Micheline Beaudry-Somcynsky

Visionnaire pour les droits de la personne, diplomate, experte-conseil en relations internationales, cadre supérieur, linguiste, auteure, choriste, chef de file pour les femmes

Micheline Beaudry

Photo : avec l’autorisation de Micheline Beaudry-Somcynsky

«Le travail de diplomate est fascinant. Dans le déroulement de ma carrière, j’ai pu travailler dans une grande variété de domaines pour la promotion et la défense des intérêts du Canada à l’étranger. J’avais l’impression de vivre l’histoire en devenir et d’apporter ma contribution à son déroulement».

— Micheline Beaudry-Somcynsky, 2013

Née à Verner en 1949, Micheline est la fille de Florine Jalbert et d’Ernest Beaudry. La 9e d’une famille de onze enfants, elle a grandi sur la ferme de ses parents à Verner.

Elle a fait ses études primaires à l’école St-Jean-Baptiste de Verner et ses études secondaires au Pensionnat Notre-Dame de Lourdes à Sturgeon Falls.

Beaudry, ferme

Ferme familiale de la famille Beaudry à Verner

Beaudry, école

École St-Jean Baptiste à Verner

Dès son adolescence, Micheline s’est impliquée au sein de sa collectivité. Élue vice-présidente de l’Association générale des étudiants franco-ontariens, elle a milité pour le droit d’étudier en français en Ontario et pour l’accès des femmes aux études supérieures.

Micheline a obtenu une maîtrise en Linguistique appliquée à l’Université d’Ottawa en 1972. Pendant ses années sur le campus, elle a fondé et présidé l’Association des étudiants du département de linguistique, et a rédigé une chronique hebdomadaire sur les enjeux du monde étudiant dans le journal étudiant La Rotonde.

Femme de vision pour les langues et les droits de la personne, elle a insisté auprès du Département de linguistique de l’Université d’Ottawa pour qu’il offre des cours de langues des premières nations du Canada. Suite à ses efforts, un cours de langue Cree et un cours de langue Inuktitut ont été mis sur pied. Micheline est elle-même polyglotte, ayant appris neuf langues.

La vie de Micheline a pris un tournant international lorsqu’elle a quitté sa terre canadienne en janvier 1973 pour vivre en Argentine avec son conjoint Jean-François Somcynsky. Elle a enseigné des cours sur l’application de la neurolinguistique à la thérapie du langage à l’Université de Buenos Aires. Ce domaine étant alors inconnu en Argentine, Micheline fut la première à l’enseigner et à travailler dans ce domaine avec une équipe de l’Hôpital Alvear.

Par la suite, elle a présidé l’Association Canada-Argentine qu’elle avait aidé à fonder en partenariat avec des chefs d’entreprises canadiens et l’ambassade du Canada. Les buts du Club Canada étaient de promouvoir le Canada, aider les entreprises canadiennes à s’établir en Argentine et fournir un lieu de rencontre entre Canadiens et Argentins intéressés par le Canada. Sous sa direction, le Club a organisé une tournée en Argentine du Royal Winnipeg Ballet et a monté une exposition majeure d’objets d’arts canadiens.

De retour au Canada en 1975, Micheline a été embauchée par l’Agence canadienne du développement international (ACDI) au sein de laquelle elle a été diplomate au service du gouvernement canadien pendant 27 ans. Micheline a été l’une, sinon la première, Franco-Ontarienne à devenir diplomate canadienne. À ce titre, elle fait figure de pionnière pour les Canadiennes qui oeuvrent en diplomatie.

Micheline a également été membre du groupe fondateur de l’Association de la communauté du service extérieur canadien. Ce groupe avait comme mandat de sensibiliser le Parlement et le Conseil du trésor sur les défis et conditions de vie des familles qui accompagnent les diplomates dans leur vie de nomade. À ce titre, elle a œuvré activement à améliorer la situation des familles, et plus particulièrement, la vie et le rôle des femmes de diplomates par l’entremise de dossiers tels que l’obtention du congé sans solde, les ententes de réciprocité pour les permis de travail et la réintégration en milieu de travail canadien.

Quelques jalons d’une carrière diplomatique

Au cours de sa carrière de diplomate, Micheline a laissé sa marque dans plusieurs dossiers, dont l’économie, la politique, l’éducation, les droits de la personne, la résolution de conflits, la promotion de la paix et l’aide au développement. En résumé, voici quelques points marquants de sa carrière.

Lors des événements de 1989 en Chine au moment où l’armée a ouvert le feu sur les jeunes qui manifestaient pour la démocratie sur la place Tiananmen — Micheline était responsable du programme de développement du Canada en Chine et a participé de près au développement de la réaction et de la démarche du gouvernement canadien à cette tragédie.

Durant la guerre civile du Sri LankaMicheline a été directrice du programme d’aide canadien dans ce pays; elle était responsable d’une équipe qui a reformulé la politique des relations du Canada avec le Sri Lanka, en redirigeant l’appui vers la résolution de conflits, la promotion de la paix et la reconstruction (une première dans l’histoire du Canada).

Programme d’aide au Japon — choisie par le gouvernement canadien en 1992 dans le cadre d’un programme d’échange de personnel avec le gouvernement japonais, Micheline a oeuvré au sein du ministère japonais des Affaires étrangères. C’était la première fois que le Japon acceptait de recevoir un non-Japonais dans sa bureaucratie. Les Japonais ont puisé dans son expérience pour développer des outils d’évaluation de projets, et pour l’utilisation de l’aide au développement en vue de la résolution des conflits et la promotion de la paix. Pour le Japon, ce fut  le début de l’utilisation de l’aide au développement dans ce domaine.

De retour au Canada en 1996, Micheline a été nommée conseillère spéciale pour les relations avec le Japon auprès du gouvernement canadien, poste qu’elle a tenu jusqu’à sa retraite en 2002.

livre MichelineMicheline est l’auteure de plusieurs livres dont l’ouvrage de référence, «Japan’s System of Official Development Assistance» (1999) qui a été acclamé pour son excellence et sa véracité par le gouvernement japonais. Elle est également l’auteure de «Coopératives, État et Paysans. Rôle des coopératives dans la production vivrière au Sénégal» (1981) qui est devenu un ouvrage de référence dans les universités canadiennes.

Elle a également publié deux livres en généalogie, dont un ouvrage en 2013 qui rend compte de la contribution de sa famille au développement du Nord de l’Ontario.  Pour vous procurer son livre « Le rendez-vous 2013» qui relate l’histoire de famille Francis Beaudry et de sa descendance à Verner à partir de 1893, vous pouvez communiquer avec l’auteure par courriel : beaudrymiche@gmail.comBeaudry, livre Verner

Au moment de sa retraite, Micheline a reçu un diplôme de Prime au Mérite «pour avoir contribué de façon exceptionnelle et remarquable à l’excellence de la fonction publique».

Elle met maintenant à profit ses connaissances et expertises au sein d’organismes locaux et régionaux en Outaouais, toujours avec le souci d’améliorer les conditions de vie des gens et de faire la promotion de la culture et des arts. Elle est membre active du Chœur classique de l’Outaouais depuis 1996 et a chanté dans de nombreuses chorales du monde.

Note historique : Au moment où Micheline Beaudry-Somcynsky est devenue diplomate, il y avait peu de francophones dans le corps diplomatique canadien et encore moins de femmes. Étant l’une des premières Franco-Ontariennes à devenir diplomate canadienne, elle a dû travailler d’arrache-pied pour surmonter les préjugés portés par le regard des autres. Il lui a fallu prouver qu’elle pouvait voyager seule, qu’elle pouvait participer seule à des rencontres internationales, qu’elle était capable de mener des négociations, qu’elle savait comment agir dans des situations difficiles même lorsque sa sécurité personnelle et celle de son équipe étaient en jeu, qu’elle pouvait monter des dossiers complexes et difficiles en dirigeant des équipes multidisciplinaires, et qu’elle saurait s’adapter à des contextes culturels où elle devait faire accepter qu’elle fût une femme. Son travail de pionnière dans l’univers diplomatique a contribué à ouvrir la voie aux femmes dans la diplomatie canadienne et internationale. Dans plusieurs des contextes où elle a œuvré, c’était la première fois que les équipes côtoyaient une femme dans un poste de direction.

NDLR : Micheline Beaudry-Somcynsky est la coauteure de ce profil. Grâce à sa générosité de temps et d’information, j’ai pu résumer les grandes lignes de son parcours professionnel. Je lui suis reconnaissante de l’appui qu’elle a accordé aux Elles du Nord, et je la remercie vivement et chaleureusement.

Certification 2013

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