Marguerite (Duguay) Rousselle

Portrait d’une pionnière du Nord-Est ontarien à Mattice*, doyenne des Elles du Nord

Marguerite Rousselle 2013

Photo : avec l’aimable autorisation de la famille, 2013

« Accordez-vous et faites une belle vie. Le Bon Dieu aime et récompense 



».

— Mots de sagesse partagés par Marguerite Duguay Rousselle, 2013

Née en 1909 à Saint-Isidore dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, Marguerite Duguay a grandi bien entourée dans une famille de 16 enfants au creux de son petit village natal.

Elle a fréquenté l’école jusqu’en 5e année, et comme c’était le cas dans les familles nombreuses d’autrefois, elle rendait service à ses parents  en travaillant sur la ferme familiale. Elle aidait aussi ses soeurs suite à leurs accouchements en prenant soin des bébés.

Marguerite a raconté également qu’elle allait également ramasser des roches sur les terres d’autres cultivateurs qui lui versaient un petit salaire pour le travail accompli. Cet argent, elle le donnait à ses parents pour aider la famille.

Au printemps 1931, la vie de Marguerite a pris un tournant déterminant. Alors âgée de 21 ans, elle a quitté la péninsule acadienne pour fonder de nouvelles racines dans le Nord-Est ontarien.

Elle venait à Kapuskasing y rejoindre son futur époux Wilfrid (Alfred) Rousselle, également natif de Saint-Isidore, qui lui avait fait parvenir une demande en mariage par la poste !

Marguerite a fait le long trajet en train seule. À la vue de Kapuskasing en 1931, elle dit avoir été « heureuse de se trouver dans une belle et grande ville ».

Quelques membres de la famille Rouselle étaient déjà installés en Ontario depuis quelques années dans l’espoir d’y bâtir une  vie meilleure. Alfred a d’abord travaillé à l’usine de pâte et papier Spruce Falls avant de devenir bûcheron.

Deux semaines suivant son arrivée en terre ontarienne, Marguerite joignait sa vie à celle d’Alfred par la célébration de leur mariage à l’église Immaculée-Conception. C’est alors que le couple Rousselle a élu domicile sur une ferme dans le rang 2 à Mattice où ils ont fondé une famille de 8 enfants, tous accouchés à la maison familiale soit par des sages-femmes ou par des médecins venus de Hearst ou de Kapuskasing.

Marguerite et Alfred

Marguerite et Alfred Rousselle avec leur premier fils Fabien, 1932.
Photo prise dans le rang 2 à Mattice.

Malgré une joie de vivre inlassable et une détermination de pionnière, Marguerite a trouvé l’adaptation dans le Nord-Est ontarien difficile par moment. Les années 30 ont été marquées par la Grande Dépression et la population de Mattice n’a pas été épargnée des soucis financiers encourus durant cette tranche de l’histoire canadienne.

Comme toutes les familles de la région à l’époque, la famille Rouselle avait des coupons pour subvenir aux besoins quotidiens et Marguerite devait respecter les quantités imposées coûte que coûte.

Marguerite et le cheval

Marguerite Duguay Rousselle, 1932

Tout en s’adaptant à de nouvelles habitudes de vie sur sa terre d’adoption, Marguerite a élevé sa famille et traversé les années sévères de la Dépression. La situation était exigeante pour le moral des habitants, mais «on a quand même passé au travers», de dire Madame Duguay-Rousselle, lorsqu’elle a raconté ses souvenirs à son arrière-petit-fils Hugo Tremblay.

Marguerite a dit avoir conservé des souvenirs chaleureux de son village natal acadien et de la ferme paternelle. Elle a eu l’occasion d’y retourner 5 fois pour y puiser de grands moments de bonheur et remplir son cœur de la joie de son pays, la belle Acadie.

Pionnière d’une société nord-ontarienne en plein développement, mère de famille dévouée, fermière et cultivatrice — la vie de Marguerite a été fort remplie auprès de ses enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants et arrière-arrière-arrière petits-enfants, ce qui représente une fière tablée de plus de 70 personnes !

À sa descendance et aux générations de l’avenir, Marguerite Duguay-Rousselle a légue de précieux conseils —

« Prenez le temps de vivre. Montrez toujours le bon exemple. Prenez soin de votre prochain, et surtout, prenez soin de vos enfants ».

Et l’éternelle optimiste avait alors terminé son entretien avec Hugo, son arrière-petit-fils en lui refilant sur un ton humoristique : « Et surtout, restez jeunes et ne vous mariez pas ! ».

La doyenne des Elles du Nord est décédée quelque temps après avoir célébré ses 104 ans le 11 septembre 2013 (d. 5 mars 2014). Elle aura toujours une place d’honneur dans les archives des Elles du Nord !

Note historique : Le village de Saint-Isidore est nommé ainsi en l’honneur d’Isidore le Laboureur, le saint patron des agriculteurs, puisque les premiers colons ont eu de la difficulté à s’établir sur le site.

* Ce profil a été rendu possible grâce à une entrevue menée par Hugo Tremblay, l’arrière-petit-fils de Marguerite Duguay Rouselle pour le compte des Elles du Nord. Hugo a une passion pour l’histoire de ses ancêtres qui lui a été transmise par sa grand-mère Rose Rouselle Lachance. Il a toute ma reconnaissance et mes remerciements les plus sincères pour sa générosité de cœur et son professionnalisme.

Certification 2013

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6 avis sur « Marguerite (Duguay) Rousselle »

  1. Marie-Josée Boucher dit :

    Très belle entrevue, Bravo!!

  2. Jeannine Doucett Caissie dit :

    Jeannine Doucett Caissie dit:

    Ce fut une vraie femme Acadienne…pleine de courage et de devoument.

  3. Une belle éloge a une femme courageuse. Très bien écrit ,Marci de partager

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