Enseignantes des soeurs Dionne

À Corbeil en Ontario, cinq petites filles à l’école privée Dionne…

Marcheuses à l'étoile« Aussi loin que je m’éloigne, les religieuses représentent des « paratonnerres », qui me préservent des influences nocives des alentours… Leur formation spirituelle fait naître la joie, la paix, parfois la compréhension… »

— Cécile Dionne, citée dans le livre Marcheuses à l’étoile, écrit par Claire Tremblay, S.A.S.V. (1999)

Les quintuplées Dionne sont nées à Corbeil le 28 mai 1934. Leurs parents Oliva Dionne et Elzire Legros avaient déjà 5 enfants au moment de la naissance des jumelles. La possibilité d’une naissance réussie de quintuplées était de un sur 57 millions à l’époque! Personne ne savait si elles allaient survivre…

Madame LegrosDeux sage-femmes, Madame Legros et Madame Lebel, ont accouché les deux premières jumelles, et le Dr Alan Roy Dafoe a accouché les trois dernières filles.

Alors qu’elles étaient encore des bébés d’à peine 2 mois, le gouvernement ontarien les a enlevées à leurs parents pour les prendre sous sa tutelle. On les a alors surnommées les « pupilles du Roi George V ».

Le premier ministre Mitchell Hepburn, nouvellement élu à l’époque et en poste jusqu’en 1942, les a confiées au Dr Dafoe — leur tuteur et médecin.

Pendant près de dix ans, le gouvernement a tiré profit des jumelles Dionne en permettant à la population de payer pour venir « admirer » les quintuplées, qui ont été élevées dans un milieu fort irrégulier — un vase clos sous forme d’un petit hôpital clôturé, gardé par des policiers.

En 1938, la pouponnière des sœurs Dionne fut transformée en école privée, une sorte de laboratoire de pédagogie et de psychologie expérimentale. Les jumelles n’ont pas pu faire l’expérience d’un milieu scolaire régulier comme les autres enfants de leur âge.

Cependant, avec l’appui de l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario, les parents des jumelles ont réussi à assurer une éducation française et catholique à leurs filles. Contre vents et marées…

La première enseignante des sœurs Dionne a été Gaëtane Vézina, native de Buckingham, qui avait enseigné à Sudbury dans les années 20. Elle était l’une des premières diplômées de l’École de pédagogie de l’Université d’Ottawa. L’embauche d’une enseignante francophone a été perçue comme étant « un pas décisif dans la francisation de la pouponnière ».

L’enseignante Vézina fut congédiée par M. Dionne en 1942, lorsque le couple Dionne a regagné la tutelle de leurs enfants.Vous pouvez lire le profil de Gaëtane Vézina sur ce blogue.

À partir de 1942, sous le regard constant du public, des médias et du couple  Dionne, ce sont  les Sœurs de l’Assomption de la Sainte Vierge qui ont pris la relève de l’éducation d’Annette, Yvonne, Cécile, Émilie et Marie.

En 1947-48, les Sœurs ont également accueilli d’autres enfants à l’école privée Dionne. Huit jeunes filles ont côtoyé les jumelles de près puisqu’elles habitaient à même l’école dont le 2e étage avait été transformé en pensionnat.

Malgré le retrait de la tutelle gouvernementale, la situation de la famille Dionne est demeurée complexe et perturbée, le climat familial tendu, voire volatile. Ainsi, l’insertion des Sœurs de l’Assomption dans la vie et l’éducation des soeurs Dionne ne s’est pas faite sans remous.

Néanmoins, les Sœurs ont veillé à l’éducation et au bien-être des jumelles jusqu’en 1952. La prise en charge de l’éducation des jumelles Dionne est devenue, à l’époque, un modèle canadien-français d’éducation catholique. 

Par la suite, les jumelles ont étudié à l’Institut familial de Nicolet afin d’entreprendre des études en Art domestique. Cet Institut a été fondé par les Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge en 1930, et a fermé ses portes en 1965.

Note historique : Les huit jeunes filles qui ont étudié avec les sœurs Dionne provenaient de l’Ontario français et du Québec. Elles étaient Jacqueline Giroux, de River Valley; Geneviève Provost, de Lac-Mégantic; Marielle Rousseau, de Nicolet; Dolorès Cahill, de La Passe; Jeannine Boivin, de Bonfield; Carmelle Bergeron, de Fauquier; Cécile Allard, de Drummond; et Yvonne Morrisson, de Kirkland Lake.

Références : Livre : Marcheuses à l’étoile : les Sœurs de l’Assomption de la Sainte Vierge en Ontario, 1910-1997 (C. Tremblay, SASV); crccf.uottawa.ca; radio-canada.ca (vidéo d’archives sur YouTube); lapresse.ca

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part. 

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