GENS DU NORD, GENS DE COEUR ET D’ACTION : biographies et autobiographies

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Native de Jogues

Mariette Carrier-Fraser : Femme de volonté et d’influence au service de l’Ontario français. Collection Gens d’exception. Robert Arseneault. Éditeur CFORP. 2011.

Vouloir des progrès significatifs et peser sur les bons leviers pour en faciliter l’avènement. Telle est la règle d’une femme hors du commun qui imprime sa marque sur quelques-uns des plus grands dossiers en francophonie ontarienne des années 1980 à aujourd’hui.Pourtant, tout commence dans un milieu très modeste du nord de l’Ontario où rien ne laisse présager la suite. Une petite fille y naît en pleine guerre mondiale. Peu à peu, une forte personnalité s’affirme et s’impose au service du développement de l’Ontario français. Source : CFORP



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Sudbury

Gaétan Gervais : Le « gardien du dépot ». Collection Gens d’exception. Robert Arseneault. Éditeur CFORP. 2012.

Le gardien du dépot. Depositum custodi. Garde le dépot. Telle est la devise que se donne l’Association canadienne-française d’éducation d’Ontario (ACFÉO) vingt-quatre ans après sa fondation en 1910. Le parcours de Gaétan Gervais – l’homme, le citoyen, l’historien – en constitue la démonstration par excellence. Le dépôt qu’il reçoit en héritage, ce chercheur passionné de l’Ontario français le conserve soigneusement. Mais, surtout, le père du drapeau franco-ontarien l’enrichit afin qu’il soit transmis aux générations futures. Des générations conviées à faire vivre pleinement une communauté linguistique et culturelle toujours en quête d’équilibre entre continuité et renouvellement, patrimoine et modernité, hier et demain.  Gaétan Gervais ou le parcours d’un Sudburois devenu le gardien du dépôt qu’ont en partage tous les membres de la communauté franco-ontarienne. Source : amazon.ca



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Hallébourg/Longlac


Fragments de temps : Suzette Hébert-Downey.
 Marlène Bélanger. Éditions Cantinales. 2010.

Cette biographie autorisée regroupe des informations sur l’enfance et l’adolescence de l’artiste peintre Suzette Hébert-Downey, l’influence du Quetico Centre sur son art et sa démarche, ses mentors, la collective d’artistes qu’elle a cofondée en 1976 (Les Filles d’Emily Carr) et le rêve de sa vie — la mise sur pied de la galerie Suzette’s Art Gallery à Lydia Lake.  Le livre présente également un catalogue général des oeuvres de l’artiste. Source : Les femmes de la route 11 sur WordPress



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Corbeil

Les jumelles Dionne et l’Ontario français (1934-1944). Gaétan Gervais. Éditions Prise de parole. 2011.

Dans cette étude pionnière. Gaétan Gervais examine la tutelle gouvernementale (1934-1944) des jumelles Dionne. Mise en place pour empêcher une possible exploitation des jumelles par leurs parents, la tutelle servira ironiquement à cautionner une vaste entreprise commerciale dont le gouvernement ontarien et le médecin des quintuplées retireront d’énormes bénéfices. Les luttes engagées dans ce dossier par l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario (ACFÉO), à la demande des parents, Elzire et Olivia Dionne, ne représentent qu’un chapitre des luttes des Franco-Ontariens pour le contrôle de l’enseignement français et catholique dans leur province. Cette étude jette un nouvel éclairage sur un épisode marquant de l’histoire des Franco-Ontariens. Prix Christine Dimitriu Van Saanen en 2001. Source : coopuqam.com



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Cochrane

Dans les sillons d’Élisabeth Bruyère. Gilberte Paquette, s.c.o. Éditions l’Interligne. 1993.

Soeur Gilberte Paquette, s.c.o., fille de William Paquette et d’Alice Blouin, a grandi dans le Nord de l’Ontario, près de Cochrane (à Mace et Frederick House). Elle est entrée en religion chez les Soeurs de la Charité d’Ottawa en 1942. Dans son autobiographie, elle raconte son enfance dans le Nord ontarien, ses années d’enseignement et ses 30 ans d’apostulat en milieu hospitalier, y compris la direction de l’Hôpital d’Ottawa (anciennement l’Hôpital Général) et la fondation du Centre de santé Élisabeth-Bruyère.

 


Joe-Laflamme

Gogama

Joe LaFlamme, l’indomptable dompteur de loups. Suzanne F. Charron. Éditions Prise de parole. 2013.

Joe LaFlamme (1889-1965) a vécu à Gogama pendant de nombreuses années. Il s’est fait connaître dans les années 1920 et 1930 alors qu’il guidait son traîneau tiré par des loups au milieu de foules dans les rues de Sudbury, de Toronto, Montréal, Boston, Chicago et New York. Dans cet ouvrage, Suzanne F. Charron a reconstitué la vie fascinante de ce personnage extraordinaire.

 

 



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Sudbury

Saisons d’or et d’argile, tableaux de vie. Lysette Brochu. Éditions du Vermillon. 2005.

Parfum de rose et de tabac, Récits et tableaux de vie, poèmes, lettres et nouvelles. Lysette Brochu. Éditions du Vermillon. 2011.

 

 



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Hanmer

C’est le temps d’en parler. Claire Trépanier. AUPRESS Athabasca University. 2009.

Dans son ouvrage biographique « C’est le temps d’en parler », l’auteure Claire Trépanier raconte la vie de Marie-Louise Bouchard Labelle, une femme d’humble origine, élevée à Hanmer dans le Nord de l’Ontario, qui tombe en amour avec le curé de son village. Elle en subira les terribles conséquences pour le reste de ses jours… L’histoire vraie de cette femme s’étend sur plus d’un siècle (de 1858 à 1973), une période qui voit surgir plusieurs événements déterminants de l’histoire du Canada dont la Grande Dépression. Vous pouvez lire la biographie gratuitement en ligne au lien suivant :

http://www.aupress.ca/index.php/books/120154



Les Dubreuil et le bois (à venir sous peu)



AUTRES TITRES DE BIOGRAPHIES ET AUBIOGRAPHIES (sans description ou image de la couverture) 

Tours de force (autobiographie de Conrad Lavigne). Éditions L’interligne. (TIMMINS)

Camille Lemieux et L’Ami du peuple, 1942-1968. Serge Dignard. Société historique du Nouvel-Ontario. Collection Documents historiques no 80). 86 pages. 1984. (SUDBURY)

Alphonse Raymond, s.j., 1914-1978 : mes souvenirs, receuillis, transcrits et annotés par Huguette Parent, s.c.o. Société historique du Nouvel-Ontario.  (Collection Documents historiques no 93). 1995. (SUDBURY)

Paul Demers (document’art). Pierre Albert. Les Éditions L’Interligne, 1992, 144 pages. (HEARST/OTTAWA)

Robert Paquette. Paul Tanguay. Éditions Prise de parole. 1980. (SUDBURY)

ARTICLE : CINQ CHOSES ÉTONNANTES DE LA ROUTE 11 (Elizabeth Ryan SRC)

15896236_1132967066802655_8318345025367442579_o.pngEn date du 29 octobre 2016, la journaliste Elizabeth Ryan de Radio-Canada a publié un texte sur les « choses étonnantes » de la route 11. Je lui dis un beau merci d’avoir inclus le projet des Femmes de la route 11 : les Elles du Nord dans sa liste !

Cinq choses étonnantes selon Elizabeth Ryan :

1.  Les grands monuments le long du corridor de la 11

2. La gastronomie du Nord de l’Ontario

3. Les villages fantômes

4. Kapuskasing : première ville aménagée et planifiée par le gouvernement provincial

5. «L’histoire de la route 11 est aussi celle de ses femmes. Nombreuses sont les femmes qui ont marqué l’histoire du Nord de l’Ontario et c’est ce que l’auteure Jeannine Ouellette a voulu mettre en valeur dans son blogue Les femmes de la route 11: les Elles du Nord. Jeannine Ouellette s’intéresse à la place des femmes dans l’histoire et à l’héritage qu’elles transmettent aux générations futures. Les « Elles du Nord  » ont également leur page Facebook sur laquelle on célèbre leurs réalisations de 1880 à nos jours. On y apprend par exemple qu’Helen Elizabeth Ryan, la première femme médecin dans le Nord de l’Ontario, s’est établie à Sudbury en 1901.

L’article complet au lien suivant : http://ici.radio-canada.ca/regions/ontario/2016/10/29/001-route11-choses-etonnantes-voir.shtml

Article paru dans Le Régional (2016)

ORIGINE TOPONYMIQUE DE CENT VILLES ET VILLAGES DU NORD ONTARIEN 

Paul-François Sylvestre, écrivain, critique littéraire et chroniqueur historique 

il-etait-une-fois-mon-village_13_juin_couvertureOriginaire de Kapuskasing, Jeannine Ouellette est passionnée par l’histoire des femmes et l’histoire du Nord ontarien. Elle est très active sur les réseaux sociaux et a déjà publié un livre sur Les femmes en milieu minoritaire : liberté d’apprendre autrement. Elle nous offre maintenant Il était une fois mon village, Origines des noms des lieux du Nord de l’Ontario, tome 1.

Ce premier tome couvre 100 villes et villages, offre des faits historiques fascinants, parfois surprenants. Les origines sont présentées selon les lieux nommés en l’honneur de représentants religieux, de politiciens, d’entrepreneurs, de pionniers ou qui font écho à des éléments topographiques et parfois à des origines autochtones ou à des légendes.

Il y a treize toponymes qui ont une origine autochtone, tels que Kapuskasing, Wawa ou Matawa. Douze lieux sont nommés en l’honneur de représentants religieux, notamment Hallébourg, Astorville et Jogues; douze autres rendent hommage à des politiciens, comme Cochrane, Hearst ou Matheson.

Chaque ville ou village a droit à une courte description sur l’origine de son nom, puis une rubrique « Le saviez-vous ? » Prenons Blind River comme exemple. On y précise que l’endroit fut baptisé ainsi par les voyageurs en 1837 « puisque l’embouchure de la rivière devenait visible seulement une fois qu’ils étaient rendus tout près ». Et saviez-vous que Champlain avait inscrit cet endroit sur une carte dès 1632 ? Il a indiqué que les Amérindiens s’y rencontraient sur une base annuelle pour y faire la cueillette des bleuets et des framboises.

Le nom de quelques villages ou villes a parfois une origine unique. C’est le cas, par exemple, de Kenora. Ce toponyme est composé des deux premières lettres de Keewatin, Norman et Rat Portage, des communautés interdépendantes regroupées près du lac des Bois, à la frontière du Manitoba.

Pour chaque rubrique, il aurait été utile d’avoir une toute petite carte du Nord de l’Ontario (grosseur d’un timbre) avec un point ou une étoile indiquant ou se situe l’endroit.

Le deuxième tome (2017) inclura cent autres villes et villages, mais aussi des lacs, rivières et baies. Il pourrait même y avoir un troisième tome sur un autre aspect de l’histoire du Nord, mais l’auteure laisse planer un suspense…

Il n’y a pas à dire que cet ouvrage regorge de faits historiques, géographiques et même anecdotiques. Il constitue un magnifique outil de travail pour quiconque s’intéresse à l’histoire de la province.

Jeannine Ouellette, Il était une fois mon village, Origines des noms des lieux du Nord de l’Ontario, tome 1, Les Productions Triyana, série Les Elles du Nord, 2016, 15 $. http://www.triyana.ca


Publié dans Le Régional (Hamilton), 28 septembre 2016, page 10.

Site de Paul-François Sylvestre : http://www.pfsylvestre.ca/

La route 11

OTF-HORIZ_colour.epsJ’ai de l’amour… pour une route. La route qui m’a vue grandir et qui m’a conduite chez mes grands-parents à la campagne pendant les étés insouciants de mon enfance. Je me souviens des chevaux de grand-père et de leurs crinières qui dansaient au rythme élégant de leurs mouvements. Je me souviens de l’enivrante odeur du pain chaud de grand-mère et des cris de joie qui éclataient de la gorge des cousins et cousines s’amusant aux quatre coins de la terre paternelle. En moins d’une heure de route, nous arrivions dans une sorte de paradis aux parfums de foin, de fleurs et de famille. Le tablier et le collier, la pipe et la moustache, les violons et les guitares, la tablée de cartes pour les adultes, la cuisine d’été pour les enfants. Les dimanches à la campagne goûtaient les fraises des champs et la liberté.

Cette route est aussi celle que j’ai sillonnée d’innombrables fois à l’adolescence à bord d’une Yamaha 650 de couleur rouge passion. Blottie tendrement contre celui qui allait devenir mon partenaire de vie, je ne peux compter le nombre de fois où nous avons dévalé le ruban gris, les yeux rivés sur la route, le coeur fixé sur l’amour et l’avenir. Le vrombissement de la moto résonnait dans nos oreilles et dans nos mollets pendant que les villages se succédaient derrière nos verres fumés et que les mouches noires fouettaient nos corps sans pitié. Nous roulions pour échapper à la monotonie qui s’impose parfois dans les villages isolés au fond des forêts, loin des foules et des aventures citadines. Nous roulions aussi pour découvrir la vie.

Un jour, j’ai tourné le dos à ma « route d’amour ». Je l’ai trouvée ennuyeuse, interminable, contrariante. J’ai refusé de l’emprunter tant son pavé de misère pesait lourd sur mon être qui avait envie de distraction. Pendant un bon moment, elle m’a semblé être la route de nulle part, celle des longueurs, du temps perdu. Des distances à n’en plus finir. Des espaces où les humains ne vivent pas. Des arbres, des arbres, et encore des arbres, quelques maisons, un dépanneur, des poteaux de téléphones, une station d’essence. Et toujours des arbres ! Aligné telle une procession ininterrompue le long des terres du Nord, le cordon de conifères se prolongeait dans l’infini. Hélas, le charme s’était rompu entre elle et moi, et sa grâce d’autrefois me laissait maintenant indifférente.

J’ai tenté de m’y raccrocher en faisant d’elle la route de mon travail, l’utilisant plusieurs fois par semaine pour me déplacer de villes en villages et ainsi y gagner mon pain quotidien. Mais la distance à parcourir sur la route ensevelie par la rigueur des hivers et de ses tempêtes a vite réveillé en moi le désir de la quitter à nouveau.

De nombreuses années sont passées avant que l’envie de retrouver ma route délaissée ne surgisse en moi comme un arbre qui bourgeonne de promesses. Mais cette fois, je l’ai parcourue par les voies de la nostalgie, de l’histoire de ses familles et de la vision d’un peuple porteur de rêves. Mes souvenirs remontaient comme la sève au printemps et tremblaient comme les feuilles sur les branches des arbres qui résistent au vent du Nord. J’ai marché dans les traces de mes ancêtres : ces hommes et ces femmes défricheurs, fondateurs, pionniers.

Cette route, c’est la 11, la route de mon pays, dans le Nord de l’Ontario. Une route d’une telle importance qu’elle relie la province de Barrie à Rainy River, longeant des centaines de villages et de villes dont celle qui m’a vue grandir — Kapuskasing. Je retrouvais la route de mon père et de ma mère. La route de mes premiers pas et de mes humbles éclats. La route de mes repères affectifs et de mes fondements identitaires.

Ma route. Longue de ses 1 780 kilomètres, dont 993 défilent dans le secteur Nord, elle est la deuxième plus longue route de l’Ontario. Sa gloire ! Bordée d’épinettes et de pins, transcanadienne par moments, ma route se rattache à d’autres routes et s’en détache le long de son parcours nord-sud tout en révélant une histoire riche en rebondissements, en résilience et en réussites depuis la fin du 19e siècle.

J’ai découvert que la route 11 voyageait en moi. J’ai compris que même si je ne vivais plus depuis longtemps le long de cette route, je demeurais son enfant. J’ai senti que le lien tissé entre elle et moi était aussi profond et mystérieux que le bouclier canadien et la forêt boréale qu’elle traverse.

Et quand je me suis mise à raconter cette route, je n’ai pu m’arrêter. De visages en villages, l’histoire de mon coin de pays s’écrivait au rythme des archives dépouillées, des souvenirs partagés, des anecdotes racontées, et surtout, à la lumière du dépassement de soi de celles et de ceux qui avaient peuplé le Nouvel-Ontario, l’Ontario-Nord et le Nord-Ouest ontarien depuis le début de la Grande Aventure que fut la colonisation.

Je me promène sur la route 11 avec la ville modèle du Nord tatouée sur le coeur. Je fouille les fonds de tiroirs et je creuse la mémoire des gens qui, comme moi, ont vécu cette route, et d’autres qui y vivent toujours. Ensemble, nous nous rappelons la petite et grande histoire d’un coin du monde né le long de la voie ferrée, dans les mines et les usines, au coeur des cuisines et des chantiers, au beau milieu des arbres.

Je refais le formidable trajet du chemin le plus fréquenté de ma mémoire, celui d’une petite fille, d’une famille, d’un peuple. Oui, chère route 11, je peux te le confier — « il y a longtemps que je t’aime, jamais je ne t’oublierai »… — Jeannine Ouellette

Le texte « La route 11 » fut publié au préalable dans un ouvrage collectif intitulé « Écrire pour se raconter III » publié en juin 2016 aux Éditions David. « Écrire pour se raconter » est un concours de création littéraire destiné au public adulte de l’Ontario français. Je remercie chaleureusement les Éditions David d’avoir inclus mon texte La route 11 dans leur recueil 2016 dont le thème était « Racontez un amour inoubliable !». Je les remercie également de m’avoir accordé la permission de reproduire le texte sur mon blogue. 

Jeannine Ouellette, auteure du projet Les Elles du Nord, native de Kapuskasing

Rose Viel

Militante pour la francophonie et les femmes, bénévole d’exception

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Native de Blind River, Rose Viel a grandi au coeur d’une grande famille francophone aux abords de la rive nord du lac Huron avec ses cinq frères et soeurs.

Diplômée de l’école secondaire Jeunesse-Nord de Blind River, elle a poursuivi des études en sciences infirmières au Collège Canadore de North Bay et des études en éducation des petits au Collège Cambrian à Sudbury.

Dès l’adolescence, Rose s’est sentie interpeller par le bénévolat au sein de son école secondaire et de sa communauté avec le Club Richelieu, la Paroisse Ste-Famille et l’École St-Joseph.

Après un séjour sur le marché du travail, elle a effectué un retour aux études, cette fois en administration au Collège Boréal. C’est à cette époque qu’elle s’engage de manière encore plus active dans les dossiers francophones, d’abord à titre de présidente du Conseil des apprenants du campus d’Elliot Lake.

En 1998, Rose accepte un poste offert au sein du programme de jeune stagiaire de FedNor par l’Association des francophones du Nord-Ouest de l’Ontario (AFNOO) où elle oeuvra à titre d’adjointe pendant 7 ans. Depuis près de 18 ans maintenant, Rose laisse sa marque dans les organismes francophones de Thunder Bay.

static1.squarespaceElle fut présidente du Club canadien-français de Thunder Bay de 1999 à 2007. Ce Club, créé en 1965, a comme objectif principal de promouvoir l’épanouissement social, culturel et communautaire de ses membres — des valeurs qui correspondent entièrement aux engagements de Rose depuis sa jeunesse.

Rose est également membre fondatrice de la Coopérative du regroupement des organismes francophones de Thunder Bay Inc et siège à son conseil d’administration. Le ROFTB Inc. est une coopérative à partenaires multiples qui compte sept (7) organismes francophones de Thunder Bay réunis sous un même toit. Son engagement auprès de la Coopérative fut reconnu par le gouvernement de l’Ontario en 2012, année où elle fut récipiendaire de la Distinction de l’Ontario soulignant une décennie de bénévolat assidu auprès de l’organisme.

Centr'Elles logoDepuis 2005, Rose est impliquée auprès de Centr’Elles, le Centre des femmes francophones du Nord-Ouest de l’Ontario. Elle est présentement la directrice générale de Centr’Elles, le seul organisme francophone qui oeuvre dans le domaine de la violence faite aux femmes dans cette région du Nord de l’Ontario.

Parmi ses nombreuses activités de planification et de résautage, Rose participe à des comités et conseils d’administration à l’échelle locale et provinciale. Elle siège également au conseil d’administration du Centre ontarien de prévention des agressions (COPA) depuis une décennie et occupe le poste de présidente depuis plus de six ans. Le COPA est un organisme provincial francophone à but non lucratif qui a pour mandat de prévenir les agressions faites aux enfants et de promouvoir un changement positif dans la société et dans la vie des femmes.

Mais son engagement ne se termine pas là puisque Rose siège aussi au conseil d’administration de l’Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF), un organisme dont le mandat est de travailler à la prévention de la violence, à la formation continue des intervenantes et des directions, au démarchage en vue de mettre en place de services en français, à l’analyse des enjeux et à la réalisation de matériel éducatif et de sensibilisation en français.

On pourrait certainement dire que les droits des femmes et les droits des francophones sont la signature du dévouement de Rose Viel. Infatiguable et déterminée, elle oeuvre au sein de la communauté de Thunder Bay toujours avec le souci d’améliorer la qualité de vie des femmes et de la communauté francophone en fournissant, entre autres, des occasions de rassemblement et de développement. Le Franco-Festival de Thunder Bay, le Centre Grandir en français, l’AFNOO et le Novocentre sont quelques-uns des organismes qui ont pu compter sur son savoir, son savoir-faire et son savoir-être.

Réf. Le Chaînon, vol. 30, no 4, automne 2012, p. 39; ccftb.ca; afnoo.org; infocopa.com; aocvf.ca; textes de R. Viel

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Ma mère disait toujours…

unnamed.pngLa langue française est merveilleusement colorée ! Il y a des expressions bien connues que l’on retrouve dans la grande majorité des familles canadiennes-françaises et qui proviennent de nos ancêtres (avoir la couenne dure, venter à écorner des boeufs, se tirer une bûche), mais chaque famille développe aussi son propre patrimoine d’expressions.

Dans cette rubrique, je présenterai des expressions qui sont propres au patrimoine des familles de «chez nous», des expressions hors du commun ou moins bien connues outre que par les membres d’une famille, d’un clan ou d’un village. Si vous voulez partager une expression de votre famille, écrivez-moi à elles@triyana.ca. Il s’agit tout simplement de partager une expression en donnant aussi sa signfication afin que je puisse l’ajouter à la liste. Au plaisir de vous lire !

#1 TI-PHONSE VIENT DE JOMPER

Chantal raconte que pendant son enfance, une de ses tantes était standardiste chez Bell. Au travail, la tante de Chantal avait entendu une femme raconter sur une ligne partagée (party line) que Ti-Phonse venait de jomper en parlant de son mari Alphonse qui venait de décéder. La famille de Chantal a récupéré cette expression et l’utilise dans le contexte où quelque chose vient de briser ou ne fonctionne plus. Par exemple, si la laveuse brise ou si une soucoupe se fracasse au plancher, la famille dit : Ti-Phonse vient de jomper (en parlant de la laveuse ou de la soucoupe) !

#2 MA JOSÉPHINE !

Christine se souvient que lorsqu’elle était enfant et qu’elle se faisait prendre à faire quelque chose de «pas correct» (un petit peu espiègle)sa memére lui disait affectueusement : Qu’est-ce que tu fais-là ma Joséphine ?  Était-ce en lien avec la Joséphine de Bonaparte ? Christine n’en sait rien, mais elle se souvient de ces paroles prononcées par sa grand-mère dans le Nord de l’Ontario ! Après tout, Joséphine, née dans une grande propriété de la Martinique, est arrivée en métropole grâce à son mariage avec Alexandre de Beauharnais, une figure de la Révolution française… 🙂  Rebelle, la petite Christine ?

NOTE : Sandrina, qui est d’origine belge, nous raconte qu’en Belgique, une «Joséphine» est remplacée par une «Julie». Elle n’en connait pas plus la raison du choix de ce prénom, mais se souvient en avoir été très souvent affublée par sa mère lorsque qu’elle faisait une bêtise, une mauvaise action ou une farce !

#3 LES FESSES PINCÉES, LES BECS PINCÉS

Clothilde se souvient que les gens de son village natal (Verner) se faisaient appeler «la gang aux p’tits robbeurs» (mot provenant de l’anglais rubber faisant référence aux bottes de caoutchou). Elle raconte qu’à Verner, les sobriquets étaient très populaires : Ti-Noir, Ti-Pit, La Noire, La Jaune, La B’lette, La Jument, Ti-Coq, Ti- Nours, Le Rat, etc. Les religieuses se faisaient appeler Les Capines, alors que les prétentieux étaient nommés Les Fesses Pincées et les les scrupuleux étaient rien de moins que Les Becs Pincés ! Verner – village au langage vivant !

#4 COMME DES CRAPAUDS SUR UNE MOTTE

Diane se souvient que lorsque les enfants traînaient de la patte pour terminer leurs corvées à la maison, son père, qui trouvait que les enfants ne «sautaient» pas assez vite à son goût, leur disait : «Restez pas là comme des crapauds sur une motte !».  Et allez hop, les enfants se remettaient à la tâche. Mais saviez-vous qu’avant de passer à l’action ou de s’engager sur une voie nouvelle, le cher crapaud, attentif et immobile, écoute en silence… Peut-être bien que Diane et ses frères et soeurs étaient tout simplement à l’écoute… 🙂

#5  IL EST ARRIVÉ AVEC LES GROS CHARS

Raymonde nous raconte que sa famille du Nord ontarien utilisait cette expression dans deux contextes : 1) soit pour décrire une personne qui était arrivée en même temps que le chemin de fer dans un village, ou encore, 2) en parlant d’une personne qui avait voyagé par train plutôt que par voiture. Plusieurs de nos ancêtres et pionniers sont donc arrivés avec les gros chars dans les deux sens du mot ! Au début de la colonisation, ils sont venus construire le chemin de fer et, par la suite, les familles fondatrices sont arrivées majoritairement par train, car les voitures n’étaient pas monnaie courante dans toutes les familles à l’époque !

#6 SI TU NE VOIS PAS UNE RISÉE, TU NE VOIS PAS GRAND CHOSE

Diane raconte que sa mère disait toujours : «Si tu ne vois pas une risée, tu ne vois pas grand chose !». D’ailleurs, Diane est convaincue que cette phrase maternelle est à l’origine de l’excellent sens de l’humour des membres de sa famille. Elle avoue que parfois, elle riait jaune, mais le message passait et les enfants retenaient la leçon de ne pas trop se prendre au sérieux. On pourrait dire que l’éclat de rire dépoussière une situation et permet de voir plus clair, non ?

#7 Y’A PAS MARIÉ LES GROS CHARS

Dans le village où Raymonde a grandi, les gens utlisaient l’expression «Y’a pas marié les gros chars» pour attirer l’attention sur le fait que quelqu’un avait choisi comme époux ou épouse une personne pas très débrouillarde, peu astucieuse, et en toute apparence, pas intelligente. Cette expression péjorative provenait peut-être du fait qu’un gros char était plus fiable qu’une petite bagnole. Dans le temps, un gros char était signe de réussite et montrait qu’on était «quelqu’un».

#8 BAYOCHE MAYOCHE OU VAYOCHE ?

De botte de foin à balle de foin, en passant par melon de foin (lorsque sa forme est circulaire), les agriculteurs ont plusieurs mots pour désigner ces amoncellements dorés qui garnissent nos campagnes à certains temps de l’année. Dans certaines familles, on utilisait le mot bayoche pour désigner les bottes de foin, alors que dans d’autres, on disait plutôt mayoche ou vayoche. D’où proviennent toutes ces variantes ? Eh bien, le mot vayoche serait, en fait, une déformation du mot «veilloche». En agriculture, la veilloche est une meule de foin laissée temporairement dans un pré. D’ailleurs, l’auteur Louis Hémon utilise le mot veilloche dans son roman Maria Chapdelaine (1916) pour désigner «un petit tas de foin». Bayoye et mayoche seraient donc des variantes de prononciation de ce mot.

Un beau merci à J.A. pour ses recherches ! Réf. http://www.cnrtl.fr/definition/veilloche

#9 FUME ENCORE UN PEU !

La pipe dans la poche de chemise ou le paquet de cigarettes au bout des doigts, nos ancêtres ont «fait bien de la boucanne» dans nos rencontres de famille ! L’expression «fume encore un peu» se rapporte directement à cette époque où une bonne majorité de gens était des fumeurs. Hélène raconte que  lorsqu’un visiteur s’apprêtait à partir à la fin d’une soirée ou d’une après-midi agréable, sa mère, dans l’espoir de retenir l’invité un peu plus longtemps, lui disait : fume encore un peu ! Quand les enfants entendaient cette phrase prononcée par leur mère, ils savaient qu’elle était en très bonne compagnie et qu’elle voulait prolonger son bonheur encore un petit peu… 🙂

#10 LE TEMPS SE GRAISSE

Cette expression très imagée est reliée à la température. On s’en sert pour parler du temps qu’il fait, en particulier, le mauvais temps qui approche. Raymonde raconte que dans sa famille, on dit que le temps se graisse lorsque de gros nuages de pluie se forment et qu’une tempête se dessine dans le ciel. Jolie expression, n’est-ce pas ? Et la métaphore est juste puisqu’à la venue de la tempête, le ciel n’est plus clair (ciel couvert par une couche de nuages) et l’air s’épaissit avant l’orage.

#11 FAIRE LE SAMEDI

Monique raconte que le samedi était jour de grand ménage dans sa famille quand elle était jeune. Toute la famille s’y mettait pour faire un gros ménage de haut en bas. Leur maman appelait ça «faire le samedi». Toutefois, si pour une raison quelconque, ils devaient faire le ménage un autre jour tel que le vendredi, par exemple, ça s’appelait quand même «faire le samedi» ! Et vous, quel jour de la semaine faites-vous votre samedi ?

#12 FAIS PAS TA MARICHETTE !

Armande se souvient que sa mère disait souvent : pèse sur ton torchon, fais pas ta marichette ! Cette phrase voulait dire qu’il fallait nettoyer à fond en pesant bien sur son torchon. J’ai cherché d’où pouvait bien provenir cette expression, mais la seule «marichette» que j’ai trouvée est celle-ci : l’Acadienne Émilie LeBlanc (1863-1935) fut connue sous le pseudonyme de « Marichette ». Elle est devenue célèbre grâce à ses lettres publiées dans le journal L’Évangéline de Weymouth entre 1895 et 1898 dans lesquelles elle exigeait le droit de votes pour les femmes et l’égalité. Et vous, connaissez-vous une autre origine pour le mot marichette ? Si oui, partagez avec nous !

#13 LE SOLEIL SE COUCHE DANS L’EAU

Dans la famille de Raymonde, cette jolie expression fort poétique est utilisée en parlant du soleil au moment où il commence à se coucher dans un ciel sans nuages. Donc, à mesure qu’il descend ou « se couche » il disparaît dans les nuages à l’horizon, comme s’il se couchait dans l’eau. Joliment dit, n’est-ce pas ?

#14 OÙ EST-CE QU’ON VA METTRE LA CROIX ?

Fleur-Ange se souvient que sa famille utilisait l’epxression «Où est-ce qu’on va mettre la croix?» Cette phrase était utilisée pour marquer un étonnement quand des gens venaient leur rendre visite pour la première fois. Je n’ai pas trouvé l’origine de cette expression, mais Fleur-Ange suggère qu’elle a peut-être un lien aux explorateurs d’autrefois. Il est vrai que Jacques Cartier et autres explorateurs plantaient une croix pour marque leur arrivée/présence à un nouvel endroit. Intéressant…

#15 CHU PAS CAPABLE, C’EST PAS CANADIEN

Avant-même que Fleur-Ange soit d’âge à fréquenter l’école, elle se souvient que sa mère disait cette phrase dans un contexte où quelqu’un se croyait incapable d’accomplir une tâche. C’est une expression qui a été utilisée dans beaucoup de familles canadiennes-françaises. Pourrions-nous penser qu’elle vient du fait que nos ancêtres ont dû «trimer dur» pour s’établir dans la Nouvelle-France d’autrefois ? Le mot incapable ne figurait pas à leur vocabulaire de défricheur-fondateur…

#16 UN SÉRAPHIN (DANS LA CUISINE)

Raymonde nous raconte que dans certaines familles du Nord de l’Ontario, on appelle «séraphin» un instrument de cuisine utilisé pour racler le fond des récipients ou pour mélager la pâte (une spatule). D’où vient le nom séraphin dans ce contexte ? Est-ce qu’il y a un lien avec l’avare Séraphin Poudrier, le personnage du roman Un homme et son péché? Un Séraphin qui grattait ses «cennes» et un séraphin qui gratte le fond du bol… C’est possible !

#17 R’VIRER DANS SA BOUGRINE ! 

Vous connaissez probablement l’expression «virer son capot d’bord» (ou vire-capot). Un vire-capot est une personne qui change d’idées, de croyances ou d’allégeance, donc il retourne sa veste (un capot étant un paletot). Habituellement, un vire-capot agit par intérêt personnel, au détriment de la cause qu’il défendait. En parlant d’une personne vire-capot, la famille d’Hélène dans le Nord de l’Ontario disait aussi qu’elle avait «r’virer dans sa bougrine». Bougrine est un mot qui a disparu de la langue française et qui signifie veste doublée.

#18 VIRE-VENT VIRE-POCHE 

Hélène nous dit que dans sa famille, une personne qui changeait souvent d’idée se faisait appellée un «vire-vent vire-poche». On voit bien l’image du vire-vent (la girouette qui change de bord à tous moments, à tous vents), mais le vire-poche ferait allusion à quoi selon vous ? Si vous avez une idée, faites-moi signe !

#19 IL EST BIEN BLOOD

Jeannine se souvient d’avoir entendu sa mère utiliser l’expression «il  est bien blood», en faisant référence à une personne qui était généreuse. Dans le même ordre d’idée, elle disait aussi qu’une personne n’était pas «regardante» lorsqu’elle n’était avare ni de son temps, ni de son argent. Peut-être que l’expression «être blood» trouve son sens dans le don du sang (blood, en anglais). Une personne qui donne son sang est généreuse et le sens s’est peut-être généralisé à la générosité dans d’autres contextes. Entéka, il vaut mieux être blood que cheap!

Mélanie Smits

Enseignante en construction identitaire autochtone, formatrice en art et culture autochtones, musicienne et chanteuse en langues anishnabes

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Mélanie Smits via YouTube (Fier et Métissé, L’Écho d’un peuple)

«Il y en a qui m’appelle une Amérindienne. D’autres qui m’appellent une Autochtone. Mais moi, ce qui me fait vraiment plaisir, c’est quand on m’appelle par mon vrai nom. Je suis une Anishnabe

— Mélanie Smits dans Fier et Métissé, L’Écho d’un peuple

Mélanie Smits est née à Sudbury en 1989. Elle a grandi à Sudbury et dans la région de Nipissing, le lieu d’origine de sa famille. Ancienne étudiante du Collège Notre-Dame, Mélanie a complété des études postsecondaires à l’Université Laurentienne et à l’Université Western. Enseignante de formation, elle a un baccalauréat en éducation spécialisé en sciences religieuses et en études autochtones et une maîtrise en éducation spécialisée en leadership autochtone. De plus, Mélanie a suivi un programme de leadership pour femmes autochtones au Coady International Institute (St. Francis Xavier University).

De 2012 à 2016, Mélanie fut responsable du dossier Autochtone (Premières Nations, Métis et Inuit) au Conseil scolaire catholique du Nouvel-Ontario (CSCNO) à Sudbury. Elle y gérait un programme au service des élèves de la maternelle à la 12e année. Parmi ses responsabilités figuraient le développement et la mise en oeuvre des programmes et services qui favorisent la réussite académique et la construction identitaire des élèves autochtones fréquentant les écoles du CSCNO.

Parmi ses activités au CSCNO, Mélanie a sensibilisé et formé les membres du personnel scolaire sur l’histoire, la culture et les perspectives des différentes nations autochtones. Elle a également développé des stratégies pour mieux répondre aux besoins des élèves autochtones sur l’ensemble du territoire desservi par le Conseil, en plus d’organiser des activités culturelles et d’appuyer l’établissement de partenariats avec des organismes et services communautaires.

Son implication auprès des jeunes Autochtones fait partie de sa vie depuis plusieurs années En 2011, elle a créé et coordonné le Camp de transition Autochtone au Collège Boréal. Parmi les ateliers offerts au Camp, on retrouvait des thèmes tels que la roue de la médecine, les sept enseignements sacrés, les enseignements de la tortue et les cérémonies traditionnelles. En plus de coordonner le programme, Mélanie offrait des formations sur la signification et la fabrication des capteurs de rêves et des bâtons de parole. En 2010, Mélanie fut également coordonnatrice du programme d’été pour les jeunes au sein de la Nation Métisse de l’Ontario.

En 2011, Mélanie a reçu l’Épée de Loyola. Ce prix est la plus prestigieuse distinction décernée par l’Université de Sudbury. Mélanie est la première descendante métisse à recevoir ce prix. Pendant son séjour à l’Université de Sudbury, elle était la représentante autochtone au Conseil étudiant de l’Association des étudiants francophones (l’AEF), ainsi que la représentante des étudiants Métis au conseil Indigenous Students Circle. Elle a aussi participé à l’équipe de révision du programme des Études amérindiennes et au comité d’embauche du département des Sciences religieuses. L’Épée de Loyola reconnaît son leadership exemplaire et ses remarquables qualités de leader.

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Mélanie Smits via http://www.naho.ca

Mélanie fut Réserviste d’infanterie au sein du 2e Régiment irlandais du Canada de 2007 à 2012. Bénévole au sein des nombreuses causes qui lui tiennent à coeur, elle fut décorée de la médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II pour ses engagements. Depuis 2012, Mélanie fait également fièrement partie du Programme national des modèles autochtones.

13782105_307487936257243_9005697483405899760_nAujourd’hui, Mélanie marche dans les pas de ses ancêtres et transmet son savoir, son savoir-faire et son savoir-être aux enfants de sa famille élargie et de la communauté sudburoise, nipissingue et ontaroise.

Elle fait partie du quatuor Le Cercle Métissé — un quatuor d’artistes des Premières Nations et Métis franco-ontariens qui offre la richesse de la culture par l’entremise des chansons traditionnelles, légendes et traditions. Ce quatuor se produit au Canada et a aussi fait une tournée en France.

Le message que Mélanie tient à partager est que le « sang mêlé » (le métissage) est un cadeau identitaire, une force pour l’évolution de la personne métisse, des Premières Nations et de la société en général. Dans tout ce qu’elle entreprend, elle se laisse porter par la sagesse de ses grands-mères qui lui ont enseigné l’amour des gens, l’amour de la nature et l’amour de la Terre Mère.

En septembre 2016, Mélanie entreprend une nouvelle aventure. Elle retourne dans la région du Nipissing, cette fois au service du Conseil scolaire catholique Franco-Nord dans un rôle de conseillère pédagogique en éducation autochtone. Fière Métisse et fière Franco-Ontarienne, Mélanie poursuit son œuvre dans les Pays d’en haut…

NOTE : L’Épée de Loyola est le prix le plus prestigieux décerné par l’Université de Sudbury.  Il fut crée par le Conseil des Régents en 1966 pour reconnaître chaque année les mérites du finissant ou de la finissante qui entre tous et toutes, s’est rendu(e) remarquable par la distinction de ses études, par ses qualités de chef, et par sa sollicitude pour les autres. Le prix est inspiré par la vie de St-Ignace de Loyola, chevalier espagnol qui est converti au christianisme en 1521.  En abandonnant son épée, il fonda la communauté des Jésuites qui a pour but le service à l’humanité.

Réf. http://melaniesmits.weebly.com/prix.html; Monologue créé pour les spectacles L’écho d’un peuple fier et métissé; profil de Mélanie Smits sur LinkedIn; http://www.naho.ca; http://www.usudbury.ca/fr/archives-2015/508-deux-camps-d-exploration-a-l-universite-de-sudbury

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Fleurette Robillard, sasv

Religieuse, enseignante, directrice scolaire, directrice de camps d’été pour jeunes

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Sr Fleurette Robillard, sasv yourlifemoments.ca

Née à Timmins en 1921, Fleurette Robillard est la fille aînée de Jean-Baptiste Robillard, originaire de Thurso au Québec et d’Anna Valiquette.

Animée par sa foi et un dynamisme passionné pour la vie, Sr Fleurette a tracé un chemin de lumière partout où elle est passée.

Élevés par des parents pieux, Fleurette et ses frères et sœurs (famille de 7 enfants) apprirent à aimer leur prochain et à se dévouer à Marie. L’enfant Fleurette fréquenta l’école primaire sous l’égide de la Congrégation des Sœurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge (SASV), ainsi que l’Académie Sainte-Marie à Hailebury où sa dévotion mariale fut bien alimentée. Pour la jeune Fleurette, il allait de soi qu’elle se ferait religieuse dès la fin de ses études secondaires. Elle est devenue Soeur St-Jean-du-Calvaire au sein de la Congrégation des Soeurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge (SASV) en 1944.

Par la suite, Sr Fleurette a consacré sa vie à la transmission de l’amour de Marie et oeuvra particulièrement auprès de la jeunesse franco-ontarienne et québécoise. Elle fut enseignante à North Bay et directrice à l’école élémentaire de Haileybury. Créative et dynamique, elle a fait sa marque auprès des jeunes en les appuyant dans le développement et la mise en valeur de leurs qualités de leadership.

En 1957, elle fut nommée responsable diocésaine de la Croisade eucharistique et commença dès lors à organiser des camps d’été pour les jeunes. D’abord connu sous le nom de camp «Baie de l’Orignal» dans le Témiscamingue québécois, le camp prit le nom de Camp Fatima sous la direction de Sr Fleurette. En Ontario, le camp portait le nom de «Mond’Ami» et était situé face au lac Gillies, au sud de Cobalt.

Ses nombreux camps d’été ont réuni plusieurs centaines de jeunes qui, au fil des décennies, ont appris à se développer tant au niveau spirituel qu’organisationnel. À ses côtés, garçons et filles apprivoisaient l’autonomie et nourrissaient leurs habiletés de futurs chefs de société.

Malgré des moyens financiers limités, Sr Fleurette trouvait d’année en année tout ce qui lui fallait pour entretenir les chalets au camp, nourrir les centaines de jeunes qui participaient au programme, superviser les équipes de moniteurs et monitrices, ainsi que gérer les relations avec les bienfaiteurs de son programme jeunesse. Certains diront qu’elle avait un pouvoir de persuasion impressionnant et une détermination sans faille ! Au coeur de tous ses gestes, la charité apostolique de sa congrégation religieuse brillait comme une étoile dans le ciel.

Parmi les nombreuses réalisations de Sr Fleurette, on retrouve son implication dans l’équipe de l’Accueil Ste-Marie, un centre de ressourcement spirituel. Elle avait également à cœur de faciliter l’accès à de la documentation pédagogique variée qu’elle mettait au service de sa communauté religieuse et des écoles. Sr Fleurette a aussi organisé des nombreuses activités visant à faire découvrir d’autres pays et d’autres cultures à sa communauté religieuse.

Femme de grande foi, Sr Fleurette a toujours conservé sa joie de vivre, son sens de la communauté, sa spiritualité d’espérance. Elle fut, pour plusieurs, un exemple de courage, de ténacité, d’audace et d’endurance. Son sens irréprochable du devoir et du respect des autres fut un enseignement en soi. Sr Fleurette (Soeur Saint-Jean-du-Calvaire) est décédée en 2012.

Marcheuses à l'étoileNOTE HISTORIQUE : L’oeuvre des SASV à North Bay prit racine en 1920 alors que les religieuses ont répondu à la demande d’enseigner aux enfants canadiens-français de North Bay. À cette époque, on ne comptait que deux écoles séparées où les enfant anglophones et francophones se partagaient les classes (l’école Sainte-Marie et l’école Saint-Joseph). En 1925, étant donné le nombre grandissant d’élèves, le conseil scolaire fit construire l’école Saint-Vincent-de-Paul, première école exclusivement réservées aux Canadiens-Français de North Bay. (Réf. Tremblay, Claire, S.A.S.V., «Marcheuses à l’étoile : les Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge en Ontario, 1910-1997», 1999, pp.295-296.)

Références pour la rédaction du profil : un texte préparé par Sr Alice Ayotte et ses compagnes de la Congrégation des Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge (juin 2012); des souvenirs partagés par Michelle Deshaies; un ouvrage rédigé par Sr Claire Tremblay, S.A.S.V., «Marcheuses à l’étoile : les Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge en Ontario, 1910-1997», 1999; une notice nécrologique publiée sur le site www.mcguintyfuneralhome.com. Photo : yourlifemoments.ca

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part. Je remercie tout particulièrement et très chaleureusement Michelle Deshais pour ses recherches et le partage de ses souvenirs de Sr Fleurette Robillard.

Les Soeurs de Sainte-Croix à Gogama

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Jubilé d’or de Sr Marie Wenceslas, supérieure fondatrice à Gogama. De g. à d. Cécile Nadeau (enseignante), sa mère  Yvonne, Sr Marie Anne-Lucie, Sr Marie Wenceslas.

 

« Enfin les mots sont impuissants à traduire ce que nous avons vécu à l’occasion de cette rencontre. Si nous nous sommes données durant trente années, nous avons aussi beaucoup reçu de ces gens simples mais vrais, capables de dévouement et de générosité, de solidarité, de gratitude et de partage. » — Soeur Berthe Lefebvre, c.s.c, au moment de la retraite des Soeurs de Sainte-Croix de Gogama, 1988

De nombreuses congrégations religieuses ont participé au développement de l’Ontario français, dont la Congrégation des Soeurs de Sainte-Croix. Cette congrégation a oeuvré dans plusieurs villes incluant Lafontaine, Cornwall, Penetanguishene, Ottawa, Barrie et plusieurs autres. Dans le Nord de l’Ontario, plus particulièrement à Gogama, les Soeurs de Sainte-Croix ont été présentes pendant 30 ans, de 1958 à 1988.

Il faut dire que les religieuses étaient fort attendues à Gogama, puisque les curés de la mission solicitaient leur présence depuis 1935. Celles-ci arrivèrent en 1958 sous la direction de  la supérieure Soeur Wenceslas (Mary O’Connor) et trois religieuses : Soeur Anne-Lucie (Lucie Charest), Soeur Paul-Bernard (Thérèse Quesnelle) et Soeur Lucien-René (Irène Dauphin).

Gogama est l’un des 22 districts de forêts de l’Ontario. Au moment de l’arrivée des religieuses de Sainte-Croix dans ce district en 1958, la population catholique locale se chiffrait à 582 personnes. Pourtant, if fut un temps où 4 000 habitants avaient élu résidence à Gogama entre les années 1917 et 1941 ! Les soeurs ont été accueillies avec grand enthousiasme par le curé Georges-Aimé Mathieu et ses paroissiens, mais plusieurs défis les attendaient !

Les soeurs ont d’abord habité au presbytère, puis elles ont aménagé dans des locaux de l’école : chambres, chapelle, salle à manger et bureau devaient être rapidement organisés, mais les soeurs n’avaient aucune possession matérielle outre leur petite malette individuelle. Elles s’y installèrent tant bien que mal, même si les locaux présentaient de nombreux inconvénients. Les quatre soeurs  fondatrices ont fait montre de courage !

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École Notre-Dame-du-Rosaire à Gogama en 1950. Les locaux des religieuses étaient situés aux deux extrémités.

Dès septembre, les religieuses enseignaient à 137 élèves, répartis en 5 classes. En quelques mois, le progrès des élèves était évident et les parents étaient remplis de reconnaissance pour la congrégation. De plus, une fois par semaine, une religieuse se déplaçait de Foleyet pour venir enseigner le piano aux enfants de Gogama. Sr Madeleine-Cécile (Madeleine Villeneuve) clôturait les cours de musique avec un récital au plus grand bonheur des familles.

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Les soeurs ont enseigné et exercé leur apostolat, non seulement à Gogama, mais dans quelques villes avoisinantes (catéchèse, préparation à la première Communion et à la Confirmation). À la fin des années 60, les religieuses sont retournées vivre au presbytère alors que le curé prit résidence dans une roulotte.

Tout au long de leur mission à Gogama, les soeurs ont su profiter de la magnifique région — les lacs, les randonnées en nature, le patin sur glace, le Carnaval d’hiver, etc. Lorsque les températures étaient trop froides, les religieuses faisaient du  patin à roulettes !

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Au cours des années 1970, la présence laïque se faisant plus grande dans les écoles, la présence des soeurs se faisait de plus en plus discrète. Elles étaient vieillissantes et la relève n’était pas au rendez-vous, si bien qu’en juin 1988, la Congrégation des Soeurs de Sainte-Croix se retira complètement de Gogama. C’était la fin d’une époque…

Screen Shot 2016-03-31 at 10.36.35 AMÀ l’automne 1988, une grande fête de gratitude fut organisée pour les religieuses et une plaque-souvenir où figurent les noms de toutes les religieuses fut dévoilée. Elles ont laissé leur marque dans le coeur des parroissiens et dans le développement de la communauté reconnaissante. Heureusement, Sr Hélène Bériault, csc, a raconté la fabuleuse histoire de l’oeuvre des Soeurs de Sainte-Croix en Ontario français dans un ouvrage publié en 1989.

NOTE : J’aimerais remercier très chaleureusement Gerry Talbot, le directeur du Musée héritage de Gogama pour sa précieuse collaboration. Grâce à sa générosité, j’ai pu rédiger ce profil de la présence des Soeurs de Sainte-Croix à Gogama. M. Talbot a fourni des documents, des photos et des souvenirs pour la rédaction du profil. Merci ! 

Références : La Montée avec les Franco-Ontariens écrit par Hélène Bériault, c.s.c, 1989; Gerry Talbot, directeur du Musée héritage de Gogama http://www.gogama.ca/museum.html

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