Fleurette Robillard, sasv

Religieuse, enseignante, directrice scolaire, directrice de camps d’été pour jeunes

NUANN139608

Sr Fleurette Robillard, sasv yourlifemoments.ca

Née à Timmins en 1921, Fleurette Robillard est la fille aînée de Jean-Baptiste Robillard, originaire de Thurso au Québec et d’Anna Valiquette.

Animée par sa foi et un dynamisme passionné pour la vie, Sr Fleurette a tracé un chemin de lumière partout où elle est passée.

Élevés par des parents pieux, Fleurette et ses frères et sœurs (famille de 7 enfants) apprirent à aimer leur prochain et à se dévouer à Marie. L’enfant Fleurette fréquenta l’école primaire sous l’égide de la Congrégation des Sœurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge (SASV), ainsi que l’Académie Sainte-Marie à Hailebury où sa dévotion mariale fut bien alimentée. Pour la jeune Fleurette, il allait de soi qu’elle se ferait religieuse dès la fin de ses études secondaires. Elle est devenue Soeur St-Jean-du-Calvaire au sein de la Congrégation des Soeurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge (SASV) en 1944.

Par la suite, Sr Fleurette a consacré sa vie à la transmission de l’amour de Marie et oeuvra particulièrement auprès de la jeunesse franco-ontarienne et québécoise. Elle fut enseignante à North Bay et directrice à l’école élémentaire de Haileybury. Créative et dynamique, elle a fait sa marque auprès des jeunes en les appuyant dans le développement et la mise en valeur de leurs qualités de leadership.

En 1957, elle fut nommée responsable diocésaine de la Croisade eucharistique et commença dès lors à organiser des camps d’été pour les jeunes. D’abord connu sous le nom de camp «Baie de l’Orignal» dans le Témiscamingue québécois, le camp prit le nom de Camp Fatima sous la direction de Sr Fleurette. En Ontario, le camp portait le nom de «Mond’Ami» et était situé face au lac Gillies, au sud de Cobalt.

Ses nombreux camps d’été ont réuni plusieurs centaines de jeunes qui, au fil des décennies, ont appris à se développer tant au niveau spirituel qu’organisationnel. À ses côtés, garçons et filles apprivoisaient l’autonomie et nourrissaient leurs habiletés de futurs chefs de société.

Malgré des moyens financiers limités, Sr Fleurette trouvait d’année en année tout ce qui lui fallait pour entretenir les chalets au camp, nourrir les centaines de jeunes qui participaient au programme, superviser les équipes de moniteurs et monitrices, ainsi que gérer les relations avec les bienfaiteurs de son programme jeunesse. Certains diront qu’elle avait un pouvoir de persuasion impressionnant et une détermination sans faille ! Au coeur de tous ses gestes, la charité apostolique de sa congrégation religieuse brillait comme une étoile dans le ciel.

Parmi les nombreuses réalisations de Sr Fleurette, on retrouve son implication dans l’équipe de l’Accueil Ste-Marie, un centre de ressourcement spirituel. Elle avait également à cœur de faciliter l’accès à de la documentation pédagogique variée qu’elle mettait au service de sa communauté religieuse et des écoles. Sr Fleurette a aussi organisé des nombreuses activités visant à faire découvrir d’autres pays et d’autres cultures à sa communauté religieuse.

Femme de grande foi, Sr Fleurette a toujours conservé sa joie de vivre, son sens de la communauté, sa spiritualité d’espérance. Elle fut, pour plusieurs, un exemple de courage, de ténacité, d’audace et d’endurance. Son sens irréprochable du devoir et du respect des autres fut un enseignement en soi. Sr Fleurette (Soeur Saint-Jean-du-Calvaire) est décédée en 2012.

Marcheuses à l'étoileNOTE HISTORIQUE : L’oeuvre des SASV à North Bay prit racine en 1920 alors que les religieuses ont répondu à la demande d’enseigner aux enfants canadiens-français de North Bay. À cette époque, on ne comptait que deux écoles séparées où les enfant anglophones et francophones se partagaient les classes (l’école Sainte-Marie et l’école Saint-Joseph). En 1925, étant donné le nombre grandissant d’élèves, le conseil scolaire fit construire l’école Saint-Vincent-de-Paul, première école exclusivement réservées aux Canadiens-Français de North Bay. (Réf. Tremblay, Claire, S.A.S.V., «Marcheuses à l’étoile : les Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge en Ontario, 1910-1997», 1999, pp.295-296.)

Références pour la rédaction du profil : un texte préparé par Sr Alice Ayotte et ses compagnes de la Congrégation des Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge (juin 2012); des souvenirs partagés par Michelle Deshaies; un ouvrage rédigé par Sr Claire Tremblay, S.A.S.V., «Marcheuses à l’étoile : les Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge en Ontario, 1910-1997», 1999; une notice nécrologique publiée sur le site www.mcguintyfuneralhome.com. Photo : yourlifemoments.ca

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part. Je remercie tout particulièrement et très chaleureusement Michelle Deshais pour ses recherches et le partage de ses souvenirs de Sr Fleurette Robillard.

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Marguerite (Duguay) Rousselle

Portrait d’une pionnière du Nord-Est ontarien à Mattice*, doyenne des Elles du Nord

Marguerite Rousselle 2013

Photo : avec l’aimable autorisation de la famille, 2013

« Accordez-vous et faites une belle vie. Le Bon Dieu aime et récompense 



».

— Mots de sagesse partagés par Marguerite Duguay Rousselle, 2013

Née en 1909 à Saint-Isidore dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, Marguerite Duguay a grandi bien entourée dans une famille de 16 enfants au creux de son petit village natal.

Elle a fréquenté l’école jusqu’en 5e année, et comme c’était le cas dans les familles nombreuses d’autrefois, elle rendait service à ses parents  en travaillant sur la ferme familiale. Elle aidait aussi ses soeurs suite à leurs accouchements en prenant soin des bébés.

Marguerite a raconté également qu’elle allait également ramasser des roches sur les terres d’autres cultivateurs qui lui versaient un petit salaire pour le travail accompli. Cet argent, elle le donnait à ses parents pour aider la famille.

Au printemps 1931, la vie de Marguerite a pris un tournant déterminant. Alors âgée de 21 ans, elle a quitté la péninsule acadienne pour fonder de nouvelles racines dans le Nord-Est ontarien.

Elle venait à Kapuskasing y rejoindre son futur époux Wilfrid (Alfred) Rousselle, également natif de Saint-Isidore, qui lui avait fait parvenir une demande en mariage par la poste !

Marguerite a fait le long trajet en train seule. À la vue de Kapuskasing en 1931, elle dit avoir été « heureuse de se trouver dans une belle et grande ville ».

Quelques membres de la famille Rouselle étaient déjà installés en Ontario depuis quelques années dans l’espoir d’y bâtir une  vie meilleure. Alfred a d’abord travaillé à l’usine de pâte et papier Spruce Falls avant de devenir bûcheron.

Deux semaines suivant son arrivée en terre ontarienne, Marguerite joignait sa vie à celle d’Alfred par la célébration de leur mariage à l’église Immaculée-Conception. C’est alors que le couple Rousselle a élu domicile sur une ferme dans le rang 2 à Mattice où ils ont fondé une famille de 8 enfants, tous accouchés à la maison familiale soit par des sages-femmes ou par des médecins venus de Hearst ou de Kapuskasing.

Marguerite et Alfred

Marguerite et Alfred Rousselle avec leur premier fils Fabien, 1932.
Photo prise dans le rang 2 à Mattice.

Malgré une joie de vivre inlassable et une détermination de pionnière, Marguerite a trouvé l’adaptation dans le Nord-Est ontarien difficile par moment. Les années 30 ont été marquées par la Grande Dépression et la population de Mattice n’a pas été épargnée des soucis financiers encourus durant cette tranche de l’histoire canadienne.

Comme toutes les familles de la région à l’époque, la famille Rouselle avait des coupons pour subvenir aux besoins quotidiens et Marguerite devait respecter les quantités imposées coûte que coûte.

Marguerite et le cheval

Marguerite Duguay Rousselle, 1932

Tout en s’adaptant à de nouvelles habitudes de vie sur sa terre d’adoption, Marguerite a élevé sa famille et traversé les années sévères de la Dépression. La situation était exigeante pour le moral des habitants, mais «on a quand même passé au travers», de dire Madame Duguay-Rousselle, lorsqu’elle a raconté ses souvenirs à son arrière-petit-fils Hugo Tremblay.

Marguerite a dit avoir conservé des souvenirs chaleureux de son village natal acadien et de la ferme paternelle. Elle a eu l’occasion d’y retourner 5 fois pour y puiser de grands moments de bonheur et remplir son cœur de la joie de son pays, la belle Acadie.

Pionnière d’une société nord-ontarienne en plein développement, mère de famille dévouée, fermière et cultivatrice — la vie de Marguerite a été fort remplie auprès de ses enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants et arrière-arrière-arrière petits-enfants, ce qui représente une fière tablée de plus de 70 personnes !

À sa descendance et aux générations de l’avenir, Marguerite Duguay-Rousselle a légue de précieux conseils —

« Prenez le temps de vivre. Montrez toujours le bon exemple. Prenez soin de votre prochain, et surtout, prenez soin de vos enfants ».

Et l’éternelle optimiste avait alors terminé son entretien avec Hugo, son arrière-petit-fils en lui refilant sur un ton humoristique : « Et surtout, restez jeunes et ne vous mariez pas ! ».

La doyenne des Elles du Nord est décédée quelque temps après avoir célébré ses 104 ans le 11 septembre 2013 (d. 5 mars 2014). Elle aura toujours une place d’honneur dans les archives des Elles du Nord !

Note historique : Le village de Saint-Isidore est nommé ainsi en l’honneur d’Isidore le Laboureur, le saint patron des agriculteurs, puisque les premiers colons ont eu de la difficulté à s’établir sur le site.

* Ce profil a été rendu possible grâce à une entrevue menée par Hugo Tremblay, l’arrière-petit-fils de Marguerite Duguay Rouselle pour le compte des Elles du Nord. Hugo a une passion pour l’histoire de ses ancêtres qui lui a été transmise par sa grand-mère Rose Rouselle Lachance. Il a toute ma reconnaissance et mes remerciements les plus sincères pour sa générosité de cœur et son professionnalisme.

Certification 2013

Doris Riopel

Chef de file pour la culture et le développement de la collectivité francophone dans le Nord-Est ontarien, fondatrice de l’UCF♀ à Chapleau, artisane, bénévole

Doris Riopel

Photo : avec l’aimable autorisation de Doris Riopel

Née à St-Côme de Joliette au Québec en 1940, Doris (née Mireault) y a fait ses études jusqu’en 9e année. Par la suite, elle a complété un cours de deux ans à l’Institut familial de l’enseignement des arts ménagés, dirigé par la congrégation des Sœurs de Ste-Anne à Joliette.

Doris est déménagée en Ontario en 1969 pour accompagner son mari Guy Riopel qui devait se rendre à Chapleau pour son travail de limeur.

Mère de 5 enfants, Doris en a profité pour s’impliquer au sein de sa nouvelle communauté dans le but d’aider à bâtir un avenir toujours meilleur pour les familles francophones de sa terre d’adoption — le Nord de l’Ontario.

D’abord active auprès du conseil scolaire, Doris a milité pour l’obtention d’un plus grand nombre de cours destinés aux élèves francophones du palier secondaire.

Elle fut également membre du groupe local qui a assuré la fondation et la construction de la première école secondaire francophone à Chapleau en 2000. La devise de l’école secondaire catholique Trillium reflète bien la passion de la communauté francophone de Chapleau — L’avenir commence ici !

Par la suite, Doris a été présidente du Centre culturel Louis-Hémon pendant deux mandats consécutifs. Elle s’est également impliquée dans le hockey junior B, notamment à titre de membre du comité de prélèvement de fonds.

En 1986, un autre défi l’attendait. Inspirée par une entrevue sur les ondes de TFO mettant en vedette Denise Séguin qui avait fondé le cercle de l’UCF♀ à North Bay, Doris entreprend de fonder le cercle de l’UCF♀ à Chapleau. Au sein de cet organisme, elle effectuera plusieurs mandats, dont 8 ans à titre de présidente locale, 4 ans comme présidente régionale et 4 ans à la présidence provinciale.

Doris est également membre des Filles d’Isabelle depuis 1987 et siège présentement au comité des funérailles.

L’œuvre communautaire de Doris a été parsemée de distinctions et de reconnaissances. En 1999, le Centre culturel Louis-Hémon a souligné son bénévolat exemplaire en lui décernant le prix de «bénévole de l’année». En 2005, ce même organisme lui a remis le prix de Femme de l’année. Le Centre culturel Louis-Hémon, fondé en 1974, assure la promotion, le développement et la diffusion des éléments de la culture franco-ontarienne et des arts à Chapleau.

Doris est également une artisane reconnue dans son milieu. En 2006, elle a présenté une exposition intitulée « Doigts de fée » mettant en vedette un vaste inventaire de ses créations — tissage, broderie, couture, crochet, cartes d’occasion, vêtements de baptême, couvertures…

Aujourd’hui, Doris est toujours active auprès de la collectivité de Chapleau et de sa famille de 5 enfants, 7 petits-enfants et 8 arrière-petits-enfants. Elle continue de transmettre son savoir artisanal aux enfants de sa collectivité !

Doris Riopel avec enfants

Doris Riopel avec des élèves de 5e année de l’école Sacré-Coeur à Chapleau. Cours de tissage. Photo : Page FB de l’Union culturelle des Franco-Ontariennes à Chapleau.

Références : quatrain.org; chapleauexpress.ca; texte de D. Riopel

Claire Rochon Blais

Femme d’affaires, pionnière en politique municipale, visionnaire pour la communauté francophone du Moyen-Nord, mentor pour les générations

Rochon-Blais_Claire

Photos : avec l’autorisation de Jean-Jacques Blais

« Comment décrire en une phrase, une femme exceptionnelle qui a vécu 75 ans avant son temps, la vie de femme que connaissent celles du 21e siècle — énergie, intelligence, force.  »

—   Nicole, fille de Claire, dans Une femme d’avant-garde

Née en 1915 dans une famille d’entrepreneurs à Sturgeon Falls*, Claire a appris tôt à se tailler une place auprès de ses frères dans l’entreprise familiale J.W. ROCHON ET FILS.  Née la 4e d’une famille de onze enfants, elle est la fille de Wilfrid Rochon et d’Énédine Lortie.

Détermination en main, elle a suivi un cours commercial dans le but de perfectionner ses connaissances administratives, et ainsi faire valoir ses talents sur le marché du travail, d’abord au service d’institutions bancaires, mais aussi dans l’entreprise familiale.

Employée à temps plein et mère de 6 enfants pendant la Seconde Guerre mondiale, Claire a dû relever des défis de taille pendant que son conjoint, Rodolphe Blais, était à l’étranger pour servir les efforts de guerre. En son absence, la famille a connu un sinistre incendie au cours duquel Claire a même dû risquer sa vie pour récupérer quelques objets des flammes, dont son SINGER (machine à coudre à pédale).

Non seulement Claire était-elle fine couturière, mais le SINGER était un objet absolument essentiel à la survie de la famille durant la période de guerre. Il n’était pas rare que les mères de famille devaient confectionner tous les vêtements de leurs enfants, ce qui était le cas de Claire.

Au fil d’une vie bien remplie, Claire a toujours vécu selon l’adage : Ce qui vaut la peine d’être fait vaut la peine d’être bien fait. Ainsi, peu importe qu’il s’agisse de —

  • voir au fonctionnement de la maisonnée Blais;
  • suivre les progrès académiques, artistiques et sportifs de ses enfants;
  • assumer ses responsabilités dans la boutique de vêtements de son père;
  • administrer les affaires de la famille Rochon;
  • relever le défi d’être chef de campagne pour son fils Jean-Jacques Blais, élu député fédéral dans Nipissing en 1972; ou
  • siéger à titre de conseillère au conseil municipal de Sturgeon Falls, ce qu’elle a fait pendant 13 ans (1972-1985), en plus d’être maire suppléante…

Claire était toujours au rendez-vous. Partout où elle a passé, elle a fait briller l’excellence et fut un mentor pour les générations. Elle a été l’une des premières femmes à se lancer en politique dans le Moyen-Nord. Elle fut d’ailleurs la première femme francophone à se faire élire au conseil municipal de Sturgeon Falls en 1973 (la même année que Colette Lévis).

Conseil municipal de Sturgeon Falls, 1973

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De g.à.d. en avant, assis : Claire Rochon Blais, le maire Gilbert Ouellette, Roger Aubry, le greffier. De g.à.d.en arrière, debout : Colette Lévis, Rhéal Savage, Marcel Labbé, Walter Cockburn, Ubald Serré.

Pendant ses 55 ans de vie à Sturgeon Falls, Claire a laissé sa marque dans plusieurs dossiers, particulièrement, celui de l’économie locale. Elle a également joué un rôle clé dans l’édification d’un nouvel hôtel de ville à Sturgeon Falls.

Conseil de Claire aux générations  —

«Si on veut que les choses changent, il faut être là où se prennent les décisions. Voilà la clé du changement ». (Citation puisée dans l’article de Monique Cousineau, 2011)

* La famille de Joseph Wilfrid Rochon a participé pendant plusieurs décennies au développement économique et culturel de Sturgeon Falls. J.W. Rochon s’est lancé en affaires dès 1925. Plusieurs enfants de la famille Rochon, dont Claire, se sont impliqués dans la communauté par l’intermédiaire d’organismes dont le but était de secourir les citoyens dans le besoin ou de faire avancer un dossier dans les domaines des arts et de l’éducation.

Note historique : L’avocat Jean-Jacques Blais, fils de Claire et de Rodolphe, a été député et ministre libéral de 1972 à 1984. Il a occupé plusieurs postes de prestige dont, entre autres, ministre de la Défense nationale, ministre des Approvisionnements et Services, Solliciteur général du Canada et ministre des Postes. En 2011, il a été décoré du Prix Bernard Grandmaître pour souligner sa contribution à la francophonie ontarienne.

Références : Article de Monique Cousineau, «Une femme d’avant-garde», Concerto, vol 2, no 11, 2011; biographie de Gaëtan Rochon (our.ontario.ca); texte de Claire Rochon-Blais, «Gaston’s First Communion», The Memory of all that: Canadian Women Remember World War II, p. 21-24, 1992; parl.gc.ca

Certification 2013

Béatrice Rouleau Boulay

Pionnière du Nouvel-Ontario, développement du Moyen-Nord, femme d’affaires

Boulay

Photo : avec l’autorisation de la Bibliothèque publique du Grand Sudbury

«[Béatrice] était énergique, et soit dit en passant, l’homme d’affaires qu’on ne jouait pas»

— Gilberte Proux, petite-fille de Béatrice Rouleau (nosracines.ca).

Native de St-Anaclet dans le comté de Rimouski au Québec, Béatrice a quitté sa terre natale en 1882, accompagnée de son mari Joseph Boulay et de six de leurs enfants.

La famille a traversé le Québec, et s’est  arrêtée, par la suite en Ontario, à Cornwall, pour y travailler dans les usines de coton.

Onze mois plus tard, la famille a quitté Cornwall pour Montréal, où ils sont demeurés pendant 6 mois. Attirée par la promesse d’un avenir meilleur dans le Nord de l’Ontario, la famille Rouleau-Boulay a repris la route, cette fois vers le Nouvel-Ontario.

Béatrice et sa famille sont arrivées en terre nord-ontarienne à Stinson Pit (30 km de Sudbury) en février 1884, et en mai de la même  année, la famille nomade a élu domicile permanent à Sudbury.

La famille Rouleau-Boulay est considérée comme étant l’une des premières familles pionnières canadiennes-françaises de Sudbury, sinon la première. Joseph y a d’ailleurs construit la toute première maison sur la rue Spruce.

Béatrice, femme d’affaires dans l’âme, eut l’idée dès le départ d’ouvrir sa maison aux ouvriers et aux voyageurs qui lui versaient une pension de 25 cents par nuit pour dormir sur le plancher d’une grande pièce de la maison, rebaptisée « le dortoir » — la première maison de pension à Sudbury.

L’entreprise a porté ses fruits et, sept ans plus tard, Béatrice a pu faire construire une grande maison de pension (3 étages) avec les profits de sa première entreprise. Ces argents lui ont non seulement permis de voir aux besoins de la famille et à l’entretien de la maison, mais Béatrice a pu faire éduquer ses filles au couvent des Sœurs de l’Assomption à Nicolet.

Béatrice a continué à faire fleurir son entreprise au point où ses économies lui ont permis d’acheter des terrains et de faire construire plusieurs maisons. Entre autres, elle a acheté cinq terres dans la première concession du canton de Garson pour y établir ses enfants.

Béatrice est décédée à Sudbury en 1921.

Références :  «Familles pionnières : leur odyssée, leur enracinement», Société Historique du Nouvel-Ontario Collège du Sacré-Coeur, Sudbury 1944 (noracines.ca); «La première maison de pension», Le Voyageur, 3 décembre 2008 (C. Pilon).

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part. 

Lise Routhier Boudreau

Enseignante, visionnaire et chef de file pour la francophonie en Ontario et en Amérique

 

«Si nos communautés se sont mobilisées avec autant d’enthousiasme pour ce grand projet d’avenir qu’a été le Sommet [des communautés francophones et acadienne], c’est en bonne partie grâce au charisme de Lise Routhier-Boudreau, à sa capacité d’inspirer les gens et de faire réaliser aux citoyens de langue française à quel point on peut déplacer des montagnes lorsqu’on unit les forces de tous les individus qui travaillent chez eux, dans leur communauté, pour vivre en français». Marie-France Kenny, présidente de la FCFA

Native de Kapuskasing, Lise a dédié sa vie à faire rayonner le français partout en Ontario et en Amérique. Enseignante de formation, elle a terminé un baccalauréat en psychologie à l`Université Laurentienne pour ensuite obtenir un brevet en enseignement à l’Université d’Ottawa.

De 1974 à 2004, elle a enseigné dans les écoles du Conseil des écoles catholiques de langue française, du Conseil des écoles séparées d’Ottawa-Carleton et du Conseil scolaire de Kapuskasing.

Lise a été très active sur le plan communautaire, notamment pour la francophonie. Elle a été coprésidente du premier comité de travail formé pour la mise sur pied de l`Assemblée de la francophonie de l`Ontario.

Elle a également présidé le comité de français de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants durant trois ans, et a été présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) de 1999 à 2004.

Lise a participé à plusieurs projets de formation en éducation à la citoyenneté dans les pays de l’Afrique francophone. De plus, pendant trois ans, elle a agi à titre de porte-parole du groupe d’intervention pour la télévision éducative de langue française (TFO) de l’Ontario.

En mars 2008, le gouvernement du Québec l’a nommée vice-présidente du Centre de la francophonie des Amériques.

Pendant plusieurs années, Lise a été active au sein de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA). Elle y a présidé le comité directeur chargé de l’organisation du Sommet des communautés francophones et acadiennes, qui a eu lieu en juin 2007. Elle a également été vice-présidente de la FCFA, et par la suite, présidente de 2007 à 2009.

En 2010, elle a été décorée de l’Ordre de la Pléiade, une distinction internationale destinée à reconnaître les mérites éminents de personnes qui se distinguent en servant les idéaux de la francophonie à l’échelle mondiale.

En 2011, Lise a été honorée par le Conseil supérieur de la langue française du Gouvernement du Québec pour son engagement et sa contribution à l’épanouissement des francophones. En guise de reconnaissance, le Conseil lui a remis l’Ordre des francophones d’Amérique. Par la suite, elle fut également membre du jury pour la sélection de  futurs candidats et candidates.

En 2011, Lise a été nommée «Personnalité de l’année 2011 Radio-Canada/Le Droit» dans la catégorie Engagement social/vie professionnelle. Depuis 2012, elle préside le conseil d’administration du Centre de leadership en éducation et en évaluation. Elle est également membre du conseil d’adminstration de la Cité collégiale depuis 2013.

Routhier Boudreau_Lise

Références : http://www.lexpress.to; radio-canada.ca;cslf.gouv.qc.ca; http://www.lecle.com; acelf.ca

Certification 2013

Lucille Roy

Poète, romancière, essayiste

«L’inaction, cet état léthargique qui s’insinue dans la vie de tous ceux qui attendent ». — Lucille Roy, L’impassionata

Née à Thunder Bay en 1943, d’une mère franco-ontarienne et d’un père d’origine québécoise, Lucille a fait des études en lettres françaises à l’Université Queen à Kingston.

Après un séjour de trois ans en France, elle a soutenu une thèse de doctorat sur l’oeuvre de Romain Rolland à l’Université de Strasbourg en 1963.

Lucille est également titulaire d’un doctorat de troisième cycle de l’Université de Bordeaux depuis 1978, avec une thèse portant sur l’univers poétique d’Anne Hébert. Elle a été professeur au Canada et aux États-Unis.

Elle a vécu à Montréal où elle était professeure de lettres française et québécoises au Collège Dawson pendant une trentaine d’années. Elle a collaboré à plusieurs revues dont Études françaises, Liberté, Écriture française, The French Review et Voix et Images.

Depuis 1979, elle a publié plusieurs romans et recueils de poésie. Elle est également l’auteure de nombreux articles de critique littéraire parus dans des revues québécoises entre 1970 et 1990.

Liste partielle de ses publications :

  • Harmonies d’un songe, 1979 (poésie) Nouvelles éditions Dubresse (Paris)
  • L’impasse, 1980 (roman) Les Éditions Naaman
  • L’appassionata, 1985 (roman) Les Éditions Prise de Parole
  • Angelita, 1994 (roman) Les Éditions Humanitas
  • Entraves, 1999 (poésie) Les Éditions du Vermillon
  • Anne Hébert, entre la lumière et l’ombre, 2001 (essai) Les Éditions XYZ
  • Fissures d’angoisse, 2006 (poésie) Les Éditions du Vermillon

Lucille participe à des rencontres d’écrivains, ainsi qu’à des séances de signature en plus d’offrir des entrevues et visiter les cegeps et universités.

Unknown

Références : http://www.editionsxyz.com    http://www.litterature.org    http://www.creighton.edu   leseditionsduvermillon.ca

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part.