi qu’à l’Hôpital Notre-Dame de Hearst.

Au début des années 80, elle a participé au financement d’une entreprise locale du nom de La Maison Verte — une serre où on cultive des épinettes pour ensuite les vendre pour le reboisement des forêts locales, et dont le but est de fournir du travail aux femmes dans la région.

La carrière de Lauryanne fut couronnée de reconnaissance. En hommage à sa participation au Conseil d’administration de la Corporation de logements à but non lucratif pendant 22 ans (1981-2002), la ville de Hearst lui a remis une plaque soulignant sa contribution  et son dévouement.

L’association ONPHA (Ontario Non-Profit Housing Association) lui a également remis une plaque au nom du gouvernement de l’Ontario en 2002.

Note historique : L’expression « baron du bois » est une expression historique qui était utilisée dès le 19e siècle pour désigner les entrepreneurs qui oeuvraient dans l’industrie forestière. Ces hommes avaient généralement beaucoup de succès financier et faisaient vivre de nombreuses familles grâce à leur entreprise et implication dans la communauté. Étant plutôt fortunés, les barons du bois étaient souvent associés à des causes charitables et communautaires, et étaient perçus comme étant des personnes de noblesse, d’où le mot baron.

*Je tiens à remercier chaleureusement la famille Fontaine et Joanis pour leur participation à ce profil; d’abord, Madame Lauryanne Joanis elle-même qui a bien voulu se remémorer des épisodes de son passé pour les partager avec nous, ensuite Lise et Micheline Joanis, les filles de Lauryanne qui ont participé à la rédaction du texte par leurs idées, suggestions et corrections, et surtout, un grand merci à Marielle Fontaine, la sœur de Lauryanne, qui fait figure de « mémoire familiale » par son rappel et sa transmission des détails d’archives personnelles de la famille. Merci…

Références : texte de la famille Fontaine et Joanis; scierieshearst.com; lamaisonverte.info

Certification 2013

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Colette Jacques

Artiste multimédia, sculpteure, peintre, art de la performance

« Le Nord, c’est les mines, C’est nous autres. Notre culture. Lorsque je sculpte, je ne pense à rien d’autre. Je deviens la sculpture. » — Colette Jacques

Née à Matachewan à 60 km au sud-est de Timmins, Colette a vécu une partie de son enfance à Moffet dans le Témiscamingue québécois, mais à 12 ans, elle est déménagée à Larder Lake en Ontario, d’où elle n’est jamais repartie.

Artiste d’origine franco-ontarienne et algonquine, l’art de Colette trouve son inspiration dans son milieu. À travers ses peintures et ses sculptures, elle fait connaître la beauté du Nord, en particulier, la beauté des mines. Photo.

Elle utilise le bois, le béton et la glaise pour créer, entre autres, des sculptures géantes, ainsi que des figurines qui racontent la vie des mineurs. Son œuvre a été exposée dans de multiples galeries et endroits dont le Musée Elliot Lake Nuclear and Mining Museum et le Toronto Mining Symposium. Pour une liste de ses expositions et projets, cliquez Colette Jacques.

Autodidacte, Colette acquiert sa formation en expérimentant avec des techniques de création et en côtoyant des créateurs. Elle a étudié la sculpture sur bois et sur glaise avec Hans Kobacheck à Larder Lake. Elle est native de Lardere Lake, mais considère que son adresse, c’est l’Amérique…

Avec le groupe Perspective 8, elle a créé une œuvre collective dans la mine Golden Shield à Virginatown. Ayant été créée à partir de pare-brise cassés, la sculpture géante intitulée En sol mineur, fait usage du thème de recyclage, un aspect qui est au coeur de l’oeuvre de Colette Jacques.

Colette a également joué divers rôles au sein du Centre culturel La Mine d’Art situé à Kirkland Lake (dont coordonnatrice). Ce centre est un organisme à but non lucratif qui aide à promouvoir l’art et la culture francophone dans la région de Kirkland Lake.

Depuis quelques années, Colette explore plus profondément l’aspect «performance» de son art et tisse des liens entre l’art et la guérison.

NOTE : Son conjoint le regretté et bien-aimé Carol Jacques de Kirkland Lake, a été un important chef de fil pour les droits de la francophonie en milieu minoritaire. Il a œuvré pendant plusieurs années à l’ACFO de Kirkland Lake.

Références : Revue Liaison, no 121, 2003- 2004 http://www.francoidentitaire.ca http://www.northernminer.com     http://www.performanceart.ca  revueliaison.ca/documents/070_liaison_p34_35.pdf

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part.