Mélanie Smits

Enseignante en construction identitaire autochtone, formatrice en art et culture autochtones, musicienne et chanteuse en langues anishnabes

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Mélanie Smits via YouTube (Fier et Métissé, L’Écho d’un peuple)

«Il y en a qui m’appelle une Amérindienne. D’autres qui m’appellent une Autochtone. Mais moi, ce qui me fait vraiment plaisir, c’est quand on m’appelle par mon vrai nom. Je suis une Anishnabe

— Mélanie Smits dans Fier et Métissé, L’Écho d’un peuple

Mélanie Smits est née à Sudbury en 1989. Elle a grandi à Sudbury et dans la région de Nipissing, le lieu d’origine de sa famille. Ancienne étudiante du Collège Notre-Dame, Mélanie a complété des études postsecondaires à l’Université Laurentienne et à l’Université Western. Enseignante de formation, elle a un baccalauréat en éducation spécialisé en sciences religieuses et en études autochtones et une maîtrise en éducation spécialisée en leadership autochtone. De plus, Mélanie a suivi un programme de leadership pour femmes autochtones au Coady International Institute (St. Francis Xavier University).

De 2012 à 2016, Mélanie fut responsable du dossier Autochtone (Premières Nations, Métis et Inuit) au Conseil scolaire catholique du Nouvel-Ontario (CSCNO) à Sudbury. Elle y gérait un programme au service des élèves de la maternelle à la 12e année. Parmi ses responsabilités figuraient le développement et la mise en oeuvre des programmes et services qui favorisent la réussite académique et la construction identitaire des élèves autochtones fréquentant les écoles du CSCNO.

Parmi ses activités au CSCNO, Mélanie a sensibilisé et formé les membres du personnel scolaire sur l’histoire, la culture et les perspectives des différentes nations autochtones. Elle a également développé des stratégies pour mieux répondre aux besoins des élèves autochtones sur l’ensemble du territoire desservi par le Conseil, en plus d’organiser des activités culturelles et d’appuyer l’établissement de partenariats avec des organismes et services communautaires.

Son implication auprès des jeunes Autochtones fait partie de sa vie depuis plusieurs années En 2011, elle a créé et coordonné le Camp de transition Autochtone au Collège Boréal. Parmi les ateliers offerts au Camp, on retrouvait des thèmes tels que la roue de la médecine, les sept enseignements sacrés, les enseignements de la tortue et les cérémonies traditionnelles. En plus de coordonner le programme, Mélanie offrait des formations sur la signification et la fabrication des capteurs de rêves et des bâtons de parole. En 2010, Mélanie fut également coordonnatrice du programme d’été pour les jeunes au sein de la Nation Métisse de l’Ontario.

En 2011, Mélanie a reçu l’Épée de Loyola. Ce prix est la plus prestigieuse distinction décernée par l’Université de Sudbury. Mélanie est la première descendante métisse à recevoir ce prix. Pendant son séjour à l’Université de Sudbury, elle était la représentante autochtone au Conseil étudiant de l’Association des étudiants francophones (l’AEF), ainsi que la représentante des étudiants Métis au conseil Indigenous Students Circle. Elle a aussi participé à l’équipe de révision du programme des Études amérindiennes et au comité d’embauche du département des Sciences religieuses. L’Épée de Loyola reconnaît son leadership exemplaire et ses remarquables qualités de leader.

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Mélanie Smits via http://www.naho.ca

Mélanie fut Réserviste d’infanterie au sein du 2e Régiment irlandais du Canada de 2007 à 2012. Bénévole au sein des nombreuses causes qui lui tiennent à coeur, elle fut décorée de la médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II pour ses engagements. Depuis 2012, Mélanie fait également fièrement partie du Programme national des modèles autochtones.

13782105_307487936257243_9005697483405899760_nAujourd’hui, Mélanie marche dans les pas de ses ancêtres et transmet son savoir, son savoir-faire et son savoir-être aux enfants de sa famille élargie et de la communauté sudburoise, nipissingue et ontaroise.

Elle fait partie du quatuor Le Cercle Métissé — un quatuor d’artistes des Premières Nations et Métis franco-ontariens qui offre la richesse de la culture par l’entremise des chansons traditionnelles, légendes et traditions. Ce quatuor se produit au Canada et a aussi fait une tournée en France.

Le message que Mélanie tient à partager est que le « sang mêlé » (le métissage) est un cadeau identitaire, une force pour l’évolution de la personne métisse, des Premières Nations et de la société en général. Dans tout ce qu’elle entreprend, elle se laisse porter par la sagesse de ses grands-mères qui lui ont enseigné l’amour des gens, l’amour de la nature et l’amour de la Terre Mère.

En septembre 2016, Mélanie entreprend une nouvelle aventure. Elle retourne dans la région du Nipissing, cette fois au service du Conseil scolaire catholique Franco-Nord dans un rôle de conseillère pédagogique en éducation autochtone. Fière Métisse et fière Franco-Ontarienne, Mélanie poursuit son œuvre dans les Pays d’en haut…

NOTE : L’Épée de Loyola est le prix le plus prestigieux décerné par l’Université de Sudbury.  Il fut crée par le Conseil des Régents en 1966 pour reconnaître chaque année les mérites du finissant ou de la finissante qui entre tous et toutes, s’est rendu(e) remarquable par la distinction de ses études, par ses qualités de chef, et par sa sollicitude pour les autres. Le prix est inspiré par la vie de St-Ignace de Loyola, chevalier espagnol qui est converti au christianisme en 1521.  En abandonnant son épée, il fonda la communauté des Jésuites qui a pour but le service à l’humanité.

Réf. http://melaniesmits.weebly.com/prix.html; Monologue créé pour les spectacles L’écho d’un peuple fier et métissé; profil de Mélanie Smits sur LinkedIn; http://www.naho.ca; http://www.usudbury.ca/fr/archives-2015/508-deux-camps-d-exploration-a-l-universite-de-sudbury

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Fleurette Robillard, sasv

Religieuse, enseignante, directrice scolaire, directrice de camps d’été pour jeunes

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Sr Fleurette Robillard, sasv yourlifemoments.ca

Née à Timmins en 1921, Fleurette Robillard est la fille aînée de Jean-Baptiste Robillard, originaire de Thurso au Québec et d’Anna Valiquette.

Animée par sa foi et un dynamisme passionné pour la vie, Sr Fleurette a tracé un chemin de lumière partout où elle est passée.

Élevés par des parents pieux, Fleurette et ses frères et sœurs (famille de 7 enfants) apprirent à aimer leur prochain et à se dévouer à Marie. L’enfant Fleurette fréquenta l’école primaire sous l’égide de la Congrégation des Sœurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge (SASV), ainsi que l’Académie Sainte-Marie à Hailebury où sa dévotion mariale fut bien alimentée. Pour la jeune Fleurette, il allait de soi qu’elle se ferait religieuse dès la fin de ses études secondaires. Elle est devenue Soeur St-Jean-du-Calvaire au sein de la Congrégation des Soeurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge (SASV) en 1944.

Par la suite, Sr Fleurette a consacré sa vie à la transmission de l’amour de Marie et oeuvra particulièrement auprès de la jeunesse franco-ontarienne et québécoise. Elle fut enseignante à North Bay et directrice à l’école élémentaire de Haileybury. Créative et dynamique, elle a fait sa marque auprès des jeunes en les appuyant dans le développement et la mise en valeur de leurs qualités de leadership.

En 1957, elle fut nommée responsable diocésaine de la Croisade eucharistique et commença dès lors à organiser des camps d’été pour les jeunes. D’abord connu sous le nom de camp «Baie de l’Orignal» dans le Témiscamingue québécois, le camp prit le nom de Camp Fatima sous la direction de Sr Fleurette. En Ontario, le camp portait le nom de «Mond’Ami» et était situé face au lac Gillies, au sud de Cobalt.

Ses nombreux camps d’été ont réuni plusieurs centaines de jeunes qui, au fil des décennies, ont appris à se développer tant au niveau spirituel qu’organisationnel. À ses côtés, garçons et filles apprivoisaient l’autonomie et nourrissaient leurs habiletés de futurs chefs de société.

Malgré des moyens financiers limités, Sr Fleurette trouvait d’année en année tout ce qui lui fallait pour entretenir les chalets au camp, nourrir les centaines de jeunes qui participaient au programme, superviser les équipes de moniteurs et monitrices, ainsi que gérer les relations avec les bienfaiteurs de son programme jeunesse. Certains diront qu’elle avait un pouvoir de persuasion impressionnant et une détermination sans faille ! Au coeur de tous ses gestes, la charité apostolique de sa congrégation religieuse brillait comme une étoile dans le ciel.

Parmi les nombreuses réalisations de Sr Fleurette, on retrouve son implication dans l’équipe de l’Accueil Ste-Marie, un centre de ressourcement spirituel. Elle avait également à cœur de faciliter l’accès à de la documentation pédagogique variée qu’elle mettait au service de sa communauté religieuse et des écoles. Sr Fleurette a aussi organisé des nombreuses activités visant à faire découvrir d’autres pays et d’autres cultures à sa communauté religieuse.

Femme de grande foi, Sr Fleurette a toujours conservé sa joie de vivre, son sens de la communauté, sa spiritualité d’espérance. Elle fut, pour plusieurs, un exemple de courage, de ténacité, d’audace et d’endurance. Son sens irréprochable du devoir et du respect des autres fut un enseignement en soi. Sr Fleurette (Soeur Saint-Jean-du-Calvaire) est décédée en 2012.

Marcheuses à l'étoileNOTE HISTORIQUE : L’oeuvre des SASV à North Bay prit racine en 1920 alors que les religieuses ont répondu à la demande d’enseigner aux enfants canadiens-français de North Bay. À cette époque, on ne comptait que deux écoles séparées où les enfant anglophones et francophones se partagaient les classes (l’école Sainte-Marie et l’école Saint-Joseph). En 1925, étant donné le nombre grandissant d’élèves, le conseil scolaire fit construire l’école Saint-Vincent-de-Paul, première école exclusivement réservées aux Canadiens-Français de North Bay. (Réf. Tremblay, Claire, S.A.S.V., «Marcheuses à l’étoile : les Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge en Ontario, 1910-1997», 1999, pp.295-296.)

Références pour la rédaction du profil : un texte préparé par Sr Alice Ayotte et ses compagnes de la Congrégation des Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge (juin 2012); des souvenirs partagés par Michelle Deshaies; un ouvrage rédigé par Sr Claire Tremblay, S.A.S.V., «Marcheuses à l’étoile : les Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge en Ontario, 1910-1997», 1999; une notice nécrologique publiée sur le site www.mcguintyfuneralhome.com. Photo : yourlifemoments.ca

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part. Je remercie tout particulièrement et très chaleureusement Michelle Deshais pour ses recherches et le partage de ses souvenirs de Sr Fleurette Robillard.

Les Soeurs de Sainte-Croix à Gogama

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Jubilé d’or de Sr Marie Wenceslas, supérieure fondatrice à Gogama. De g. à d. Cécile Nadeau (enseignante), sa mère  Yvonne, Sr Marie Anne-Lucie, Sr Marie Wenceslas.

 

« Enfin les mots sont impuissants à traduire ce que nous avons vécu à l’occasion de cette rencontre. Si nous nous sommes données durant trente années, nous avons aussi beaucoup reçu de ces gens simples mais vrais, capables de dévouement et de générosité, de solidarité, de gratitude et de partage. » — Soeur Berthe Lefebvre, c.s.c, au moment de la retraite des Soeurs de Sainte-Croix de Gogama, 1988

De nombreuses congrégations religieuses ont participé au développement de l’Ontario français, dont la Congrégation des Soeurs de Sainte-Croix. Cette congrégation a oeuvré dans plusieurs villes incluant Lafontaine, Cornwall, Penetanguishene, Ottawa, Barrie et plusieurs autres. Dans le Nord de l’Ontario, plus particulièrement à Gogama, les Soeurs de Sainte-Croix ont été présentes pendant 30 ans, de 1958 à 1988.

Il faut dire que les religieuses étaient fort attendues à Gogama, puisque les curés de la mission solicitaient leur présence depuis 1935. Celles-ci arrivèrent en 1958 sous la direction de  la supérieure Soeur Wenceslas (Mary O’Connor) et trois religieuses : Soeur Anne-Lucie (Lucie Charest), Soeur Paul-Bernard (Thérèse Quesnelle) et Soeur Lucien-René (Irène Dauphin).

Gogama est l’un des 22 districts de forêts de l’Ontario. Au moment de l’arrivée des religieuses de Sainte-Croix dans ce district en 1958, la population catholique locale se chiffrait à 582 personnes. Pourtant, if fut un temps où 4 000 habitants avaient élu résidence à Gogama entre les années 1917 et 1941 ! Les soeurs ont été accueillies avec grand enthousiasme par le curé Georges-Aimé Mathieu et ses paroissiens, mais plusieurs défis les attendaient !

Les soeurs ont d’abord habité au presbytère, puis elles ont aménagé dans des locaux de l’école : chambres, chapelle, salle à manger et bureau devaient être rapidement organisés, mais les soeurs n’avaient aucune possession matérielle outre leur petite malette individuelle. Elles s’y installèrent tant bien que mal, même si les locaux présentaient de nombreux inconvénients. Les quatre soeurs  fondatrices ont fait montre de courage !

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École Notre-Dame-du-Rosaire à Gogama en 1950. Les locaux des religieuses étaient situés aux deux extrémités.

Dès septembre, les religieuses enseignaient à 137 élèves, répartis en 5 classes. En quelques mois, le progrès des élèves était évident et les parents étaient remplis de reconnaissance pour la congrégation. De plus, une fois par semaine, une religieuse se déplaçait de Foleyet pour venir enseigner le piano aux enfants de Gogama. Sr Madeleine-Cécile (Madeleine Villeneuve) clôturait les cours de musique avec un récital au plus grand bonheur des familles.

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Les soeurs ont enseigné et exercé leur apostolat, non seulement à Gogama, mais dans quelques villes avoisinantes (catéchèse, préparation à la première Communion et à la Confirmation). À la fin des années 60, les religieuses sont retournées vivre au presbytère alors que le curé prit résidence dans une roulotte.

Tout au long de leur mission à Gogama, les soeurs ont su profiter de la magnifique région — les lacs, les randonnées en nature, le patin sur glace, le Carnaval d’hiver, etc. Lorsque les températures étaient trop froides, les religieuses faisaient du  patin à roulettes !

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Au cours des années 1970, la présence laïque se faisant plus grande dans les écoles, la présence des soeurs se faisait de plus en plus discrète. Elles étaient vieillissantes et la relève n’était pas au rendez-vous, si bien qu’en juin 1988, la Congrégation des Soeurs de Sainte-Croix se retira complètement de Gogama. C’était la fin d’une époque…

Screen Shot 2016-03-31 at 10.36.35 AMÀ l’automne 1988, une grande fête de gratitude fut organisée pour les religieuses et une plaque-souvenir où figurent les noms de toutes les religieuses fut dévoilée. Elles ont laissé leur marque dans le coeur des parroissiens et dans le développement de la communauté reconnaissante. Heureusement, Sr Hélène Bériault, csc, a raconté la fabuleuse histoire de l’oeuvre des Soeurs de Sainte-Croix en Ontario français dans un ouvrage publié en 1989.

NOTE : J’aimerais remercier très chaleureusement Gerry Talbot, le directeur du Musée héritage de Gogama pour sa précieuse collaboration. Grâce à sa générosité, j’ai pu rédiger ce profil de la présence des Soeurs de Sainte-Croix à Gogama. M. Talbot a fourni des documents, des photos et des souvenirs pour la rédaction du profil. Merci ! 

Références : La Montée avec les Franco-Ontariens écrit par Hélène Bériault, c.s.c, 1989; Gerry Talbot, directeur du Musée héritage de Gogama http://www.gogama.ca/museum.html

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L’honorable Lise Maisonneuve

Juge en chef de la Cour de justice de l’Ontario, spécialiste du droit criminel

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L’honorable Lise T. Maisonneuve via news.ontario.ca

«Au cours d’une carrière judiciaire exemplaire, la juge Maisonneuve a acquis une réputation de solide chef de file, de collaboratrice efficace et de défenseuse déterminée de la modernisation et de l’amélioration continue de nos tribunaux.

J’ai entièrement confiance en sa capacité de diriger et j’attends avec impatience de voir le travail que nous pouvons accomplir ensemble pour le système de justice et pour la population qu’il dessert.»

— L’honorable Madeleine Meilleur, procureure générale via https://news.ontario.ca

Native de Timmins, Lise Maisonneuve a grandi au coeur d’une famille francophone où elle a appris la valeur du service aux autres et la fierté du travail bien exécuté.

«Dans ma famille, on ne parlait que le français. Mon père est né à Timmins, mais ses parents sont Québécois. Et ma mère a quitté le Québec pour déménager à Timmins à l’âge de 18 ans, elle ne parlait pas un mot d’anglais.» (Lise Maisonneuve citée dans le journal LeDroit, 11 avril 2015).

Lise a fait ses études en droit à l’Université d’Ottawa et fut admise au Barreau en 1991. En 2015, elle fut nommée au poste de juge en chef de la Cour de justice de l’Ontario faisant d’elle est la deuxième femme nommée à ce poste, la première francophone de l’Ontario nommée juge en chef de la plus vaste cour de justice au pays, et la première personne native du Nord de l’Ontario à occuper ces fonctions.

Avant d’être nommée juge en chef de la Cour de justice de l’Ontario, la juge Maisonneuve a présidé des affaires criminelles dans la région d’Ottawa pendant douze ans. Elle est devenue juge principale régionale de l’Est, en 2011, puis juge en chef adjointe de la Cour de justice de l’Ontario en 2013. Elle fut également associée du cabinet Carroll, Wallace and Maisonneuve d’Ottawa, où elle se spécialisait dans le droit criminel.

Fière de ses racines et consciente des lacunes en matière linguistique dans le système judicaire ontarien, la juge Maisonneuve est commise à la cause des services en français dans les tribunaux de la province. Elle souhaite de tout coeur être un modèle pour les femmes, mais aussi pour les francophones de l’Ontario qui aspirent à gravir les échelons au sein de la profession du droit.

«On m’accorde un immense privilège et j’en suis très fière. C’est une cour qui a une grande crédibilité, même au niveau national. Et c’est un privilège d’avoir été choisie pour mener cette cour pour les huit prochaines années.», citée dans LeDroit, 11 avril 2015.

NOTE : «La Cour de justice de l’Ontario traite d’affaires relevant du droit criminel et du droit de la famille. Elle constitue le tribunal le plus vaste du Canada. Elle entend plus de 200 000 affaires criminelles et des millions de cas d’infractions provinciales, comme des contraventions au Code de la route, et dessert plus de 20 000 familles en crise chaque année.» Gérard Levesque, L’Express, avril 2015, accédé le 9 mars 2016

Réf. http://www.lexpress.to/archives/15180/; http://ottawacitizen.com/news/local-news/ottawa-judge-lise-maisonneuve-named-chief-justice-of-ontario; http://ici.radio-canada.ca/emissions/ca_parle_au_nord/2013-2014/chronique.asp?idChronique=369091; http://www.lapresse.ca/le-droit/chroniqueurs/denis-gratton/les-grandes-entrevues/201504/11/01-4860114-une-premiere-a-la-cour-de-justice-de-lontario.php

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part. 

Article publié dans Le Billochet (2016)

Dans le contexte du Mois du patrimoine en Ontario français, dont le thème 2016 est «Patrimoine en musique et en mots», j’ai publié un article dans LE BILLOCHET, le bulletin du Centre franco-ontarien de folklore (CFOF).

Vous pouvez lire l’article en cliquant sur le lien ci-dessous. Dans cet article je présente cinq Elles du Nord passionnées des mots et porteuses de tradition en Ontario français.

Article : Porteuses de tradition! (Le Billochet, février 2016, no 54)

 

 

Histoires Plurielles : blogue

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Le projet des Elles du Nord existe depuis 2012 sous forme d’un blogue (celui-ci !) et d’une page FB intitulée LES ELLES DU NORD. 

J’ai aussi lancé un 2e blogue en 2014 que j’ai intitulé Histoires Plurielles.  Voici le lien pour le visiter ou pour y contribuer ! 

https://histoiresplurielles.wordpress.com

Le projet Histoires plurielles est une initiative des Elles du Nord (https://femmesdelaroute11.wordpress.com). Le projet donne la parole aux femmes et aux hommes qui souhaitent partager une anecdote ou une tranche de vie des bâtisseuses de familles et créatrices de valeurs des quatre coins de l’Ontario français. L’histoire des femmes, notamment celles qui ont donné naissance à un pays francophone en Ontario, à des générations d’enfants, à des institutions, à des oeuvres d’entraide, à des façons de faire et d’être — est une histoire qui a été peu racontée. Le but du projet Histoires plurielles est d’accorder un espace à cette histoire.

Si vous avez le goût de raconter un moment de la vie de votre mère, grand-mère, arrière grand-mère, tante, ou encore une anecdote liée à une femme de l’Ontario français qui a eu une influence positive sur vous, votre famille ou sur la communauté où vous avez grandi, envoyez-nous son histoire à elles@triyana.ca. La personne que vous présentez peut être une membre de votre famille ou encore une enseignante, voisine, politicienne, leader communautaire, auteure, etc. qui fait partie de ces bâtisseuses de l’Ontario. Vous pouvez aussi nous parler de VOUS, d’un souvenir qui vous a marqué en Ontario français (enfance, jeunesse, âge adulte), d’un chemin particulier que vous avez emprunté et qui a eu de l’influence sur la société franco-ontarienne, etc. Au plaisir de vous lire !

Écrivez-moi à elles@triyana.ca

Sr Thérèse Allard, s.a.s.v.

 

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Sr Thérèse Allard, s.a.s.v. Photo : Société historique du Nipissing, 2001

Née à Haileybury en 1931, Thérèse Allard est la fille de Georges Salomon Allard (1885-1948) de Pembroke et de Sophie Godin (1886-1972), également de Pembroke.

Elle est la cadette d’une famille de 12 enfants dont la sœur aînée Stella fut également religieuse chez les Sœurs de l’Assomption de la Sainte Vierge. (SASV).

À sa naissance, les parents de Thérèse lui ont donné comme patronne Sainte Thérèse de Lisieux, canonisée quelques années auparavant en 1925.

Élevée dans une famille où régnait l’amour, Thérèse a joui d’une enfance heureuse. «Même si nous étions à revenu moyen, mes parents tenaient à ce que nous soyons propres et bien mis. Un prêtre à l’époque avait décrit le rituel de mon père le dimanche matin avant la messe : ‘tous les enfants se rangeaient pour l’inspection de la tête aux pieds (souliers bien cirés) avant de se rendre à l’église’.»

La famille Allard a connu son lot d’épreuves mais leur foi inébranlable leur a permis de les traverser dans l’espérance sans cesse renouvelée :

  • le grand feu de Haileybury (1922) dans lequel la famille Allard a perdu maison, commerce, chevaux;
  • la dépression des années ’30;
  • l’incendie de l’hôtel Albert à Rouyn en 1938 dans lequel Georges Allard fut gravement brûlé;
  • la 2e guerre mondiale de 1939-1945 dans laquelle ses frères ont combattu sur les champs de bataille d’Europe (les quatre sont revenus sains et saufs).

Jeune fille, Thérèse fit ses études de la première à la treizième année (de 1937 à 1949) à l’Académie-Sainte-Marie située tout près de la maison familiale. «Les religieuses étaient toujours disponibles pour nous aider dans les matières qui présentaient des difficultés ou dans des circonstances pénibles que nous pouvions vivre. Leur vie simple, enjouée et priante faisait de ces éducatrices compétentes des grandes soeurs de qui nous apprenions le sens et le goût de la vie

Thérèse sentit l’appel à la vie consacrée en communauté et a choisi de vouer sa vie aux jeunes par l’entremise l’éducation en se joignant à la Congrégation des Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge en 1949. Elle prononça ses voeux en religion à Nicolet, Québec, le 15 février 1952.

Sr Thérèse a complété sa formation à l’École normale de l’Université d’Ottawa en 1953 et se consacra à l’enseignement et à la direction scolaire dans les écoles du Nord, dont Chiswick, Earlton, River Valley et North Bay. Par la suite, elle a obtenu un baccalauréat, une maîtrise en éducation avec spécialisation en orientation de l’Université d’Ottawa et un certificat de spécialiste en orientation du ministère de l’Éducation de l’Ontario.

Dans un texte autobiographique, Sr Thérèse partage que le plus grand défi de sa vie d’enseignante fut celui de fonder le programme d’études en 11e et 12e années de l’école secondaire privée St-Jean-Baptiste à Earlton en 1962/63 pour que garçons et filles francophones de cette paroisse puissent poursuivre leurs études sans avoir à voyager matin et soir. «Après presque quarante ans, j’ai rencontré ces ‘anciens’ aux ‘retrouvailles’ d’Earlton en août 2000. La joie spontanée et la chaleur de leur accueil témoignent des liens tissés alors que nous avons trimé dur ensemble pendant ces quelques années.»

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Photo : «Ils sont venus…Earlton, Ontario, 1910-1960». Merci à l’auteur du livre Alain Savoie pour la permission de reproduction !

Sr Thérèse fut impliquée de maintes façons auprès des jeunes, de sa paroisse et de sa communauté. Elle fut notamment conseillère en orientation, animatrice de groupes jeunesse, accompagnatrice des jeunes dans leurs activités humanitaires au pays et en Jamaïque. Elle fut tour à tour sacristine, directrice de chant, organiste, membre du Conseil de pastorale paroissiale et du comité de liturgie, aide dans les équipes de préparation aux sacrements et agente de pastorale.

En 2002, St Thérèse a célébré le 50e anniversaire de sa consécration dans la vie religieuse. À ce sujet, elle écrit qu’elle est «fière de faire partie de la Congrégation des Soeurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge, car elle [la Congrégation] a bougé sans soubresaut et sûrement. Pour les gens, le changement le plus visible a peut-être été l’adoption du costume contemporain, mais il n’était qu’un signe extérieur du désir qui nous habite de répondre aux besoins nouveaux de notre monde et de nous sensibiliser à ses problèmes dans nos milieux d’insertion : au Québec, en Ontario, dans l’Ouest canadien, aux États-Unis, au Japon, au Brésil, en Équateur et en Haïti

L’engagement et la mission de vie de Sr Thérèse est à l’image de sa définition de ce que représente le fait de «vivre pleinement», c’est-à-dire en étant éveillée — éveillée aux défis, à l’éducation, aux arts, à l’aide humanitaire, à la présence auprès des jeunes, à la beauté du monde, à l’amitié… et à une capacité quotidienne de «renouveler le don de sa vie et en retenir la fraîcheur et la ferveur peu importe l’état où on est engagé

Références : «Vie de chez nous Nipissing Est», 2001, La Société historique du Nipissing, texte autobiographique par Sr Thérèse Allard, s.a.s.v. (résumé); http://www.sasv.ca; livre «Marcheuses à l’étoile : les Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge en Ontario 1910-1997.

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part.