Mélanie Smits

Enseignante en construction identitaire autochtone, formatrice en art et culture autochtones, musicienne et chanteuse en langues anishnabes

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Mélanie Smits via YouTube (Fier et Métissé, L’Écho d’un peuple)

«Il y en a qui m’appelle une Amérindienne. D’autres qui m’appellent une Autochtone. Mais moi, ce qui me fait vraiment plaisir, c’est quand on m’appelle par mon vrai nom. Je suis une Anishnabe

— Mélanie Smits dans Fier et Métissé, L’Écho d’un peuple

Mélanie Smits est née à Sudbury en 1989. Elle a grandi à Sudbury et dans la région de Nipissing, le lieu d’origine de sa famille. Ancienne étudiante du Collège Notre-Dame, Mélanie a complété des études postsecondaires à l’Université Laurentienne et à l’Université Western. Enseignante de formation, elle a un baccalauréat en éducation spécialisé en sciences religieuses et en études autochtones et une maîtrise en éducation spécialisée en leadership autochtone. De plus, Mélanie a suivi un programme de leadership pour femmes autochtones au Coady International Institute (St. Francis Xavier University).

De 2012 à 2016, Mélanie fut responsable du dossier Autochtone (Premières Nations, Métis et Inuit) au Conseil scolaire catholique du Nouvel-Ontario (CSCNO) à Sudbury. Elle y gérait un programme au service des élèves de la maternelle à la 12e année. Parmi ses responsabilités figuraient le développement et la mise en oeuvre des programmes et services qui favorisent la réussite académique et la construction identitaire des élèves autochtones fréquentant les écoles du CSCNO.

Parmi ses activités au CSCNO, Mélanie a sensibilisé et formé les membres du personnel scolaire sur l’histoire, la culture et les perspectives des différentes nations autochtones. Elle a également développé des stratégies pour mieux répondre aux besoins des élèves autochtones sur l’ensemble du territoire desservi par le Conseil, en plus d’organiser des activités culturelles et d’appuyer l’établissement de partenariats avec des organismes et services communautaires.

Son implication auprès des jeunes Autochtones fait partie de sa vie depuis plusieurs années En 2011, elle a créé et coordonné le Camp de transition Autochtone au Collège Boréal. Parmi les ateliers offerts au Camp, on retrouvait des thèmes tels que la roue de la médecine, les sept enseignements sacrés, les enseignements de la tortue et les cérémonies traditionnelles. En plus de coordonner le programme, Mélanie offrait des formations sur la signification et la fabrication des capteurs de rêves et des bâtons de parole. En 2010, Mélanie fut également coordonnatrice du programme d’été pour les jeunes au sein de la Nation Métisse de l’Ontario.

En 2011, Mélanie a reçu l’Épée de Loyola. Ce prix est la plus prestigieuse distinction décernée par l’Université de Sudbury. Mélanie est la première descendante métisse à recevoir ce prix. Pendant son séjour à l’Université de Sudbury, elle était la représentante autochtone au Conseil étudiant de l’Association des étudiants francophones (l’AEF), ainsi que la représentante des étudiants Métis au conseil Indigenous Students Circle. Elle a aussi participé à l’équipe de révision du programme des Études amérindiennes et au comité d’embauche du département des Sciences religieuses. L’Épée de Loyola reconnaît son leadership exemplaire et ses remarquables qualités de leader.

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Mélanie Smits via http://www.naho.ca

Mélanie fut Réserviste d’infanterie au sein du 2e Régiment irlandais du Canada de 2007 à 2012. Bénévole au sein des nombreuses causes qui lui tiennent à coeur, elle fut décorée de la médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II pour ses engagements. Depuis 2012, Mélanie fait également fièrement partie du Programme national des modèles autochtones.

13782105_307487936257243_9005697483405899760_nAujourd’hui, Mélanie marche dans les pas de ses ancêtres et transmet son savoir, son savoir-faire et son savoir-être aux enfants de sa famille élargie et de la communauté sudburoise, nipissingue et ontaroise.

Elle fait partie du quatuor Le Cercle Métissé — un quatuor d’artistes des Premières Nations et Métis franco-ontariens qui offre la richesse de la culture par l’entremise des chansons traditionnelles, légendes et traditions. Ce quatuor se produit au Canada et a aussi fait une tournée en France.

Le message que Mélanie tient à partager est que le « sang mêlé » (le métissage) est un cadeau identitaire, une force pour l’évolution de la personne métisse, des Premières Nations et de la société en général. Dans tout ce qu’elle entreprend, elle se laisse porter par la sagesse de ses grands-mères qui lui ont enseigné l’amour des gens, l’amour de la nature et l’amour de la Terre Mère.

En septembre 2016, Mélanie entreprend une nouvelle aventure. Elle retourne dans la région du Nipissing, cette fois au service du Conseil scolaire catholique Franco-Nord dans un rôle de conseillère pédagogique en éducation autochtone. Fière Métisse et fière Franco-Ontarienne, Mélanie poursuit son œuvre dans les Pays d’en haut…

NOTE : L’Épée de Loyola est le prix le plus prestigieux décerné par l’Université de Sudbury.  Il fut crée par le Conseil des Régents en 1966 pour reconnaître chaque année les mérites du finissant ou de la finissante qui entre tous et toutes, s’est rendu(e) remarquable par la distinction de ses études, par ses qualités de chef, et par sa sollicitude pour les autres. Le prix est inspiré par la vie de St-Ignace de Loyola, chevalier espagnol qui est converti au christianisme en 1521.  En abandonnant son épée, il fonda la communauté des Jésuites qui a pour but le service à l’humanité.

Réf. http://melaniesmits.weebly.com/prix.html; Monologue créé pour les spectacles L’écho d’un peuple fier et métissé; profil de Mélanie Smits sur LinkedIn; http://www.naho.ca; http://www.usudbury.ca/fr/archives-2015/508-deux-camps-d-exploration-a-l-universite-de-sudbury

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Anne Swiderski

Artiste visuelle

Anne Swiderski

 «Quand je peins, je retourne à cette place intérieure d’intensité et de vibration et j’utilise la couleur, la forme et la texture comme danse visuelle pour exprimer la beauté et l’harmonie parfaite de ce qui m’entoure.» – Anne Swiderski

Montréalaise de naissance, c’est à Timmins qu’Anne a grandi à partir de l’âge de 3 ans. Ses années formatives dans le Nord de l’Ontario ont eu une influence sur son parcours artistique où la nature joue un rôle prédominant. Les échos de son enfance à Timmins et de ses étés passés à Kapuskasing font partie de ses racines humaines et artistiques…

Anne a fait ses études primaires aux écoles St-Alphonse et St-Charles à Timmins et ses études secondaires à l’école André Laurendeau à Vanier (Ottawa). Par la suite, elle a suivi des formations professionnelles en art au Collège Algonquin ainsi qu’à l’École d’art d’Ottawa auprès d’Yves M. Laroque, un artiste originaire du Nord de l’Ontario. Depuis, elle poursuit ses apprentissages incluant des cours de techniques mixtes ou de peinture acrylique auprès de peintres reconnus. Un séjour prolongé dans le sud de la France lui a permis d’observer et d’étudier l’influence du soleil sur la couleur, ce qui a influencé son utilisation des couleurs fortes dans son oeuvre.

La peinture est au cœur de la vie d’Anne depuis toujours, si bien qu’elle n’a pas de souvenir d’elle-même sans un pinceau à la main, un crayon ou une palette de couleurs ! Son parcours artistique lui a permis d’explorer plusieurs médias, y compris la peinture à l’huile, l’acrylique et la sculpture sur bois.

Anne S, toile

Toile : Deux soeurs 4 © Anne Swiderski

«Je me sens très près de la nature, mais pas comme quelque chose qui m’est externe. C’est plutôt un sentiment d’arriver chez-soi, de s’immerger dans l’énergie de la vie, et dans cette perfection vivante, je crée.»

Adepte du canot, elle voyage aux endroits sauvages du Canada pour les peindre — la baie Georgienne du lac Huron, le lac Supérieur, les Rocheuses, la région de l’Outaouais, le parc Algonquin et le Maine figurent parmi les endroits qui l’inspirent le plus.

Continuellement fascinée par l’aspect humain, Anne utilise les éléments de la nature pour explorer et élargir la perception que l’humain a de lui-même et de son intérieur.

Ainsi, dans l’univers d’Anne, les vibrations de l’âme vont à la rencontre des vibrations des couleurs, des textures et de la lumière… Son style est reconnu par l’utilisation de ses couleurs fortes et vibrantes, de ses formes, de ses coups de pinceaux  et de ses compositions puissantes.

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© Anne Swiderski, Une rivière de couleurs

Ses toiles ont été sélectionnées pour des expositions aux États-Unis, au Québec et en Ontario. Plusieurs de ses toiles se sont distinguées et ont remporté des prix ou des mentions honorables.

Réf. http://www.anneswiderski.com; textes de A. Swiderski

Jeannine (Dussault) Sills

HOMMAGE À JEANNINE DUSSAULT SILLS : une Elle du Nord native de Sault Ste Marie, d. le 4 décembre 2014

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Jeannine Dussault Sills, de sa page FB

Jeannine Dussault Sills est née à Sault Ste Marie où elle a fait ses études primaires et secondaires auprès des Filles de la Sagesse. Elle est également une diplômée de l’École normale d’Ottawa. Elle vivait à Honolulu, Hawaï depuis de nombreuses années où elle a été enseignante et a élevé sa famille.

En 1985, elle déposa une thèse de maîtrise à la University of Hawaii à Manoa portant sur la langue française à Sault Ste Marie (A study of the French spoken in Sault Ste. Marie, Ontario, Canada). Plus récemment, en septembre 2013, elle a publié un texte portant sur ses racines canadiennes françaises et la place de l’histoire de ses ancêtres dans sa vie. Vous pouvez lire l’article au lien suivant :

https://voyageurheritage.wordpress.com/2013/09/13/the-storykeepers-project-11-sault-ste-marie-ontario/

Je souhaitais présenter prochainement un profil complet de Jeannine Dussault Sills sur ce blogue, mais tristement, elle nous a quittés le 4 décembre 2014 avant que je puisse obtenir toutes les informations.

Les Filles du roiJe tenais à mettre en lumière sa contribution, non seulement à la langue française en terre d’Amérique, mais aussi au patrimoine et à l’histoire, notamment celle de la Nouvelle-France.

Depuis de nombreuses années, Jeannine était impliquée au sein de la Société des Filles du roi et des soldats du Carignan inc. dont elle était la présidente (voir note ci-dessous au sujet de cette société).

Jeannine était une bénévole assidue dans sa communauté à Honololu où elle s’impliquait dans divers projets au sein de sa paroisse. Sa maison était également un foyer d’accueil pour les chats abandonnés et elle était membre de divers groupes et sites portant sur la généalogie ou l’histoire canadienne française.

Jeannine a appuyé mon projet de recherche sur les Elles du Nord avec enthousiasme depuis le début de ce site en 2012. Avec son aide, j’ai préparé une fiche hommage à sa sœur Jeannette Dussault qui avait travaillé dans une usine de munitions à Sault Ste Marie pendant le Deuxième guerre (voir ci-dessous). Jeannine a également offert son soutien à mon projet de blogue Histoires plurielles  par la relecture de textes. Je lui suis très reconnaissante. Elle va nous manquer…

Site Histoires plurielles : https://histoiresplurielles.wordpress.com/

DUSSAULT, Jeannette, Algoma Steel, Sault Ste Marie, 1943-45. Cette fiche est aussi archivée sur le site  http://www.saultmuseum.com/ .

DUSSAULT, Jeannette, Algoma Steel, Sault Ste Marie, 1943-45. Cette fiche est aussi archivée sur le site http://www.saultmuseum.com/ .

NOTE : «L’objectif de La Société des Filles du roi et soldats du Régiment de Carignan est de rendre hommage à la mémoire de nos courageux ancêtres, les filles du roi et les soldats du Régiment de Carignan-Salières du17ième siècle en Nouvelle-France. Nous désirons mousser la fierté de notre patrimoine canadien français et encourager l’étude de son histoire et de sa culture ainsi que la recherche généalogique et promouvoir des objectifs éducatifs qui y sont reliés.» http://www.fillesduroi.org

Saryna St-Martin

Artiste, interprète, musicienne, animatrice d’ateliers, promotion des artistes en Ontario français

Saryna

Photo : avec l’autorisation de Saryna St-Martin

 « Être à Ontario POP pour moi, ça représente vraiment le lancement de ma carrière solo. On est jamais perdant parce qu’on apporte avec nous tout le bagage qu’on a appris en atelier. »

— Saryna St-Martin, citée dans francopresse.ca

Originaire de Sudbury, Saryna fait partie de la relève musicale en Ontario français. Sa voix remplie de promesse et son talent artistique se font remarquer sur les scènes ontariennes.

Qu’elle soit au piano, devant un micro, à sa table d’écriture ou en atelier de formation, Saryna vit dans le moment présent de la démarche de création.

Elle a fréquenté l’école primaire Jeanne Sauvé à Sudbury et, par la suite, l’école secondaire MacDonald Cartier où elle a pu explorer ses talents d’artiste. Pendant ses études secondaires, Saryna a fait partie de la formation NOVA et du Groupe 17. Le Groupe 17 est un programme de musique spécialisé en création de chanson et en performance auquel Saryna a participé pendant 4 ans. Elle a d’ailleurs été récipiendaire du prix « Directeur musical » pour ses efforts au sein de ce programme. Le prix reconnaît le travail remarquable d’un ou d’une élève qui a relevé le défi de la gestion de son propre groupe musical (structure et son), tout en jouant un rôle de « leader »  auprès des élèves plus jeunes de son école.

Pendant sa période d’études secondaires, elle a également siégé au conseil de représentation de la FESFO (en 10e année) et a  été la représentante de son école à la FESFO pendant 2 ans.

En 2012, Saryna a remporté le Prix de mérite au Sears Ontario Drama Festival*, Northern Regional Showcase, dans la catégorie « Conception de musique », pour sa trame sonore À l’Imparfait (reconnaissance locale et régionale). Elle avait composé cet arrangement musical pour une pièce de théâtre où elle accompagnait « en direct » les comédiennes et comédiens de la troupe Les Draveurs sur scène.

Lors de la 26e édition d’Ontario Pop en 2013, Saryna, alors âgée de 18 ans, a obtenu trois prix, dont le prix Petite Vallée dans la catégorie interprétation, le prix SOCAN qui couronne la chanson primée de la finale d’Ontario Pop — dans ce cas-ci, la chanson Évadé — et le prix Réseau national des galas de la chanson APCM.

Saryna a eu l’occasion de travailler de près avec le chanteur, comédien et animateur de radio franco-ontarien Stef Paquette, natif de Chelmsford. Suite à un stage avec cet artiste réputé et couronné en Ontario français, Saryna dit «avoir beaucoup appris de Stef en coanimant des émissions pour lui, en coordonnant des entrevues, en plus de l’accompagner lors de festivals et sur des plateaux de télévision ».

Saryna s’est toujours intéressée à la promotion et à la formation des artistes franco-ontariens de la relève. Lors de la Nuit suit l’étang 2013 à Sudbury, elle a coanimé un atelier au nom de l’APCM qui visait à initier les nouveaux artistes au rouage de l’industrie musicale en Ontario (rôle des organismes de musique, fonctionnement des redevances, distribution des produits, etc.).

Saryna fait présentement partie de l’équpie de l’APCM où elle voit à la distribution physique et numérique des produits des membres tout en assumant des fonctions administratives.

Elle aura l’occasion de participer à la 46e édition du Festival international de la chanson de Granby qui se tiendra du 3 au 13 septembre 2014. Mais d’ici là, elle glisse ses doigts sur les notes de son nouveau piano et s’emballe de ce que l’avenir lui réserve.  Une carrière à suivre…

*Le Sears Ontario Drama Festival est le plus grand festival de son genre au monde.

Références : apcm.ca; northbaynipissing.com; francopresse.ca; lanuit.ca; lapresse.ca; texte de S. St-Martin.

Certification_2014

Sr Madeleine Sylvestre, fdls

Religieuse, enseignante, missionnaire

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Photo : © Congrégation des Filles de la Sagesse du Canada.*

 « […] femme d’écoute, très discrète [Madeleine] appelle à la confiance, à la fidélité, à la sympathie, à l’empathie. Compétente et laborieuse, elle demeure fidèle à la tâche, défiant forces et fatigue. »

— Marthe Jutras, fdls

Fille d’Étienne Sylvestre et d’Aldéa Miron, Madeleine est née à Verner en 1935, la 5e de 15 enfants.

Elle a fait ses études primaires à l’école primaire Saint-Jean-Baptiste de Verner et, par la suite, elle a poursuivi ses études secondaires au Pensionnat Notre-Dame de Lourdes à Sturgeon Falls.

Vers la fin de son école secondaire, la famille de Madeleine fut frappée d’un grand malheur lorsque son père est décédé de manière accidentelle, laissant derrière lui une femme enceinte de 6 mois, ainsi que 13 enfants âgés entre 1 an et 19 ans. L’épreuve a retenti une vie durant…

Madeleine, novice

Sr Étienne de l’Immaculée (Sr Madeleine) en costume de novice, à la grotte de la Maison Mère des Filles de la Sagesse, 1952. Avec l’aimable autorisaton de la famille Sylvestre.

En 1952, à l’âge de 17 ans, l’adolescente Madeleine s’est sentie appelée à la vocation religieuse. Appuyée par sa mère courageuse qui l’a soutenue dans son choix, Madeleine a quitté sa famille pour entrer au postulat des Filles de la Sagesse à Ottawa. Elle a prononcé ses vœux en 1954 et est devenue Sr Étienne de l’Immaculée.

Dès lors débute une longue et belle carrière en enseignement, dont plusieurs années à l’École St-Joseph de Sturgeon Falls, puis en Alberta à Slave Lake auprès d’enfants amérindiens. Elle y enseigne à l’école publique et fait la catéchèse dans les paroisses environnantes le dimanche.

Femme d’un grand dépassement, Sr Madeleine** s’est ensuite dirigée vers l’Afrique où elle a enseigné aux jeunes filles congolaises. En février 1977, elle a été nommée supérieure régionale des Filles de la Sagesse oeuvrant au Congo (devenu le Zaïre).

En 1982, elle a été déléguée au Chapitre général de la Congrégation des Filles de la Sagesse à Rome, mais une autre grande épreuve attendait Sr Madeleine — la maladie grave. Atteinte d’une insuffisance rénale, elle accepte avec regret de renoncer à sa mission au Zaïre…

Malgré la dialyse et une première greffe de rein, Sr Madeleine a relevé un autre défi — la responsabilité d’une communauté qu’elle a dirigée pendant encore 9 ans, tout en assumant l’accompagnement des jeunes professes à vœux temporaires. De plus, elle a été conseillère et secrétaire provinciale, et a servi comme secrétaire de la provinciale.

Secouée à nouveau par la maladie rénale, Sr Madeleine a reçu une deuxième greffe. Le défi était de taille, mais malgré tout, elle s’en est remise et a repris sa charge de secrétaire à l’Administration provinciale.

Après 52 ans de vie religieuse, Madeleine est décédée en 2006 à l’âge de 71 ans en laissant « le vif souvenir d’une personne aux remarquables qualités ».

*Je tiens à remercier chaleureusement Madame Isabelle Dumas, responsable des archives aux Archives des Filles de la Sagesse du Canada et Madame Marie-Luce Monette, soeur aînée de Sr Madeleine Sylvestre, pour leur appui inestimable à cette recherche.

** À partir du 1er août 1969,  les religieuses de la Congrégation des Filles de la Sagesse de l’Ontario pouvaient demander la reprise de leur nom civil. Il nous est impossible de préciser à quel moment Sr Étienne est devenue Sr Madeleine.

Références : Notes personnelles de Marthe Jutras, fdls; sagesse.ca; federationgenealogie.qc.ca; archives des Filles de la Sagesse Canada; textes et photos de M.-L. Monette

Certification 2013

Denyse (Monette) Séguin

Pionnière du Moyen-Nord, infirmière, chef de file pour les femmes et pour l’éducation en français, fondatrice de l’UCF♀ à North Bay, bénévole

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(Photo : courtoisie de Denyse Séguin)

Née à Noëlville en 1933, Denyse est la 2e d’une famille de 15 enfants. À partir de l’âge de 3 ans, elle a grandi sur la ferme ancestrale à Monetville, ville ainsi nommée pour son arrière-grand-père Cyrille Monette, un pionnier fondateur de cette municipalité.

Denyse a fait ses débuts scolaires à l’école du rang de Monetville, ensuite à l’école du village à Noëlville, et par la suite, ses études secondaires à Sturgeon Falls.

En 1950, Denyse a obtenu son diplôme en Nursing de l’Hôpital Général de Mattawa et sa licence de la province d’Ontario. Suite à une année de travail à Ottawa, elle est  revenue à Mattawa en 1953, année où elle a épousé Édouard Séguin avec qui elle a fondé une famille de huit enfants.

La famille Séguin a vécu à Mattawa, puis à Noëlville, avant de s’installer  à North Bay.

L’implication de Denyse dans le développement de sa communauté a commencé en 1960 lorsqu’elle a été élue présidente de l’API (Association parents-instituteurs) à l’école St-Jean de Brébeuf, à Widdifield.

Par la suite, en 1963, elle a fondé l’Union catholique des fermières de l’Ontario (l’UCFO) pour la région de North Bay avec douze autres femmes. Leur but était de «rassembler les femmes en milieu rural pour mieux les accompagner dans un monde en évolution».

Pendant de nombreuses années, Denyse a organisé la Boutique de Noël, ce qui permettait aux femmes de North Bay et de la région d’exposer leurs créations et de les vendre.

Elle a également été coordonnatrice du journal régional «L’Étincelle» pendant 5 ans (1967-1972) — un journal qui permettait aux femmes de partager leurs besoins, leurs activités, leurs questionnements et leurs solutions à divers problèmes de la vie quotidienne.

Malgré ses nombreuses activités familiales, communautaires et paroissiales (chorale, conseil de paroisse),  Denyse est retournée au travail à temps partiel à l’hôpital Civic de North Bay en 1970.

À cette époque, elle a également été membre fondateur d’un comité de parents qui souhaitaient mettre en place une école secondaire de langue française. Elle a été élue première présidente du Conseil de parents de l’École secondaire Algonquin.

Durant les années 80, Denyse a été animatrice pour le cours «Nouveaux départs» offert par l’UCF♀ — un cours  destiné à aider les  femmes à se replacer dans le monde du travail après des années de travail à domicile.

En 1988, elle a collaboré avec l’honorable Greg Sorbara, alors ministre délégué à la Condition féminine, pour l’aider à mieux connaître les besoins des groupes de femmes.

Denyse a occupé divers postes au sein de l’UCF♀ tant au niveau local que régional, et éventuellement, au niveau provincial lorsqu’elle a été élue présidente provinciale en 1986.

Elle a également siégé à l’ACFO, au conseil d’administration du Centre d’alphabétisation ALEC du Nipissing, ainsi qu’au conseil d’administration de la Société historique du Nipissing.

Conseil de Denyse aux générations —

 « Dans toutes les personnes que l’on côtoie, il y a du bon. Il ne faut pas juger au premier abord. Prenons le temps d’écouter et de regarder attentivement. Pour réussir dans la vie, nous devons avoir un sens profond du devoir et un sens de respect pour les autres. »

Denyse habite toujours à North Bay où elle a élevé sa famille de 8 enfants. Aujourd’hui, elle est fièrement grand-mère de 17 petits-enfants et arrière-grand-mère de  9 petits-enfants !

Note historique : En 1969, au cours d’une assemblée spéciale de l’UCF♀ tenue à North Bay, une proposition fut mise de l’avant pour changer le nom de l’organisme à Union culturelle des Franco-Ontariennes, et ce, dans le but d’intégrer les femmes des milieux urbains. À partir de 1970, le nouveau nom a été adopté et toutes les femmes francophones pouvaient dorénavant adhérer à l’UCF♀. Pendant plusieurs années, les femmes de l’UCF♀ ont obtenu du ministère de l’Agriculture des cours variés (cuisine, artisanat, musique, etc.). À North Bay, Madame Chémery, une économiste ménagère du ministère d’Agriculture venait donner des cours. À la fin des années 70, l’UCF♀ offrait également de l’aide financière aux femmes qui voulaient suivre des cours de leadership et de développement personnel à l’Université de Sudbury.

Référence : Document biographique préparé par la Société historique du Nipissing (date inconnue, ourontario.ca); texte de l’UCF♀ (par Marie-Pauline Demers, soumis en avril 2013); texte de M. Séguin

Certification 2013

Monique Smith

Avocate, politicienne

Née à North Bay en 1965, Monique fut élue députée provinciale pour le Parti libéral de l’Ontario dans la circonscription de Nipissing en 2003.

Son père, Richard Smith, avait été député de la même circonscription de 1965 à 1977, et sa mère Marthe avait également tenté sa chance en politique alors qu’elle fit campagne contre Mike Harris en 1987.

Monique  a fait ses études secondaires au Collège St–Joseph de North Bay. Par la suite, elle a obtenu un baccalauréat ès arts de l’Université de Toronto et un diplôme en droit de Queens University.

Elle a œuvré à titre de chef de cabinet pour Dalton McGuinty en 1997 et par la suite, elle a été la directrice de la Association of Canadian Publishers.

Lorsqu’elle a été élue en 2003, Monique était la première femme à se faire élire dans la circonscription de Nipissing au palier politique provincial.

Elle a également été la première députée libérale de Nipissing à faire partie du Cabinet, d’abord à titre de ministre du Revenu, ensuite ministre du Tourisme, et finalement, ministre des Affaires intergouvernementales.

Pendant ses mandats, elle a assuré la construction de deux hôpitaux, dont un à Mattawa et l’autre à North Bay. Elle a également été responsable de l’élargissement de la route 11 et de l’ouverture de programmes de traitement pour les enfants et pour les personnes ayant un handicap de développement.

Après avoir été réélue pour un deuxième mandat en 2007, Monique s’est retirée de la politique provinciale en 2011. Elle poursuit des études en gouvernance à l’Université de Toronto.

En 2012, Monique a été honorée par le Club Rotary de North Bay pour son dévouement à la ville de North Bay. Le Club lui a remis le prix Paul Harris, ainsi nommé pour le fondateur du Club Rotary à Chicago en 1905.

Le 15 août 2013, Monique a été nommée au poste de représentante de l’Ontario à l’ambassade de Washington par la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne.

Note historique : Selon le service des communications de l’Assemblée législative de l’Ontario, la province aurait eu cinq femmes franco-ontariennes élues à l’Assemblée depuis 1987. Dans l’ordre chronologique, elles sont :

  • Shelley Martel (Sudbury-Est/Nickel Belt), 1987-2007
  • Claudette Boyer (Ottawa-Vanier), 1999-2003
  • Monique Smith (Nipissing), 2003-2011
  • L’Hon. Madeleine Meilleur (Ottawa-Vanier), 2003-présent
  • France Gélinas (Nickel Belt), 2007-présent

Références : ontla.on.ca    nugget.ca   northbaynipissing.com  http://www.theclaw.ca; cottagecountrynow.ca

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part.