Sr Madeleine Sylvestre, fdls

Religieuse, enseignante, missionnaire

Madeleine Sylvestre couleur

Photo : © Congrégation des Filles de la Sagesse du Canada.*

 « […] femme d’écoute, très discrète [Madeleine] appelle à la confiance, à la fidélité, à la sympathie, à l’empathie. Compétente et laborieuse, elle demeure fidèle à la tâche, défiant forces et fatigue. »

— Marthe Jutras, fdls

Fille d’Étienne Sylvestre et d’Aldéa Miron, Madeleine est née à Verner en 1935, la 5e de 15 enfants.

Elle a fait ses études primaires à l’école primaire Saint-Jean-Baptiste de Verner et, par la suite, elle a poursuivi ses études secondaires au Pensionnat Notre-Dame de Lourdes à Sturgeon Falls.

Vers la fin de son école secondaire, la famille de Madeleine fut frappée d’un grand malheur lorsque son père est décédé de manière accidentelle, laissant derrière lui une femme enceinte de 6 mois, ainsi que 13 enfants âgés entre 1 an et 19 ans. L’épreuve a retenti une vie durant…

Madeleine, novice

Sr Étienne de l’Immaculée (Sr Madeleine) en costume de novice, à la grotte de la Maison Mère des Filles de la Sagesse, 1952. Avec l’aimable autorisaton de la famille Sylvestre.

En 1952, à l’âge de 17 ans, l’adolescente Madeleine s’est sentie appelée à la vocation religieuse. Appuyée par sa mère courageuse qui l’a soutenue dans son choix, Madeleine a quitté sa famille pour entrer au postulat des Filles de la Sagesse à Ottawa. Elle a prononcé ses vœux en 1954 et est devenue Sr Étienne de l’Immaculée.

Dès lors débute une longue et belle carrière en enseignement, dont plusieurs années à l’École St-Joseph de Sturgeon Falls, puis en Alberta à Slave Lake auprès d’enfants amérindiens. Elle y enseigne à l’école publique et fait la catéchèse dans les paroisses environnantes le dimanche.

Femme d’un grand dépassement, Sr Madeleine** s’est ensuite dirigée vers l’Afrique où elle a enseigné aux jeunes filles congolaises. En février 1977, elle a été nommée supérieure régionale des Filles de la Sagesse oeuvrant au Congo (devenu le Zaïre).

En 1982, elle a été déléguée au Chapitre général de la Congrégation des Filles de la Sagesse à Rome, mais une autre grande épreuve attendait Sr Madeleine — la maladie grave. Atteinte d’une insuffisance rénale, elle accepte avec regret de renoncer à sa mission au Zaïre…

Malgré la dialyse et une première greffe de rein, Sr Madeleine a relevé un autre défi — la responsabilité d’une communauté qu’elle a dirigée pendant encore 9 ans, tout en assumant l’accompagnement des jeunes professes à vœux temporaires. De plus, elle a été conseillère et secrétaire provinciale, et a servi comme secrétaire de la provinciale.

Secouée à nouveau par la maladie rénale, Sr Madeleine a reçu une deuxième greffe. Le défi était de taille, mais malgré tout, elle s’en est remise et a repris sa charge de secrétaire à l’Administration provinciale.

Après 52 ans de vie religieuse, Madeleine est décédée en 2006 à l’âge de 71 ans en laissant « le vif souvenir d’une personne aux remarquables qualités ».

*Je tiens à remercier chaleureusement Madame Isabelle Dumas, responsable des archives aux Archives des Filles de la Sagesse du Canada et Madame Marie-Luce Monette, soeur aînée de Sr Madeleine Sylvestre, pour leur appui inestimable à cette recherche.

** À partir du 1er août 1969,  les religieuses de la Congrégation des Filles de la Sagesse de l’Ontario pouvaient demander la reprise de leur nom civil. Il nous est impossible de préciser à quel moment Sr Étienne est devenue Sr Madeleine.

Références : Notes personnelles de Marthe Jutras, fdls; sagesse.ca; federationgenealogie.qc.ca; archives des Filles de la Sagesse Canada; textes et photos de M.-L. Monette

Certification 2013

Marie-Louise Dumais Carrier

Première coiffeuse à Mattice

Carrier_Marie-Louise

(Photo : courtoisie de la municipalité de Mattice-Val Côté)

«La coiffure : Un métier d’art et de mode [qui] exige un talent créatif, mais aussi un sens commercial affirmé et d’excellentes qualités relationnelles.» www.onisep.fr

Marie-Louise Dumais, fille de Polydore Dumais et de Marie-Louise Lavoie, est née à Mont-Carmel QC en 1905. Elle est arrivée à Mattice en 1926.

Alors que la municipalité de Mattice a eu son premier salon de barbier en 1923 (Eugène Breton, premier barbier), c’est en 1941 que les femmes de la communauté de Mattice ont eu accès à un service de coiffure pour elles.

Marie-Louise Dumais Carrier fut la première coiffeuse à offrir ses services à Mattice. Elle a fait ses études de coiffeuse à Montréal. À l’époque, le programme de formation était d’une durée de 10 mois.

À son retour de Montréal, elle a offert ses services à même le salon de barbier de son conjoint, Thomas Carrier, qui avait ouvert son salon en 1937 après avoir suivi un cours de barbier d’une durée de 3 mois à Montréal. Il a pratiqué son métier à Mattice jusqu’en 1961.

Pendant les années 40, la mode des coiffures pour femmes était « frisée avec des boudins, vagues ou rouleaux tout autour de la tête » (Si Missinaïbi m’était conté, tome 1, p. 94). Les coiffures visaient surtout à mettre en valeur la féminité.

Au début de la carrière de Marie-Louise, une coupe de cheveux coûtait 50 cents et une permanente coûtait 5 $. À cette époque, les instruments utilisés pour faire la permanente étaient des bigoudis de fer avec papier et solution à permanente, le tout tenu par des fils électriques très lourds ! Une permanente pouvait prendre jusqu’à 4 heures avant d’être complétée.

Le travail de Marie-Louise et des autres coiffeuses de son époque a éventuellement été facilité par les permanentes à vapeur (cold wave).

Étant donné la crise économique liée aux conditions de vie à l’époque de la Deuxième guerre, les produits de beauté étaient plutôt rares et souvent difficiles à acquérir. Les femmes qui pratiquaient le métier de coiffeuse à l’époque des années 40 dans le Nord de l’Ontario étaient des pionnières dans leur domaine, et offraient un service indispensable au bien-être des populations.

Marie-Louise est décédée en 1967 à l’âge de 62 ans.

Note historique : Toutes les époques ont connu des coiffures à la mode. Au cours des années 40, une des coupes les plus populaires était celle de la vedette hollywoodienne, Veronica Lake — une cascade de cheveux descendant jusqu’aux épaules, lissés sur le dessus et finissant en larges boucles. On peut se demander combien de fois Marie-Louise a été demandée de reproduire cette coiffure dans son salon pendant les années 40 !

Référence : Si Missinaïbi m’était conté…l’histoire vécue des pionniers de Mattice-Val Côté, 1986.

NDLR : J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part.