Rita (Ouellette) Tremblay

Pionnière, musicienne, bénévole d’exception

Rita Tremblay

Rita Ouellette est née à Bonfield, dans le district de Nipissing, en 1922.

Jusqu’à l’âge de 12 ans, elle a étudié à l’école Ste Jeanne d’Arc de Bonfield avec les religieuses qui l’ont initiée au chant et à la musique.

En 1934, alors qu’elle avait 12 ans, sa famille est déménagée à Harty Station (maintenant connu sous le nom de Harty). Étant la deuxième d’une famille de onze enfants, Rita a appris très jeune à travailler au magasin général et au bureau de poste qui appartenaient à son père, Mathias Ouellette.

Sa soif d’apprendre la conduit à suivre des cours de piano. Elle devait marcher trois milles à toutes les semaines pour ses cours chez Mme Durette à Lost River, mais Rita était déterminée.

À la demande du Père Tardif à Harty, elle a joué la messe du dimanche de l’Ascension pour la première fois à l’âge de 15 ans. Sans le savoir, Rita entreprenait alors une carrière dans la musique liturgique qui allait se poursuivre toute sa vie durant.

Elle a épousé Paul René Tremblay en 1941. Elle a élevé sa famille de 13 enfants, tout en continuant d’offrir ses talents de musicienne à la communauté. À l’orgue se sont ajoutés l’accordéon et la guitare, et le chant en duo à des mariages avec sa sœur Georgette.

Sa carrière de musicienne l’a fait voyager le long de la Route 11 — de Jogues à Smooth Rock Falls, Rita a fait résonner les orgues de toutes les paroisses au cours de sa longue carrière de service aux églises qui s’est prolongée pendant 72 ans !

Rita était également fièrement engagée dans sa communauté où elle a fait partie de de l’U.C.F.O. et du Club des Ainés de Val-Rita-Harty pendant plus de 20 ans.

En 1973, elle a organisé le premier bazar paroissial à Harty dans le but d’aider à subvenir aux besoins de la paroisse, et en 1982, elle a présidé les Fêtes du 50e anniversaire de sa paroisse.

Rita fut honorée maintes fois en reconnaissance de ses services à la communauté. En 1984, la province de l’Ontario l’a honorée de la médaille Fêtons ca ensemble. En 1988, la paroisse St-Stanislas de Harty a également organisé une grande fête pour célébrer ses 50 ans de service à titre de musicienne.

En 1997, Rita a reçu un hommage inattendu. Elle a été décorée de la médaille Benemerenti décernée par le Pape Jean Paul 11. Cette médaille reconnaît les personnes qui se distinguent de façon particulière par les services qu’elles ont rendus à leur église. Rita était la deuxième personne du diocèse de Hearst à recevoir cet hommage.

Elle est décédée en 2010 à Kapuskasing.

Note historique : La paroisse St-Stanislas à Harty a célébré sa dernière eucharistie en décembre 2011.

Références : profil préparé à partir d’un texte soumis par la fille de Rita, Pauline Tremblay Guindon (merci)  radiocanada.ca

Certification 2013

Léocadie Turgeon

Pionnière du développement du Nord, femme d’affaires

« Si toutes les femmes avaient combattu le feu comme [Léocadie Turgeon], elles auraient sauvé la ville ».

— Gus MacManus, maire de Grant (maintenant Hearst)  au moment du grand feu de 1914

Née en 1883 à Saint-Ange-de-Ham-Nord au Québec, Marie Vitaline Léocadie Beaudoin a élu domicile avec son conjoint Pierre Turgeon, à Hearst, en juin 1912.

Après avoir quitté sa terre natale, Léocadie a d’abord vécu et travaillé aux États-Unis avant de se marier en 1899 à l’âge de 16 ans. Par la suite, le couple Turgeon a vécu dans les Laurentides, puis ensuite à Cobalt, à Cochrane, à Val Gagné (appelé Nushka à l’époque), à Matheson, et enfin, à Hearst (appelé Grant à l’époque).

Au début des années 20, tout était à faire dans le Nord de l’Ontario, et comme le précise Gérard Payeur de l’Écomusée de Hearst— ce n’était pas un pays pour les paresseux et les peureux, seuls les plus forts et les plus débrouillards y arrivaient.

Léocadie était une bâtisseuse et une défricheuse qui n’avait pas froid aux yeux. Peu de temps après son arrivée en terre nord-ontarienne, elle a tenu une maison de chambres à trois étages sur la rue Front à Hearst (Hôtel Windsor). Éventuellement, le couple a acheté un des premiers terrains à St-Pie-X (appelé MacManusville à l’époque) où ils ont construit une ferme.

En 1914, un grand feu a ravagé la ville au complet, y compris leur hôtel de la rue Front. Léocadie a cependant réussi à sauver la maison de ferme, faisant de cette maison la seule habitation encore debout après l’incendie. Léocadie y a accueilli les rescapés du feu.

Par la suite, elle et son conjoint ont bâti une nouvelle maison de chambres sur la rue Front, que Léocadie a vendue en 1949 lorsqu’elle est devenue veuve. Elle est décédée à Hearst en 1984 à l’âge de 101 ans.

Témoin d’une époque riche en développement et en rebondissements de 1922 à 1984, les mémoires de Léocadie font partie du folklore local et du patrimoine franco-ontarien.

Non seulement a-t-elle participé à l’émission Villages et visages sur les ondes de TFO en 1976, mais son histoire de pionnière a également été racontée dans le livre Gens de chez nous, publié aux Éditions Cantinales en 1997.

Gens de chez nous

Références : ecomuseedehearst.ca (chronique #27, Gérard Payeur)  lenord.on.ca

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille  lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part. 

Jocelyne Villeneuve

Auteure, pionnière du haïku canadien-français, bibliothécaire

Les érables en feu.
Ma main ralentit sa marche
sur la page blanche. 

Jocelyne Villeneuve, poème haïku

http://terebess.hu/english/haiku/villeneuve.html

Jocelyne Villeneuve

Photo : avec l’autorisation des Éditions Prise de parole

Née à Val d’Or au Québec en 1941, Jocelyne a vécu à Sudbury à partir de 1953.

Elle a fait des études à l’Université Laurentienne, d’où elle a obtenu un baccalauréat ès arts en économie en 1962.

Elle a également obtenu un diplôme en bibliothéconomie de l’Université d’Ottawa (1964), et  une spécialisation en littérature de l’Université Laurentienne (1973).

À partir de 1964, Jocelyne a travaillé à titre de bibliothécaire à l’Université Laurentienne, et ensuite, comme chef au service des acquisitions.

Victime d’un grave accident en 1967 qui l’a rendue quadriplégique, elle a dû quitter son poste à l’université. C’est alors qu’elle a réorienté sa carrière vers l’écriture.

Par des conséquences tragiques, Jocelyne a consacré les prochains 30 ans de sa vie à l’écriture. Elle a été l’une des premières écrivaines contemporaines à s’intéresser à la littérature jeunesse en Ontario français.

Auteure prolifique, elle s’est aussi intéressée à la poésie, au conte, à la nouvelle et au récit légendaire, publiant une douzaine d’ouvrages entre 1977 et 1998.

Son premier livre a été publié en 1977 aux Éditions Prise de parole à Sudbury. Ce  roman Des gestes seront posés a le mérite d’être le premier livre publié par une femme aux Éditions Prise de parole, une institution franco-ontarienne fondée en 1973.

Ses ouvrages les plus connus sont deux contes parus aux Éditions Prise de parole: Nanna Bijou: le géant endormi (1981) et La Princesse à la mante verte (1983). Ces deux ouvrages ont aussi paru en langue anglaise chez Penumbra Press.

Jocelyne a publié plusieurs livres pour enfants, dont Contes des quatre saisons (Héritage, 1978), La Ménagerie (Plaines, 1985), Contes de Noël (Plaines, 1987), ainsi que Le Geai bleu et le papillon (Vermillon, 1992).

On lui doit aussi Le Coffre (Prise de Parole, 1979), Terres des songes (Vermillon, 1986), Les Friperies (Prise de Parole, 1989) et Vie première (Meera, 1992). Plusieurs extraits de ses ouvrages ont été diffusés sur les ondes de Radio-Canada.

Jocelyne fait figure de pionnière au Canada français dans le domaine littéraire du haïku — une forme poétique d’origine japonaise à forte composante symbolique. Elle est la deuxième femme francophone au Canada à avoir publié des poèmes haïku, et la première à le faire en Ontario français en 1980.

Ses haïkus ont paru dans diverses revues et anthologies au Canada, aux États-Unis et au Japon. Elle a publié trois recueils de haïkus, soit La Saison des papillons (Naaman, 1980), Feuilles volantes (Naaman, 1985) et Marigolds in Snow (Penumbra, 1993). Elle a également laissé un recueil inédit intitulé Bagatelles.

Depuis 2012, Haïku Canada décerne un prix en son honneur. Le Prix Jocelyne Villeneuve est réservé aux auteurs de haïku francophone.

Jocelyne est décédée à Sudbury en 1998. Vous pouvez lire un portrait d’artiste publié à son sujet dans la revue Liaison en 1992.

Note historique : La première femme à avoir publié de la poésie haïku en français au Canada est  Simone Routier, native de la ville de Québec. C’était en 1928 — L’Immortel adolescent.

Références : prisedeparole.ca; terebess.hu; tess-in-the-west.xanga.com; lexpress.ca ahapoetry.com; haikucanada.org; http://library.laurentian.ca.

Villeneuve_Jocelyne

NDLR: J’ai rédigé ce résumé à partir de sources fiables et au meilleur de mes connaissances. Dans toutes les instances possibles, je tente de faire valider le contenu auprès de la personne ou de sa famille lorsqu’il est possible de le faire. Toutefois, s’il contient des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part. 

Blanche Boissoneault-Doucet

Pionnière pour le fait français en Ontario, enseignante, politicienne, conférencière, auteure, bénévole

Boissonnault_Doucet_Blanche

Photo : avec l’autorisation de l’AEFO

Née à Victoriaville au Québec en 1933, Blanche s’est engagée dans la communauté franco-ontarienne dès les années 50.

Éducatrice de formation, elle est titulaire d’un certificat d’enseignement du Collège Marguerite-Bourgeois à Sherbrooke au Québec.

Elle a également obtenu un baccalauréat ès arts au Collège universitaire de Hearst en 1978, et un baccalauréat en éducation de l’Université d’Ottawa en 1979.

Blanche a œuvré dans le milieu de l’enseignement à Hearst de 1952 à 1980, et a assumé la direction de plusieurs écoles élémentaires du Conseil des écoles séparées catholiques de Hearst.

De 1974 à 1984, elle a présidé l’unité régionale de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens.

En 1976, Blanche a été élue conseillère de la Ville de Hearst. Engagée à rendre le gouvernement local plus accessible à la population, elle a mis sur pied un comité de relations publiques dont le but était de donner la parole aux citoyennes et citoyens de Hearst.

À titre de conseillère municipale, Blanche a siégé aux comités de finances et de loisirs et a représenté la municipalité au Conseil de l’Unité sanitaire de Timmins. Elle a mené de front une campagne qui visait l’obtention d’une bibliothèque municipale, et elle a présidé l’organisation des fêtes du 60e anniversaire de la ville de Hearst.

En 1985, Blanche a été nommée au Conseil des affaires franco-ontariennes et a également siégé au conseil d’administration du Collège universitaire de Hearst (maintenant connu sous l’Université de Hearst).

Elle a été conseillère pédagogique au ministère de l’Éducation, et a également oeuvré en tant que conseillère en technologie éducative pour le compte de TVOntario jusqu’en 1998.

Blanche a présidé le Regroupement des organismes du patrimoine franco- ontarien (ROPFO) pendant quatre ans.

À titre d’auteure, elle a publié plusieurs contes pour enfants et de nombreux ouvrages pédagogiques qui ont abordé, entre autres, des thèmes liés au patrimoine, à l’expression musicale et au perfectionnement du français.

En 1989, le gouvernement de l’Ontario lui a décerné la médaille du bénévolat communautaire. Blanche habite maintenant à Ottawa où elle fait du bénévolat auprès des personnes atteintes de démence. Références : aefo.ca (Femmes de vision)  tfo.org    orlabs.oclc.org

Certification 2013

Nicole Bélanger

Artiste visuelle, muraliste, sculpteure, artiste en milieu éducatif et communautaire

« Nicole croit dans le pouvoir de l’énergie créé par les efforts d’un groupe, et qu’il y a de la place pour tous dans le monde de la créativité. » — Studio BISONLOU

Nicole B.

Photo : avec l’autorisation de Nicole Bélanger

Née à Timmins, Nicole a passé son enfance à Earlton.

Influencée par sa mère, l’artiste sculpteure Rose Aimée Bélanger, Nicole s’intéresse depuis toujours à la peinture et à la sculpture.

Elle a obtenu un baccalauréat en arts visuels à l’Université d’Ottawa en 1993, et une maîtrise en arts visuels à l’Université de Norwich au Vermont.

Son style marie la photographie théâtrale à la peinture. Elle se préoccupe avant tout « de la relation entre la ligne et la couleur, dans un contexte narratif et allégorique ».

Depuis les années 90, Nicole a participé à de nombreuses expositions en groupe et en solo également. Ses œuvres ont été exposées, entre autres, à Kirkland Lake, à Ottawa, à Haileybury, à North Bay, à Timmins et à Montpellier au Vermont.

Au cours de sa carrière, Nicole s’est spécialisée dans le concept de la murale dirigée dans les écoles et la communauté. En tant qu’artiste muraliste, elle privilégie le travail de groupe, tant au niveau de la conceptualisation que la création, tout en favorisant un lieu d’apprentissage pour les participants.

Ses murales communautaires ont impliqué les personnes sans abris, les centres de santé et d’autres groupes de la communauté.

Nicole a publié dans des revues d’art, et sa contribution artistique éducative fut également reconnue par l’organisme Green Teacher en 2012.

mural

Photo : avec l’autorisation de http://www.studiobisonlou.com

http://www.youtube.com/watch?v=bNr8ZJuuWpM

N.B. Vous pouvez également lire le profil de Rose-Aimée Bélanger sur ce blogue.

Références : studiobisonlou.com  nicolebelangeronline.ca  masconline.ca  greenteacher.com

Certification 2013