Thérèse (Cousineau) Lamarche

Pionnière du Nord-Est ontarien, entrepreneure, bénévole

Thérèse Cousineau

Photo : avec l’aimable autorisation de Yolande B.  Lamarche Génier

«À 89 ans, [Thérèse] chantait encore des chansons anciennes. Elle récitait aussi, à l’occasion des réunions de famille, un poème qu’elle avait appris à l’âge de 12 ans, «Les trois amours d’Yvonne».

— Yolande B. Lamarche Génier, fille de Thérèse

Thérèse est née en 1904 dans la paroisse de St-Rédempteur, à Hull au Québec, fille de Trefflé et d’Ada Cousineau.

Dès l’âge de 14 ans, Thérèse a commencé à travailler comme ouvrière chez E.B. Eddy à Hull, un fabriquant d’allumettes en bois.

À l’époque, Thérèse avait été engagée par Mme Sauvé, superviseure, pour prendre les allumettes et les placer dans des petites boîtes. Elle y a travaillé pendant deux ans, soit de 1918 à 1920.

Thérèse a également travaillé chez Continentale à Ottawa, une manufacture de sacs de diverses tailles pouvant varier de ¼ de livre jusqu’à des sacs de très grande taille pour envelopper des pianos.

Cousineau_Thérèse 16 ans

Photo : Thérèse Cousineau (Lamarche) en 1920

Le 22 mai 1921, alors qu’elle était âgée de 17 ans, la famille de Thérèse est déménagée à Cochrane sur une ferme dans les rangs 2 et 3 de Glackmeyer. Le père de Thérèse, ainsi que son frère Donat, y étaient déjà installés.

Trois ans après son arrivée en terre ontarienne, Thérèse a épousé Hector Lamarche, un voisin du rang 4 et 5 qu’elle fréquentait depuis son arrivée à Cochrane. Le couple Cousineau Lamarche est déménagé à Smooth Rock Falls pour le travail d’Hector au moulin de l’Abitibi Power and Paper Company.

Ensemble, ils ont élevé une famille de 7 enfants, dont 4 ont été mis au monde par Ada Cousineau, sage-femme et mère de Thérèse.

Son passé d’ouvrière lui fournissant une expérience industrielle et un savoir-faire, Thérèse est devenue entrepreneure dans le Nord de l’Ontario à partir de la fin des années 30, durant la Deuxième guerre.

Tout en élevant sa famille, Thérèse fabriquait des couvre-pieds piqués avec des retailles et des échantillons d’habits que le magasin Perkus lui donnait. Elle tricotait également à la machine des bas pour les soldats d’outre-mer. La Croix Rouge lui fournissait la laine et lui donnait 25 cents la paire.

Autodidacte et artisane, Thérèse confectionnait aussi des roses en papier crêpé que ses filles vendaient de porte à porte.

Malgré ses nombreuses occupations, Thérèse a toujours été au service de sa communauté, soit par le chant à l’église (accompagnée à l’orgue par Mme Clarabelle Lachance) ou par la préparation des corps des enfants décédés, en vue des visites funèbres.

En 1941, la santé de Thérèse a obligé la famille à considérer un retour à la ferme à Cochrane. À partir de 1944, Thérèse et Hector ont quitté Smooth Rock Falls de manière définitive pour s’installer à la ferme, ce qui n’a pas empêché Thérèse de poursuivre son entreprenariat à Cochrane.

Elle s’est alors intéressée à la culture des plantes et des fleurs, a fabriqué des tapis et des coussins et a organisé des rafles en vue de ramasser de l’argent pour acheter des oies, des dindes et des poussins. Elle a également fabriqué  des bouquets de noces avec du papier « Ice Box », et décoré des gâteaux pour les noces et les anniversaires.

Durant les années ’70, une équipe de la télévision de Radio Canada est venue chez Thérèse pour mener une entrevue avec elle et filmer sa décoration d’un gâteau de noces. Cette entrevue a été enregistrée pour l’émission  « Le temps de vivre ».

Au cours de sa vie, Thérèse a été membre de nombreux organismes, dont les Dames catholiques, l’Union Culturelle des Franco-Ontariennes (à titre de présidente et de directrice générale), les Filles d’Isabelle, et le Club de l’Age d’Or de Cochrane auquel elle a siégé en tant que membre du conseil d’administration.

Thérèse est décédée en 1996 à l’âge de 91 ans. Plusieurs descendants vivent toujours à Cochrane, dont sa fille Yolande et sa petite-fille Monique.

Note historique :  La fabrique d’allumettes de bois à Hull QC a été fondée en 1854 par l’Américain Ezra Butler Eddy. Dès 1869, l’usine produisait 1,5 million d’allumettes à l’heure ! À cette époque, E. B. Eddy fabriquait 99 % de toutes les allumettes vendues au Canada, en plus d’en exporter vers les États-Unis et la Grande-Bretagne. La Ville de Gatineau a fait un hommage aux filles et jeunes femmes ayant travaillé à l’usine d’allumettes E. B. Eddy. Plusieurs d’entre elles y avaient laissé leur santé, et même leur vie à cause de conditions de travail dangereuses. Ces femmes ont formé le premier syndicat féminin du pays. Le boulevard des Allumettières a été officiellement inauguré à Hull en 2007 en leur honneur.

Références : texte de Yolande B. Lamarche Génier et Monique Y. Génier;  ccrcf.cuottawa.ca; ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/327787/un-lieu-un-nom-le-boulevard-des-allumettieres-un-hommage-aux-ouvrieres-de-hull

Certification 2013

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s