De North Bay à Thunder Bay, l’histoire des femmes du Nord de l’Ontario — une invitation

BIENVENUE SUR LE BLOGUE DÉDIÉ À L’HSTOIRE DES FEMMES DU NORD !
Elle du Nord

Elle du Nord : artiste peintre Suzette Hébert-Downey

Qui a été la première femme francophone à pratiquer la médecine dans le Nord de l’Ontario? La première à diriger une école ou un conseil scolaire?

Qui fut la première Franco-Ontarienne à partiquer comme avocate ou journaliste dans votre communauté?

Ou la première femme à siéger au conseil municipal de chaque ville et village le long de la Route 11 et des autres routes du Nord de l’Ontario (Route 17, Route 66, Route 101, etc.)?

Connaissons-nous les noms des pionnières, des chefs de file et de la relève franco-ontarienne à North Bay, Corbeil, Sudbury, Chapleau, Timmins, Cochrane, Moonbeam, Kapuskasing, Hearst, Geraldton, Wawa, Thunder Bay, Kenora, etc.?

Nombreuses sont les femmes qui ont contribué au patrimoine humain du Nord de l’Ontario, de la province et du pays. Quelle est leur histoire?

Je vous invite à m’accompagner dans cette aventure de blogue où je souhaite raconter la contribution et le patrimoine légués par les «Elles du Nord», ces femmes de la francophonie ontarienne dans le domaine des arts, de l’éducation, des affaires, du sport, de la santé, de la politique, de la francophonie, du développement communautaire, du bénévolat, de la littérature…

Les femmes de la Route 11 et des villes et villages qui la longent et la côtoient sont les fondatrices et les reflets d’une région en mouvement depuis le 19e siècle. Membres, bénévoles et militantes au sein des associations, groupes, écoles, services, hôpitaux, conseils municipaux — qui sont-elles ?

Je suis à la recherche de noms, de dates, d’anecdotes, de photos. Connaissez-vous une Franco-Ontarienne qui, par ses actions et sa présence, a contribué à faire du Nord ce qu’il est depuis sa fondation ou à faire rayonner le Nord ailleurs au pays et au monde ? Le Nord de l’Ontario — une communauté vivante et dynamique, peuplée de gens de coeur et de volonté, un lieu où habite une proportion importante de la population francophone de l’Ontario. Parlons-en.

Je vous invite à fouiller dans vos archives personnelles, familiales et communautaires pour y découvrir des noms de femmes francophones originaires du Nord, ou encore des femmes venues d’ailleurs, dont le Nord est devenu leur domicile de coeur, peut-être y habitent-elles toujours ou peut-être ont-elles quitté leur terre natale pour d’autres lieux, sans jamais oublier les profondeurs de leurs racines. Toutes ont brillé par leur excellence et leur rayonnement en Ontario. Je les appelle les «Elles du Nord».

Elles sont :

  1. Les pionnières — les femmes des siècles derniers qui sont nées dans le Nord ou qui sont venues d’ailleurs pour développer le Nord, mettre sur pied ses institutions, faire grandir ses communautés.
  2. Les chefs de file — ces femmes nées ou ayant grandi dans le Nord, ou encore qui sont venues d’ailleurs pour y vivre, et qui se sont distinguées par leurs réalisations dans le Nord ou en province, et sur la scène canadienne ou internationale.
  3. La relève — les femmes du Nord qui représentent aujourd’hui la relève culturelle, musicale, politique, sociale…
  4. Les femmes qui ont accompli de Grandes Premières : une célébration chronologique des premières des femmes du Nord de l’Ontario dans tous les domaines possibles.

À bientôt !

Jeannine   

© Jeannine Ouellette 2012-13-14

Cliquez pour voir la page Facebook des Elles du Nord.

Année 2

Émilie Charette

Athlète de compétition en arts martiaux, agente de changement pour la francophonie auprès des jeunes

Charette_Émilie

Émilie Charette au Championnat mondial de Kickboxing junior en Italie 2014, médaille d’argent !

« J’aime la discipline. J’aime aussi la sensation de prendre place sur le tapis de zone de combat. La sensation de monter dans l’arène est fantastique et incroyable !. La passion de mon sport, c’est un « rush » d’adrénaline ». — Émilie Charette

Étudiante en 12e année à l’école secondaire du Sacré-Cœur à Sudbury, Émilie a découvert très jeune l’univers des arts martiaux. En fait, son premier souvenir de compétition en arts martiaux remonte à l’âge de 4 ans !  C’est aux côtés de son père Yves Charette, lui-même adepte des arts martiaux depuis plus de 25 ans, qu’Émilie fut intiée à cette discipline.

L’entraînement fait partie du quotidien d’Émilie depuis déjà plus d’une douzaine d’années. L’athlète de compétition prend plaisir, non seulement aux défis physiques à relever auprès de ses adversaires, mais surtout, aux rencontres, à la camaraderie et aux amitiés qui se tissent dans ces hauts lieu d’athlétisme.

Émilie Charette

Médaille d’or ! Tournoi de judo à Sudbury

Que ce soit la lutte, le jiu-jitsu, le judo ou le kickboxing, Émilie se dédie à son sport et jouit déjà d’une notoriété dans son domaine.

Dans certaines des compétitions auxquelles elle participe, elle doit parfois relever le défi d’affronter des opposants masculins (par exemple, au NAGA en 2011). En 2012, alors âgée de 15 ans, Émilie a remporté la médaille d’or au Championnat provincial ontarien du Brazilian Jiu-jitsu (catégorie Teen Rooster Weight Division).

Lors du Toronto Pro SuperShow (la toute première compétition de Mixed Martial Arts (MMA) amateur  en Ontario, Émilie a été la première fille à participer aux évènements de compétition.

En 2012, elle fut également consacrée championne ontarienne au Championnat provincial de Kickboxing, et en 2013, elle fut couronnée championne nationale du CASK (Council of ammateur sport Kickboxing).

De plus, la jeune athlète a remporté l’argent aux jeux d’hiver de l’Ontario en Kickboxing trois fois (2010, 2012 et 2014) ! Elle a aussi participé au OFSAA (Ontario Federation of Schools Athletics Associations) où elle s’est classée 4e en lutte en 2013.

Médaille ÉmilieMais les honneurs ne s’arrêtent pas là ! En septembre 2014, Émilie a représenté le Canada au Championnat mondial junior de kickboxing en Italie. Elle y a d’ailleurs remporté une médaille d’argent ! Ce championnat rassemblait sous un même toit les meilleurs athlètes provenant de 60 différents pays.

Émilie Charette et père

Émilie Charette et son père Yves Charette, son entraîneur au Championnat mondial du Kickboxing en Italie, septembre 2014

En plus de ses responsabilités scolaires et athlétiques, Émile est une agente de changement pour la francophonie dans son milieu scolaire. Elle est la personne contact (PéCo)  pour la FESFO à son école et a participé deux fois au Stage franco-ontarien de formation en leadership par l’entremise de la FESFO, dont une fois à titre de participante en 2013 (avec grande distinction) et, une deuxième fois, dans un rôle d’animatrice jeunesse en 2014.

À ceux qui n’appuient pas l’idée d’une femme au combat en arts martiaux, surtout dans le domaine de la compétition, Émilie répond que « cela ne la dérange pas ». Pour elle, les arts martiaux représentent plus qu’une simple zone de combat — c’est un endroit où on apprend à affronter la vie dans son sens le plus large. Son père Yves précise que le combat féminin est plus technique que le combat masculin puisque les femmes compensent leur lacune en force physique par une technique plus articulée. Il appuie sa fille dans ses choix et ses objectifs, tant dans le domaine de la compétition que dans la vie.

Aujourd’hui, Émilie avance vers ses rêves et espère un jour devenir athlète professionnel au sein de la catégorie Mixed Martial Arts (MMA), une discipline de sport de combat dont les pratiquants maîtrisent et empruntent leurs techniques au judo, karaté, jiu-jitsu, boxe thaï, etc.

Une fois ses études secondaires terminées l’an prochain, elle a l’intention de poursuivre ses études au Collège Boréal en massothérapie.

Voici un reportage de TFO 24.7 mettant en vedette Émilie Charette.

Vous pouvez également visionner son combat au Championnat du monde au chronomètre 3:26.

NOTE : Yves Charette, professeur au programme de Massothérapie au Collège Boréal depuis 1997, a été l’entraîneur de l’équipe nationale junior à la compétition World Association of Kickboxing Organizations (WAKO) de 2014 qui a eu lieu du 6 au 14 septembre 2014 en Italie. M. Charette, qui est ceinture noire au cinquième degré, a plus de 25 ans d’expérience dans le sport. Comme propriétaire d’un centre d’arts martiaux à Sudbury, il a entraîné une multitude d’athlètes locaux de tout âge, notamment sa fille Émilie, et l’amateur de l’UFC, Mitch Gagnon. http://www.boreal.ca

Réf. www.kisssudbury.com; www.thestar.com; www.cbc.ca (entrevue à Morning North); TFO 24.7; www.northernlife.ca

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Pierrette Carrière

Historienne, fondatrice d’un centre d’alphabétisation en Ontario français, militante pour l’apprentissage des adultes en français et l’avancement des femmes en education

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Photo : avec l’autorisation de Pierrette Carrière

« J’ai continué de me conscientiser à l’histoire du français au Canada et en France à l’École internationale de Bordeaux qui commençait à s’intéresser aux « ex-colonies » et leurs « accents d’Amérique ». Je me suis emballée pour la cause».

— Pierrette Carrière

Née à Sturgeon Falls en 1948, Pierrette a fait ses études secondaires au couvent Notre-Dame-de-Lourdes de 1963 à 1967 et, par la suite, fit sa 13e année au Sturgeon High School (1967-68).

C’est à ce moment que Pierrette a cotôyé l’entourage intime du créateur visionnaire franco-ontarien André Paiement, auprès duquel elle a vécu une première prise de conscience quant à la cause canadienne-française artistique et sociale.

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Collection Gaston Tremblay

Après ses études secondaires, Pierrette a fréquenté l’Université d’Ottawa d’où elle est diplômée avec maîtrise en Études anciennes et spécialisation en archéologie classique. À cette époque, elle a fait partie du premier groupe d’étudiants canadiens français en archéologie, qui avaient été choisis par l’Université Laval pour faire un stage pratique à Pompéi et Herculanum près de Naples en Italie.

En 1974, Pierrette a été embauchée par le Collège Algonquin à Ottawa pour enseigner des cours d’histoire au sein d’un nouveau programme d’enseignement destiné aux adultes. Au contact de ses étudiants et étudiantes, elle a pris conscience des embûches causées par l’analphabétisme fonctionnel chez les Canadiens français du Québec et des autres provinces canadiennes.

Tout en maintenant sa charge d’enseignement au Collège Algonquin, Pierrette a suivi des formations en alphabétisation au Québec, dans les centres alpha à Montréal et auprès des écoles dans la région d’Ottawa-Hull. Elle poursuivit ses études à l’Université de Montréal où elle a obtenu une maîtrise en andragogie (M.Ed.) en 1988. Avec ses étudiants et des membres dévoués des deux rives de l’Outaouais, Pierrette a réussi à fonder le premier centre d’alphabétisation unilingue francophone en Ontario, La Magie des Lettres à Ottawa.

Pendant 30 ans, l’oeuvre professionnelle de Pierrette a été de faire avancer l’éducation et l’alphabétisation en français. Elle a créé du matériel andragogique en utilisant la technique de l’histoire-photos, une technique qui avait fait ses preuves en Amérique du Sud auprès des femmes pauvres violentées. Pierrette a adapté cette technique auprès des étudiants et étudiantes du niveau II en recyclage académique au Collège Algonquin et les apprenantes et apprenants à La Magie des Lettres.

Pierrette a également été profondément engagée dans la cause des femmes et de leur avancement en éducation. Elle a signé de nombreux articles dont des textes publiés dans la revue Women’s Education des Femmes. Elle a aussi été membre de C.C.L.O.W. (Canadian Committee On Learning Opportunities for Women).

Au cours de sa carrière, Pierrette a siégé à divers comités et conseils d’administration, notamment au sein d’Action-Éducation-Femmes (AEF) où elle a laissé sa marque. L’AEF est un organisme dont le mandat était d’assurer la promotion de l’éducation des femmes francophones et anglophones à travers le Canada. L’organisme visait, entre autres, à aider les femmes à mieux se réseauter afin d’augmenter leurs chances de réussite.

Maintenant à la retraite de l’enseignement et de la gestion éducative, Pierrette ne dépose pas son stylo pour autant. Au contraire ! Elle poursuit sa démarche d’écriture et de « la force des mots » en Ontario français en abordant, cette fois, la rédaction de l’histoire spirituelle de l’Ordre de Jacques-Cartier, une société initiatique secrète entièrement dévouée à la protection de la culture canadienne française dans l’ensemble du Canada de 1926 à 1965.

Pierrette a toujours mis en pratique le travail collaboratif en Ontario français et se considère comme étant une fière héritière de l’Ordre de Jacques-Cartier, surtout que cette société s’est spécialisée dans l’art du réseautage. Ses recherches actuelles et ses réflexions personnelles sur l’Ordre de Jacques-Cartier touchent non seulement sa tête d’auteure, mais aussi son âme francophone et son coeur de bâtisseuse…

Réf.  http://bv.cdeacf.ca/CF_PDF/1989_09_PD103_1986OCT.pdf; textes de Pierrette Carrière

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Liliane Vincent

Traductrice, langagière visionnaire, cadre, animatrice et chercheure en éducation, auteure, fondatrice d’un réseau d’entraide en traduction, bénévole

 

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Photo : avec l’autorisation de Liliane Vincent

« C’est avec un profond engagement ancré dans mon vécu personnel de Franco-Ontarienne [...] que je continue de mettre mon expérience au service de la francophonie, en matière tant de langue que d’éducation en contexte minoritaire. »

— Liliane Vincent

Liliane est née à Kapuskasing, mais a grandi à Sudbury où elle a fait ses études primaires et secondaires, ainsi que ses études universitaires de premier cycle. Elle a appris tôt à reconnaître la fierté de ses racines francophones et l’importance de l’ardeur à la tâche dans l’optique de faire évoluer la francophonie et de servir de trait d’union entre les communautés linguistiques.

Après ses études à l’École de traduction et d’interprétation de l’Université Laurentienne, Liliane a mené sa carrière professionnelle sur deux fronts : les professions langagières et le monde de l’éducation. C’est d’abord aux Services linguistiques de la Direction générale de la Gendarmerie royale du Canada que sa carrière a pris son envol au début des années 70. Quelques années plus tard, Liliane a été parmi les trois premiers inscrits au nouveau programme de maîtrise à l’École de traduction et d’interprétation de l’Université d’Ottawa (1977).

Sa carrière a évolué au sein d’organismes nationaux divers. Employée de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE) pendant de nombreuses années, elle a d’abord mis sur pied et dirigé les services linguistiques. Ses compétences dans trois langues (français, anglais et espagnol) ont été mises à contribution à plusieurs reprises pour la gestion des services trilingues de traduction lors de congrès mondiaux des organisations de la profession enseignante tenus aux quatre coins du globe. Plus tard, à titre de directrice, elle a réorienté les services nationaux d’appui aux enseignantes et enseignants en milieu francophone minoritaire aux paliers élémentaire et secondaire.

En plus de concevoir un programme de recherche-action et de coordonner l’élaboration de ressources pédagogiques innovatrices, elle a mis en place des mécanismes de partage et de réseautage qui ont facilité le travail des agents et agentes francophones en éducation à l’échelle pancanadienne. Son travail à la FCE, axé sur le partenariat avec les autres intervenants de la francophonie, a porté principalement sur les défis de l’enseignement et de l’apprentissage en contexte minoritaire francophone, en particulier sur l’intégration et la réussite scolaire des enfants.

Liliane a dirigé la production et la diffusion de publications pédagogiques abordant divers thèmes, dont l’animation culturelle et la pédagogie en milieu minoritaire. Elle est aussi auteure de nombreux articles pour le compte d’organismes divers et a animé de multiples ateliers linguistiques notamment sur les anglicismes, le langage non sexiste et la démocratisation de la langue.

En 1985, elle a fondé le Réseau des traducteurs et traductrices en éducation (RTE), regroupement qu’elle présida pendant 10 ans. Passionnée de la langue française, Liliane estime que c’est en la célébrant, en la précisant, en lui conférant un droit d’évolution dynamique et en étant toujours soucieux de son intégrité que « nous aidons la francophonie à s’épanouir avec fierté, confiance et largesse ».

Ses réalisations lui ont valu de nombreux prix, bourses et distinctions au cours de ses études et de sa carrière, dont le premier Prix d’excellence de l’Association des traducteurs et traductrices de l’Ontario en 1993. En 2009, Liliane a reçu les insignes de l’Ordre des francophones d’Amérique en reconnaissance de sa remarquable contribution au maintien et à l’épanouissement de la langue française en terre d’Amérique.

Tout au long de sa vie, plusieurs causes ont retenu son attention et son cœur. Que ce soit l’accueil des réfugiés et leur intégration dans la société canadienne, l’Institut national canadien pour les aveugles, Amnistie internationale, ou le Réseau des traducteurs et traductrices en éducation, le bénévolat a toujours eu une place de choix.

Aujourd’hui retraitée de la FCE, Liliane continue de servir les communautés langagière et éducationnelle du Canada à titre d’experte-conseil. Elle est fière de son parcours de «bâtisseuse».

Réf. http://www.cslf.gouv.qc.ca; portfolio de Liliane Vincent; textes de Liliane Vincent.

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Francine Noiseux

Enseignante, artiste, bénévole

Francine Noiseux

Francine Noiseux, 2013

« Chaque vie compte, et ce n’est pas nécessairement  »combien » de choses on a fait en passant sur cette terre. Une seule chose peut tout changer et chaque personne oeuvre dans son entourage. C’est plutôt ce qu’on peut faire dans cet entourage qui compte vraiment. Nous sommes tous et toutes un microcosme du macrocosme. » — Francine Noiseux, 2014

Née à North Bay en 1947, Francine a passé une bonne partie de son enfance à Chapleau avant que sa famille ne reprenne la route vers North Bay en 1959.

Suite à ses études secondaires, Francine a choisi la profession d’enseignement. Elle a consacré 27 ans de sa carrière professionnelle auprès des enfants dans les classes de jardin, maternelle, première et deuxième année à North Bay. Au moment de sa retraite en l’an 2000, elle eut un pincement au coeur de laisser ces « enfants de sa vie » qu’elle avait tant aimés et qui l’avaient inspirée.

Mais une autre porte allait maintenant s’ouvrir — celle du monde des arts, plus particulièrement, des arts autochtones. Élevée dans une culture canadienne-française, c’est en 1996 que Francine a commencé à renouer avec ses racines ancestrales, notamment par l’entremise de son cheminement artistique. « Tout être humain cherche un rituel; mon rituel est celui des autochtones » (L’Accent, entrevue réalisée avec Francine Noiseux en 2006 sur les ondes de Radio-Canada).

Au moment de sa retraite, Francine fit d’abord un séjour de 6 mois en Australie pour rendre service à des amis, ce qui lui a permis, par la même occasion, de vivre une transition entre les deux grands univers de sa vie — l’enseignement et l’art.

De retour au Canada, elle décide de se consacrer à l’art à temps plein. Elle commence alors par suivre des cours au White Mountain Academy of the Arts à Elliot Lake, une école des beaux-arts axée sur les arts autochtones. De 2002 à 2005, Francine a acquis et développé des techniques artistiques et artisanales tout en faisant un voyage au cœur d’elle-même et de son passé ancestral. Elle a suivi une variété de cours, tout en choisissant de s’attarder plus particulièrement aux Arts Autochtones et à la sculpture. Pendant son séjour d’études, Francine a reçu une bourse soulignant sa réussite académique au White Mountain Academy of Arts, soit le prix KIJADJIWAN. Elle est ressortie de sa formation transformée au plus profond de son être…

À la fin de ses études en art, Francine est retournée vivre à North Bay où elle participe depuis une dizaine d’années à des expositions présentées par le NBAA (North Bay Art Association) et BRAVO (Bureau des regroupements des artistes visuels en Ontario).

En parallèle à ses activités professionnelles et artistiques, le bénévolat a, lui aussi, joué un rôle essentiel dans sa vie. Francine est membre fondatrice de la Société de St-Vincent de Paul à North Bay où elle a été active de 1991 à 2000, et de nouveau, depuis 2006. Elle s’est impliquée au sein de cet organisme suite à trois voyages en Jamaïque où elle a accompagné de jeunes adolescents qui se rendaient travailler dans les bidonvilles (le groupe Jeunesse de l’École secondaire Algonquin de North Bay).

Elle a également organisé des prélèvements de fonds et d’articles pour ce même groupe au sein de son milieu scolaire lorsqu’elle était enseignante. D’ailleurs, une plaque accrochée dans le foyer de l’école St- Vincent lui a été remise par le groupe de Jeunesse de l’école seondaire Algonquin, en guise de remerciement pour son travail en Jamaique et les prélèvements de fonds et d’articles qu’elle a organisés. Francine est également secrétaire bénévole du North Bay Art Association (NBAA) depuis 2007.

En octobre et novembre 2012, Francine a fait un stage d’artiste en résidence au sein du Arts Health North à North Bay. Pendant son mandat, elle a réalisé une oeuvre communautaire avec l’aide de membres de la commaunuté, de patients en traitement psychiatrique et d’employés du Centre régional de santé de North Bay. La pièce, créée à partir de plumes de papier qui forment un mandala, est accrochée au-dessus de l’entrée du gymnase dans la section des Programmes de santé mentale de l’hôpital.

Mandala

Mandala, oeuvre communautaire réalisée en 2012, Centre régional de santé de North Bay, Programme en santé mentale

En plus de ses expositions et de son bénévolat, Francine offre des ateliers en Arts Autochtones. Au cours des dernières années. elle a offert des formations à Sudbury, Verner, Stratford, North Bay, ainsi qu’aux États-Unis. Qu’il s’agisse de fabrication de tambours, de mocassins, de pochettes de tabac ou de hochet, ou encore, de confection de masques et d’attrape-rêves, les ateliers livrés dépassent la simple fonction esthétique et technique. Plutôt, les formations sont une invitation et un moyen privilégié d’accéder à des enseignements culturels et historiques sur les Arts Autochtones, les Premières Nations et leur histoire. La démarche entre Francine et ses étudiants en est une de confiance et d’engagement. Transmission d’un patrimoine ancien. Expression des styles artistiques. Démarche personnelle, spirituelle…

En septembre 2014, Francine exposera à la galerie Alex Dufresne de Callander avec une collègue artiste de North Bay. Au rythme des saisons, au son des tambours et aux couleurs de sa vie, Francine poursuit son œuvre tout en partageant son savoir avec les artistes et le public, qui sont, eux aussi, sur le chemin de la découverte de leurs forces intérieures…

Références : Émission L’Accent, Radio-Canada, 11 novembre 2006; textes de F. Noiseux.

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Émilie «Lillie» LaFlamme

Aventurière du Nord de l’Ontario (Gogama)

Lillie LaFlamme

Photo : Lillie LaFlamme en traîneau, possiblement à Montréal en 1924, Reproduite avec permission de Suzanne F. Charron. Source : Denise Savard

En parlant de son « mari »*, Joe LaFlamme qui vivait à Gogama, Émilie aurait dit : «Il est drôle. Il aime tout de sa vie dans le Nord — ses chiens, sa chasse et sa trappe. Il est venu ici et moi, je l’ai suivi». — Émilie Haigneré dite Lillie LaFlamme, citée par Suzanne F. Charron** dans son livre Joe LaFlamme : L’indomptable dompteur de loups

Imaginez un trajet qui vous conduirait de Paris, en passant par Liverpool en Angleterre et Saint-Jean au Nouveau-Brunswick, pour arriver à Montréal au Québec, et finalement aboutir à Gogama dans le Nord de l’Ontario. Voilà le parcours de vie d’Émilie Haigneré au moment de sa mi-vingtaine !

Ce qui est d’autant plus étonnant dans le parcours inusité d’Émilie (plus tard connue sous le nom de Lillie), c’est bien le fait qu’il a eu lieu au coeur de la forêt nord-ontarienne, au début des années 1920, à titre de compagne de Joe LaFlamme avant même que celui-ci soit renommé comme dompteur de loups partout en Amérique !

Au moment du départ de sa France natale, Émilie, alors domestique peu argentée, avait quitté sa terre parisienne sur invitation de ses amies, des épouses de soldats canadiens. Arrivée à Montréal en 1919, Émilie a fait la connaissance de Joe LaFlamme… et  son aventure nordique ne tarda pas à commencer.

Émilie Ernestine Hélène Haigneré est née en 1893 à Étaples-sur-Mer, un village de pêcheurs dans le département du Pas-de-Calais en France. Malgré sa lignée marine, c’est à Paris que la jeune Émilie a grandi, probablement élevée par un membre de sa famille étendue. Mode, élégance, grands magasins et manières faisaient partie du vocabulaire de la jeune femme en devenir. Et pourtant, à l’été 1920, Émilie s’est retrouvée à Gogama, vivant une vie rustique avec Joe LaFlamme dans un « lieu éloigné et dépourvu de commodités telles que l’électricité, l’eau courante ou les toilettes intérieures ». Émilie avait peut-être le sens de l’élégance, mais elle avait aussi une âme aventurière et une capacité d’adaptation plutôt extraordinaire !

Les gens du village de Gogama la connaissaient sous le nom de Lillie ou encore de la p’tite femme, un surnom que lui avait donné Joe LaFlamme en raison de sa petite taille (1,3 mètre, 45 kilos). Intelligente, maquillée, chapeautée, Lillie se plaisait dans la rudesse du style de vie nordique. Elle aimait le Canada, le froid, la neige, et aussi, fort probablement, la notoriété d’être la compagne d’une légende vivante. Entourée de ses oiseaux, poules, pigeons, moufettes et même d’une louve appelée Sparky, Lillie jouissait du contraste des saisons du Nord engendré par les hivers blancs et rigoureux, suivis d’étés chauds et lumineux. Mais la vie avec Joe LaFlamme n’était pas de tout repos. Il pouvait être intransigeant et colérique envers elle, en plus de lui imposer ses absences longues et fréquentes lorsqu’il parcourait l’Amérique, participant à des expositions sportives en vue de faire connaître ses loups, et plus tard, ses orignaux, tout en éduquant la population sur les modes de vie du Nord de l’Ontario.

Sous les yeux du couple LaFlamme, le village de Gogama prenait de l’ampleur depuis l’arrivée du premier résident du village en 1917 (Arthur L’Abbé). Gogama se développait, les familles s’y faisaient plus nombreuses, des églises et des écoles étaient fondées et des moulins à scie étaient mis sur pied. Joe et Lillie y occupaient une place de choix.

Malgré une enfance européenne et citadine, Lillie se plaisait dans le Nord de l’Ontario. Femme indépendante et audacieuse, Joe lui avait enseigné à atteler elle-même une meute de chiens afin qu’elle puisse jouir d’une liberté de déplacement même lorsqu’il était parti au loin. À une époque où le rôle des femmes était plutôt restreint sur la place publique, Lillie savait faire valoir son opinion et ses désirs et reculait devant peu de choses. Elle excellait au billard et était même devenue une adversaire redoutable pour quiconque voulait la défier au jeu.

Avec Joe, Lillie a aussi pratiqué l’élevage de loups et d’orignaux. Côte à côte, ils ont préparé et servi les repas à de nombreux pensionnaires et même à tout le personnel de Warner Brothers qui était venu à Gogama pour filmer les pompiers forestiers vers 1945 ! Lillie s’est également improvisée prospectrice en 1938, enregistrant trois claims miniers lors de la deuxième ruée vers l’or de la région. Et toujours, Lillie a soutenu les rêves aventuriers de son mari.

Les temps durs d’un village pionnier et d’une époque qui a traversé les années de la Grande Dépression ainsi que de la Seconde Guerre mondiale n’auront pas permis à Lillie de remettre les pieds dans sa patrie française. Mëme si la vie du Nord a été excitante, elle a aussi été éprouvante pour cette jeune femme qui connut la maladie six ans après son arrivée en terre canadienne, qui a aussi perdu une fillette en bas âge, et qui a toujours vécu à proximité du danger, entourée d’animaux sauvages et dangereux, ainsi que d’un mari contrebandier d’alcool. Lillie a quitté Gogama en 1948 pour Montréal où elle est décédée en 1982, soit 17 ans après le décès de Joe LaFlamme en 1965. Elle a incontestablement laissé sa marque dans le paysage nord-ontarien.

* * *

* Dans ses recherches sur Joe LaFlamme, l’auteure Suzanne F. Charron n’a trouvé aucun document qui puisse confirmer un mariage officiel entre Émilie Haigneré et Joe LaFlamme, mais Émilie Haigneré a tout de même été connue sous le nom de Lillie LaFlamme.

** Je remercie très chaleureusement Suzanne F. Charron de m’avoir accordé la permission de résumer les faits saillants de la vie d’Émilie Haigneré à partir de ses recherches effectuées dans le cadre de la publication de sa biographie Joe LaFlamme. L’indomptable dompteur de loups. Je le remercie aussi pour la relecture de ce bref résumé biographique.

Joe LaFlammeRéf. Joe LaFlamme. L’indomptable dompteur de loups, Suzanne F. Charron, Éditions Prise de parole, 2013 et 2014.

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Calendrier de collection : Paroles de femmes en Ontario français 2015

DOUZE FEMMES. DOUZE CITATIONS.

Calendrier de collection pour  l’année 2015 ! 

Calendrier

Le calendrier Paroles femmes en Ontario français 2015 sera en vente dès le 24 juin 2014 ! Le lancement officiel du calendrier aura lieu en septembre 2014 lors du 25e congrès de l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO). Le calendrier s’inscrit dans les activités qui soulignent la commémoration de la présence française en Ontario en 2015.

Chaque mois du calendrier offre une citation d’une femme de l’Ontario français : de Saint-Joachim (près de Windsor) à Toronto, en passant par le Nord de l’Ontario et l’Est ontarien, douze femmes partagent leur passion pour la politique, l’écriture, la spiritualité, les communications, la langue française et la francophonie en Ontario, au Canada, en Amérique. 12 femmes. 12 citations.

À partir du 24 juin, vous pouvvez réserver et prépayer votre calendrier en ligne en toute sécurité. Il vous sera expédié en septembre 2014 ! Nous vous suggérons de conserver chaque page du calendrier pour les encadrer à la fin de l’année 2015 et les exposer dans vos salles d’attente, votre hall d’entrée, vos espaces de bureau, votre salle de classe, etc.

Pour commander votre calendrier, visitez le : http://www.triyana.ca

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