De North Bay à Thunder Bay, l’histoire des femmes du Nord de l’Ontario — une invitation

BIENVENUE SUR MON BLOGUE DÉDIÉ À L’HSTOIRE DES FEMMES DU NORD ! Vous y trouverez plus de 210 articles. Bonne lecture !

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© Sabrina Zorzetto, Les soeurs

Qui a été la première femme francophone à pratiquer la médecine dans le Nord de l’Ontario? La première à diriger une école ou un conseil scolaire?

Qui fut la première Franco-Ontarienne à partiquer comme avocate ou journaliste dans votre communauté?

Ou la première femme à siéger au conseil municipal de chaque ville et village le long de la Route 11 et des autres routes du Nord de l’Ontario (Route 17, Route 66, Route 101, etc.)?

Connaissons-nous les noms des pionnières, des chefs de file et de la relève franco-ontarienne à North Bay, Corbeil, Sudbury, Chapleau, Timmins, Cochrane, Moonbeam, Kapuskasing, Hearst, Geraldton, Wawa, Thunder Bay, Kenora, etc.?

Nombreuses sont les femmes qui ont contribué au patrimoine humain du Nord de l’Ontario, de la province et du pays. Quelle est leur histoire?

Je vous invite à m’accompagner dans cette aventure de blogue où je souhaite raconter la contribution et le patrimoine légués par les «Elles du Nord», ces femmes de la francophonie ontarienne dans le domaine des arts, de l’éducation, des affaires, du sport, de la santé, de la politique, de la francophonie, du développement communautaire, du bénévolat, de la littérature…

Les femmes de la Route 11 et des villes et villages qui la longent et la côtoient sont les fondatrices et les reflets d’une région en mouvement depuis le 19e siècle. Membres, bénévoles et militantes au sein des associations, groupes, écoles, services, hôpitaux, conseils municipaux — qui sont-elles ?

Je suis à la recherche de noms, de dates, d’anecdotes, de photos. Connaissez-vous une Franco-Ontarienne qui, par ses actions et sa présence, a contribué à faire du Nord ce qu’il est depuis sa fondation ou à faire rayonner le Nord ailleurs au pays et au monde ? Le Nord de l’Ontario — une communauté vivante et dynamique, peuplée de gens de coeur et de volonté, un lieu où habite une proportion importante de la population francophone de l’Ontario. Parlons-en.

Je vous invite à fouiller dans vos archives personnelles, familiales et communautaires pour y découvrir des noms de femmes francophones originaires du Nord, ou encore des femmes venues d’ailleurs, dont le Nord est devenu leur domicile de coeur, peut-être y habitent-elles toujours ou peut-être ont-elles quitté leur terre natale pour d’autres lieux, sans jamais oublier les profondeurs de leurs racines. Toutes ont brillé par leur excellence et leur rayonnement en Ontario. Je les appelle les «Elles du Nord».

Elles sont :

  1. Les pionnières — les femmes des siècles derniers qui sont nées dans le Nord ou qui sont venues d’ailleurs pour développer le Nord, mettre sur pied ses institutions, faire grandir ses communautés.
  2. Les chefs de file — ces femmes nées ou ayant grandi dans le Nord, ou encore qui sont venues d’ailleurs pour y vivre, et qui se sont distinguées par leurs réalisations dans le Nord ou en province, et sur la scène canadienne ou internationale.
  3. La relève — les femmes du Nord qui représentent aujourd’hui la relève culturelle, musicale, politique, sociale…
  4. Les femmes qui ont accompli de Grandes Premières : une célébration chronologique des premières des femmes du Nord de l’Ontario dans tous les domaines possibles.

À bientôt !

Jeannine   

© Jeannine Ouellette 2012-13-14-15

Cliquez pour voir la page Facebook des Elles du Nord.

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Fleurette Robillard, sasv

Religieuse, enseignante, directrice scolaire, directrice de camps d’été pour jeunes

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Sr Fleurette Robillard, sasv yourlifemoments.ca

Née à Timmins en 1921, Fleurette Robillard est la fille aînée de Jean-Baptiste Robillard, originaire de Thurso au Québec et d’Anna Valiquette.

Animée par sa foi et un dynamisme passionné pour la vie, Sr Fleurette a tracé un chemin de lumière partout où elle est passée.

Élevés par des parents pieux, Fleurette et ses frères et sœurs (famille de 7 enfants) apprirent à aimer leur prochain et à se dévouer à Marie. L’enfant Fleurette fréquenta l’école primaire sous l’égide de la Congrégation des Sœurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge (SASV), ainsi que l’Académie Sainte-Marie à Hailebury où sa dévotion mariale fut bien alimentée. Pour la jeune Fleurette, il allait de soi qu’elle se ferait religieuse dès la fin de ses études secondaires. Elle est devenue Soeur St-Jean-du-Calvaire au sein de la Congrégation des Soeurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge (SASV) en 1944.

Par la suite, Sr Fleurette a consacré sa vie à la transmission de l’amour de Marie et oeuvra particulièrement auprès de la jeunesse franco-ontarienne et québécoise. Elle fut enseignante à North Bay et directrice à l’école élémentaire de Haileybury. Créative et dynamique, elle a fait sa marque auprès des jeunes en les appuyant dans le développement et la mise en valeur de leurs qualités de leadership.

En 1957, elle fut nommée responsable diocésaine de la Croisade eucharistique et commença dès lors à organiser des camps d’été pour les jeunes. D’abord connu sous le nom de camp «Baie de l’Orignal» dans le Témiscamingue québécois, le camp prit le nom de Camp Fatima sous la direction de Sr Fleurette. En Ontario, le camp portait le nom de «Mond’Ami» et était situé face au lac Gillies, au sud de Cobalt.

Ses nombreux camps d’été ont réuni plusieurs centaines de jeunes qui, au fil des décennies, ont appris à se développer tant au niveau spirituel qu’organisationnel. À ses côtés, garçons et filles apprivoisaient l’autonomie et nourrissaient leurs habiletés de futurs chefs de société.

Malgré des moyens financiers limités, Sr Fleurette trouvait d’année en année tout ce qui lui fallait pour entretenir les chalets au camp, nourrir les centaines de jeunes qui participaient au programme, superviser les équipes de moniteurs et monitrices, ainsi que gérer les relations avec les bienfaiteurs de son programme jeunesse. Certains diront qu’elle avait un pouvoir de persuasion impressionnant et une détermination sans faille ! Au coeur de tous ses gestes, la charité apostolique de sa congrégation religieuse brillait comme une étoile dans le ciel.

Parmi les nombreuses réalisations de Sr Fleurette, on retrouve son implication dans l’équipe de l’Accueil Ste-Marie, un centre de ressourcement spirituel. Elle avait également à cœur de faciliter l’accès à de la documentation pédagogique variée qu’elle mettait au service de sa communauté religieuse et des écoles. Sr Fleurette a aussi organisé des nombreuses activités visant à faire découvrir d’autres pays et d’autres cultures à sa communauté religieuse.

Femme de grande foi, Sr Fleurette a toujours conservé sa joie de vivre, son sens de la communauté, sa spiritualité d’espérance. Elle fut, pour plusieurs, un exemple de courage, de ténacité, d’audace et d’endurance. Son sens irréprochable du devoir et du respect des autres fut un enseignement en soi. Sr Fleurette (Soeur Saint-Jean-du-Calvaire) est décédée en 2012.

Marcheuses à l'étoileNOTE HISTORIQUE : L’oeuvre des SASV à North Bay prit racine en 1920 alors que les religieuses ont répondu à la demande d’enseigner aux enfants canadiens-français de North Bay. À cette époque, on ne comptait que deux écoles séparées où les enfant anglophones et francophones se partagaient les classes (l’école Sainte-Marie et l’école Saint-Joseph). En 1925, étant donné le nombre grandissant d’élèves, le conseil scolaire fit construire l’école Saint-Vincent-de-Paul, première école exclusivement réservées aux Canadiens-Français de North Bay. (Réf. Tremblay, Claire, S.A.S.V., «Marcheuses à l’étoile : les Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge en Ontario, 1910-1997», 1999, pp.295-296.)

Références pour la rédaction du profil : un texte préparé par Sr Alice Ayotte et ses compagnes de la Congrégation des Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge (juin 2012); des souvenirs partagés par Michelle Deshaies; un ouvrage rédigé par Sr Claire Tremblay, S.A.S.V., «Marcheuses à l’étoile : les Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge en Ontario, 1910-1997», 1999; une notice nécrologique publiée sur le site www.mcguintyfuneralhome.com. Photo : yourlifemoments.ca

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part. Je remercie tout particulièrement et très chaleureusement Michelle Deshais pour ses recherches et le partage de ses souvenirs de Sr Fleurette Robillard.

Les Soeurs de Sainte-Croix à Gogama

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Jubilé d’or de Sr Marie Wenceslas, supérieure fondatrice à Gogama. De g. à d. Cécile Nadeau (enseignante), sa mère  Yvonne, Sr Marie Anne-Lucie, Sr Marie Wenceslas.

 

« Enfin les mots sont impuissants à traduire ce que nous avons vécu à l’occasion de cette rencontre. Si nous nous sommes données durant trente années, nous avons aussi beaucoup reçu de ces gens simples mais vrais, capables de dévouement et de générosité, de solidarité, de gratitude et de partage. » — Soeur Berthe Lefebvre, c.s.c, au moment de la retraite des Soeurs de Sainte-Croix de Gogama, 1988

De nombreuses congrégations religieuses ont participé au développement de l’Ontario français, dont la Congrégation des Soeurs de Sainte-Croix. Cette congrégation a oeuvré dans plusieurs villes incluant Lafontaine, Cornwall, Penetanguishene, Ottawa, Barrie et plusieurs autres. Dans le Nord de l’Ontario, plus particulièrement à Gogama, les Soeurs de Sainte-Croix ont été présentes pendant 30 ans, de 1958 à 1988.

Il faut dire que les religieuses étaient fort attendues à Gogama, puisque les curés de la mission solicitaient leur présence depuis 1935. Celles-ci arrivèrent en 1958 sous la direction de  la supérieure Soeur Wenceslas (Mary O’Connor) et trois religieuses : Soeur Anne-Lucie (Lucie Charest), Soeur Paul-Bernard (Thérèse Quesnelle) et Soeur Lucien-René (Irène Dauphin).

Gogama est l’un des 22 districts de forêts de l’Ontario. Au moment de l’arrivée des religieuses de Sainte-Croix dans ce district en 1958, la population catholique locale se chiffrait à 582 personnes. Pourtant, if fut un temps où 4 000 habitants avaient élu résidence à Gogama entre les années 1917 et 1941 ! Les soeurs ont été accueillies avec grand enthousiasme par le curé Georges-Aimé Mathieu et ses paroissiens, mais plusieurs défis les attendaient !

Les soeurs ont d’abord habité au presbytère, puis elles ont aménagé dans des locaux de l’école : chambres, chapelle, salle à manger et bureau devaient être rapidement organisés, mais les soeurs n’avaient aucune possession matérielle outre leur petite malette individuelle. Elles s’y installèrent tant bien que mal, même si les locaux présentaient de nombreux inconvénients. Les quatre soeurs  fondatrices ont fait montre de courage !

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École Notre-Dame-du-Rosaire à Gogama en 1950. Les locaux des religieuses étaient situés aux deux extrémités.

Dès septembre, les religieuses enseignaient à 137 élèves, répartis en 5 classes. En quelques mois, le progrès des élèves était évident et les parents étaient remplis de reconnaissance pour la congrégation. De plus, une fois par semaine, une religieuse se déplaçait de Foleyet pour venir enseigner le piano aux enfants de Gogama. Sr Madeleine-Cécile (Madeleine Villeneuve) clôturait les cours de musique avec un récital au plus grand bonheur des familles.

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Les soeurs ont enseigné et exercé leur apostolat, non seulement à Gogama, mais dans quelques villes avoisinantes (catéchèse, préparation à la première Communion et à la Confirmation). À la fin des années 60, les religieuses sont retournées vivre au presbytère alors que le curé prit résidence dans une roulotte.

Tout au long de leur mission à Gogama, les soeurs ont su profiter de la magnifique région — les lacs, les randonnées en nature, le patin sur glace, le Carnaval d’hiver, etc. Lorsque les températures étaient trop froides, les religieuses faisaient du  patin à roulettes !

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Au cours des années 1970, la présence laïque se faisant plus grande dans les écoles, la présence des soeurs se faisait de plus en plus discrète. Elles étaient vieillissantes et la relève n’était pas au rendez-vous, si bien qu’en juin 1988, la Congrégation des Soeurs de Sainte-Croix se retira complètement de Gogama. C’était la fin d’une époque…

Screen Shot 2016-03-31 at 10.36.35 AMÀ l’automne 1988, une grande fête de gratitude fut organisée pour les religieuses et une plaque-souvenir où figurent les noms de toutes les religieuses fut dévoilée. Elles ont laissé leur marque dans le coeur des parroissiens et dans le développement de la communauté reconnaissante. Heureusement, Sr Hélène Bériault, csc, a raconté la fabuleuse histoire de l’oeuvre des Soeurs de Sainte-Croix en Ontario français dans un ouvrage publié en 1989.

NOTE : J’aimerais remercier très chaleureusement Gerry Talbot, le directeur du Musée héritage de Gogama pour sa précieuse collaboration. Grâce à sa générosité, j’ai pu rédiger ce profil de la présence des Soeurs de Sainte-Croix à Gogama. M. Talbot a fourni des documents, des photos et des souvenirs pour la rédaction du profil. Merci ! 

Références : La Montée avec les Franco-Ontariens écrit par Hélène Bériault, c.s.c, 1989; Gerry Talbot, directeur du Musée héritage de Gogama http://www.gogama.ca/museum.html

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L’honorable Lise Maisonneuve

Juge en chef de la Cour de justice de l’Ontario, spécialiste du droit criminel

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L’honorable Lise T. Maisonneuve via news.ontario.ca

«Au cours d’une carrière judiciaire exemplaire, la juge Maisonneuve a acquis une réputation de solide chef de file, de collaboratrice efficace et de défenseuse déterminée de la modernisation et de l’amélioration continue de nos tribunaux.

J’ai entièrement confiance en sa capacité de diriger et j’attends avec impatience de voir le travail que nous pouvons accomplir ensemble pour le système de justice et pour la population qu’il dessert.»

— L’honorable Madeleine Meilleur, procureure générale via https://news.ontario.ca

Native de Timmins, Lise Maisonneuve a grandi au coeur d’une famille francophone où elle a appris la valeur du service aux autres et la fierté du travail bien exécuté.

«Dans ma famille, on ne parlait que le français. Mon père est né à Timmins, mais ses parents sont Québécois. Et ma mère a quitté le Québec pour déménager à Timmins à l’âge de 18 ans, elle ne parlait pas un mot d’anglais.» (Lise Maisonneuve citée dans le journal LeDroit, 11 avril 2015).

Lise a fait ses études en droit à l’Université d’Ottawa et fut admise au Barreau en 1991. En 2015, elle fut nommée au poste de juge en chef de la Cour de justice de l’Ontario faisant d’elle est la deuxième femme nommée à ce poste, la première francophone de l’Ontario nommée juge en chef de la plus vaste cour de justice au pays, et la première personne native du Nord de l’Ontario à occuper ces fonctions.

Avant d’être nommée juge en chef de la Cour de justice de l’Ontario, la juge Maisonneuve a présidé des affaires criminelles dans la région d’Ottawa pendant douze ans. Elle est devenue juge principale régionale de l’Est, en 2011, puis juge en chef adjointe de la Cour de justice de l’Ontario en 2013. Elle fut également associée du cabinet Carroll, Wallace and Maisonneuve d’Ottawa, où elle se spécialisait dans le droit criminel.

Fière de ses racines et consciente des lacunes en matière linguistique dans le système judicaire ontarien, la juge Maisonneuve est commise à la cause des services en français dans les tribunaux de la province. Elle souhaite de tout coeur être un modèle pour les femmes, mais aussi pour les francophones de l’Ontario qui aspirent à gravir les échelons au sein de la profession du droit.

«On m’accorde un immense privilège et j’en suis très fière. C’est une cour qui a une grande crédibilité, même au niveau national. Et c’est un privilège d’avoir été choisie pour mener cette cour pour les huit prochaines années.», citée dans LeDroit, 11 avril 2015.

NOTE : «La Cour de justice de l’Ontario traite d’affaires relevant du droit criminel et du droit de la famille. Elle constitue le tribunal le plus vaste du Canada. Elle entend plus de 200 000 affaires criminelles et des millions de cas d’infractions provinciales, comme des contraventions au Code de la route, et dessert plus de 20 000 familles en crise chaque année.» Gérard Levesque, L’Express, avril 2015, accédé le 9 mars 2016

Réf. http://www.lexpress.to/archives/15180/; http://ottawacitizen.com/news/local-news/ottawa-judge-lise-maisonneuve-named-chief-justice-of-ontario; http://ici.radio-canada.ca/emissions/ca_parle_au_nord/2013-2014/chronique.asp?idChronique=369091; http://www.lapresse.ca/le-droit/chroniqueurs/denis-gratton/les-grandes-entrevues/201504/11/01-4860114-une-premiere-a-la-cour-de-justice-de-lontario.php

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part. 

Article publié dans Le Billochet (2016)

Dans le contexte du Mois du patrimoine en Ontario français, dont le thème 2016 est «Patrimoine en musique et en mots», j’ai publié un article dans LE BILLOCHET, le bulletin du Centre franco-ontarien de folklore (CFOF).

Vous pouvez lire l’article en cliquant sur le lien ci-dessous. Dans cet article je présente cinq Elles du Nord passionnées des mots et porteuses de tradition en Ontario français.

Article : Porteuses de tradition! (Le Billochet, février 2016, no 54)

 

 

Histoires Plurielles : blogue

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Le projet des Elles du Nord existe depuis 2012 sous forme d’un blogue (celui-ci !) et d’une page FB intitulée LES ELLES DU NORD. 

J’ai aussi lancé un 2e blogue en 2014 que j’ai intitulé Histoires Plurielles.  Voici le lien pour le visiter ou pour y contribuer ! 

https://histoiresplurielles.wordpress.com

Le projet Histoires plurielles est une initiative des Elles du Nord (https://femmesdelaroute11.wordpress.com). Le projet donne la parole aux femmes et aux hommes qui souhaitent partager une anecdote ou une tranche de vie des bâtisseuses de familles et créatrices de valeurs des quatre coins de l’Ontario français. L’histoire des femmes, notamment celles qui ont donné naissance à un pays francophone en Ontario, à des générations d’enfants, à des institutions, à des oeuvres d’entraide, à des façons de faire et d’être — est une histoire qui a été peu racontée. Le but du projet Histoires plurielles est d’accorder un espace à cette histoire.

Si vous avez le goût de raconter un moment de la vie de votre mère, grand-mère, arrière grand-mère, tante, ou encore une anecdote liée à une femme de l’Ontario français qui a eu une influence positive sur vous, votre famille ou sur la communauté où vous avez grandi, envoyez-nous son histoire à elles@triyana.ca. La personne que vous présentez peut être une membre de votre famille ou encore une enseignante, voisine, politicienne, leader communautaire, auteure, etc. qui fait partie de ces bâtisseuses de l’Ontario. Vous pouvez aussi nous parler de VOUS, d’un souvenir qui vous a marqué en Ontario français (enfance, jeunesse, âge adulte), d’un chemin particulier que vous avez emprunté et qui a eu de l’influence sur la société franco-ontarienne, etc. Au plaisir de vous lire !

Écrivez-moi à elles@triyana.ca

Sr Thérèse Allard, s.a.s.v.

 

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Sr Thérèse Allard, s.a.s.v. Photo : Société historique du Nipissing, 2001

Née à Haileybury en 1931, Thérèse Allard est la fille de Georges Salomon Allard (1885-1948) de Pembroke et de Sophie Godin (1886-1972), également de Pembroke.

Elle est la cadette d’une famille de 12 enfants dont la sœur aînée Stella fut également religieuse chez les Sœurs de l’Assomption de la Sainte Vierge. (SASV).

À sa naissance, les parents de Thérèse lui ont donné comme patronne Sainte Thérèse de Lisieux, canonisée quelques années auparavant en 1925.

Élevée dans une famille où régnait l’amour, Thérèse a joui d’une enfance heureuse. «Même si nous étions à revenu moyen, mes parents tenaient à ce que nous soyons propres et bien mis. Un prêtre à l’époque avait décrit le rituel de mon père le dimanche matin avant la messe : ‘tous les enfants se rangeaient pour l’inspection de la tête aux pieds (souliers bien cirés) avant de se rendre à l’église’.»

La famille Allard a connu son lot d’épreuves mais leur foi inébranlable leur a permis de les traverser dans l’espérance sans cesse renouvelée :

  • le grand feu de Haileybury (1922) dans lequel la famille Allard a perdu maison, commerce, chevaux;
  • la dépression des années ’30;
  • l’incendie de l’hôtel Albert à Rouyn en 1938 dans lequel Georges Allard fut gravement brûlé;
  • la 2e guerre mondiale de 1939-1945 dans laquelle ses frères ont combattu sur les champs de bataille d’Europe (les quatre sont revenus sains et saufs).

Jeune fille, Thérèse fit ses études de la première à la treizième année (de 1937 à 1949) à l’Académie-Sainte-Marie située tout près de la maison familiale. «Les religieuses étaient toujours disponibles pour nous aider dans les matières qui présentaient des difficultés ou dans des circonstances pénibles que nous pouvions vivre. Leur vie simple, enjouée et priante faisait de ces éducatrices compétentes des grandes soeurs de qui nous apprenions le sens et le goût de la vie

Thérèse sentit l’appel à la vie consacrée en communauté et a choisi de vouer sa vie aux jeunes par l’entremise l’éducation en se joignant à la Congrégation des Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge en 1949. Elle prononça ses voeux en religion à Nicolet, Québec, le 15 février 1952.

Sr Thérèse a complété sa formation à l’École normale de l’Université d’Ottawa en 1953 et se consacra à l’enseignement et à la direction scolaire dans les écoles du Nord, dont Chiswick, Earlton, River Valley et North Bay. Par la suite, elle a obtenu un baccalauréat, une maîtrise en éducation avec spécialisation en orientation de l’Université d’Ottawa et un certificat de spécialiste en orientation du ministère de l’Éducation de l’Ontario.

Dans un texte autobiographique, Sr Thérèse partage que le plus grand défi de sa vie d’enseignante fut celui de fonder le programme d’études en 11e et 12e années de l’école secondaire privée St-Jean-Baptiste à Earlton en 1962/63 pour que garçons et filles francophones de cette paroisse puissent poursuivre leurs études sans avoir à voyager matin et soir. «Après presque quarante ans, j’ai rencontré ces ‘anciens’ aux ‘retrouvailles’ d’Earlton en août 2000. La joie spontanée et la chaleur de leur accueil témoignent des liens tissés alors que nous avons trimé dur ensemble pendant ces quelques années.»

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Photo : «Ils sont venus…Earlton, Ontario, 1910-1960». Merci à l’auteur du livre Alain Savoie pour la permission de reproduction !

Sr Thérèse fut impliquée de maintes façons auprès des jeunes, de sa paroisse et de sa communauté. Elle fut notamment conseillère en orientation, animatrice de groupes jeunesse, accompagnatrice des jeunes dans leurs activités humanitaires au pays et en Jamaïque. Elle fut tour à tour sacristine, directrice de chant, organiste, membre du Conseil de pastorale paroissiale et du comité de liturgie, aide dans les équipes de préparation aux sacrements et agente de pastorale.

En 2002, St Thérèse a célébré le 50e anniversaire de sa consécration dans la vie religieuse. À ce sujet, elle écrit qu’elle est «fière de faire partie de la Congrégation des Soeurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge, car elle [la Congrégation] a bougé sans soubresaut et sûrement. Pour les gens, le changement le plus visible a peut-être été l’adoption du costume contemporain, mais il n’était qu’un signe extérieur du désir qui nous habite de répondre aux besoins nouveaux de notre monde et de nous sensibiliser à ses problèmes dans nos milieux d’insertion : au Québec, en Ontario, dans l’Ouest canadien, aux États-Unis, au Japon, au Brésil, en Équateur et en Haïti

L’engagement et la mission de vie de Sr Thérèse est à l’image de sa définition de ce que représente le fait de «vivre pleinement», c’est-à-dire en étant éveillée — éveillée aux défis, à l’éducation, aux arts, à l’aide humanitaire, à la présence auprès des jeunes, à la beauté du monde, à l’amitié… et à une capacité quotidienne de «renouveler le don de sa vie et en retenir la fraîcheur et la ferveur peu importe l’état où on est engagé

Références : «Vie de chez nous Nipissing Est», 2001, La Société historique du Nipissing, texte autobiographique par Sr Thérèse Allard, s.a.s.v. (résumé); http://www.sasv.ca; livre «Marcheuses à l’étoile : les Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge en Ontario 1910-1997.

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part. 

Hélène (Bélanger) Legros

Enseignante, historienne communautaire, bénévole d’exception en éducation et auprès des aînés francophones

Hélène Legros

Hélène Legros. Source : Société historique du Nipissing

Fille de Joseph Donat Bélanger, natif de Verner, et d’Hyppolyta Marceau, native de North Bay, Hélène est née à North Bay en 1925, la 5e d’une famille de 7 enfants.

Elle a fréquenté les écoles Ste-Marie, Ste-Rita et St-Vincent à North Bay, puis l’Académie Ste-Marie à Haileybury et le couvent St-Joseph’s College, une institution anglaise. Plus tard, elle a fait son École normale à l’Université d’Ottawa en 1943.

Première de classe depuis sa tendre enfance, Hélène avait toujours su qu’elle se dirigerait vers l’enseignement. Les valeurs de justice, d’honnêteté et d’entraide apprises au sein de sa famille ont guidé ses projets professionnels et communautaires tout au long de sa vie.

Jeune femme sportive et enthousiaste, Hélène participait à de nombreuses activités, dont le mouvement des Guides et les activités paroissiales à Corbeil.

En 1945, elle a rencontré celui qui a allait devenir son partenaire de vie, Eugène Legros, alors qu’elle enseignait à Corbeil. Ensemble, ils ont élevé cinq enfants avec qui ils ont partagé des moments mémorables, entre autres, dans leur chalet au bord du lac Nosbonsing.

Sa carrière d’enseignante connut un temps d’arrêt pendant qu’elle a élevé sa famille, mais Hélène reprit la route de l’école par la suppléance et, éventuellement, effectua un retour à l’enseignement à temps plein en 1969. Interpelée par les besoins spéciaux des enfants, elle a complété plusieurs cours de spécialisation en la matière et travailla pendant 10 ans dans la récupération des jeunes dans les écoles.

Fidèle à elle-même, Hélène exerçait son leadership, non seulement en salle de classe, mais au sein de comités et d’associations de sa région. Elle fut, entre autres, directrice du comité qui informait et formait le personnel enseignant sur les nouvelles vagues en éducation. agente de liaison entre un groupe de la municipalité et son école, et membre de l’exécutif de la Fédération des femmes canadiennes françaises.

Hélène fit également sa marque comme historienne communautaire. Elle fut membre du conseil d’administration de la Société historique du Nipissing pendant de nombreuses années. En plus de son rôle de trésorière, elle a rédigé des biographies de personnalités locales, y compris celle de sa mère. En 1993, elle fut décorée du mérite par le ministère des Affaires civiques et culturelles pour son service de bénévolat au sein de la Société historique du Nipissing.

Après 26 ans de service au sein du Conseil scolaire de North Bay, Hélène a pris sa retraite en 1986, mais ne prit pas sa retraite du bénévolat ! En 1986, elle fut membre fondatrice du Club d’âge d’or de East Ferris (Corbeil & Astorville) et s’occupa alors de l’organisation de voyages pour les membres, de cliniques de santé, de cours de danse, de la rédaction de l’historique du Club et des membres, etc.

Hélène fut aussi très active au sein de l’organisation provinciale des enseignants retraités de l’Ontario (ERO), particulièrement de l’unité de langue française dont elle fut la présidente. En 1998, elle a reçu le prix prestigieux de Membre Fondateur pour sa contribution remarquable à ERO/RTO.

La philosophie de vie d’Hèlène fut le fondement de sa joie de vivre : «Ma philosophie, c’est de ne pas espérer au-delà des attentes quotidiennes, et en bout de ligne, on finit par être comblés plus qu’on espère. Ce que je donne pour le bien des autres, un sourire, de l’aide, une parole encourageante, tous ces gestes me reviennent en joies renouvelées

Enseignante pour la vie, Hélène a donné des cours de danse et d’exercices aquatiques jusqu’à un âge avancé. Elle est décédée à l’âge de 88 ans en 2013 léguant en héritage de leçons de vie portant sur l’engagement, le dévouement, le bonheur et le dépassement de soi.

Réf. : «Vie de chez nous Nipissing Est», Société historique de Nipissing, 2001. http://www.mcguintyfuneralhome.com/notices/Hlne-Legros

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part.